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Export : transformer l’ouverture internationale en croissance durable

La conquête de nouveaux marchés devient un enjeu stratégique pour les entreprises tunisiennes souhaitant accélérer leur développement. Le lancement du programme « Start Export by CEPEX » en avril 2026 illustre cette volonté d’accompagner davantage les PME dans leur démarche d’internationalisation. Porté par le Centre de Promotion des Exportations (CEPEX), ce dispositif vise à soutenir les entreprises disposant d’un potentiel exportateur dans la préparation de leur développement à l’étranger.

Cette initiative intervient alors que les entreprises tunisiennes cherchent à diversifier leurs débouchés et à renforcer leur présence sur de nouveaux marchés. L’objectif est de dépasser une logique d’exportation ponctuelle pour construire des stratégies commerciales durables à l’international.

L’Afrique représente une nouvelle frontière commerciale

Parmi les marchés ciblés par les entreprises tunisiennes, le continent africain occupe une place croissante. Plusieurs secteurs disposent d’opportunités de développement, notamment l’industrie, l’agroalimentaire, les services, la santé ou encore les technologies.

Le programme lancé par le CEPEX vise à accompagner les entreprises dans cette démarche en les aidant à mieux structurer leur approche internationale. L’accompagnement porte notamment sur la préparation commerciale, l’identification des opportunités et l’adaptation des stratégies aux spécificités des marchés ciblés.

Cette évolution traduit un changement dans les stratégies d’expansion des entreprises tunisiennes. L’enjeu n’est plus seulement de trouver de nouveaux clients à l’étranger, mais de construire une présence durable sur des marchés à potentiel.

Bien se préparer pour accéder aux nouveaux marchés

L’accès à de nouveaux marchés nécessite toutefois une préparation importante. Les entreprises doivent renforcer leur connaissance des environnements économiques locaux, développer des réseaux de partenaires et adapter leurs offres aux besoins des différents territoires.

Les dispositifs d’accompagnement publics et privés jouent un rôle important dans cette phase de développement en facilitant l’accès à l’information et en réduisant les obstacles liés à l’internationalisation.

Pour les PME tunisiennes, l’ouverture internationale représente un levier majeur de croissance. En développant leur présence hors du marché national, elles peuvent renforcer leur compétitivité, diversifier leurs revenus et mieux s’intégrer dans les échanges régionaux et internationaux.

La réussite de cette stratégie dépendra désormais de la capacité des entreprises à transformer les opportunités identifiées en implantations commerciales solides et durables.

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Le projet « CHEMS » pour accélérer le solaire photovoltaïque dans les PME tunisiennes

L’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) a lancé, jeudi, le projet d’énergie solaire photovoltaïque « CHEMS », destiné aux petites et moyennes entreprises (PME). Financé par la Banque africaine de développement (BAD), ce programme s’inscrit dans le cadre des efforts visant à soutenir la transition énergétique et à encourager l’investissement privé dans les énergies renouvelables.

La cérémonie de lancement, organisée à Tunis, a réuni des représentants du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, du ministère de l’Économie et de la Planification, de la Banque africaine de développement, de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), du Conseil bancaire et financier, ainsi que de la Société tunisienne de garantie.

Des représentants d’institutions financières, d’entreprises industrielles, de bureaux d’études, de sociétés spécialisées dans le solaire photovoltaïque et plusieurs partenaires techniques et institutionnels ont également pris part à cette rencontre.

Une solution de financement dédiée à l’autoproduction solaire

Prenant la parole à cette occasion, le directeur général de l’ANME, Nafeh El Bekari, a indiqué que le projet « CHEMS » vise à mettre en place un mécanisme de soutien au financement des projets de production d’électricité à partir de l’énergie solaire photovoltaïque destinés à l’autoconsommation des PME.

Selon lui, ce dispositif devrait contribuer à améliorer l’efficacité énergétique des entreprises tunisiennes et à renforcer la compétitivité du tissu économique national, dans un contexte marqué par la hausse des coûts énergétiques et la nécessité de réduire la dépendance aux sources conventionnelles.

Un dispositif basé sur la coordination entre acteurs publics et privés

L’atelier de lancement a également permis de présenter les différentes composantes du projet, ses étapes de mise en œuvre, ainsi que les mécanismes de financement prévus.

Les participants ont notamment abordé les rôles des différentes parties prenantes, les modalités de coordination entre les institutions publiques, les bailleurs de fonds et les établissements financiers, avec pour objectif d’assurer un déploiement efficace du programme.

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PME: transformer l’accès au capital en véritable moteur de croissance

Le financement des entreprises tunisiennes évolue progressivement vers de nouveaux modèles. Le 24 juillet 2026, l’Association tunisienne des investisseurs en capital (ATIC), en partenariat avec Wiki Startup, a organisé une session d’information consacrée aux mécanismes de levée de fonds et aux attentes des investisseurs. Cette rencontre visait à mieux préparer les entrepreneurs aux spécificités du capital-investissement et aux étapes nécessaires pour accéder à ce type de financement.

Cette initiative reflète une évolution des besoins des entreprises tunisiennes. Pour les PME et les jeunes entreprises innovantes, le recours aux fonds propres constitue une alternative complémentaire au financement bancaire classique, notamment lorsqu’il s’agit de financer une phase d’accélération, de développer une nouvelle activité ou de conquérir de nouveaux marchés.

Le capital-investissement devient un outil de croissance

Contrairement à un financement basé uniquement sur l’endettement, l’ouverture du capital permet aux entreprises d’obtenir des ressources financières tout en bénéficiant de l’accompagnement d’investisseurs spécialisés.

En Tunisie, plusieurs mécanismes ont été développés ces dernières années pour renforcer l’accès des entreprises innovantes aux fonds propres. Le programme Startup Invest, porté par Smart Capital, s’inscrit dans cette dynamique en facilitant l’intervention de fonds d’investissement auprès des startups tunisiennes.

L’objectif n’est pas seulement d’apporter des capitaux, mais également d’aider les entreprises à structurer leur développement. Les investisseurs accordent une attention particulière à la solidité du modèle économique, à la capacité de croissance et à la vision stratégique des dirigeants.

Préparer les entreprises à changer d’échelle

La levée de fonds représente aujourd’hui un enjeu stratégique pour les entreprises qui souhaitent accélérer leur développement. Elle peut permettre de renforcer les équipes, investir dans l’innovation, améliorer la capacité de production ou développer une présence sur de nouveaux marchés.

Les initiatives menées par les acteurs du capital-investissement cherchent justement à rapprocher entrepreneurs et investisseurs afin de faciliter la compréhension des attentes de chacun.

Pour la Tunisie, le développement d’un écosystème de financement plus diversifié constitue un levier important pour accompagner l’émergence d’entreprises capables de se développer au-delà du marché local.

L’enjeu est désormais de transformer l’accès au capital en véritable moteur de croissance pour les PME tunisiennes et de favoriser l’apparition d’acteurs économiques plus compétitifs à l’échelle régionale et internationale.

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Production pharma : l’Europe valide une techno clé, la Tunisie en embuscade

Cette innovation ouvre la voie à une production plus flexible et plus résiliente des ingrédients pharmaceutiques actifs. Elle aura des perspectives de développement pour l’industrie pharmaceutique tunisienne.

Un consortium européen composé de De Dietrich, Alysophil, Bruker et Novalix annonce avoir validé avec succès une nouvelle plateforme de production continue d’ingrédients pharmaceutiques actifs (API). Selon un document parvenu à la rédaction de leconomistemaghrebin.com, cette avancée marque une étape décisive vers son industrialisation et sa commercialisation. Et ce, avec pour ambition de renforcer la sécurité d’approvisionnement en médicaments. Tout en réduisant la dépendance à la production centralisée et n améliorant la résilience des chaînes de valeur pharmaceutiques.

Cette innovation intervient dans un contexte où de nombreux pays cherchent à renforcer leur souveraineté sanitaire. Et ce, à la suite des crises sanitaires et des tensions logistiques qui ont fragilisé les chaînes d’approvisionnement mondiales. Ainsi, pour la Tunisie, dont l’industrie pharmaceutique poursuit son développement et ambitionne de renforcer ses capacités de production locale, cette technologie pourrait, à terme, favoriser l’émergence d’unités de fabrication plus flexibles, plus performantes et mieux adaptées aux besoins du marché national et régional.

Le consortium a développé une plateforme intégrant la chimie en flux continu, le suivi analytique en temps réel et un système de contrôle piloté par l’intelligence artificielle. Contrairement aux procédés traditionnels de fabrication par lots (batch), explique le document, cette technologie permet une production continue des ingrédients pharmaceutiques. Ce qui offre des gains significatifs en matière de qualité, de flexibilité, de productivité et de rapidité de mise en œuvre.

La validation industrielle de cette approche a été réalisée à travers la production en flux continu de fentanyl, un ingrédient pharmaceutique actif particulièrement complexe et fortement réglementé. Choisi comme démonstrateur technologique en raison des exigences élevées de sa fabrication, ce projet confirme la capacité de la plateforme à répondre aux standards les plus exigeants de l’industrie pharmaceutique et ouvre la voie à son application à d’autres molécules stratégiques.

Avec l’achèvement de ce programme pilote, le consortium engage désormais la phase de préparation au déploiement industriel de cette technologie. À terme, cette nouvelle génération de plateformes pourrait rapprocher la production des marchés de consommation, renforcer la sécurité d’approvisionnement en médicaments critiques et améliorer la résilience des systèmes de santé.

La Tunisie est directement concernée par cette dynamique. L’un des membres du consortium, Novalix, société de recherche sous contrat (CRO) spécialisée dans les premières étapes de la découverte de médicaments, est implanté dans le pays depuis 2018 à travers sa filiale Novalix Tunisie. Cette présence est à même de constituer un atout pour accompagner le développement des compétences locales et contribuer, à terme, à l’essor de nouvelles capacités de production pharmaceutique à forte valeur ajoutée.

 

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L’Institut Pasteur de Tunis prend la tête de la surveillance des eaux usées en Afrique du Nord

L’Institut Pasteur de Tunis a été officiellement choisi par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Il devient le centre régional de l’Afrique du Nord dans le domaine de la surveillance des eaux usées et de l’environnement.

Cette désignation renforce la position de la Tunisie dans le dispositif africain de sécurité sanitaire. De même qu’elle confirme l’expertise de l’Institut Pasteur de Tunis dans les domaines liés à la surveillance environnementale et à la santé publique.

Dans un communiqué, l’Institut Pasteur de Tunis a précisé que ce centre régional aura pour mission de renforcer la surveillance de l’environnement, de développer des systèmes d’alerte précoce et de contribuer au soutien de la sécurité sanitaire dans la région.

Et de poursuivre que ce choix reflète l’expérience et les compétences développées par l’établissement dans plusieurs domaines scientifiques, notamment la surveillance environnementale, la génomique, la bio-informatique et la santé publique.

Cette reconnaissance consacre également son rôle régional dans le renforcement de la sécurité sanitaire en Afrique, à travers le développement d’approches innovantes et l’amélioration des capacités de surveillance face aux menaces sanitaires.

Vers un réseau africain de surveillance environnementale

L’Institut Pasteur de Tunis a souligné que cette désignation réaffirme l’engagement de la Tunisie en faveur du soutien à l’innovation, du renforcement de la coopération scientifique et de l’adoption de l’approche « Une seule santé » (« One Health »).

Cette approche vise à mieux intégrer les liens entre santé humaine, santé animale et environnement. Et ce, afin de contribuer au développement d’un réseau africain efficace de surveillance environnementale, dédié à la prévention des menaces sanitaires et à l’amélioration des capacités de réponse.

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Les technopôles tunisiens, un levier stratégique réunissant infrastructures, compétences et écosystèmes spécialisés

L’implantation de Taikang Electronics Tunisia à Novation City illustre le rôle croissant des plateformes industrielles et technologiques dans la stratégie d’attractivité de la Tunisie. Le groupe chinois a choisi ce technopôle situé à Sousse pour développer son projet industriel, confirmant l’intérêt des investisseurs étrangers pour des environnements capables de réunir infrastructures, compétences et écosystèmes spécialisés.

Cette opération intervient alors que la Tunisie cherche à renforcer la compétitivité de ses zones industrielles et technopôles afin d’attirer davantage de projets à plus forte valeur ajoutée. Les investisseurs internationaux ne recherchent plus uniquement des capacités de production, mais également un environnement permettant d’accompagner l’innovation, la montée en compétences et l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales.

Des écosystèmes industriels qui évoluent vers plus d’innovation

Les technopôles tunisiens occupent une place de plus en plus importante dans la politique industrielle du pays. Leur vocation ne se limite plus à accueillir des entreprises: ils cherchent également à créer des liens entre les industriels, les structures de formation, les centres techniques et les acteurs de l’innovation.

À Sousse, Novation City s’inscrit dans cette dynamique en développant un environnement destiné aux entreprises technologiques et industrielles. Le choix de ce site par Taikang Electronics montre l’importance croissante des plateformes spécialisées dans les décisions d’implantation des groupes internationaux.

Cette évolution répond aux nouveaux critères des investisseurs, qui privilégient des territoires capables d’offrir des compétences disponibles, des infrastructures adaptées et un accompagnement favorable au développement industriel.

Attirer des investissements industriels à plus forte valeur ajoutée

Le développement des zones industrielles et des technopôles constitue un levier stratégique pour renforcer l’attractivité économique de la Tunisie. En accueillant des projets industriels internationaux, ces espaces contribuent à diversifier le tissu productif et à renforcer les capacités locales.

L’enjeu est désormais de transformer ces plateformes en véritables pôles de croissance capables d’attirer des investissements durables. La compétitivité industrielle ne repose plus seulement sur la capacité de production, mais également sur la capacité à proposer un environnement complet répondant aux attentes des entreprises internationales.

Dans un contexte de réorganisation des chaînes industrielles mondiales, les technopôles tunisiens peuvent jouer un rôle important dans la montée en gamme de l’industrie nationale et dans l’accueil de nouveaux projets étrangers.

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Meta lance un agent IA de programmation pour rivaliser avec OpenAI

Meta a dévoilé mercredi 5 août Muse Code, un nouvel assistant de programmation basé sur son modèle d’intelligence artificielle Muse Spark 1.2, renforçant ainsi sa présence sur le marché très concurrentiel des outils de développement assistés par IA, où s’affrontent déjà OpenAI et Anthropic.

Conçu pour automatiser une partie du travail des développeurs, Muse Code est capable de générer, corriger et optimiser du code, de résoudre des tâches complexes de programmation et d’exécuter plusieurs sous-agents en parallèle afin d’accélérer le développement de projets logiciels. Le système intègre également un journal d’activité persistant lui permettant de reprendre automatiquement une tâche interrompue, sans perdre le contexte de travail.

Disponible en version bêta, le nouvel outil est proposé selon un modèle de facturation à l’usage (« pay-as-you-go »), avec un coût de 1,25 dollar par million de jetons en entrée et 4,25 dollars par million de jetons en sortie, une stratégie tarifaire destinée à concurrencer les offres des principaux acteurs du secteur.

Ce lancement s’inscrit dans la stratégie de Meta visant à accélérer ses investissements dans l’intelligence artificielle générative. Après le déploiement de Muse Spark au printemps puis de sa version 1.1 en juillet, le groupe entend désormais s’imposer sur le marché des agents IA capables d’assister les développeurs dans l’ensemble du cycle de création logicielle.

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Tunisie : 25 % de l’eau potable perdue dans des réseaux vieillissants et plus de 100 000 compteurs SONEDE hors service

La SONEDE fait face à une accumulation de contraintes structurelles qui fragilisent sa capacité à assurer un service d’eau potable régulier et durable. Vieillissement des réseaux, pertes importantes et insuffisance des investissements pèsent désormais sur la performance de l’opérateur public.

Dans une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin, Houcine Rhili, expert en ressources hydriques, estime que près de 25 % de l’eau potable injectée dans les réseaux se perdent avant d’atteindre les consommateurs. Il évoque également plus de 100 000 compteurs d’eau défectueux, révélateurs des pressions techniques et financières auxquelles est confrontée la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE).

Selon lui, la situation actuelle de l’entreprise publique est le résultat de plusieurs décennies de choix publics qui n’ont pas suffisamment accompagné l’évolution des besoins. « Depuis 1995-1996, l’État s’est progressivement retiré du financement des infrastructures hydrauliques », explique l’expert. Tout en estimant que cette évolution a contribué à fragiliser un service pourtant stratégique pour la sécurité hydrique du pays.

Un réseau vieillissant à l’origine de pertes considérables

L’un des principaux défis auxquels fait face la SONEDE concerne aujourd’hui l’état de son réseau de distribution. Selon Houcine Rhili, 20 % des conduites d’eau potable en Tunisie dépassent désormais les 50 ans, un âge largement supérieur à leur durée optimale d’exploitation.

Cette vétusté se traduit par une multiplication des défaillances techniques et par des pertes importantes tout au long du parcours de distribution. Les infrastructures anciennes nécessitent des opérations régulières de maintenance et de renouvellement. Alors que les capacités d’investissement de l’entreprise restent limitées.

Au-delà des problèmes liés à la quantité, l’état des réseaux soulève également la question de la qualité perçue de l’eau distribuée. L’expert précise toutefois que l’eau fournie par la SONEDE demeure conforme aux normes tunisiennes de potabilité. Les différences observées par les citoyens sont davantage liées aux caractéristiques de l’eau, notamment dans certaines régions où la salinité est plus élevée.

La teneur moyenne en sels minéraux atteint environ 1,4 gramme par litre à l’échelle nationale, mais elle peut monter jusqu’à 1,7 ou 1,8 gramme par litre dans certaines régions intérieures et du Sud, notamment celles alimentées par des ressources souterraines plus chargées.

Mais le principal enjeu reste celui des pertes dans le réseau. Selon Houcine Rhili, 20 à 25 % de l’eau potable injectée dans les canalisations disparaissent avant d’arriver aux consommateurs, soit un volume estimé entre 120 et 130 millions de mètres cubes chaque année.

Pour l’expert, la réduction de ces pertes constitue l’un des leviers les plus efficaces pour améliorer la sécurité hydrique de la Tunisie. La rénovation progressive des réseaux permettrait de récupérer des volumes considérables à un coût inférieur à celui de nouvelles infrastructures de production d’eau.

Plus de 100 000 compteurs défectueux, symptôme d’une crise de moyens

À la fragilité des infrastructures s’ajoutent les difficultés opérationnelles et financières de la SONEDE. Selon Houcine Rhili, l’entreprise publique subit depuis plusieurs années les effets des politiques de restriction budgétaire, notamment à travers le gel des recrutements et la diminution des moyens consacrés à l’investissement.

Cette situation se reflète directement dans la gestion quotidienne du service. L’expert indique que plus de 100 000 compteurs appartenant à la SONEDE seraient actuellement défectueux, selon les informations dont il dispose auprès d’acteurs intervenant dans le secteur.

Ces équipements hors service compliquent le suivi réel des consommations et peuvent conduire à l’établissement de factures basées sur des estimations ou sur d’anciennes données de consommation. Pour Houcine Rhili, cette situation illustre le décalage entre les ambitions affichées de modernisation et les contraintes auxquelles fait face l’entreprise sur le terrain.

Alors que le discours officiel évoque régulièrement l’introduction de compteurs intelligents, l’expert estime que la priorité demeure d’abord le remplacement des équipements existants défaillants et le renforcement des capacités techniques de la SONEFE.

Cette fragilité touche également les nouveaux raccordements. Dans plusieurs régions, des citoyens peuvent attendre de longs mois avant l’installation d’un compteur ou la finalisation d’un branchement. Un délai qui traduit les limites actuelles des moyens disponibles.

Une couverture rurale incomplète et une restructuration nécessaire

Les difficultés de la SONEDE ne concernent pas uniquement les zones urbaines. Dans les régions rurales, une partie importante de la population reste en dehors du système classique de distribution assuré par l’entreprise.

Selon Houcine Rhili, environ 30 % de la population tunisienne, principalement en milieu rural, ne dépend pas directement de la SONEDE pour son approvisionnement en eau potable. Ces habitants sont souvent desservis par des groupements hydrauliques ou des associations d’eau rurales, dont le fonctionnement présente plusieurs limites.

L’expert rappelle que différents rapports de contrôle ont relevé des problèmes de gouvernance, d’endettement et de gestion au sein de certaines structures chargées de l’approvisionnement rural. Il estime que cette organisation fragmentée ne permet pas d’assurer un service équitable et durable sur l’ensemble du territoire.

Il plaide ainsi pour la création d’un cadre institutionnel plus adapté, capable de garantir l’accès à l’eau potable dans les zones rurales au même titre que dans les centres urbains.

Pour Houcine Rhili, la sortie de crise passe nécessairement par une restructuration profonde de la SONEDE afin de lui permettre de retrouver les moyens nécessaires à sa mission première : assurer une distribution régulière, durable et de qualité.

Dans un contexte marqué par le changement climatique, la hausse de la demande et la raréfaction des ressources, l’enjeu n’est plus seulement de mobiliser davantage d’eau, mais aussi de préserver chaque mètre cube disponible. La modernisation des réseaux et le renforcement du service public deviennent ainsi des conditions essentielles de la sécurité hydrique de la Tunisie.

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Exportations vers l’UE : la DGSV lance un appel urgent aux entreprises de pêche

La Direction générale des services vétérinaires (DGSV) appelle les entreprises tunisiennes exportatrices de produits de la pêche vers l’Union européenne à adapter, en urgence, leurs systèmes d’emballage aux exigences du nouveau règlement européen (UE) 2025/40 (PPWR). Ces mesures, qui entreront en vigueur dès le 12 août 2026, visent à prévenir tout blocage logistique ou refoulement des marchandises aux frontières européennes.

Relayée par le Groupement interprofessionnel des produits de la pêche (GIPP), l’alerte de la DGSV relevant du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, appelle les acteurs économiques à agir sans délai avec leurs fournisseurs de conditionnement.

Pour maintenir l’accès au marché communautaire, les exportateurs doivent impérativement vérifier rigoureusement la conformité des matériaux utilisés, obtenir des déclarations de conformité actualisées, conserver les dossiers techniques justificatifs et mettre en place un plan d’action pour se conformer progressivement aux exigences techniques.

La réglementation européenne sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) impose une réduction de l’impact écologique en exigeant une meilleure recyclabilité, l’intégration de matériaux recyclés et la restriction stricte de substances chimiques dangereuses.

Elle cible en priorité les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées). Qualifiées de « polluants éternels » en raison de leur extrême persistance, ces molécules s’accumulent durablement dans l’environnement et dans la chaîne alimentaire, incitant l’UE à éliminer leur présence des emballages au contact des produits alimentaires.

L’enjeu économique est vital pour le secteur halieutique tunisien, dont l’Union européenne représente le principal partenaire commercial. Selon les données de l’Institut national de la statistique, les exportations tunisiennes de produits de la pêche ont atteint 189,4 millions de dinars au cours des cinq premiers mois de l’année 2026, contre 206 millions de dinars sur la même période de l’an dernier.

Face à cette baisse des recettes, la conformité réglementaire demeure le seul garant de la compétitivité et de la continuité des flux commerciaux vers l’Europe, préservant ainsi l’activité de milliers de producteurs et de pêcheurs à travers le pays.

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La filière marbre et granit tunisienne tire la sonnette d’alarme

Les transformateurs de marbre et de granit en Tunisie montent au créneau. Ils veulent dénoncer une mesure fiscale qu’ils jugent menaçante pour la survie de leurs entreprises. Sachant de plus qu’elle est rétroactive.

La Chambre syndicale des transformateurs de marbre – relevant de l’UTICA -, tient une conférence de presse, ce jeudi 6 août, au siège central de l’Union à Tunis. Et ce, afin de formaliser son opposition à l’application de la taxe à la consommation sur leur secteur.

Dans un communiqué, la Chambre a vivement critiqué cette mesure fiscale controversée qui s’appuie sur la loi n° 1988-62 et dont l’application rétroactive est jugée « gravement préjudiciable ». Elle alerte sur les conséquences directes de cette mesure, qui pourrait compromettre la pérennité des unités industrielles du secteur et fragiliser des milliers d’emplois.

En marge de cette conférence de presse, les professionnels du secteur organiseront un mouvement de protestation au siège de l’UTICA. À travers cette action, ils réclament l’ouverture immédiate d’un dialogue afin de trouver une « solution urgente et équitable ».

A cet égard, l’objectif affiché est de garantir la stabilité du système fiscal et du climat d’investissement. Tout en protégeant les droits des entreprises industrielles spécialisées, face à ce qu’ils considèrent comme une menace directe pour leur activité.

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