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États-Unis : vers l’adaptation des marchés financiers aux normes crypto

La Securities and Exchange Commission (SEC) américaine franchit une nouvelle étape dans l’encadrement des cryptomonnaies. Le régulateur a dévoilé mardi un projet baptisé « Regulation Crypto », destiné à adapter certaines règles des marchés financiers aux particularités des actifs numériques.

Cette initiative intervient alors que le Congrès américain peine toujours à adopter un cadre législatif global pour le secteur.

Des règles plus souples pour les projets crypto

La proposition prévoit plusieurs mécanismes susceptibles de faciliter le financement des entreprises développant des projets liés à la blockchain. Parmi les mesures envisagées figure une exemption pouvant couvrir jusqu’à 5 millions de dollars sur quatre ans, ainsi qu’un plafond annuel de 75 millions de dollars pour certaines émissions.

Les entreprises concernées conserveraient néanmoins des obligations en matière d’informations financières et de communication aux investisseurs.

La SEC envisage également la création d’un « safe harbor ». Ce mécanisme pourrait permettre, sous certaines conditions, à certains actifs numériques d’échapper à la qualification de titres financiers. Une évolution susceptible d’apporter davantage de visibilité aux acteurs du marché.

La SEC tente de combler le vide législatif

Le projet intervient alors que le Clarity Act, qui doit notamment préciser le partage des compétences entre la SEC et la CFTC, reste en attente au Congrès. L’administration Trump encourage ainsi les régulateurs à exploiter leurs pouvoirs actuels pour clarifier les règles applicables aux cryptomonnaies.

Le texte ouvre désormais une phase de consultation publique de 60 jours. Les acteurs du secteur pourront formuler leurs observations avant une éventuelle adoption définitive. Pour les entreprises crypto, l’enjeu est majeur : cette réforme pourrait réduire une partie de l’incertitude réglementaire qui pèse sur leurs activités.

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La Tunisie renforce son excédent alimentaire, mais…

La balance commerciale alimentaire tunisienne a dégagé un excédent de 1.006,6 millions de dinars (MD) au cours des sept premiers mois de 2026, contre 823,8 MD sur la même période de 2025. Cette amélioration intervient alors que les importations alimentaires continuent d’augmenter, notamment sous l’effet des achats de céréales. Sur la période, les exportations alimentaires ont progressé de 23,4% en valeur, tandis que les importations ont augmenté de 23,6%. Le taux de couverture s’établit ainsi à 121,5% à fin juillet 2026, contre 121,8% un an auparavant.

L’amélioration de la balance alimentaire repose principalement sur la performance de l’huile d’olive, dont les exportations ont augmenté de 43,4%. Cette progression a largement contribué à absorber la hausse de 20,9% des importations de céréales.

Mais la hausse des volumes exportés ne s’est pas accompagnée d’une amélioration des prix. Le prix moyen de l’huile d’olive à l’export est descendu à 12,47 dinars/kg, en baisse de 3% sur un an. Côté approvisionnement, les prix à l’importation ont reculé pour plusieurs céréales : -13,5% pour le blé dur, -6% pour le blé tendre et -3% pour le maïs. L’orge fait exception, avec une hausse de 3,4%.

La performance du secteur alimentaire contraste avec l’évolution de la balance commerciale globale. Le déficit commercial de la Tunisie a atteint 14.957,6 MD à fin juillet 2026, en hausse de 25,7% par rapport aux 11.904,2 MD enregistrés un an plus tôt. Les importations totales ont progressé de 13,7%, à 55.596 MD, tandis que les exportations ont augmenté de 9,9%, à 40.638,4 MD.

Dans ce contexte, les produits alimentaires représentent 8,4% des importations totales du pays, contre 14% des exportations. L’excédent dégagé par le secteur alimentaire a ainsi permis de compenser 6,7% du déficit commercial global au cours des sept premiers mois de l’année.

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Projet de réforme de la sécurité sociale: un chantier à double tranchant pour l’entrepreneuriat

Le gouvernement a rouvert, mardi 18 août, à La Kasbah, le chantier de la sécurité sociale; une réunion ministérielle présidée par Sarra Zaâfrani Zenzri a validé le lancement immédiat de la rédaction des textes.

Le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, a dressé un état des lieux du système actuel et défendu l’idée d’une architecture à plusieurs niveaux, combinant urgences immédiates et transformations sur le long terme.

Le premier axe de la réforme envisagée concerne l’extension de la couverture aux oubliés du système: travailleurs informels, agriculteurs, pêcheurs, indépendants et actifs des plateformes numériques. Une bonne nouvelle sur le papier, mais qui suppose, pour les entreprises concernées, de nouvelles obligations d’affiliation à anticiper.

Côté retraites, la prudence est de mise: aucun chiffre sur l’âge légal, la durée de cotisation ou le calcul des pensions n’a filtré. L’exécutif préfère avancer par étapes, en s’appuyant sur les travaux techniques déjà menés.

Pour la Santé, l’objectif affiché est de rapprocher caisses sociales et système de soins, tout en donnant un coup d’accélérateur à la production tunisienne de médicaments et de vaccins. S’y ajoute la dématérialisation des dossiers de santé et des supports d’affiliation.

Tout dépendra des textes à venir

Pour les entreprises, cette réforme peut jouer dans les deux sens: d’un côté, une gouvernance assainie des caisses et une meilleure couverture santé renforcent l’attractivité du salariat formel; de l’autre, l’élargissement des cotisations aux nouvelles formes de travail pourrait alourdir les charges des jeunes structures et des plateformes. Tout dépendra des textes à venir.

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Un TGV tunisien pour redispatcher l’attractivité économique à l’échelle nationale

Le dossier du TGV tunisien vient de franchir un nouveau cap concret. La Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) a mis en concurrence, ce 18 août, les bureaux d’études tunisiens et étrangers susceptibles de prendre en charge les premiers travaux techniques du projet, c’est-à-dire les analyses de faisabilité et les esquisses d’ingénierie qui précèdent tout chantier de cette ampleur.

L’objectif est d’établir une short-list de cabinets aptes à porter un dossier ferroviaire de cette complexité.

Le rendez-vous est fixé au 24 septembre à 11h00 pour remettre les dossiers de candidature au siège de la SNCFT. Passé ce cap, plus aucune candidature ne sera examinée; les plis seront décachetés publiquement dans la foulée, quinze minutes plus tard, devant les soumissionnaires qui souhaitent y assister.

L’initiative n’a rien de surprenant: elle découle directement des arbitrages pris en février dernier, lorsque l’exécutif avait validé le tracé de cette future artère ferroviaire dans le cadre du plan quinquennal 2026-2030. Sur le papier, la ligne doit couvrir toute la longueur du pays, de Bizerte jusqu’à Ben Guerdane, en irriguant au passage les grandes agglomérations, les infrastructures portuaires et les plateformes logistiques.

L’ambition de la SNCFT dépasse le seul territoire national. Côté Algérie, l’axe pourrait rejoindre Annaba en s’appuyant sur la liaison existante entre Tabarka, Nefza, Mateur et Jdeida. Côté libyen, le tracé filerait plutôt vers Ras Jedir en traversant Mareth et Médenine, avec une bretelle jusqu’au port de Zarzis.

Cette phase d’études conditionne le reste du processus, elle déterminera si le projet tient la route sur le plan financier et technique avant tout engagement de travaux.

Un signal pour l’investissement et l’entrepreneuriat

Ce type de chantier structurant génère généralement un premier cercle d’opportunités bien avant la pose des rails: cabinets d’ingénierie, bureaux de conseil et entreprises de BTP se positionnent dès la phase d’études. Plus largement, une colonne vertébrale ferroviaire reliant pôles urbains, ports et zones logistiques peut, sur la durée, redistribuer l’attractivité économique des régions traversées, notamment dans le Sud, historiquement moins connecté.

Ce potentiel reste néanmoins suspendu à deux inconnues: la confirmation d’un financement à la hauteur du projet et le respect du calendrier des études, qui donneront ou non de la crédibilité au chantier aux yeux des investisseurs.

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Banques: la BCT revoit un dispositif de financement datant de 1987

La Banque centrale de Tunisie (BCT) revoit les règles qui encadrent le financement bancaire des cultures céréalières. Publiée mardi 18 août 2026 au Journal officiel de la République tunisienne (Jort), la circulaire n°2026-7 actualise un dispositif qui remonte à 1987. Son principal changement porte sur les montants de référence retenus par les banques pour financer plusieurs cultures.

Pour les céréales, le nouveau barème introduit surtout une différenciation selon les conditions de production. Pour le blé dur, le blé tendre et les légumineuses, le financement de référence atteint 1 415 dinars par hectare en zone 1 pour les cultures en sec, contre 1 175 dinars en zone 2. Lorsque la culture est irriguée, le plafond passe à 1 930 dinars par hectare.

La différence est également visible pour l’orge. Selon l’agence TAP, le plafond s’établit à 940 dinars par hectare en zone 1, 890 dinars en zone 2 et 350 dinars en zone 3. Pour les cultures fourragères, les références sont fixées à 1 030 dinars par hectare en hiver et à 1 260 dinars en été.

Ces écarts montrent que la BCT ne retient plus une logique uniforme pour l’ensemble des exploitations. Le niveau de financement dépend désormais davantage de la culture concernée et de ses conditions de production. Pour certaines céréales, le recours à l’irrigation conduit ainsi à un plafond supérieur à celui appliqué aux cultures en sec.

Mais ces montants ne doivent pas être interprétés comme des crédits automatiquement accordés aux agriculteurs. C’est un point central de la nouvelle circulaire. La BCT demande aux banques d’adapter le montant du crédit à la taille de l’exploitation, aux dépenses prévues et aux rendements enregistrés lors des campagnes précédentes.

En pratique, le barème constitue donc un cadre de référence pour l’intervention bancaire. Le montant réellement accordé reste lié à la situation de chaque exploitation. Un agriculteur qui se situe sous un plafond donné ne bénéficiera pas nécessairement de la totalité de l’enveloppe correspondant à son hectare.

Cette approche fait également intervenir la question du risque agricole dans la décision de crédit. En demandant aux banques de tenir compte des rendements des dernières campagnes, la BCT introduit dans l’évaluation du financement un élément directement lié aux performances de l’exploitation. La superficie et les dépenses à engager complètent cette appréciation.

La révision intervient par ailleurs sur un dispositif ancien. La circulaire de 2026 vient modifier les dispositions établies par la BCT en décembre 1987 sur l’octroi, le contrôle et le refinancement des crédits agricoles. L’enjeu est donc moins la création d’un nouveau mécanisme que l’actualisation des références utilisées par les banques pour accompagner certaines campagnes.

Reste toutefois une question. Ces nouveaux plafonds correspondent-ils réellement aux besoins de financement des exploitations aujourd’hui? La circulaire fixe les montants auxquels les banques peuvent se référer, mais elle ne permet pas, à elle seule, de mesurer si ces niveaux couvrent effectivement les coûts engagés par les producteurs.

C’est notamment sur ce point que se jouera la portée concrète de la mesure. L’actualisation du barème peut faciliter l’adaptation du crédit aux différentes situations agricoles, mais son effet dépendra aussi de l’accès effectif des exploitants au financement et des conditions dans lesquelles les banques appliqueront ces nouvelles références.

La publication de cette circulaire ouvre ainsi un nouveau cadre pour le financement bancaire des céréales et de certaines cultures saisonnières. Pour en mesurer l’impact réel, il faudra désormais confronter les plafonds fixés par la BCT aux coûts de production et aux besoins de financement des agriculteurs.

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