Lese-Ansicht

CIVP en Tunisie, ce qu’il faut savoir avant de signer un contrat

Un clic de l’entreprise, une confirmation du candidat, puis la validation du bureau de l’emploi. Aujourd’hui, une grande partie de la procédure du Contrat d’Initiation à la Vie Professionnelle (CIVP) passe par la plateforme numérique de l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (Aneti). Pour les jeunes diplômés qui cherchent un premier poste comme pour les entreprises qui souhaitent recruter, comprendre ces étapes permet d’éviter des retards et des dossiers incomplets.

C’est un secret polichinelle. Une entreprise ne peut pas enchaîner les contrats CIVP sans embauche. Pour continuer à accueillir de nouveaux bénéficiaires, elle doit avoir recruté au moins la moitié des jeunes ayant terminé leur CIVP au cours des 3 dernières années. À défaut, elle devra patienter une année avant de pouvoir déposer une nouvelle demande.

Concrètement, tout commence par l’entreprise d’accueil. Elle crée la demande de contrat CIVP sur la plateforme de l’Aneti en renseignant les informations du candidat. Une fois cette première étape réalisée, le système envoie une notification au candidat. Celui-ci doit alors accéder à son espace personnel et confirmer la demande en cliquant sur l’option permettant de concrétiser le CIVP. Le dossier est ensuite transmis au Bureau de l’emploi et du travail indépendant (Beti) compétent pour traitement. A dire vrai, cette procédure en ligne est progressivement déployée à travers le pays et couvre aujourd’hui 48 bureaux de l’emploi, ce qui permet de simplifier les démarches administratives. On peut citer: Charguia, Ariana, Sfax, Sousse…

En outre, ce type de contrat reste l’un des principaux dispositifs publics destinés à faciliter l’accès des jeunes au marché du travail. Il s’adresse principalement aux primo-demandeurs d’emploi de nationalité tunisienne titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur ou d’un brevet de technicien supérieur (BTS) homologué. La notion de primo-demandeur d’emploi répond toutefois à des critères précis. Selon les normes, le bénéficiaire ne doit pas avoir exercé une activité professionnelle continue de plus de 24 mois après l’obtention de son dernier diplôme, ni une activité discontinue dépassant 36 mois. Les personnes en situation de handicap ainsi que certains chercheurs d’emploi ne remplissant pas la condition de diplôme peuvent également bénéficier du dispositif selon les cas prévus par la réglementation en vigueur . Du côté des employeurs, toutes les entreprises privées ainsi que les professions libérales peuvent accueillir des bénéficiaires dans le cadre du CIVP. Le contrat est conclu pour une durée de 12 mois. Dans certaines situations, l’Aneti peut autoriser une prolongation ou un second contrat dans une autre entreprise, sans que la durée totale dépasse 2 ans.

Le dispositif repose également sur un partage de l’effort financier entre l’État et l’entreprise. L’Aneti verse une indemnité mensuelle de 200 dinars aux diplômés de l’enseignement supérieur et aux titulaires d’un BTS, et de 150 dinars pour les autres niveaux. Les personnes en situation de handicap bénéficient, en plus, d’une aide supplémentaire de 50 dinars par mois. L’entreprise d’accueil est, de son côté, tenue de verser une indemnité complémentaire au moins équivalente à ces montants, soit un minimum de 200 dinars pour les diplômés du supérieur et de 150 dinars pour les autres bénéficiaires. Le CIVP ne se limite pas à une indemnité. Les bénéficiaires profitent également d’une couverture sociale pendant toute la durée du contrat ainsi que d’une formation complémentaire pouvant atteindre 400 heures lorsque celle-ci est jugée nécessaire.

Le dispositif prévoit aussi un avantage pour les entreprises qui recrutent durablement leurs stagiaires. Lorsqu’un diplômé ayant effectué un CIVP est embauché en contrat à durée indéterminée, l’État peut prendre en charge, pendant deux ans et dans certaines limites, la contribution patronale au régime légal de sécurité sociale.

Enfin, les entreprises ne peuvent pas multiplier les contrats CIVP sans résultats en matière d’emploi. Pour continuer à accueillir de nouveaux stagiaires, elles doivent avoir recruté au moins la moitié des bénéficiaires ayant terminé leur stage au cours des trois années précédentes. À défaut, elles devront attendre une année avant de pouvoir déposer une nouvelle demande.  

L’article CIVP en Tunisie, ce qu’il faut savoir avant de signer un contrat est apparu en premier sur Managers.

  •  

Il veut construire un géant américain de l’IA . Le Tunisien Anis Bennaceur raconte

Créer une startup technologique demande plus qu’une bonne idée. Aux États-Unis, il faut comprendre un marché, trouver les bons talents, convaincre des investisseurs et surtout réussir à construire un produit qui répond à un vrai besoin. C’est le chemin choisi par Anis Bennaceur. Depuis New York, l’entrepreneur tunisien développe Attention, une startup spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée aux équipes commerciales.

Fondée en 2022, l’entreprise travaille sur une problématique simple, c’est de permettre aux commerciaux de consacrer davantage de temps à leurs clients et moins de temps aux tâches administratives. “Notre mission est de maximiser les ventes pour les équipes commerciales”, précise Anis Bennaceur.

Mais avant Attention, il y a eu une première expérience entrepreneuriale qui a largement contribué à construire sa vision.

Source: Leconomistemaghrebin.

Une première aventure pour apprendre à construire un produit

Le parcours d’Anis Bennaceur commence par une formation à HEC Paris puis ESCP Business School. Il débute ensuite sa carrière dans la finance, en banque d’investissement puis en banque privée et private equity. En 2013, il rejoint Tinder à un moment où l’application américaine cherche encore à accélérer son développement en France. Cette expérience lui permet de découvrir de l’intérieur le fonctionnement d’une startup technologique en forte croissance. “J’ai vu comment les Américains construisent des entreprises, avec une vitesse et une ambition différentes”, raconte-t-il. Après cette expérience, il décide de créer sa première entreprise. En 2015, il lance Mixer, une plateforme de networking professionnel destinée aux industries créatives. Pendant 6 ans, il travaille sur le développement du produit, l’acquisition d’utilisateurs et la construction d’une activité commerciale. Pour lui, cette première startup a été une véritable école. “Ma première boîte était comme une première voiture. On fait quelques accidents, quelques erreurs, mais c’est comme cela qu’on apprend “, souligne-t-il. Cette période lui apprend notamment l’importance de l’itération, c’est-à-dire la capacité à améliorer continuellement un produit en fonction des retours du marché. Il découvre également une notion essentielle dans l’univers des startups; le” product-market fit”, soit la capacité d’un produit à trouver sa place auprès de ses utilisateurs.

Transformer un problème vécu en opportunité grâce à l’IA

C’est justement en développant Mixer qu’Anis Bennaceur identifie un problème qui touche de nombreuses entreprises. En travaillant avec son équipe commerciale, il constate que les vendeurs consacrent une grande partie de leur temps à des tâches qui ne sont pas directement liées à la vente. “Le plus gros problème, c’est que les commerciaux passent environ 70% de leur temps à faire des tâches administratives plutôt qu’à parler aux clients “, déclare-t-il. Mise à jour des CRM, saisie des informations après un rendez-vous, suivi des échanges… autant d’actions nécessaires mais chronophages. L’arrivée des premiers grands modèles d’IA, notamment GPT-3 en 2020, lui fait comprendre qu’une transformation profonde devient possible. En 2022, il lance Attention avec son associé Matthias Wickenburg. Un partenariat particulier puisque les deux entrepreneurs étaient auparavant concurrents dans leurs précédentes activités. La startup développe alors une solution capable d’automatiser certaines tâches commerciales. Après une conversation avec un client, Attention peut analyser les informations échangées et mettre automatiquement à jour les outils utilisés par les équipes. Cette première réponse à un besoin concret permet à la startup de trouver son marché.

NY comme point de départ

Pour Anis Bennaceur, choisir les États-Unis était une décision stratégique. Son expérience chez Tinder lui a montré la capacité de l’écosystème américain à faire grandir rapidement des entreprises technologiques. ” Si je voulais avoir une ambition mondiale, il fallait que je parte aux États-Unis “, affirme-t-il. Il choisit New York plutôt que San Francisco. La ville représente pour lui un compromis entre proximité avec l’Europe et accès à un marché économique majeur. New York concentre de nombreuses grandes entreprises, des investisseurs, des banques et des talents issus des meilleures universités américaines. Mais au-delà du choix géographique, l’entrepreneur insiste sur l’importance de la concentration stratégique.  Attention reste aujourd’hui très focalisée sur le marché américain. L’objectif n’est pas d’ouvrir rapidement plusieurs marchés, mais de construire une position forte avant de s’étendre. “Il est important d’avoir un focus au départ et de complètement gagner son marché avant d’aller chercher les autres”, explique-t-il. A dire vrai, cette stratégie repose sur ce qu’il appelle les effets de réseau. Plus une entreprise devient reconnue sur un marché précis, plus il devient facile d’accélérer ensuite. Attention a d’abord cherché à devenir un acteur majeur à New York avant de partir à la conquête d’autres villes américaines.” Nous avons voulu être le plus gros poisson dans un environnement plus petit avant d’aller chercher le reste des États-Unis”, raconte-t-il. Aujourd’hui, la startup continue de renforcer sa présence aux États-Unis avant d’envisager une expansion internationale.”À partir du moment où nous serons un géant américain, nous pourrons travailler avec le reste du monde”, souligne-t-il.

Trois principes, attention

Après plusieurs années dans l’entrepreneuriat, Anis Bennaceur retient 3 grands enseignements. Le premier concerne la capacité à penser différemment.  Il parle de “vérités contraires”, ces idées qui ne sont pas forcément acceptées par la majorité mais qui peuvent créer de nouvelles opportunités. Pour lui, un entrepreneur doit chercher ce que les autres ne voient pas encore. Le deuxième enseignement concerne le recrutement. Chez Attention, le choix n’a pas été de chercher uniquement les profils les plus expérimentés. L’entreprise privilégie des personnes capables d’apprendre rapidement et d’évoluer fortement. “Nous cherchons des personnes avec trois à cinq ans d’expérience qui peuvent devenir meilleures que quelqu’un avec quinze ans d’expérience”, dit-t-il.

Aujourd’hui, l’âge moyen dans l’entreprise est de 28 ans. Le troisième principe repose sur la recherche de l’excellence. L’entrepreneur affirme préférer investir dans les meilleurs profils plutôt que chercher uniquement à réduire les coûts.Et d’ajouter: “Je préfère payer au-dessus du marché pour les meilleurs talents”.Sur ce, cette culture passe également par une forte présence au bureau et une volonté de construire une équipe très engagée.

Les premières personnes qui ont cru au projet

Comme beaucoup d’entrepreneurs, Anis Bennaceur insiste sur le rôle de ceux qui font confiance au début d’une aventure. Il cite notamment ses premiers investisseurs, dont un fonds français qui lui a proposé un investissement avant même la création officielle d’Attention. Il évoque également les premiers clients qui ont accepté de travailler avec une jeune startup.  Mais il cite surtout le soutien de ses parents. “Ils m’ont toujours soutenu psychologiquement et mentalement”, confesse-t-il. Une confiance importante après plus de 10 ans passés dans l’entrepreneuriat.

 

Lire aussi: 

 .

L’article Il veut construire un géant américain de l’IA . Le Tunisien Anis Bennaceur raconte est apparu en premier sur Managers.

  •  

Oman facilite l’accès touristique, une nouvelle porte pour les Tunisiens?

Un séjour de deux semaines sans frais de visa, c’est beau, non? C’est la nouvelle facilité annoncée par Oman pour attirer davantage de visiteurs. La Police royale d’Oman a introduit un nouveau visa touristique gratuit valable jusqu’à 14 jours pour certaines nationalités. Selon oman observer, une décision qui pourrait intéresser les voyageurs tunisiens, alors que les échanges entre les deux pays restent encore en dessous de leur potentiel.

Cette mesure intervient dans un contexte où le Sultanat cherche à accélérer l’ouverture de son marché touristique. Contrairement à certains pays du Golfe qui ont misé massivement sur le tourisme de masse, Oman veut construire une image différente, celle d’une destination culturelle, naturelle et authentique.

Avec ses montagnes, ses déserts, ses villages traditionnels et son littoral, le pays veut attirer une nouvelle clientèle internationale. Le tourisme est d’ailleurs identifié comme un secteur stratégique dans le cadre d’Oman Vision 2040, un programme visant à réduire la dépendance de l’économie aux hydrocarbures.

Une destination encore peu connue des Tunisiens

Pour les voyageurs tunisiens, Oman reste une destination encore peu explorée. Les séjours dans le Sultanat sont loin d’avoir le même volume que les voyages vers la Turquie, l’Égypte ou certains pays européens. La nouvelle facilité de visa pourrait toutefois changer progressivement cette situation en simplifiant les démarches pour certains voyageurs éligibles. Elle peut également encourager les agences de voyages à proposer davantage de circuits vers cette destination. Le coût reste néanmoins un élément important dans la décision de voyage. Depuis Tunis, un billet aller-retour vers Mascate varie généralement selon la saison, la compagnie aérienne et les escales. Il faut compter en moyenne autour de 1 500 à 2 500 dinars tunisiens pour un billet, avec des tarifs pouvant évoluer pendant les périodes de forte demande. À cela s’ajoutent les frais liés à l’hébergement, aux déplacements sur place et aux activités touristiques. Oman reste donc une destination qui demande un budget plus élevé que certaines destinations proches, mais elle offre une expérience différente, davantage orientée vers la découverte culturelle et naturelle. Derrière cette évolution administrative se pose aussi la question du rapprochement entre la Tunisie et Oman. En fait, les deux pays entretiennent des relations diplomatiques depuis plusieurs décennies, mais les échanges restent encore à développer. Une meilleure circulation des voyageurs peut contribuer à renforcer les liens entre les deux marchés, aussi bien sur le plan touristique qu’économique. Pour les entreprises tunisiennes, Oman représente un marché du Golfe encore peu exploité. Pour les acteurs du tourisme, cette nouvelle facilité constitue une opportunité de diversifier les offres proposées aux voyageurs tunisiens.

Le visa ne suffit pas à créer une nouvelle destination touristique, mais il peut être un premier pas. Reste maintenant à voir si les professionnels tunisiens sauront transformer cette ouverture en nouvelles opportunités.

 

 

 

L’article Oman facilite l’accès touristique, une nouvelle porte pour les Tunisiens? est apparu en premier sur Managers.

  •  

Tunisie: votre projet est validé? Il reste une étape pour toucher votre subvention. Détails

Pour certains porteurs de projets agricoles, le financement est déjà accordé. Pourtant, les fonds ne sont pas encore sur leur compte. En cause, une dernière étape souvent méconnue. Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche appelle les bénéficiaires des subventions d’investissement à se rapprocher de la Banque nationale agricole (BNA) ou de la Banque tunisienne de solidarité (BTS) afin de finaliser les procédures de paiement.

Cette précision intervient alors que plusieurs projets ont déjà franchi toutes les étapes d’approbation. Une fois l’ordre de paiement émis par le ministère, ce sont les deux banques publiques qui prennent le relais pour verser les aides, selon les propos relayées par l’agence TAP. Sans cette démarche, les bénéficiaires risquent de retarder le déblocage de leurs subventions.

Le rappel du ministère fait suite à une question écrite du député Taher Ben Mansour sur le fonctionnement des incitations financières accordées dans le cadre de la loi sur l’investissement, souligne ladite source. L’occasion pour le département de lever le voile sur un circuit souvent perçu comme complexe.

En réalité, le parcours commence bien avant le paiement. Les dossiers sont d’abord instruits par les Commissariats régionaux au développement agricole ou par l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA). Ils passent ensuite devant la commission chargée d’accorder les avantages. Une fois le feu vert obtenu, le ministère des Finances met les crédits à disposition, tandis que la BNA ou la BTS assurent le versement effectif des montants.

Le soutien public n’est d’ailleurs pas versé en une seule fois. Une première partie est débloquée lorsque le projet atteint un niveau d’avancement défini par la réglementation. Le reste est accordé lorsque l’investissement entre réellement en activité. Ce mécanisme a été conçu pour accompagner les promoteurs tout au long de la réalisation de leurs projets.

En 2026, l’État a consacré 100 millions de dinars aux subventions d’investissement agricole. L’essentiel de cette enveloppe est destiné à la production agricole, tandis que le reste finance les projets liés à la pêche, à l’aquaculture et à la gestion des ressources en eau.

Au-delà d’un simple rappel administratif, le message est clair : pour les promoteurs dont les dossiers sont déjà validés, le déblocage des aides dépend désormais d’une dernière démarche auprès de leur banque.

L’article Tunisie: votre projet est validé? Il reste une étape pour toucher votre subvention. Détails est apparu en premier sur Managers.

  •  
❌