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Aswat Nissa alerte sur une hausse des féminicides en Tunisie

Le nombre de féminicides répertoriés en Tunisie a connu une augmentation constante au cours des dernières années, selon les données de suivi sur les violences faites aux femmes publiées par l’association Aswat Nissa.

D’après le bilan établi par l’organisation, le nombre de victimes recensées est passé de 6 cas en 2018 à 30 cas en 2025 avec une hausse continue des actes mortels enregistrés : 6 cas en 2018, 25 en 2023, 29 en 2024, pour atteindre 30 cas en 2025.

L’association note que cette dynamique de violences mortelles à l’égard des femmes se poursuit également au cours de l’année 2026.

Face à ce constat, Aswat Nissa souligne des défaillances dans les dispositifs de protection actuels ainsi que dans l’application effective du cadre législatif relatif aux violences fondées sur le genre, tout en appelant à la nécessité d’assurer une documentation systématique de ces crimes, de renforcer la prévention et de lutter contre l’impunité afin de garantir la sécurité des victimes.

L’Ong œuvre à centraliser des informations auparavant dispersées et à les rendre plus facilement accessibles aux chercheurs, aux journalistes et aux organisations de la société civile. Le lancement de son initiative intervient à la veille de la Journée nationale de la femme tunisienne, célébrée chaque 13 août pour marquer l’anniversaire de la promulgation, en 1956, du Code du statut personnel — un texte législatif majeur dans l’évolution des droits des femmes dans le pays.

La question des violences fondées sur le genre demeure très sensible, bien que la Tunisie dispose, depuis 2017 (entrée en vigueur en février 2018), de la loi organique n° 58 relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Ce texte adopte une définition large de la violence — englobant ses formes physiques, psychologiques, sexuelles, économiques et politiques — et prévoit des mesures de prévention, de protection des victimes et de poursuite des auteurs.

Toutefois, les organisations de défense des droits des femmes ont souligné à maintes reprises les difficultés liées à la mise en œuvre effective des protections prévues par la loi, ainsi que la nécessité de disposer de données complètes et actualisées.

L’organisation Aswat Nissa, en particulier, souligne que l’absence de base de données publique exhaustive rend difficile l’évaluation précise de l’ampleur du phénomène, notant que le nombre réel de féminicides pourrait bien dépasser les chiffres documentés.

La nouvelle plateforme créée à cet effet vise donc à combler, au moins partiellement, cette lacune en transformant le suivi des féminicides en un outil permanent de documentation et d’analyse, tout en permettant d’évaluer l’efficacité des politiques publiques destinées à prévenir les violences faites aux femmes.

Y. N.

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After the Peak : féminicides entre recul provisoire et réalités persistantes

A la veille de la célébration du 13 août 2026, qui coincide avec la Journée nationale de la femme tunisienne, il est important de s’attarder sur le nombre des cas de violence contre la femme tunisienne chaque jour, que ce soit dans la rue, que dans sa maison, ou encore dans sa vie professionnelle et personnelle.

L’Observatoire de terrain pour la lutte contre la violence à l’égard des femmes en Tunisie a publié des données qui montrent une nette tendance à la hausse des féminicides en Tunisie entre 2020 et 2023. En effet, leur nombre est passé de 26 cas en 2020 à 49 en 2023. Soit le niveau le plus élevé de la période présentée. Avant d’amorcer une baisse en 2024 et 2025, puis d’atteindre  10 cas en 2026, selon les chiffres affichés. Cela signifie que le phénomène a atteint son pic en 2023 avant d’entrer dans une phase de recul relatif.

Il est toutefois prématuré de considérer cette évolution comme une amélioration durable, car les chiffres restent supérieurs au niveau de 2020 durant la plupart des années précédentes, et l’année 2026 semble incomplète ou “provisoire”, comme l’indique le tableau de bord.

La comparaison entre les cas de “violence conjugale” et le nombre total d’affaires de meurtre montre également que la violence au sein du couple constitue une composante importante du problème. Cela laisse penser que le phénomène ne correspond pas à des événements isolés, mais qu’il est lié à des formes plus larges de violence familiale et sociale.

Le pic enregistré en 2023, après la hausse observée au cours des années précédentes, souligne la nécessité d’analyser le lien entre les mécanismes de protection juridique, les dispositifs de signalement, les interventions sociales et les services destinés aux victimes.

En effet, la baisse des chiffres entre 2024 et 2026 peut traduire une amélioration partielle de la prévention, mais aussi une évolution des modalités d’enregistrement ou de signalement, et ne signifie pas nécessairement une diminution définitive du danger.

Rien ne suffit à remplacer une vie perdue, il est temps que la loi, les services et la société agissent pour que chaque femme marche libre et protégée..

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