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Tunisie. Pollution : À Gabès, Kaïs Saïed confronté à une réalité complexe du terrain

Fidèle à son modus operandi de la visite inopinée érigée en mode de gouvernance, Kaïs Saïed s’est rendu à Gabès dans la nuit du 10 au 11 août, un nouveau déplacement non annoncé destiné à constater de visu une situation…

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Gabès : Les militants répondent à Kaïs Saïed et réclament le démantèlement de toutes les unités

Le débat autour de l’avenir du complexe chimique de Gabès se poursuit après la visite effectuée par le président de la République, Kaïs Saïed, dans la région de Chott Essalem. Les militants engagés dans la lutte contre la pollution contestent notamment l’idée selon laquelle seules les unités devenues obsolètes devraient être démantelées, estimant que l’ensemble des installations du complexe présente aujourd’hui un problème environnemental.

Intervenant mardi 11 août 2026 sur les ondes de la Radio nationale, le militant de la campagne « Stop Pollution », Kheireddine Dbaya, a affirmé que toutes les unités du Groupe chimique tunisien à Gabès sont polluantes et ne respectent pas les normes environnementales, en s’appuyant, selon lui, sur les données officielles disponibles.

« Toutes les unités sont polluées et non conformes aux normes environnementales », a-t-il déclaré, soulignant que le complexe, créé dans les années 1970 avec une technologie datant des années 1950, serait aujourd’hui dans un état de vétusté avancé.

Les militants contestent l’idée d’un maintien des unités réparées

Cette position intervient suite aux déclarations du président de la République lors de sa visite à Gabès. Kaïs Saïed avait indiqué que les unités jugées non conformes et devenues inutilisables seraient démantelées, tandis que celles ayant fait l’objet de réparations et ne générant plus d’émissions polluantes pourraient continuer à fonctionner. Une approche que les militants de Gabès ne semblent pas partager.

Kheireddine Dbaya estime en effet que le problème ne se limite pas à certaines installations défectueuses. Selon lui, même en l’absence de panne ou de dysfonctionnement technique, les émissions de gaz chimiques provenant des unités peuvent dépasser très largement les seuils autorisés.

Lire aussi : Gabès : Kaïs Saïed annonce le démantèlement des unités devenues obsolètes

Il affirme que ces dépassements peuvent atteindre 40 à 50 fois les normes nationales et, dans certains cas, jusqu’à 300 fois les seuils fixés, avec des conséquences directes sur les habitants, notamment des épisodes d’étouffement.

« Le démantèlement doit être immédiat »

Pour le militant, les données techniques et les études réalisées sur le complexe plaident en faveur d’un démantèlement global des unités industrielles concernées.

Il estime ainsi que le démantèlement ne devrait pas être limité aux installations considérées comme obsolètes, mais s’inscrire dans une feuille de route urgente permettant de sortir progressivement de la situation actuelle.

« Il n’y aura pas de recul » sur cette revendication, a-t-il affirmé, réitérant la demande des militants de voir les unités du complexe chimique démantelées.

Au-delà de la question industrielle, le dossier reste ainsi au cœur des préoccupations environnementales et sanitaires à Gabès. La principale divergence porte désormais sur la méthode : maintenir certaines unités après réparation et contrôle de leurs émissions, comme l’a évoqué le président de la République, ou engager un démantèlement beaucoup plus large, comme le réclament les militants.

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Gabès : Saïed dénonce les ravages de la pollution et pose des conditions strictes pour la reprise des activités

Le président de la République, Kais Saied a effectué lundi soir une visite de terrain dans le gouvernorat de Gabès (sud-est), où il a fustigé les ravages de la pollution et dénoncé ce qu’il a qualifié de « pollution politique », liant la dégradation de l’environnement à la corruption.

Lors de son déplacement à la plage Al-Salam « Shatt al-Salam », le chef de l’État a souligné que la question environnementale était devenue une « cause nationale ». Il a affirmé que les habitants de Gabès ont payé un « prix exorbitant » en raison des activités du Groupe Chimique Tunisien (GCT), tout en accusant certains cercles d’avoir comploté, depuis 2011, pour démanteler ce complexe industriel afin de le vendre à bas prix. « Nos institutions et entreprises publiques ne sont pas à vendre », a-t-il insisté, cité dans un communiqué de la présidence de la République.

Il a annoncé, à cet effet, que seules les unités de production ayant été réparées et mises aux normes seront autorisées à fonctionner, afin de garantir aux habitants de Gabès leur droit de vivre dans un milieu décent.

Dans son discours prononcé à cette occasion, Saied a également souligné que « le peuple souhaite démanteler la corruption et garantir une juste reddition de comptes », insistant sur le fait que la ville de Gabès, avec ses caractéristiques naturelles uniques, notamment ses montagnes, ses plages et ses oasis, est l’une des villes les plus touchées, « car elle est victime non seulement de la pollution environnementale, mais aussi de la pollution politique ».

Il a insisté sur le droit des citoyens à un environnement sain, libéré de toute forme de pollution, « au sens propre comme au sens figuré ». .

Le président de la République a également souligné que les habitants de Gabès ont fait obstacle à ceux qui voulaient « investir dans la misère » et ont déjoué les plans de ceux qui, non seulement souhaitaient abandonner ce complexe, mais aussi attiser les flammes de la sédition. « Ce que notre peuple de Gabès a accompli restera gravé dans l’histoire », a-t-il lancé.

Le chef de l’Etat s’est rendu, ensuite au siège du gouvernorat de Gabès, où il s’est entretenu avec le gouverneur de la région et des députés locaux, déclarant que le pays menait actuellement une « guerre sur tous les fronts » contre les complots visant la stabilité de l’État.

Toujours à Gabès, Saied s’est rendu à l’Hôpital universitaire, où il a constaté l’encombrement des services et le manque de moyens, tout en rendant hommage à la solidarité des citoyens qui ont fait des dons privés pour améliorer les conditions de soins. Il a ensuité inspecté un oued (cours d’eau) laissé à l’abandon depuis des décennies et qui fera l’objet, bientôt, de travaux de curage.

Pour le chef de l’Etat, « le diagnostic est clair » et « le temps est désormais à l’action ».Il a prévenu, ainsi, les responsables administratifs que « celui qui n’assume pas ses responsabilités comme il se doit devra laisser sa place à ceux qui les porteront avec honnêteté ». Invoquant le verset cora

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Gabès : Kaïs Saïed annonce le démantèlement des unités devenues obsolètes

Le dossier environnemental de Gabès revient au premier plan. En visite dans la ville et notamment dans la zone de Chott Essalem, où sont implantées plusieurs unités relevant du Groupe chimique tunisien, le président de la République Kaïs Saïed a annoncé de nouvelles orientations concernant l’avenir de ces installations, avec comme priorité affichée : mettre fin aux émissions polluantes et redonner à la région un air sain.

Sur place, le chef de l’État a indiqué que les unités devenues obsolètes et jugées non conformes seraient démantelées. En revanche, celles qui ont fait l’objet de travaux de réparation et qui ne génèrent plus d’émissions polluantes devraient continuer à fonctionner.

Une approche en deux temps

Kaïs Saïed a expliqué que l’action des autorités devait, dans un premier temps, se concentrer sur les solutions urgentes afin de répondre aux problèmes les plus immédiats. Cette première étape concerne notamment les installations dont le fonctionnement est à l’origine de nuisances environnementales. « Le démantèlement total de toutes les unités prendra des années », a néanmoins affirmé le président.

Le président a toutefois insisté sur la nécessité de ne pas limiter l’intervention à des mesures ponctuelles. Selon lui, une solution « radicale et définitive » au problème environnemental de Gabès a été étudiée sous différents angles.

L’objectif affiché est ainsi de traiter le problème à sa source, tout en tenant compte des différentes dimensions du dossier, notamment environnementales, industrielles et sociales.

« Redonner l’air pur à Gabès »

La question des émissions constitue depuis des années l’un des principaux sujets de préoccupation des habitants de Gabès, en particulier dans les zones proches du complexe chimique.

Au cours de sa visite, Kaïs Saïed a rencontré plusieurs citoyens venus lui faire part des conséquences du dégradation de la situation environnementale sur leur quotidien. Les témoignages recueillis sur place ont notamment porté sur les nuisances liées à la pollution et leurs répercussions sur la qualité de vie des habitants.

Lire aussi : Gabès : Sept mois après le rapport sur la pollution, Kaïs Saïed retourne sur le terrain

Face à ces préoccupations, le président de la République a réaffirmé la nécessité de mettre un terme aux émissions et de « redonner l’air pur à Gabès ».

Un dossier qui dépasse Gabès

Le chef de l’État a également élargi le débat à l’ensemble du pays, estimant que plusieurs régions tunisiennes connaissent elles aussi des situations environnementales préoccupantes.

Pour Kaïs Saïed, la réponse ne peut donc pas se limiter à Gabès et doit s’inscrire dans une approche globale de traitement des problèmes environnementaux à travers le pays.

À Gabès, cette nouvelle prise de position pose toutefois une question centrale : comment concilier la nécessité de protéger la population et l’environnement avec le maintien de l’activité industrielle et des emplois liés au complexe chimique ?

Entre démantèlement des unités jugées obsolètes, maintien des installations rénovées et recherche d’une solution définitive, le gouvernement est désormais appelé à traduire les annonces présidentielles en mesures concrètes. Pour les habitants de Gabès, l’enjeu dépasse largement celui de la modernisation d’un complexe industriel : il s’agit de savoir si la ville pourra enfin tourner la page de plusieurs décennies de préoccupations environnementales.

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Kaïs Saïed : « La Tunisie mène une guerre sur tous les fronts »

Le président de la République, Kaïs Saïed, s’est rendu, dans l’après-midi du 10 août, sur la plage de « Chatt Essalam » à Gabès pour examiner la situation environnementale locale.

Il a insisté sur la nécessité d’éviter la répétition des incidents de l’année précédente et a qualifié la protection de l’environnement d’enjeu national. Tout en rappelant que Gabès a payé un prix particulièrement lourd à cause du Groupe chimique tunisien (GCT), dont certains avaient envisagé la cession à des prix dérisoires, une logique qu’il a dénoncée comme récurrente depuis 2011 et même avant.

Un discours centré sur l’environnement et la souveraineté des institutions publiques

Le chef de l’État a souligné que les établissements et infrastructures publics ne sont ni à vendre ni à brader. Selon lui, le peuple exige le démantèlement des réseaux de corruption et une reddition de comptes équitable. Il a décrit Gabès, dotée de montagnes, de plages et d’oasis, comme l’une des villes les plus affectées, victime non seulement de la pollution industrielle, mais aussi d’une « pollution politique ».

Des exigences claires : un environnement sain et des unités réhabilitées uniquement

Kaïs Saïed a affirmé que les citoyens ont le droit d’évoluer dans un cadre de vie sain, exempt de toute forme de pollution, au sens littéral comme au sens figuré. Il a précisé que seules les unités du GCT ayant fait l’objet de réhabilitations conformes seront remises en service, les installations polluantes devant rester à l’arrêt, afin de garantir un environnement sûr aux habitants de Gabès. Il a salué la résistance de la population locale, qu’il a présentée comme ayant fait échec à des tentatives d’instrumentalisation de leurs souffrances et à des projets visant non seulement à céder le complexe, mais aussi à attiser les tensions.

Suite de la visite : gouvernorat, hôpital et oued

Kaïs Saîed s’est rendu au siège du gouvernorat, où il a rencontré le Wali et plusieurs députés de la région. Il y a déclaré que la Tunisie mène une « guerre sur tous les fronts »  et que, tant que le peuple reste aussi conscient, tous les complots échoueront. Il s’est ensuite rendu à l’hôpital universitaire de Gabès, où il a constaté la surcharge et le manque de moyens. Tout en notant que des citoyens avaient fait des dons de leurs propres fonds pour améliorer les conditions des patients, un geste qu’il a illustré par le verset coranique : « Et ils se privent pour eux-mêmes, même s’ils sont dans le besoin. » Enfin, il a inspecté l’oued qui sera curé et réaménagé après des décennies d’accumulation de déchets.

Kaïs Saïed : « Le temps est venu d’agir »

Kaïs Saïed a conclu que le diagnostic est clair et que l’heure est désormais à l’action. Il a averti que quiconque n’assumerait pas ses responsabilités comme il se doit, devra céder sa place à quelqu’un d’autre, prêt à les assumer avec intégrité, citant : « Et acquittez-vous de l’engagement, car l’engagement sera demandé en compte.

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Tunisie | Que peut-on sérieusement attendre de la visite de Saïed à Gabès ?

Les solutions pratiques au problème de la pollution industrielle à Gabès et de ses conséquences sur l’environnement et la santé des habitants, notamment la hausse des affections respiratoires, des cancers et d’autres maladies, tardent à être mises en œuvre et les nombreuses visites des responsables politiques dans la région n’ont pas été suivies d’une amélioration notable de la situation. Au contraire : les Gabésiens, se sentant sacrifiés, s’impatientent et le font tapageusement savoir.  

Latif Belhedi

Le président Kaïs Saïed a effectué, hier soir, lundi 10 août 2026, une «visite surprise» dans le gouvernorat de Gabès, au sud-est de la Tunisie, pour faire le point sur la situation environnementale de la région et constater sur place les problèmes majeurs dont se plaignent les habitants, en particulier la pollution industrielle induite par les usines du Groupe chimique tunisien (GCT), qui produisent des engrais chimiques et rejettent quotidiennement dans l’air, le sol et la mer des tonnes de déchets chimiques très nocifs pour la santé et l’économie de la région.

Au cours de cette visite M. Saïed a souligné, selon l’agence officielle Tap, la nécessité d’adopter des «mesures immédiates et efficaces pour s’attaquer aux sources de pollution et en limiter les conséquences sur la population et l’environnement». Selon la même source, le président a réaffirmé que la situation environnementale à Gabès devait être traitée par une «intervention globale, capable d’agir tant sur les sources de la pollution que sur ses répercussions», tout en parlant de «solutions structurelles à long terme». L’objectif, a-t-il expliqué, est de mettre fin aux causes de l’urgence environnementale plutôt que de se limiter à en gérer les effets.

La «Tchernobyl de la Méditerranée»

A Gabès, ville de la côte sud-est de la Tunisie historiquement connue pour son oasis maritime, où prospéraient l’agriculture, la pêche et le tourisme, la situation environnementale et sanitaire a atteint un stade critique. Surnommée la «Tchernobyl de la Méditerranée», la région subit depuis des décennies l’impact de l’industrie lourde des phosphates.

L’origine de la crise environnementale de Gabès remonte à 1972, avec l’installation du pôle industriel du GCT, destiné à la transformation des phosphates en acide phosphorique et en engrais destinés à l’exportation.

Au fil des décennies, l’activité industrielle a eu un impact majeur sur l’environnement, notamment par le rejet en mer d’importantes quantités de phosphogypse — un résidu du traitement des phosphates contenant, entre autres, des métaux lourds, du fluor et des éléments radioactifs — ainsi que par des émissions atmosphériques de dioxyde de soufre, d’ammoniac et de composés fluorés.

La pollution a également affecté les ressources en eau, en raison de l’exploitation progressive des nappes phréatiques par le complexe industriel et de ses conséquences sur l’écosystème de l’oasis côtière.

La situation est revenue au cœur de l’actualité après des épisodes de forte pollution atmosphérique ayant provoqué, depuis septembre dernier, des intoxications et des hospitalisations : selon des sources locales, plus de 120 personnes ont nécessité des soins pour des symptômes tels que des difficultés respiratoires, des évanouissements ainsi que des irritations oculaires et des voies respiratoires.

La population au bord de la crise de nerfs

Par ailleurs, des associations écologistes et des militants organisent régulièrement des marches de protestation, à Gabès mais aussi à Tunis, devant le siège du GCT, pour dénoncer les conséquences de la pollution industrielle sur la santé des populations locales, notamment l’augmentation des pathologies respiratoires, des cancers et d’autres maladies.

Le mouvement écologiste «Stop Pollution» a organisé de nombreuses mobilisations pour réclamer la fin de la pollution industrielle et la délocalisation des installations du GCT. La pression croissante de la population a replacé la question environnementale de Gabès parmi les priorités de l’agenda institutionnel national. Kaïs Saïed avait déjà chargé un groupe de travail d’élaborer des propositions pour répondre en urgence à la crise environnementale dans la région. Le rapport final et les recommandations du groupe avaient été présentés au président en janvier 2026. Mais on attend toujours des mesures concrètes pour faire face au fléau de la pollution industrielle à Gabès.

Certaines annonces ont été faites ces derniers mois pour calmer la colère des habitants, mais elles sont davantage des déclarations d’intention que des décisions exécutives. Et les Gabésiens qui avaient espéré voir la visite du chef de l’Etat d’hier soir s’accompagner de la mise en route de mesures concrètes de lutte contre la pollution et ses conséquences socio-économiques en ont finalement eu pour leur frais. Beaucoup ont d’ailleurs scandé d’une seule voix au passage du président : «Le peuple veut le démantèlement des unités industrielles», détournant ainsi, ironiquement, le slogan de la campagne présidentielle de Saïed en 2019 : «Le peuple veut».

Jusque-là, on ne peut pas dire que les cris de détresse des Gabésiens ont été entendus ou que les visites des responsables dans la région aient été suivies d’une amélioration de leur situation. Il faut dire que pour l’Etat tunisien, la marge de manœuvre est très étriquée : la crise financière qu’il traîne depuis 2011 ne lui permet pas de se passer des recettes des exportations d’engrais chimiques. C’est la quadrature du cercle, en somme.

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Gabès : Saïed examine la situation environnementale et les problèmes de pollution

Le président Kaïs Saïed a effectué lundi une visite non annoncée dans le gouvernorat de Gabès pour s’enquérir de la situation environnementale et des principales difficultés auxquelles est confrontée la région, appelant à des solutions urgentes, notamment au problème de la pollution.

Le président a souligné la nécessité de traiter la situation environnementale à Gabès en s’attaquant aux sources de pollution et en mettant fin à leurs conséquences, à travers des solutions urgentes et efficaces, tout en œuvrant à résoudre les problèmes structurels à long terme.

Cette visite intervient dans le cadre du suivi par la présidence de la République du dossier environnemental à Gabès, où la population réclame depuis plusieurs années la fin de la pollution industrielle, notamment autour des unités relevant du Groupe chimique tunisien.

Le président Saïed avait chargé une équipe de travail de proposer des solutions urgentes à la situation environnementale dans la région.

Il avait reçu, en janvier 2026, le rapport final de cette équipe et ses recommandations, affirmant alors sa volonté de prendre les mesures nécessaires, notamment sur les plans technique, financier et structurel, pour mettre fin aux sources de pollution dans la ville.

La pollution à Gabès est notamment liée aux activités industrielles de transformation du phosphate et de production d’engrais et de produits chimiques, qui ont généré pendant des décennies des émissions et des rejets de déchets industriels dans l’environnement marin.

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Gabès : Sept mois après le rapport sur la pollution, Kaïs Saïed retourne sur le terrain

Kaïs Saïed a effectué, lundi 10 août 2026, une visite inopinée dans le gouvernorat de Gabès afin de constater la situation environnementale et les principales difficultés persistantes dans la région. Le président de la République a appelé à des solutions « urgentes et efficaces » contre la pollution, tout en apportant des précisions sur le devenir des unités industrielles.

Le chef de l’État a souligné la nécessité d’agir sur les sources de pollution et de mettre fin à leurs conséquences. Cette visite intervient dans un dossier suivi directement par la Présidence depuis plusieurs mois.

Sept mois après la remise du rapport final

Kaïs Saïed avait chargé une équipe de travail d’identifier des solutions urgentes à la situation environnementale de Gabès. En janvier 2026, il avait reçu son rapport final et ses recommandations, affirmant que les mesures nécessaires devaient être prises aux niveaux technique, financier et structurel.

La visite du 10 août marque ainsi le retour du chef de l’État sur le terrain sept mois après la remise de ce document.

Face aux habitants qui scandaient « Le peuple veut le démantèlement des unités », Kaïs Saïed a déclaré que les installations qui ne sont plus en état seraient démantelées. Il n’a donc pas annoncé le démantèlement de l’ensemble des unités du Groupe chimique tunisien.

Le président a distingué ces installations de celles qui ont été réparées afin d’éviter les émissions polluantes. Il a également indiqué que les unités qui ne fonctionnent plus mais continuent de produire des émissions seraient mises hors service.

Un démantèlement qui prendra des années

Kaïs Saïed a toutefois prévenu que le démantèlement nécessiterait plusieurs années. Dans l’immédiat, la priorité doit porter sur des solutions urgentes destinées à empêcher de nouveaux rejets.

Le dossier devra ensuite être étudié sous tous ses aspects afin de parvenir à une solution « radicale et définitive », selon le chef de l’État. Celui-ci a évoqué l’existence d’une vision stratégique préparée avec l’équipe chargée du dossier.

Aucune liste des unités concernées, aucun budget et aucun calendrier précis de mise en œuvre n’ont cependant été rendus publics.

Lire aussi: Gabès : Kaïs Saïed reçoit le rapport final de l’équipe chargée du dossier environnemental

Le phosphogypse au cœur de la visite

Lors de son inspection du site industriel, Kaïs Saïed s’est interrogé sur les volumes de phosphogypse encore accumulés, évoquant des quantités très importantes. Il a qualifié les atteintes environnementales subies par la région de « crimes commis contre la Tunisie ».

Le président a assuré que Gabès retrouverait sa mer et ses richesses naturelles. Il a également présenté la pollution comme une question nationale, estimant que d’autres régions tunisiennes étaient elles aussi confrontées à de graves atteintes environnementales.

La crise de Gabès est associée depuis plusieurs décennies aux activités de transformation du phosphate, à la production d’engrais et de produits chimiques ainsi qu’aux rejets industriels accumulés.

Des entreprises publiques « tunisiennes à 100 % »

Au cours de sa rencontre avec des représentantes régionales, Kaïs Saïed a également affirmé que les institutions et entreprises publiques devaient rester « entièrement tunisiennes » et demeurer la propriété du peuple tunisien.

Cette déclaration intervient quelques jours après la publication d’une annonce américaine concernant PhosCo, un projet phosphatier en Tunisie. Washington prévoit un financement initial compris entre 1 et 1,536 million de dollars afin d’accompagner son développement et de contribuer à la mobilisation de plus de 100 millions de dollars d’investissements.

Le montage présenté dans le document américain envisage une participation comprise entre 30 et 40 % dans la future structure PhosCo. L’annonce ne mentionne toutefois pas une prise de participation dans le Groupe chimique tunisien ou dans la Compagnie des phosphates de Gafsa.

Kaïs Saïed n’a cité ni les États-Unis ni PhosCo pendant sa visite. Ses propos ne peuvent donc pas être présentés comme une réponse directe à Washington. Leur proximité dans le temps replace néanmoins la question du contrôle national des entreprises et des projets liés au phosphate au centre du dossier.

La vidéo présidentielle apporte ainsi de premières précisions sur le sort des différentes installations de Gabès. La prochaine étape sera celle de leur traduction en décisions concrètes : identifier les unités à démanteler ou à mettre hors service, publier un calendrier et préciser les financements nécessaires.

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