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Thameur Saad : « La Tunisie ne fera pas marche arrière »

À l’occasion de la Journée nationale de la femme tunisienne, Thameur Saad, membre du bureau politique du PDL défend les acquis du Code du statut personnel et rejette toute remise en cause de l’égalité entre les femmes et les hommes. Dans cet entretien, il revient également sur les coupures d’électricité, la situation économique du pays et la nécessité pour la Tunisie de retrouver sa place en Méditerranée. Interview.

L’Economiste Maghrébin : En cette journée nationale de la femme tunisienne, certaines voix évoquent la polygamie, qui représente aujourd’hui une menace, avez-vous le sentiment d’assister à un retour en arrière ?

Thameur Saad : Bien sûr, il y a toujours des forces rétrogrades. En 1956, Habib Bourguiba lui-même a dû faire face à ces forces. Pensez-vous qu’il a eu toutes les facilités pour faire adopter le Code du statut personnel ? Non. Il a rencontré des difficultés et a dû les affronter. Il a notamment bénéficié du soutien de cheikh El Fadhel Ben Achour, qui l’a aidé à faire adopter cette loi. Ce n’est jamais facile. Les esprits qui sont en avance sur leur temps rencontrent toujours de grandes difficultés pour faire avancer les choses.

Depuis 2011, ces forces rétrogrades ont cru qu’elles avaient mis la main sur le pays. Je dis bien : elles l’ont cru. Mais elles ont oublié une force qu’elles n’avaient pas mesurée : celle des femmes libérées par Bourguiba.

Elles pensaient qu’il serait facile de les soumettre, pardonnez-moi l’expression, mais cela ne peut pas fonctionner. Ni la polygamie, ni la bigamie, ni aucune autre mesure de ce genre ne peuvent s’imposer. Et cela ne concerne pas uniquement les femmes : les hommes eux-mêmes ne l’acceptent pas.
Ils ne peuvent pas accepter que de telles pratiques soient instaurées, car ils pensent à l’ensemble de la société et à leurs filles. Nous avons des filles et nous ne voulons pas qu’elles soient les premières ou les secondes épouses. Nous voulons qu’elles soient les seules. Lorsqu’on dit « première », cela signifie qu’il y en aura une deuxième. Et lorsque l’on dit « deuxième », je préfère ne même pas en parler. Il n’est pas question que le pays fasse marche arrière.

L’avenir sera-t-il féminin ?

Vous vous souvenez du vers d’Aragon qui dit : « La femme est l’avenir de l’homme. » Certaines personnes ne l’acceptent pas, mais moi, j’y crois. Indépendamment de mon appartenance politique, je pense que la femme est l’avenir de l’homme. En réalité, elle ne le sera pas : elle l’est déjà.
On voit des hommes réussir grâce à leur mère, parfois et même souvent grâce à leur sœur, puis, lorsqu’ils grandissent et se marient, grâce à leur épouse. Il en va de même pour les femmes, qui réussissent aussi grâce au soutien de leur mère. Je dis cela pour l’ensemble de la société.
Je crois fermement à l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les domaines. Pour moi, il n’existe aucun domaine dans lequel cette égalité ne soit impossible. L’avenir est déjà là ; il n’est pas ailleurs.

La libération de prisonniers politiques, parmi lesquels Abir Moussi, présidente du PDL, est-elle envisageable prochainement ?

Nous le souhaitons. Nous espérons que la raison prendra le dessus et que les autorités reviendront sur cette condamnation. De toute façon, le fait qu’elle soit en prison ne constitue pas une solution.

Cela vaut pour elle comme pour les autres prisonniers politiques, prisonniers d’opinion ou journalistes emprisonnés. Ce n’est pas l’image de la Tunisie du XXIᵉ siècle. Notre pays est en avance sur l’ensemble des pays arabes, qu’on le veuille ou non. Ils ne l’ont jamais reconnu, mais ils le reconnaissent aujourd’hui parce qu’ils ne peuvent plus faire autrement.

Tous ont peur de la Tunisie. Pourquoi ? Parce qu’elle représente, à leurs yeux, un foyer de rébellion. Et cet esprit de rébellion, c’est l’esprit bourguibien. Ce ne sont pas ces personnes qui l’ont créé : il est profondément lié à l’héritage bourguibien. Lorsqu’une situation atteint un certain niveau, une rupture finit par se produire. C’est ce que l’on appelle, dans la nature, les phénomènes de discontinuité. Il en va de même pour la nature humaine : on supporte, on supporte encore, puis, à un certain moment, on finit par réagir. Pour cela, il faut avoir une véritable force spirituelle. Sans cette force, on devient les esclaves de ses propres idées, de ses opinions et de sa volonté.

Revenons à la situation générale du pays, notamment aux coupures récurrentes d’eau et d’électricité, vous avez certainement une opinion bien précise sur la situation.

Il convient de rappeler qu’il y a quelques années, nous avions élaboré plusieurs programmes, notamment dans le domaine de l’énergie. Malheureusement, la Tunisie ne dispose pas de ressources naturelles suffisantes. Elle dépend donc des importations et ce qui se passe dans le monde a un impact direct sur notre pays. Nous n’avons pas les moyens de supporter la hausse des prix du pétrole.

Par ailleurs, la production nationale de pétrole a diminué. Nous avons atteint un certain seuil et, lorsque nous le dépassons, nous risquons de subir des coupures généralisées.

Cela ne signifie pas qu’il faut justifier ces coupures. Pour ma part, je ne suis pas d’accord avec cette situation. Nous aurions pu l’anticiper et prendre les mesures nécessaires bien plus tôt. La responsabilité d’un responsable politique ne se limite pas aux aspects techniques. Elle est avant tout politique. Un responsable politique doit prévoir, anticiper et agir afin d’éviter que de telles crises ne se produisent.
Malheureusement, cela est arrivé et les conséquences ont été très néfastes pour l’économie tunisienne. Les coupures ont affecté tous ceux qui utilisent des réfrigérateurs, les hôtels, les restaurants et les ménages , ainsi que les hôpitaux.

Ces derniers ont dû recourir à des groupes électrogènes. La situation semble s’être quelque peu améliorée, mais il faut maintenant que les choses se rétablissent rapidement afin d’éviter une catastrophe économique majeure. Les coupures ont un impact direct sur l’économie nationale. C’est là tout le problème.

Sur le plan diplomatique et les relations internationales, vous avez également évoqué les relations de la Tunisie avec l’étranger. Quelles sont, selon vous, les priorités dans ce domaine ?

Nous avons beaucoup de travail à accomplir sur le plan des relations internationales, surtout dans la conjoncture actuelle. Nos contacts avec le reste du monde sont devenus plus difficiles et il faudra revoir cette situation afin de redonner à la Tunisie sa véritable place en Méditerranée.
La Méditerranée est notre espace naturel, notre zone de proximité. Au-delà, il y a le Moyen-Orient, le Maghreb, l’Afrique, l’Europe et l’ensemble du monde. En Libye, la situation n’est pas encore stabilisée. Il faut que la stabilité soit rétablie pour que nous puissions construire des projets communs.

Nous avons pourtant connu cette stabilité par le passé. Malheureusement, elle appartient à une autre époque. J’espère que nous la retrouverons bientôt.

Vous êtes donc optimiste ?

J’ai toujours été optimiste et je ne peux que l’être. Sinon, nous perdons espoir. Il faut être optimiste dans la vie. Si nous ne le sommes pas, nous avons déjà perdu.

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13 Août – Khaled Dabbabi : « Le CSP a besoin d’une refonte réelle et courageuse »

Considéré depuis 1956 comme la « Constitution sociale » de la Tunisie, le Code du statut personnel (CSP) a longtemps fait figure de texte avant-gardiste. Mais entre inégalités successorales, dot et statut de chef de famille réservé à l’époux, ses limites sont aujourd’hui pointées du doigt. Khaled Dabbabi, enseignant-chercheur en droit public et en sciences politiques, dresse un constat sans concession et plaide pour un véritable code de la famille. Entretien.

Depuis 2011, plusieurs voix, notamment des juristes, des acteurs de la société civile et des militants, revendiquent une réforme du CSP. Quelles réformes demandent-ils précisément et pourquoi sont-elles jugées nécessaires ?

Le CSP revêt une importance capitale dans l’histoire institutionnelle de l’État tunisien. Il a été adopté puis promulgué en 1956, c’est-à-dire trois ans avant la promulgation de la Constitution de 1959. C’est la raison pour laquelle que le CSP est considéré comme la « Constitution sociale » de la Tunisie.
Dans son contexte historique, le CSP peut être considéré comme un texte avant-gardiste (certains spécialistes l’ont qualifié de véritable « révolution par le droit »). Il a apporté avec lui des mesures innovantes et avant-gardistes pour l’époque et pour l’aire culturelle et civilisationnelle arabo-musulmane, telles que l’abolition de la répudiation et l’exigence du divorce judiciaire, l’exigence d’un âge minimum pour le mariage, l’abolition de la tutelle du père et, surtout, l’interdiction de la polygamie et sa pénalisation.
Par la suite, et par touches successives, ce socle initial a été consolidé par d’autres mesures. Et ce, aussi bien par des textes externes au CSP, telle la loi 58-27 du 4 mars 1958 relative à la tutelle publique, à la tutelle officieuse et à l’adoption, ou la loi 98-75 du 28 octobre 1998 relative à l’attribution d’un nom patronymique aux enfants abandonnés ou de filiation inconnue; que par la révision du CSP lui-même, dans le but de l’adapter davantage à l’évolution de la famille tunisienne. On peut citer, dans ce contexte, la loi 93-74 du 12 juillet 1993, qui a supprimé le devoir d’obéissance incombant à l’épouse.

Mais alors…?

Pourtant, et malgré tous ces efforts, le CSP a besoin d’une refonte réelle et courageuse pour qu’il rime réellement avec le vécu de la famille tunisienne du XXIe siècle, et pour qu’il devienne enfin compatible et conforme aux dispositions constitutionnelles et internationales dûment ratifiées par l’État tunisien en matière d’égalité devant la loi et de non-discrimination.

Le CSP souffre encore de plusieurs lacunes, insuffisances et inégalités devenues anachroniques. On peut citer à cet égard l’inégalité successorale, le maintien du statut de chef exclusif de famille au profit de l’époux-père, ou la pérennisation de la dot en tant que condition substantielle du contrat de mariage, etc.

En effet, le CSP souffre encore de plusieurs lacunes, insuffisances et inégalités devenues anachroniques. On peut citer à cet égard l’inégalité successorale, le maintien du statut de chef exclusif de famille au profit de l’époux-père, ou la pérennisation de la dot en tant que condition substantielle du contrat de mariage, etc.
Personnellement, je considère que le CSP était un bon code, mais pas aussi révolutionnaire, même pour son époque : on aurait pu et dû mieux faire. Il reste un code d’inspiration purement musulmane, présenté comme une relecture moderne du droit musulman classique.
Même dans son style et sa rédaction, ce texte s’apparente davantage à un recueil de fiqh (مدونة فقهية) qu’à un véritable code de droit positif étatique. Même sa dénomination pose problème : le terme « statut personnel » n’est pas un terme juridique ; il est issu du jargon du fiqh et du droit musulman classique.

Personnellement, je considère que le CSP était un bon code, mais pas aussi révolutionnaire, même pour son époque : on aurait pu et dû mieux faire. Il reste un code d’inspiration purement musulmane, présenté comme une relecture moderne du droit musulman classique.

Ce référentiel religieux a malheureusement toujours enfermé la question de la famille tunisienne dans un débat purement identitaire et religieux. Alors qu’il s’agit en réalité d’une question de droit objectif, de droits subjectifs, de citoyenneté, d’égalité et de constitutionnalité.
La famille tunisienne mérite désormais un véritable code de la famille, et non un code du statut personnel, qui opère une rupture courageuse, totale et radicale avec cet héritage identitaire archaïque, et au sein duquel toute famille tunisienne, musulmane ou non, puisse s’intégrer. Un code qui oriente enfin le débat vers son champ sémantique naturel, celui des droits et de la légalité constitutionnelle.

Le Parlement, dans sa configuration actuelle, est-il en mesure d’examiner, de débattre et d’adopter des réformes aussi avant-gardistes ?

On sait tous que le Parlement actuel n’est qu’une simple chambre d’enregistrement, au sein d’un régime et d’un système politiques largement inégalitaires qui profitent au chef de l’État et chef de l’exécutif. On a pu observer la très faible qualité du fonctionnement de cette institution. Elle est très mal partie, voire structurellement incapable d’assumer une mission aussi délicate.
Pire encore, on a vu et entendu certains députés inciter au retour de la polygamie et légitimer le viol des femmes. Comme disent les Français : « Qui souffre d’un manque ne peut guère l’offrir ». On ne peut pas demander à ce Parlement, faible, effrité et conservateur, de penser à des réformes aussi audacieuses.

La société tunisienne serait-elle prête à accepter une telle réforme si elle était adoptée, notamment face aux éventuelles résistances des milieux conservateurs ?

Contrairement à ce que l’on croit, la société tunisienne est une société largement conservatrice, qui envisage presque tout sous l’angle de l’identité et de la religion. Certains députés qui se disent de gauche sont contre l’égalité. Certains responsables politiques qui se disent laïcs tiennent des propos radicalement contraires à la laïcité et à la modernité.
La magistrature est également conservatrice ; sa jurisprudence, notamment judiciaire, reste marquée par une tendance largement conservatrice, en particulier en matière de droits et de libertés. Le même constat vaut pour l’administration, et même pour certains universitaires : que dire alors du citoyen ordinaire ?
Toutefois, l’égalité, la modernité et la démocratie ne doivent jamais attendre le changement de cette mentalité dominante. Parfois, pour pouvoir avancer et opérer la rupture épistémologique souhaitée, il faut savoir choquer, ne pas se contenter des perceptions et mentalités dominantes, et aller au-delà pour proposer un nouveau modèle sociétal, moderne, en phase avec le XXIe siècle. Si la mentalité dominante est en retard et reste figée dans des idéaux que l’humanité a dépassés, l’État doit, lui, vivre dans le présent et raisonner pour l’avenir.
René Descartes disait : « Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans sa vie se défaire de toutes les opinions qu’on a reçues, et reconstruire tout à nouveau ». L’État tunisien est appelé ici à être, à la fois, audacieux et cartésien.

Comment sensibiliser l’opinion publique à l’importance d’une réforme en profondeur du Code du statut personnel ? Un débat sociétal préalable est-il indispensable pour parvenir à un consensus ?

Une loi efficiente et efficace est toujours une loi intériorisée par les citoyens.  On peut rédiger les plus beaux textes : ils resteront lettre morte s’ils ne reflètent pas un certain crédo politique et sociétal ancré dans la société, et une certaine maturité civilisationnelle enracinée.

La citoyenneté, la culture du respect du droit, le civisme et l’égalité doivent être inculqués dès l’école, le collège et le lycée. Il est trop tard pour devenir un citoyen démocrate à l’âge de vingt ans. La démocratie s’apprend bien avant et notre système éducatif reste lacunaire, voire stérile, sur ce point.

J’ai dit que l’État ne doit jamais attendre le changement des mentalités ; mais, au-delà du volet juridique, il doit lui-même œuvrer à ce changement des perceptions archaïques et les éradiquer par d’autres moyens, non juridiques cette fois. C’est-à-dire par une stratégie claire visant une refonte totale et une véritable révolution de notre système éducatif, l’un des maillons les plus faibles du passé comme du présent.
La citoyenneté, la culture du respect du droit, le civisme et l’égalité doivent être inculqués dès l’école, le collège et le lycée. Il est trop tard pour devenir un citoyen démocrate à l’âge de vingt ans. La démocratie s’apprend bien avant, et notre système éducatif reste lacunaire, voire stérile, sur ce point.
Notre système fait sortir des sujets et non des citoyens.

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Sadok Bouaben : « Les femmes, une force majeure dont la Tunisie ne peut se priver »

À l’occasion de la Fête de la femme en Tunisie, célébrée le 13 août, et alors que le pays commémore cette année le 70e anniversaire du Code du statut personnel (CSP), Sadok Bouaben, journaliste et analyste des médias, revient, dans une déclaration exclusive accordée à L’Économiste Maghrébin, sur l’évolution de la condition féminine en Tunisie et sur les défis qui restent à relever en matière d’égalité entre les femmes et les hommes.

Adopté le 13 août 1956, quelques mois après l’indépendance, le CSP a constitué une rupture historique dans le statut juridique de la femme tunisienne. Soixante-dix ans plus tard, la société tunisienne a profondément changé. Les femmes ont massivement investi l’éducation, le marché du travail et la vie publique, occupant désormais une place centrale dans la vie économique et sociale.

Pour Sadok Bouaben, cette transformation appelle toutefois une évolution du cadre juridique et, surtout, des mentalités afin de mieux prendre en compte les nouvelles réalités de la société tunisienne.

Sadok Bouaben, journaliste et analyste des médias,

Une famille qui a changé, un droit appelé à évoluer

Parmi les questions qui méritent d’être réexaminées figure notamment celle du divorce et, plus largement, de la place de chacun des conjoints au sein de la famille. Le modèle dans lequel l’homme serait considéré comme le seul responsable du foyer ne correspond plus, selon le journaliste, à la réalité d’une société où les femmes travaillent, disposent de leurs propres qualifications et participent elles aussi aux revenus et aux charges du ménage.

 

Lire aussi : 13 Août – Néjia Gharbi : « Les femmes doivent continuer à s’affirmer pour être mieux représentées aux postes de decision »

 

Cette évolution des rapports au sein de la famille doit également être envisagée sous l’angle de l’autonomie. L’égalité devant la loi ne suffit pas, à elle seule, à faire disparaître les situations de domination. Les violences faites aux femmes ainsi que les différentes formes de dépendance économique et sociale montrent que certaines inégalités restent profondément ancrées dans les rapports entre les sexes.

Des compétences encore insuffisamment présentes dans les espaces de décision

Au-delà du cadre familial, l’accès aux espaces de décision constitue pour Sadok Bouaben l’un des principaux défis. La Tunisie a réalisé des progrès importants dans l’accès des femmes à l’éducation, à l’administration, à la vie publique et aux responsabilités. Mais ces avancées restent, estime-t-il, insuffisantes au regard de leurs compétences et de leur contribution à la société.

Le problème ne réside pas dans les capacités des femmes, mais davantage dans les représentations qui continuent de déterminer leur place. Dans le subconscient collectif, certaines conceptions héritées de plusieurs siècles continuent de considérer la femme comme appelée à occuper une position secondaire. Ces représentations peuvent persister alors même que le droit et les réalités sociales ont profondément évolué.

Sadok Bouaben met également en garde contre certaines représentations importées ou véhiculées au nom de la religion, susceptibles de conforter une vision restrictive du rôle des femmes. Il estime nécessaire de distinguer la religion des interprétations sociales qui ont pu, au fil du temps, lui être associées et qui continuent parfois à peser sur les mentalités.

La participation des femmes, un enjeu pour l’avenir de la Tunisie

Pour le journaliste, la question dépasse toutefois le seul enjeu des droits des femmes. Elle touche directement au fonctionnement et à l’avenir de la société tunisienne.

Une société qui ne permet pas à la moitié de sa population de participer pleinement à la vie économique, sociale et politique se prive nécessairement d’une partie de ses compétences et de son potentiel. La participation des femmes à la vie économique constitue ainsi un levier essentiel du progrès collectif.

Permettre aux femmes d’accéder davantage aux responsabilités et aux espaces de décision ne relève donc pas uniquement d’une exigence d’égalité. Il s’agit aussi, selon Sadok Bouaben, d’une nécessité pour une Tunisie qui aspire à mobiliser pleinement ses ressources humaines et à poursuivre son développement.

 

Lire également : 13 Août – Fête de la femme : Voici pourquoi le CSP a tenu bon

 

Soixante-dix ans après l’adoption du CSP, le débat ne porte ainsi plus seulement sur la préservation des acquis. Il s’agit désormais de savoir comment faire évoluer le droit et, surtout, les mentalités afin qu’ils correspondent à une société dans laquelle la femme a profondément changé de place.

Les acquis depuis 1956 restent considérables. Mais leur pleine traduction dans la vie quotidienne, économique, sociale et politique demeure un chantier ouvert.

Au final, Sadok Bouaben conclut que la Tunisie ne peut se priver de la moitié de ses compétences si elle veut pleinement exploiter son potentiel.

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Sana Ghenima : « À chaque fois qu’il y a une crise, ce sont les femmes qui sont pénalisées »

En ce 13 août 2026, à l’occasion de la Journée nationale de la femme, les Tunisiennes s’affirment au fil des ans. D’ailleurs, au-delà de quelques avancées statistiques, cette affirmation se vérifie dans la réalité des carrières, dans la composition des conseils d’administration, dans l’accès aux postes les plus influents et dans la capacité des femmes à exercer pleinement leur autorité. Même si le combat est donc loin d’être terminé : il faut lutter contre les discriminations et amener la société à rompre avec les réflexes qui associent encore trop souvent le pouvoir à la figure masculine.

Mais au-delà de voir tout en rose, il y a des zones grises. Il ne s’agit pas réellement de célébrer les acquis des femmes ou d’évoquer leur amélioration. Le véritable enjeu, c’est avant tout de préserver ce qui existe déjà et, surtout, de mettre fin à la polémique qui resurgit chaque année à cette date, en plein été, autour des menaces supposées d’un retour à la polygamie, sous divers prétextes, nous rappelle Sana Ghenima, présidente de l’Association Femmes et Leadership.

Elle souligne à cet effet que cette menace n’a pas de réalité tangible. « Nous savons pertinemment que le Code du statut personnel (CSP) préserve intégralement les acquis des femmes. Et ce n’est pas seulement la femme tunisienne qu’il faut invoquer, mais bien la société tunisienne dans son ensemble. Dans sa majorité, celle-ci considère ces acquis comme faisant désormais partie intégrante de son ADN. Seule une minorité élève la voix pour un retour en arrière, soixante-dix ans après l’adoption du CSP. »

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À ses yeux, il s’agit donc d’un pseudo-débat, d’une menace fantasmée qui sert à détourner l’attention de l’essentiel. « Et cet essentiel, je le résumerais ainsi : il ne concerne pas uniquement les acquis des femmes, mais bien ceux de toute la société tunisienne et de chaque citoyen, en matière de droits fondamentaux, de démocratie et de citoyenneté. C’est cela qui est aujourd’hui menacé, pour tous, hommes comme femmes. »

La priorité, insiste Sana Ghenima, est la libération des prisonniers d’opinion et des prisonniers politiques : Abir Moussi, Chaima Aissa, Saadiya Masbah et bien d’autres… « Jamais, dans l’histoire de la Tunisie, le nombre de femmes incarcérées pour des motifs politiques n’a atteint un tel niveau. Cela démontre clairement que la femme tunisienne ne se définit plus par son statut social ou marital, mais bien en tant que citoyenne à part entière. C’est pourquoi elle est activiste dans la société civile, engagée dans le champ politique; malgré toutes les contraintes et toutes les répressions que subissent les militants. »

Elle précise dans ce contexte : « La liberté pour ces prisonnières que nous connaissons bien est un enjeu majeur. Ces femmes sont des icônes du militantisme. On peut être d’accord ou non avec leurs idéologies, mais ce sont des activistes des droits économiques, politiques et civiques au sens large. »

Dès lors, la priorité n’est pas de distinguer hommes et femmes, ni de concentrer le débat uniquement sur les droits sociaux et économiques. « Certes, il est facile de parler des femmes en milieu rural et de retomber dans les mêmes discours récurrents. Ce n’est pas que cela ne soit pas important, mais c’est qu’il y a, pour le moment, des enjeux plus urgents, qui affectent toute la société, hommes et femmes. »

« Ce qui compte avant tout, c’est de rendre aux femmes tunisiennes, et plus largement à tous les citoyens, leur plein droit d’exercer leurs libertés, d’être protégées, de réviser ou d’abolir une constitution qui ne rime à rien et de revenir au consensus établi par la société tunisienne, avec tous ses courants idéologiques, politiques, économiques, etc.  »
« Il faut revenir aux fondamentaux : garantir les droits, garantir la liberté d’action dans l’espace politique et public. Ensuite seulement, on pourra revenir sur les détails de ce qui est menacé spécifiquement pour les femmes ou pour les hommes. »
 » Ce que je vois, c’est la misère qui s’installe dans le pays, la dégradation des droits fondamentaux les plus élémentaires, comme l’accès aux services publics. On ne parle donc pas de problèmes spécifiques aux femmes, mais bien de ceux qui touchent toute la société tunisienne. »

Elle terminera, comme toujours, par cette phrase de Simone de Beauvoir :  » À chaque fois qu’il y a une crise, ce sont les femmes qui sont pénalisées en premier. » Or, comme nous conjuguons aujourd’hui plusieurs types de crises, ce sont les femmes qui subissent, à la puissance N, l’impact de ces crises.
« Revenons donc aux fondamentaux : instaurer un État de droit tel qu’il se doit, une démocratie telle qu’elle se doit, une liberté telle qu’elle se doit. Ensuite, nous pourrons discuter des spécificités liées aux catégories socioprofessionnelles : femmes, jeunes, personnes handicapées, etc. Mais tant que le socle commun n’existe pas, il est chimérique, selon moi, de parler d’avancée des droits des femmes », conclut-elle.

En somme, tout cela nous amène à dire que l’avenir ne sera véritablement juste que lorsque les femmes n’auront plus à se battre deux fois plus pour prouver qu’elles méritent leur place. Et cet avenir, tôt ou tard, sera féminin.

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13 Août – Fête de la femme : Voici pourquoi le CSP a tenu bon

Bourguiba a fait de la libération de la femme une de ses marques de fabrique. Une affaire personnelle même lorsqu’on interroge son vécu, notamment familial. Mais, pour résister, le CSP a su beaucoup compter sur une certaine ADN tunisienne et sur la maturité de la société civile. C’est sans doute pourquoi la Tunisie est toujours pionnière à deux niveaux notamment : la polygamie et la répudiation.

On ne le dira, sans doute, jamais assez : le président Habib Bourguiba a manifesté un certain empressement à vouloir réformer le statut de la femme en Tunisie. Ainsi, le 13 août 1956, il y a soixante-dix ans donc, et alors que la Tunisie venait à peine d’obtenir son indépendance (20 mars 1956) et qu’il n’avait pas été investi de sa fonction de président de la République (25 juillet 1957) – il était le Premier ministre du dernier bey husseinite, Mohamed Lamine, il décide de franchir le Rubicon au niveau d’un dossier qu’il tenait à cœur pour faire une de ses marques de fabrique : il avait demandé que l’on inscrive sur la porte principale du Mausolée où il repose à Monastir « Le Combattant suprême, bâtisseur de la Tunisie moderne, libérateur de la femme ».

Soixante-dix ans après la promulgation du Code du Statut Personnel (CSP), on sait que le premier président de la Tunisie indépendante avait là fait preuve d’une réelle détermination qui servait une ambition qu’il n’a cessé de cultiver. Une ambition en fait personnelle née d’un vécu qui n’a cessé de l’habiter. Et ce, face à la situation de la femme qui était dépourvue de tous ses droits, abandonnée à son sort par de longues années d’assujettissement. En témoignent ses déclarations publiques quant à son environnement féminin et les inégalités qui le caractérisaient. Ou encore, le témoignage relatif au divorce de ses grands-parents pour un motif futile : sa grand-mère a été divorcée pour avoir servi « un repas froid » à son époux.

 

Soixante-dix ans après la promulgation du Code du Statut Personnel (CSP), on sait que le premier président de la Tunisie indépendante avait là fait preuve d’une réelle détermination qui servait une ambition qu’il n’a cessé de cultiver.

 

Autant dire que ce CSP, il le tenait, pour ainsi dire, comme à la prunelle de ses yeux. Et de son sillage, il avait non seulement décidé d’abolir la polygamie et la répudiation, mais aussi à faire d’une « manière transversale, à travers des textes constitutionnels, des codes juridiques majeurs, des lois organiques spécifiques et des mesures » une réalité quotidienne consacrant l’égalité homme-femme. A commencer par le biais de la généralisation de l’éducation, ouverte, donc, aux filles à tous les niveaux.

« De fortes mobilisations »

Reste que cette détermination de Bourguiba n’a pas été – loin s’en faut – la seule raison qui a fait que le CSP a duré. Force de constater, à ce niveau, que la Tunisie n’a pas été suivie dans le monde arabe entièrement pour ce qui est des droits des femmes et notamment pour ce qui est de la polygamie et la répudiation. Certes, des restrictions ont été établies à ses deux niveaux, comme l’autorisation du juge, la preuve d’un motif valable et le consentement de l’épouse notamment, mais aucun pays n’a apporté une réforme de fond en comble.

 

Lire aussi : 13 Août – Néjia Gharbi: « Les femmes doivent continuer à s’affirmer afin d’obtenir ce qu’elles méritent »

 

On peut se demander, à ce propos, si Bourguiba savait quelque part que sa réforme n’allait cependant pas rencontrer une grande contestation du fait que le terrain social était bien prêt à l’accueillir. Et, ce pour, sans doute, deux raisons. La première est que les Tunisiens étaient en grande majorité monogames à l’heure de la réforme. La seconde a trait à l’importance de la femme dans l’histoire de la Tunisie. Certaines habitent jusqu’aujourd’hui le quotidien des Tunisiens. Comme Zaynab Nefzaouia (XIème siècle) « femme berbère des débuts de la dynastie almoravide, fondatrice et reine de Marrakech (Maroc) et ayant pris contrôle du Maghreb et d’une partie de l’Espagne ». Ou encore Oum Millel, princesse sanhajite (XIème siècle), qui a été la régente du roi Moez Ibnou Badiset, a gouverné, de ce fait, la Tunisie pendant sept ans (1016-1023), Fatma Al Fehria, princesse aghlabide, qui a, au IXème siècle, fondé l’université Al Quaraouiyine à Fès, au Maroc, et Aroua Al Quayraouanya (8ème siècle), connue pour avoir imposé au second khalife abbasside, Abbou Jaafar Al Mansour, de ne pas prendre une seconde femme, étant marié selon le contrat de mariage kairouanais (Al Sadek Al Quayraouanyi) qui stipule l’accord de la première épouse.

 

On se souvient peut-être qu’en 2012, un projet de la Constitution tunisienne avait proposé de définir la femme comme « complémentaire de l’homme au lieu de consacrer la pleine égalité des sexes.

 

On ne peut, alors que la Tunisie célèbre le 70ème anniversaire de la promulgation du CSP, qu’expliquer pourquoi le CSP a réussi à faire son petit bonhomme de chemin, la maturité de la société civile, et notamment celui des femmes, qui s’est toujours dressé contre les velléités d’un retour en arrière. Notamment ces appels plus ou moins clairs en vue de revenir sur des acquis. On se souvient peut-être qu’en 2012, un projet de la Constitution tunisienne avait proposé de définir la femme comme “complémentaire“ de l’homme au lieu de consacrer la pleine égalité des sexes. Une mention qui a provoqué une vive polémique et de fortes mobilisations.

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13 Août – Néjia Gharbi: « Les femmes doivent continuer à s’affirmer pour être mieux représentées dans les postes de decision »

La Tunisie demeure, dans le monde arabe et musulman, l’un des pays les plus avancés en matière de droits des femmes et d’égalité entre les sexes. Depuis l’indépendance, les Tunisiennes ont conquis des droits essentiels dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’emploi et de la participation à la vie publique. Pourtant, derrière ces acquis, une réalité persiste : dans les sphères du pouvoir et de la décision, le chemin vers l’égalité reste encore long.

Briser le plafond de verre demeure un défi, aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé. Les femmes sont présentes, compétentes et engagées, mais elles restent encore trop peu nombreuses là où se prennent les décisions les plus importantes.

Dans les conseils d’administration, notamment, l’égalité est encore loin d’être atteinte. La progression existe, mais elle demeure lente. Selon les dernières données annoncées par la Bourse de Tunis lors de l’édition locale de l’initiative internationale Ring the Bell for Gender Equality, organisée à l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, la part des femmes dans les conseils d’administration des entreprises tunisiennes s’élève désormais à 19%, contre 17% l’année précédente.

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Cette évolution témoigne de l’engagement croissant des institutions financières et de leurs partenaires en faveur d’une meilleure représentation des femmes. Mais elle révèle également l’ampleur du chemin qui reste à parcourir. Car derrière chaque pourcentage se trouvent des carrières interrompues, des compétences ignorées et des femmes parfois écartées de postes qu’elles auraient pleinement mérités.

 Néjia Gharbi: “Nous méritons beaucoup mieux”

La question demeure donc entière : quelle est aujourd’hui la place de la femme tunisienne dans les postes de décision ?

Néjia Gharbi, directrice générale de la Caisse des dépôts et consignations, porte sur cette réalité un regard lucide et sans concession. Selon elle, la Tunisie est encore loin de répondre aux aspirations des femmes.

“ Nous ne sommes pas encore parvenus à une situation qui réponde réellement aux aspirations et aux attentes des femmes. Nous manquons encore de femmes dans les postes de décision, nous sommes très peu représentées dans les conseils d’administration ainsi que dans les fonctions importantes et influentes. Ce constat est parfois inquiétant notamment par rapport au nombre important de femmes très compétences dans tous les domaines . Je le ressens et j’en suis convaincue : la femme tunisienne mérite une meilleure représentativité ”, affirme-t-elle.

Pour la Directrice générale de la CDC, il est indispensable d’offrir davantage de possibilités aux femmes et de leur permettre d’exercer pleinement leur capacité à décider et à diriger.

“Il faut donner davantage de chances aux femmes d’accéder aux postes de décision et d’être plus représentées dans les conseils d’administration et ça était prouvé que sa participation à la prise de décision améliore énormément l’efficacité des conseils ” , souligne-t-elle.

Cette exigence ne relève ni d’un privilège ni d’une faveur. Elle repose sur un principe simple : les femmes qui disposent des compétences, de l’expérience et de la légitimité nécessaires doivent pouvoir accéder aux responsabilités qui leur reviennent. Le combat de la confiance en soi Néjia Gharbi estime toutefois que l’accès des femmes aux postes de responsabilité ne dépend pas uniquement des institutions. Il exige également une mobilisation individuelle et collective.

« La femme tunisienne n’a pas encore atteint l’objectif ni même le niveau auquel elle aspirons. Cela nécessite beaucoup d’efforts, notamment d’avoir confiance en soi, de se présenter lorsqu’il le faut et de défendre sa position », explique-t-elle. Elle évoque une réalité encore trop fréquente : des femmes parfaitement qualifiées sont parfois écartées ou remplacées par des hommes dont les compétences sont moindres. « Certaines femmes qui méritent d’être nommées à des postes importants se retrouvent parfois écartées pour des raisons qui n’ont rien à voir avec les compétences »,  insiste-t-elle.

Ces mots résonnent comme un appel à ne plus accepter d’être écarté sans raison . À ne plus se contenter d’être présentes sans être entendues. À ne plus s’arrêter au niveau des postes inférieurs et persévérer pour pouvoir accéder aux premiers postes de décider.

Néjia Gharbi: « être fière d’être une femme, fière d’être une femme tunisienne »

Les femmes tunisiennes ont pourtant démontré, dans de nombreux domaines, leur capacité à exceller. Dans les parcours universitaires , la recherche, mais cette excellence n’est pas aussi visible dans la vie professionnelle, pourtant elle a accumulé les réussites et fait preuve d’une remarquable persévérance.  » Les femmes tunisiennes ont brillé dans leur parcours académique et de la recherche et les résultats universitaires le prouvent . Nous souhaitons qu’elles puissent continuer sur cette même voie dans la vie professionnelle . Il ne faut pas baisser les bras : il faut se battre, persévérer, avoir confiance en soi et être fière d’être une femme, fière d’être une femme tunisienne »,  rappelle Néjia Gharbi.

Son message est à la fois simple et puissant : continuer à avancer, à s’affirmer et à refuser les limites imposées. Car la réussite ne repose pas uniquement sur le talent. Elle exige aussi de la confiance en soi, de la résilience et la capacité de se relever chaque fois que l’on tente de fermer une porte. « Les femmes doivent continuer à briller et à s’affirmer afin d’obtenir ce qu’elles méritent. Grâce à un effort collectif et généralisé, nous pourrons parvenir à une meilleure représentation des femmes et leur permettre d’occuper la place qui leur revient, tant dans leur parcours professionnel que dans la vie civile », conclut-elle.

Le combat est donc loin d’être terminé. Il appartient aux institutions de garantir des chances équitables, aux entreprises d’éviter les discriminations et à la société de rompre avec les réflexes qui associent encore trop souvent le pouvoir à la figure masculine.

Quant aux femmes, le message est clair : croire en soi, persévérer, faire preuve de résilience, ne pas baisser les bras car le chemin est encore long .

 

 

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