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Kaïs Saïed : combattre la corruption pour réussir les réformes

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, mercredi, au palais de Carthage, le ministre de la santé, Mustapha Ferjani, le ministre de l’équipement et de l’habitat, chargé de la gestion du ministère de l’industrie et de l’énergie, Salah Zouari, et le ministre des affaires sociales, Issam Lahmar.

Selon un communiqué de la présidence de la République, le chef de l’État a affirmé que le démantèlement des réseaux de corruption est « un préalable incontournable » à la satisfaction des revendications populaires dans toutes les régions.

Il a à ce propos salué la conscience élevée du peuple tunisien, qui a su déjouer les tentatives de déstabilisation du pays,  qu’il s’agisse d’incendies criminels, de coupures d’eau et d’électricité, ou du mauvais traitement infligé aux citoyens lors de l’accès aux services rendus par l’administration.

Revenant sur sa visite à Gabès, région où « l’environnement a été assassiné », a estimé le chef de l’Etat, le président Saïed a assuré suivre au quotidien la situation dans les différentes régions du pays.

Il a rappelé que tous les dossiers, quelle que soit leur gravité, exigent une approche globale visant à éradiquer leurs causes et leurs effets.

« Nous sommes en course contre la montre », a-t-il martelé, précisant que la phase actuelle est celle de l’action et de l’accomplissement.

Il a annoncé que les unités concernées seront démantelées selon une stratégie claire, assurant que les établissements et les entreprises publics poursuivront leur mission.

« Le peuple tunisien réalisera ses aspirations et fera échec à tous les complots. Il n’y a pas de place pour ces réseaux ni pour ceux qu’ils ont enrôlés. Tel est le cours de l’histoire », a conclu le président de la République.

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Sociétés communautaires | Mirage ou solution miracle ?

Il est permis de penser que la part du lion des prêts sur l’honneur, sans taux d’intérêts ni garantis ni frais de dossier, instaurés par les dépositions de la loi n°2024-41 du 02 Août 2024 qui a donné lieu au décret d’application n°2026-148  du 23 Juillet 2026 (voir mon article : Le «Mardi noir» à la Bourse de Tunis) et qui prévoit l’attribution d’un crédit à la consommation de 5000 dinars aux ménages, d’un prêt sur l’honneur de 10000 dinars aux promoteurs de petits projets et d’un prêt sur l’honneur de 25000 dinars aux PME et sociétés communautaires, ira en fait à ces dernières, si chères à notre président, et qui n’arrivent pas à décoller malgré un arsenal juridique et des avantages fiscaux très favorables, faute de financement. On peut aussi imaginer que, la mise en place d’un mécanisme de financement de ces sociétés communautaires, sans aucune charge et avec le maximum de facilités et le minimum de bureaucratie, en affectant par la force de la loi 8% des bénéfices réalisés par les banques à la réalisation cet objectif, constitue dans l’esprit de notre président, la motivation principale derrière la publication de ce décret. (Photo : Kaïs Saïed avec les potières de Sejnane, en août 2025).

Dr Sadok Zerelli *

En effet, depuis 2022, les sociétés communautaires occupent une place centrale dans la vision économique du président Kaïs Saïed. Présentées comme un nouveau modèle de développement fondé sur l’économie sociale et solidaire, elles ambitionnent de transformer les citoyens, notamment les jeunes et les habitants des régions marginalisées, en acteurs directs de la création de richesse. Elles reposent sur un principe simple : les membres d’une même communauté s’associent pour exploiter collectivement les ressources locales et partager équitablement les bénéfices.

Cette initiative soulève cependant une question fondamentale : les sociétés communautaires constituent-elles une véritable innovation capable de revitaliser l’économie tunisienne ou ne représentent-elles qu’un mirage économique fondé davantage sur l’idéalisme que sur les réalités du marché ?

Pour répondre objectivement à cette question, je vais adopter, comme à mon habitude, une approche d’ordre universitaire, loin de toute considération de politique politicienne de soutien ou d’opposition au président Saïed.

Un arsenal juridique très favorable

Les sociétés communautaires en Tunisie reposent principalement sur les textes législatifs suivants :

1. Le décret-loi n° 2022-15 du 20 mars 2022 relatif aux sociétés communautaires. Il s’agit du texte fondateur qui définit les objectifs des sociétés communautaires, leurs modalités de création, leur organisation et leur gouvernance et les droits et obligations des associés. 

2. Le décret présidentiel n° 2022-498 du 19 mai 2022, qui approuve les statuts-types des sociétés communautaires locales et régionales. Il fournit un modèle officiel de statuts que les fondateurs doivent adapter lors de la création de leur société. 

3. Le décret-loi n° 2025-3 du 2 octobre 2025, qui a modifié plusieurs dispositions du décret-loi de 2022. Il a notamment revu la classification des sociétés communautaires, leur composition et certaines règles de fonctionnement afin de faciliter leur développement. 

À ces textes s’ajoutent plusieurs arrêtés ministériels et circulaires publiés en 2025 et 2026, ainsi que la création d’un Secrétariat d’Etat chargé de la promotion des sociétés communautaires.

Un projet porteur d’espoir

Le principal mérite de ce modèle est de replacer le citoyen au cœur du développement économique. Contrairement à l’entreprise privée classique, où le profit constitue l’objectif principal, la société communautaire poursuit également des objectifs sociaux : création d’emplois, réduction des inégalités régionales, valorisation des ressources locales et renforcement de la solidarité.

Dans plusieurs régions de l’intérieur, où le chômage dépasse largement la moyenne nationale, ce modèle peut contribuer à mobiliser une main-d’œuvre souvent inactive. L’agriculture, la pêche, l’artisanat, les énergies renouvelables ou encore le tourisme écologique offrent des domaines où ces structures pourraient développer une véritable valeur ajoutée.

Par ailleurs, les sociétés communautaires favorisent un sentiment d’appartenance et de responsabilité collective. Les bénéfices demeurent sur le territoire et peuvent être réinvestis dans le développement local plutôt que d’être transférés vers les grands centres urbains.

Les limites d’un modèle ambitieux

Malgré ses intentions louables, la réussite des sociétés communautaires dépend de plusieurs conditions qui demeurent aujourd’hui incertaines.

Le premier obstacle concerne le financement. La plupart des communautés disposent de peu de capitaux propres. Sans accès durable au crédit, à l’investissement ou aux garanties bancaires, de nombreux projets risquent de rester à l’état d’idée. On peut dire ou au moins espérer qu’avec la publication du décret n°2026-148 le 3 août dernier, cette difficulté va être surmontée. Mais, malheureusement, elle est loin d’être la seule.

En effet, le deuxième défi et non des moindres est celui de la gouvernance. Une entreprise collective exige une gestion transparente, des compétences en comptabilité, en marketing, en droit et en management. Certes, parmi les promoteurs de ces sociétés communautaires, on peut s’attendre à un grand nombre de diplômes de l’enseignement supérieur et chômeurs depuis de longues durées, mais peut-on se rappeler les connaissances acquises sur les bancs de l’université après 10 ou 15 ans de chômage ? Personnellement j’en doute fort

Le troisième obstacle réside dans la compétitivité. Une entreprise, quelle que soit sa forme juridique, doit vendre ses produits ou ses services sur un marché concurrentiel. Les sociétés communautaires devront donc répondre aux exigences de qualité, de productivité, d’innovation et de rentabilité qui s’imposent à toutes les entreprises.

Enfin, l’environnement économique tunisien demeure marqué par une croissance faible, une inflation persistante, des difficultés d’accès au financement et une bureaucratie parfois décourageante. Ces contraintes touchent autant les sociétés communautaires que les entreprises privées.

Des réalisations en deçà des espérances

Les chiffres disponibles invitent à la prudence. En mars 2025, environ 160 sociétés communautaires avaient été créées, dont 77 % étaient des sociétés locales orientées principalement vers l’agriculture. Quelques mois plus tard, en août 2025, leur nombre atteignait 255, mais seulement 55 étaient effectivement entrées en activité, soit environ 22 % du total. Le nombre de participants est toutefois passé de 4 000 à 16 550 en moins d’un an, ce qui témoigne d’un intérêt croissant pour cette formule.

Ces chiffres traduisent un paradoxe. D’un côté, l’adhésion populaire progresse ; de l’autre, la majorité des sociétés créées restent au stade administratif. Cette situation montre que créer une entreprise est une chose, la rendre économiquement viable en est une autre.

Une solution miracle ?

Pour revenir au titre de cet article, qualifier les sociétés communautaires de «solution miracle» serait excessif. Aucun modèle économique, à lui seul, ne peut résoudre les problèmes structurels de la Tunisie : faible croissance, chômage élevé, endettement public, déficit commercial, faiblesse de l’investissement et perte de compétitivité.

Les sociétés communautaires peuvent constituer un outil parmi d’autres, mais elles ne remplaceront ni les investissements privés, ni les investissements étrangers, ni les réformes de l’administration, de la justice, de l’éducation ou de la fiscalité.

Leur succès dépendra également de leur capacité à attirer des compétences, à développer des partenariats avec les banques, les universités et les collectivités locales, ainsi qu’à intégrer les nouvelles technologies.

Conclusion : les sociétés communautaires représentent une idée séduisante, porteuse d’une vision plus inclusive du développement. Elles traduisent une volonté de réduire les fractures territoriales et de redonner aux citoyens un rôle actif dans la création de richesse.

Cependant, entre l’idéal et la réalité, l’écart demeure considérable. Sans financement suffisant, sans compétences de gestion, sans environnement économique favorable et sans mécanismes rigoureux de gouvernance, elles risquent de devenir des structures symboliques plus que de véritables moteurs de croissance.

La véritable question n’est donc pas de savoir si les sociétés communautaires sont un mirage ou une solution miracle. Elle est de déterminer si la Tunisie sera capable de réunir les conditions économiques, institutionnelles et humaines nécessaires pour transformer une idée généreuse en réussite durable.

L’avenir de ce modèle dépendra donc moins des textes juridiques que de sa capacité à créer des entreprises rentables, innovantes et bien gérées. Si ces conditions sont réunies, les sociétés communautaires pourront devenir un instrument utile du développement régional. Dans le cas contraire, elles risquent d’alimenter une nouvelle vague de désillusions et de déceptions, dans un pays qui en a déjà connu beaucoup et dont la population est, le moins qu’on puisse dire, à bout de ses nerfs, comme le montrent les manifestations publiques de ces dernières semaines.

* Economiste et consultant international.

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De Radès à Gabès : Kaïs Saïed au plus près des réalités du terrain

 Par Ahmed NEMLAGHI

La visite surprise effectuée lundi 10 août 2026 par le Président de la République, Kaïs Saïed, à Gabès, s’inscrit dans une démarche qui semble désormais caractériser son mode d’intervention dans les régions : aller directement sur le terrain, écouter les citoyens, constater les difficultés et rappeler aux responsables publics la nécessité d’agir. Cette nouvelle visite prend d’autant plus de relief qu’elle intervient après d’autres déplacements présidentiels effectués de manière inopinée, notamment à Sbikha et à Radès. Dans ces régions, les dossiers abordés sont différents, mais une même préoccupation apparaît : confronter l’action administrative à la réalité vécue par les citoyens et faire en sorte que les problèmes signalés trouvent enfin des réponses concrètes.

De Radès à Sbikha puis à Gabès, le Chef de l’État entend ainsi donner une dimension territoriale à son action et rappeler que les préoccupations des citoyens ne peuvent rester enfermées dans les rapports administratifs ou dans les promesses de programmes à venir.

Les déplacements inopinés du Président de la République répondent à une logique de proximité.

En se rendant sans annonce préalable dans une région, Kaïs Saïed cherche à voir par lui-même les conditions dans lesquelles vivent les citoyens et à entendre directement leurs doléances.

Cette méthode vise notamment à réduire la distance qui peut exister entre les responsables administratifs et les populations.

Dans de nombreuses régions, les citoyens connaissent parfaitement les problèmes auxquels ils sont confrontés : routes dégradées, difficultés d’approvisionnement en eau, transports insuffisants, pollution, déchets, chômage ou retards dans la réalisation des projets.

Ces problèmes ont souvent été signalés depuis longtemps, d’autres le seront immanquablement. Mais la question n’est pas toujours celle de leur identification, mais celle de leur traitement.

C’est précisément sur ce point que les visites présidentielles prennent une dimension particulière. Elles viennent rappeler que l’administration ne peut se satisfaire du constat d’une difficulté et qu’elle doit être en mesure de proposer des solutions et de les mettre en œuvre.

Gabès : la pollution au cœur de l’intervention présidentielle

La visite de Gabès constitue, à cet égard, un précédent particulièrement significatif.

Cette région, confrontée depuis des années aux conséquences environnementales liées à l’activité industrielle, fait partie des dossiers sur lesquels le Président de la République a régulièrement insisté.

La situation environnementale de Gabès ne constitue pas seulement un problème écologique, elle touche directement à la santé des habitants, à leurs conditions de vie, à l’agriculture, à la mer et aux perspectives de développement de toute une région. La démarche présidentielle consiste à considérer la protection de l’environnement comme une obligation de l’État et non comme une question secondaire. Le même raisonnement était apparu lors de la visite à Radès, lorsque Kaïs Saïed s’était intéressé à l’état de l’oued Méliane, à la pollution et à la dégradation du littoral.

Dans ces différents cas, le Président de la République ne se limite pas à dénoncer les difficultés. Il demande aux structures publiques compétentes d’assumer leurs responsabilités et de transformer les orientations en interventions concrètes.

À Sbikha, les problèmes sont d’une autre nature, mais ils renvoient à la même question fondamentale, celle de l’équité territoriale.

La délégation fait face à des difficultés importantes dans plusieurs domaines : transport des ouvrières agricoles, approvisionnement en eau potable, retards dans certains projets d’infrastructure, développement industriel et gestion des déchets.

Ces dossiers concernent directement la vie quotidienne de la population.

La question du transport des ouvrières agricoles est notamment révélatrice des difficultés sociales persistantes dans les régions rurales.

Ces femmes participent à l’activité agricole et à la création de richesse, mais restent exposées à des conditions de déplacement qui soulèvent des préoccupations en matière de sécurité et de dignité.

Le développement régional ne peut donc être envisagé sans améliorer les conditions de travail et de déplacement des populations qui contribuent à l’économie locale.

L’eau, une urgence commune

Entre Gabès, Sbikha et d’autres régions du pays, la question de l’eau apparaît comme un fil conducteur.

La Tunisie est confrontée à une pression croissante sur ses ressources hydriques, aggravée par la sécheresse et les températures élevées.

Dans certaines zones, les citoyens doivent faire face à des coupures ou à des difficultés d’approvisionnement qui affectent aussi bien les ménages que les activités agricoles.

À Sbikha, comme ailleurs, l’accès à l’eau potable constitue une exigence fondamentale.

Le Président de la République a régulièrement insisté sur la nécessité de garantir ce service essentiel et de mettre fin aux situations où les citoyens subissent durablement les conséquences de dysfonctionnements administratifs ou techniques.

Cette question rejoint directement la conception de l’équité sociale défendue par Kaïs Saïed : le droit à un service public essentiel ne doit pas dépendre du lieu où vit le citoyen.

Des projets qui ne doivent plus rester bloqués

L’autre enseignement des visites présidentielles concerne les projets de développement.

À Sbikha, les retards enregistrés dans certains projets d’infrastructure, notamment ceux liés à l’autoroute Tunis-Jelma, constituent un sujet de préoccupation.

Un grand projet routier n’est pas seulement une infrastructure supplémentaire. Il peut modifier les conditions d’accès d’une région aux marchés, faciliter les déplacements, attirer des investisseurs et rapprocher les populations des principaux centres économiques.

Lorsqu’un tel projet prend du retard, ce sont donc plusieurs dimensions du développement régional qui sont affectées. La présence du Président de la République peut, dans ce contexte, avoir une fonction d’accélérateur. Elle rappelle aux responsables concernés que les décisions prises au niveau central doivent être suivies d’effets et que les blocages administratifs ou techniques doivent être levés.

Les visites à Radès, Gabès et Sbikha mettent également en évidence l’importance de la question environnementale.

À Gabès, il s’agit principalement de pollution industrielle et de ses conséquences. À Radès, la situation de l’oued Méliane et du littoral a attiré l’attention présidentielle. À Sbikha, la gestion des déchets constitue l’un des problèmes auxquels les autorités doivent apporter une réponse.

Ces situations ont cependant un point commun : elles nécessitent une responsabilité à la fois institutionnelle et citoyenne. L’État doit assurer ses missions de contrôle, de collecte, d’entretien et de protection de l’environnement. Mais les citoyens ont également un rôle à jouer dans la préservation de leur cadre de vie. La lutte contre la pollution ne peut être efficace si elle repose uniquement sur des opérations ponctuelles menées après l’apparition du problème. Elle doit devenir une politique permanente.

Une même philosophie : l’État doit être présent

À travers ses déplacements dans les régions, Kaïs Saïed cherche à donner corps à une conception de l’État dans laquelle les services publics doivent être présents là où les citoyens rencontrent des difficultés. Cette présence ne signifie pas seulement l’existence de structures administratives. Elle implique que ces structures fonctionnent, répondent aux demandes et rendent effectivement les services attendus. C’est ici que se situe l’un des principaux enjeux de la méthode présidentielle. Une administration peut disposer de compétences et de moyens, mais si ses décisions restent sans effet sur le terrain, la confiance des citoyens s’érode. Les visites présidentielles cherchent précisément à rappeler cette exigence de résultat. 

Une politique de proximité au service de l’équité territoriale                                            La succession de ces déplacements révèle ainsi une volonté de porter la question des disparités régionales au plus haut niveau de l’État.

Gabès possède un potentiel industriel, maritime et touristique considérable. Kairouan dispose d’importantes ressources agricoles, historiques et humaines. Radès occupe une position stratégique dans le Grand Tunis. Chacune de ces régions présente des caractéristiques propres.

Mais toutes partagent une même attente : bénéficier pleinement des services publics et des investissements nécessaires à leur développement.

L’équité territoriale ne signifie pas que chaque région doive recevoir exactement les mêmes projets. Elle signifie que chaque territoire doit pouvoir valoriser ses potentialités et offrir à ses habitants les conditions nécessaires à une vie digne.

Cette approche rejoint la conception de l’État social mise en avant par Kaïs Saïed, dans laquelle la réduction des disparités entre les régions constitue une condition de la justice sociale.

Le véritable test : ce qui se passe après la visite

Toutefois, la portée de ces visites ne pourra être véritablement mesurée qu’à travers leurs conséquences. Une visite présidentielle peut attirer l’attention sur un problème, provoquer une réunion, accélérer une décision ou pousser une administration à intervenir. Mais le véritable résultat doit être durable.

À Sbikha, les habitants attendent des améliorations dans l’approvisionnement en eau, les transports, les infrastructures, l’activité économique et la gestion des déchets.

À Gabès, les populations attendent des solutions durables à la pollution et une amélioration tangible de leur environnement. À Radès, les questions liées à l’oued Méliane et au littoral appellent également des réponses palpables.

Dans toutes ces situations, les citoyens ne demandent pas seulement des déclarations, ils attendent des résultats.

C’est finalement cette articulation entre la parole et l’action qui donne tout son sens à la démarche présidentielle. En se rendant directement auprès des populations, Kaïs Saïed rappelle que les problèmes du pays ne peuvent être résolus uniquement depuis les bureaux de l’administration centrale. Ils doivent être observés, compris et traités au plus près du terrain.

Mais cette méthode impose également une obligation aux administrations : traduire rapidement les orientations présidentielles en programmes, en interventions et en résultats mesurables.

De Radès à Sbikha, et désormais à Gabès, le message apparaît ainsi constant : aucun territoire ne doit être oublié et aucune difficulté affectant directement la vie des citoyens ne doit être considérée comme secondaire. La visite présidentielle n’est donc pas une fin en soi, elle constitue un signal adressé à l’ensemble de l’administration : les problèmes doivent être identifiés, les responsabilités assumées et les solutions mises en œuvre. C’est à cette capacité à transformer le constat en action que pourra véritablement se mesurer la politique d’équité territoriale et sociale voulue par le Président de la République.

 

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Malgré sa fragilité financière, Tunisie Autoroutes obtient la gestion des autoroutes A1 et A2

Le gouvernement tunisien a décidé de confier la gestion de l’autoroute A1 (tronçon Hammam Lif-Sousse) et de l’autoroute A2 (entre Tunis et Jelma) à la société publique Tunisie Autoroutes, par le biais de nouveaux contrats de concession. Cette décision a été prise le mercredi 12 août 2026 lors d’un conseil ministériel restreint présidée par la Première ministre Sarra Zaafrani Zenzeri au palais de la Kasbah, consacrée aux modalités de gestion de ces deux tronçons autoroutiers.

Selon la présidence du gouvernement, cette mesure vise à garantir la continuité d’un service jugé stratégique, tout en maintenant le contrôle de l’État et en valorisant les investissements réalisés dans le secteur des infrastructures.

Le réseau autoroutier opérationnel de la Tunisie s’étend sur un total de 743 kilomètres, dont 567 kilomètres sont actuellement des tronçons à péage gérés par la société Tunisie Autoroutes.

Plus précisément, la concession du tronçon de 141,5 kilomètres de l’autoroute A1, reliant Hammam Lif à Sousse, est actuellement détenue par cette société et doit arriver à échéance fin 2028. Pour ce segment, le Conseil ministériel a décidé de maintenir Tunisie Autoroutes et de signer un nouveau contrat de concession, évitant ainsi tout changement d’opérateur au terme de l’accord actuel.

Une attention particulière est portée à la nouvelle autoroute A2 Tunis-Jelma, longue de 186 kilomètres ; actuellement en construction, sa livraison est prévue pour 2027.

Le gouvernement a décidé d’en confier la gestion à Tunisie Autoroutes via une nouvelle concession, permettant ainsi la mise en service du système de péage dès l’achèvement des travaux.

L’autoroute A2 traverse les gouvernorats de Ben Arous, Zaghouan, Kairouan et Sidi Bouzid et constitue la plus longue autoroute jamais construite en Tunisie en une seule phase. Le projet est divisé en huit lots, pour un coût total d’environ 1,7 milliard de dinars.

Ce projet est jugé stratégique pour renforcer les liaisons entre la capitale et les régions de l’intérieur, désenclaver certaines zones et faciliter la circulation des personnes et des marchandises, tout en favorisant le développement économique régional.

Une vision intégrée préservant le service public

Lors de la réunion de mercredi, Salah Zouari, ministre de l’Équipement et de l’Habitat, également chargé du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie — a présenté les conclusions d’une étude portant sur diverses options de concession pour la gestion des deux tronçons. Ces options ont été évaluées sous les angles juridique, économique, financier et social, selon une approche qui, de l’avis du Chef du gouvernement, doit aller au-delà de la simple attribution d’une concession. Mme Zaafrani Zenzeri a souligné «la nécessité d’adopter une vision intégrée préservant le service public, limitant le coût des interventions financées par l’État, assurant un équilibre entre les impératifs financiers et économiques et les considérations sociales, et garantissant l’entretien ainsi que le bon fonctionnement de l’infrastructure».

Le choix de confier la gestion à la société Tunisie Autoroutes s’explique également par le fait que cette entreprise assure depuis longtemps l’exploitation et la maintenance du réseau autoroutier tunisien ; selon le gouvernement, elle dispose de l’expertise technique, des équipements et des systèmes opérationnels nécessaires pour garantir la continuité du service.

Cette décision intervient alors que les autorités cherchent à achever rapidement l’autoroute ‘A2, considérée comme l’un des projets d’infrastructure majeurs actuellement en cours dans le pays.

Par conséquent, la cheffe du gouvernement a exhorté les entreprises chargées des travaux à «mobiliser toutes les ressources humaines et logistiques disponibles afin d’accélérer le rythme de construction, de rattraper les éventuels retards et de respecter les délais contractuels».

Lors de la réunion, Zaafrani Zenzeri a qualifié le réseau autoroutier de «service public vital et d’investissement stratégique de l’État», soulignant «son rôle dans le désenclavement des régions, le soutien à la mobilité des personnes et des marchandises, ainsi que la promotion du développement économique et social».

Une situation financière globalement fragile et structurellement déficitaire

Il convient de préciser, ici, que la situation financière de la société Tunisie Autoroutes est globalement fragile et structurellement déficitaire, marquée par un lourd endettement lié au financement des infrastructures et une forte dépendance vis-à-vis du soutien de l’État.

Pour financer la construction du réseau routier national, la société a massivement recouru à des emprunts auprès de bailleurs de fonds internationaux (Fades, BAD, BEI, Jica) et sa dette globale consolidée a dépassé les 1,8 milliard de dinars.

En raison d’un résultat d’exploitation structurellement faible face au coût de la maintenance et aux charges d’intérêts, la société accumule des exercices négatifs (les pertes cumulées atteignaient déjà 176,1 millions de dinars lors des derniers audits complets rendus publics).

Face à l’incapacité de la société à honorer seule ses traites internationales avec ses recettes de péage, l’État intervient directement en tant que garant. À titre d’exemple, le budget étatique a dû allouer 200 millions de dinars uniquement pour payer les échéances de la dette de l’entreprise.

Malgré cette fragilité financière, l’avenir opérationnel de la société est sécurisé à moyen terme par des décisions politiques fortes, notamment le maintien du monopole et non-privatisation, conformément  à la doctrine prônée par le président de la république Kaïs Saïed, qui est catégoriquement opposée à toute forme de privatisation, même partielle, des entreprises publique dont l’écrasante majorité sont déficitaires, sinon au bord de la faillite.

I. B.

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Après la visite de Kaïs Saïed à Gabès, la Présidence évoque le démantèlement d’unités

Deux jours après la visite de Kaïs Saïed à Gabès, la Présidence de la République a annoncé que des unités seraient démantelées selon « une stratégie claire ». Le communiqué ne précise toutefois ni les installations concernées ni le calendrier de l’opération.

Cette annonce a été faite à l’issue d’une réunion tenue mercredi 12 août 2026 au palais de Carthage. Le chef de l’État a reçu le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, également chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Salah Zouari, ainsi que le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar.

Une stratégie encore non détaillée

Selon le communiqué de la Présidence, Kaïs Saïed a affirmé que « les unités seront démantelées selon une stratégie claire » et que les établissements et entreprises publics poursuivront leurs activités.

La Présidence ne désigne pas explicitement les unités visées. La TAP, qui a relayé le communiqué jeudi matin, parle pour sa part des « unités concernées », sans fournir davantage de précisions.

Cette formulation intervient immédiatement après un passage consacré à la visite présidentielle à Gabès, région où, selon les propos rapportés de Kaïs Saïed, « l’environnement a été assassiné ». Cet enchaînement établit un lien contextuel avec le dossier industriel de Gabès, sans que le communiqué ne nomme formellement le Groupe chimique tunisien.

Lors de sa visite à Gabès, le 10 août, Kaïs Saïed avait évoqué dans une vidéo le démantèlement des unités devenues obsolètes ou qui ne sont plus en état de fonctionner. Il avait également indiqué que cette opération pourrait prendre plusieurs années.

Le président avait distingué ces installations des unités ayant été réparées afin d’empêcher les émissions polluantes. Il n’avait donc pas annoncé le démantèlement de toutes les unités du complexe. Des militants écologistes de Gabès réclament, de leur côté, le démantèlement de l’ensemble des installations, qu’ils considèrent comme polluantes.

Lire aussi: Gabès : Les militants répondent à Kaïs Saïed et réclament le démantèlement de toutes les unités

La lutte contre les réseaux de corruption mise en avant

Au cours de la réunion, Kaïs Saïed a également présenté le démantèlement des réseaux de corruption comme une condition préalable à la satisfaction des revendications populaires dans les différentes régions.

D’après la Présidence, le chef de l’État a accusé ces réseaux de chercher à attiser les tensions, notamment par des incendies, des coupures d’eau et d’électricité ou des entraves à l’accès aux services administratifs. Le communiqué ne fournit pas d’éléments précis sur ces faits.

Kaïs Saïed a enfin assuré suivre quotidiennement la situation dans toutes les régions. Il a estimé que les différents dossiers, malgré des degrés de gravité variables, nécessitaient une approche globale agissant sur leurs causes comme sur leurs conséquences.

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