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Saint-Ouen : la diaspora fait rayonner le Maroc au-delà des frontières

Du 16 au 18 octobre, Saint-Ouen accueillera la sixième édition du festival Maroc multiculturel. Pendant trois jours, artisanat, musique, gastronomie, mode et traditions investiront la Communale, transformée en vitrine du savoir-faire marocain. Un pont entre les deux rives de la…

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Sebta et Melilla | Ce que les autorités au Maroc ne disent pas

Des organisations syndicales marocaines estiment que les tentatives de migration collective vers les «villes occupées» de Sebta (ou Ceuta) et Melilla, enclaves battant pavillon espagnol situées au nord du Maroc, ainsi que les scènes tragiques et les pertes humaines qu’elles ont entraînées, «révèlent la profondeur de la crise sociale et économique que traverse une partie de la jeunesse marocaine».

Habib Glenza, à Lodz.

 «Ce phénomène préoccupant est le résultat d’un cumul de dysfonctionnements dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et de la protection sociale, auxquels s’ajoute la baisse du pouvoir d’achat», estime l’Organisation démocratique du travail (ODT) qui a imputé au gouvernement «la responsabilité politique de son échec à élaborer des politiques économiques et sociales capables de créer des emplois décents et de réduire le chômage, la pauvreté et la précarité, notamment chez les jeunes». Et l’accuse également d’avoir «affaibli les institutions de médiation sociale et démocratique, telles que les partis politiques, les syndicats et les organisations sérieuses de la société civile, en marginalisant leur rôle d’encadrement et d’éducation à la citoyenneté».

Dans un communiqué adressé au journal Hespress, l’ODT affirme que cette situation «a contribué à élargir le cercle de la frustration et de la déviance, ainsi qu’à favoriser le développement de la traite des êtres humains, du trafic de drogue et de la migration irrégulière». Et appelle à «l’ouverture d’un large dialogue national sur les questions de la jeunesse et de la migration, débouchant sur de nouvelles politiques publiques capables de traiter les causes structurelles de la migration irrégulière», tout en plaidant pour la recréation d’un département gouvernemental dédié aux questions de la migration, de l’asile et des Marocains du monde, afin d’assurer une meilleure gouvernance de ce dossier stratégique.

Corruption et répartition inégalitaire des richesses   

Bouchta Boukhalfa, ancien vice-secrétaire général de la Confédération démocratique du travail (CDT), a déclaré que les images en provenance des deux enclaves occupées, en particulier de Sebta, «restent entourées de nombreuses zones d’ombre». Selon lui, les vagues de passages collectifs «suscitent une profonde inquiétude sociale et portent des messages qui dépassent leur seule dimension sécuritaire ou conjoncturelle, révélant des dysfonctionnements structurels touchant de larges franges de la société». Il ajoute que «ce phénomène n’est pas dissociable du contexte socio-économique que connaît le Maroc». À ses yeux, il constitue «une réaction directe à la propagation de la corruption et à l’affaiblissement des fondements sociaux des classes populaires et moyennes, dans un contexte marqué par l’absence d’une répartition équitable des richesses et par la persistance d’une économie de rente, poussant de nombreux jeunes à rechercher des voies d’émigration quels qu’en soient les risques».

Le responsable syndical a également souligné que «la flambée des prix des produits de première nécessité et de consommation, conjuguée à la baisse du pouvoir d’achat et à l’extension de la précarité, a renforcé le sentiment de frustration et de perte d’espoir chez une grande partie de la population». Selon lui, cette situation est indissociable de politiques publiques qui «ont échoué à garantir des conditions de vie dignes et la justice sociale».

«La responsabilité de cette situation incombe à l’État dans toutes ses composantes, tant au niveau stratégique que gouvernemental, ainsi qu’à la coalition au pouvoir», qu’il accuse d’avoir «affaibli les institutions de gouvernance et leurs mécanismes de contrôle, aggravant les tensions sociales qui se traduisent aujourd’hui par différentes formes de protestation et de désespoir, dont les tentatives de passage collectif vers l’autre rive».

Le gouvernement porte une large responsabilité    

De son côté, Ali Lotfi, secrétaire général de l’ODT, considère que «les choix politiques du gouvernement actuel en matière d’emploi ont montré leurs limites». Selon lui, «un quasi-consensus existe sur le fait que les différents programmes gouvernementaux dans ce domaine n’ont pas produit les résultats escomptés».

«Le plus préoccupant est que le gouvernement a consacré des milliards de dirhams à ces programmes pour créer des emplois en faveur des jeunes et des chômeurs, sans que ces importants investissements ne se traduisent par une amélioration des indicateurs de l’emploi», affirme-t-il.

«Ces éléments permettent de mieux comprendre ce qui s’est produit à Sebta», affirme Ali Lotfi, en rappelant que «le taux de chômage dépasse 13 %, avec des niveaux encore plus élevés chez les jeunes Marocains», citant les données présentées par le gouverneur de Bank Al-Maghrib au Roi Mohammed VI. «Le chômage et la situation sociale témoignent de l’échec des politiques de l’emploi et illustrent l’ampleur des déséquilibres qui alimentent la migration irrégulière», conclut le dirigeant syndical, en affirmant, également, que «l’ensemble du gouvernement porte la responsabilité de la situation actuelle, car le problème ne se limite pas à l’emploi». Il pointe aussi les difficultés du système éducatif, évoquant «l’aggravation du décrochage scolaire, qui conduit de nombreux jeunes vers le chômage et la précarité dès leur plus jeune âge», ainsi qu’un «abandon universitaire important, de nombreux étudiants quittant leurs études avant d’obtenir leur licence».

Pour Ali Lotfi, «la pauvreté, le chômage, la cherté de la vie et l’échec des politiques publiques, notamment dans les domaines de l’éducation et de l’emploi, constituent des facteurs dont le gouvernement actuel porte une large responsabilité». Selon lui, ces éléments sont directement liés «aux tensions sociales actuelles et à certaines formes d’expression observées au sein de la génération Z lors des récentes protestations, auxquelles se sont ajoutées les tentatives de passages collectifs, nourries par le mirage d’un avenir meilleur».

Au final, la vitrine offerte à l’étranger par la monarchie marocaine a été fissurée et les difficultés sociales du pays ont explosé, laissant voir une réalité peu reluisante que les inégalités dans la distribution des richesses nationales, ajoutées aux brimades auxquelles sont soumis les jeunes chômeurs, s’aggravent d’année en année et ne font que retarder une révolution annoncée. Sans des réformes radicales, sur les plans aussi bien politiques (davantage de libertés), qu’économique (davantage d’emplois) et social (davantage d’équité), la marmite pourrait exploser à tout moment.

Les autorités sont une nouvelle fois averties : l’immobilisme ne saurait être une politique viable à terme.

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Espagne : « L’Italie n’a pas été à la hauteur » à Ceuta

La confrontation entre l’Espagne et l’Italie au sujet de l’immigration et les événements de ces derniers jours à Ceuta se sont poursuivis lundi 3 août.

Dans une interview accordée à la radio et à la télévision publiques RTVE, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Álvarez, a souligné que de nombreux pays et gouvernements « n’ont pas été à la hauteur » et que « le gouvernement italien en faisait partie ». Il a ajouté qu’il y avait eu des périodes où « l’Italie était submergée par des migrants irréguliers », faisant référence aux « crises répétées sur l’île de Lampedusa, auxquelles le pays n’a pas été en mesure de faire face efficacement ». Or, pendant ce temps, « l’Espagne avait fait preuve de solidarité, tant sur le plan politique que par des actions concrètes. C’est ce que nous exigeons de nos partenaires européens », a également déclaré M. Alvarez.

Des sources au sein du ministère italien de l’Intérieur à Rome rappellent pour leur part que « depuis janvier de cette année jusqu’à aujourd’hui, les arrivées d’immigrants illégaux ont fortement diminué, grâce à la politique mise en œuvre par le gouvernement Meloni ».

« Les arrivées ont chuté de 55 % par rapport à l’année dernière et de 82 % par rapport à 2023, première année d’action du nouveau gouvernement italien, qui a dû faire face à une situation hors de contrôle héritée des précédentes alliances gouvernementales », ont ajouté ces mêmes sources.

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Ceuta : Les services secrets espagnols disculpent partiellement le Maroc

Alors que la crise migratoire de Ceuta continue de provoquer des remous en Espagne et au sein de l’Union européenne, les premières conclusions des services de renseignement espagnols apportent un éclairage inédit sur le rôle du Maroc. Contrairement aux accusations formulées dans les premiers jours de la crise, le Centre national du renseignement (CNI) estime que Rabat n’aurait pas planifié l’afflux massif de migrants. Les autorités marocaines auraient toutefois progressivement relâché les contrôles frontaliers, permettant à la situation de dégénérer.

Cette analyse intervient après l’arrivée spectaculaire de dizaines de milliers de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta, située sur la côte nord du Maroc. Selon Madrid, près de 69.500 personnes ont déjà été reconduites vers le Maroc en quatre jours. Entre 3.000 et 5.000 migrants se trouveraient encore dans la ville autonome, où les structures d’accueil sont désormais débordées. Le bilan humain reste particulièrement lourd, avec 72 morts recensés côté espagnol et 11 côté marocain.

Une lecture de la crise qui évolue

Dans les heures qui ont suivi l’afflux massif de migrants, plusieurs responsables politiques espagnols avaient laissé entendre que Rabat avait délibérément organisé cette vague migratoire afin d’exercer une pression sur Madrid.

Les premières analyses du CNI dessinent toutefois un scénario différent. Selon des informations publiées par El País et la Cadena SER, les services de renseignement ne disposent d’aucun élément permettant d’affirmer que le Maroc aurait préparé une opération d’une telle ampleur. Ils privilégient plutôt l’hypothèse d’un relâchement progressif des contrôles à la frontière durant le mois de juillet.

Toujours selon ces informations, les dispositifs de surveillance auraient été fortement réduits, voire quasiment absents, lorsque des milliers de migrants se sont dirigés vers le poste-frontière de Tarajal, à l’occasion de la Fête du Trône célébrée au Maroc.

Cette nuance est loin d’être anodine. Elle écarte l’idée d’une opération planifiée de longue date, tout en laissant ouverte la question d’une réaction tardive ou insuffisante des autorités marocaines face à une situation qui s’est rapidement emballée.

Pourquoi cette nuance est importante

La distinction entre une opération organisée et un simple relâchement des contrôles pourrait avoir des conséquences diplomatiques importantes.

Si les conclusions du CNI se confirment, elles affaibliraient les accusations selon lesquelles Rabat aurait utilisé la migration comme un moyen de pression politique contre l’Espagne. Elles n’exonèrent cependant pas totalement le Maroc, les services espagnols estimant que les autorités ont laissé les événements se dérouler sans intervenir suffisamment tôt pour empêcher l’afflux.

Pour Madrid comme pour Bruxelles, cette différence est essentielle. La coopération du Maroc demeure l’un des piliers de la politique européenne de contrôle des flux migratoires en Méditerranée occidentale. Une accusation de manipulation délibérée aurait pu provoquer une crise diplomatique majeure entre les deux voisins.

Des positions toujours opposées

Ces conclusions n’ont toutefois pas mis fin aux divergences.

Le président de la ville autonome de Ceuta, Juan Jesús Vivas, continue d’affirmer que le Maroc a volontairement laissé la crise se produire. Selon lui, cet épisode montre que Rabat ne constitue pas un partenaire totalement fiable en matière de contrôle migratoire.

Le gouvernement marocain rejette, de son côté, toute responsabilité directe. Dans un communiqué publié dimanche, le ministère de l’Intérieur attribue l’afflux massif à plusieurs facteurs : la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux, l’action des réseaux de traite des êtres humains et une mauvaise interprétation d’une récente décision de justice espagnole concernant les migrants interceptés en mer.

Rabat affirme également rester pleinement engagé dans la coopération internationale contre l’immigration irrégulière et les réseaux de passeurs.

Lire aussi: Ceuta : Des milliers de migrants franchissent la frontière depuis le Maroc, l’Espagne en état d’alerte

Une crise humanitaire qui se poursuit

Malgré le retour de la majorité des migrants vers le Maroc, la situation reste particulièrement tendue à Ceuta.

Les deux centres d’accueil de la ville ont atteint leurs capacités maximales. Les autorités locales indiquent prendre actuellement en charge 862 mineurs non accompagnés. Protégés par le droit espagnol et européen, ces enfants et adolescents ne peuvent être renvoyés automatiquement, compliquant davantage la gestion de la crise.

Sur la plage d’El Trampolín, plusieurs centaines de migrants campent encore à même le sable, tandis que les forces de sécurité poursuivent leurs patrouilles autour de l’enclave.

L’Europe sous pression

Au-delà de Ceuta, cette crise relance le débat sur la politique migratoire européenne.

Les ministres de l’Intérieur des États membres doivent se réunir en urgence afin de coordonner leur réponse. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a appelé les partenaires européens à faire preuve de solidarité, tout en critiquant certaines prises de position, notamment en provenance d’Italie, qu’il accuse d’avoir contribué à alimenter des informations erronées autour de la crise.

Parallèlement, plusieurs médias espagnols évoquent des tensions entre le ministère de l’Intérieur et celui de la Défense, certains responsables reprochant au CNI de ne pas avoir anticipé l’arrivée massive des migrants.

Les conclusions préliminaires des services de renseignement ne mettent donc pas un terme aux interrogations. Elles modifient néanmoins la lecture politique de cette crise : plus qu’une opération minutieusement orchestrée, les autorités espagnoles semblent désormais privilégier le scénario d’un relâchement des contrôles ayant permis à une situation déjà fragile de se transformer en l’une des plus importantes crises migratoires qu’ait connues Ceuta ces dernières années.

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