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Scoutcar, un nouvel acteur de l’automobile en Tunisie

Plus de 200 000 téléchargements en six mois, une note supérieure à 4,6/5 sur Google Play et une présence sur Android, iOS et le web : Scoutcar prend une place croissante dans le paysage automobile tunisien. Au-delà des annonces, la plateforme développe une approche fondée sur la transparence des prix, la donnée et la construction d’un écosystème automobile à 360°.

Dans un contexte économique où l’achat d’une voiture représente un investissement important pour les ménages tunisiens, la question du prix et de la valeur réelle d’un véhicule devient essentielle.

Trouver une voiture à vendre n’est plus difficile. En revanche, savoir si son prix est cohérent, disposer de toutes les informations nécessaires et comparer correctement plusieurs véhicules reste plus complexe.

C’est précisément sur ce constat que s’est construit Scoutcar accessible sur le web Scoutcar.tn : rendre l’achat et la vente automobile plus simples, plus transparents et mieux documentés.

Une plateforme spécialisée face aux limites des annonces généralistes

Facebook Marketplace et les réseaux sociaux ont largement simplifié la mise en relation entre particuliers. Mais ces plateformes sont conçues pour vendre aussi bien un meuble qu’un téléphone ou une voiture.

Or, une automobile nécessite un niveau d’information beaucoup plus important : modèle et version exacte, année, kilométrage, motorisation, transmission, équipements, état ou encore positionnement du prix par rapport au marché.

Lorsque ces informations sont absentes ou peu structurées, l’acheteur doit effectuer lui-même une grande partie du travail de recherche et de comparaison.

Scoutcar propose une approche différente avec un environnement entièrement dédié à l’automobile, où les données du véhicule sont structurées et où des outils spécifiques viennent accompagner la décision.

La plateforme ne cherche donc pas uniquement à multiplier les annonces : elle veut améliorer la qualité de l’information disponible autour de chaque véhicule.

Construire une référence de la valeur automobile en Tunisie

Cette logique prend tout son sens avec l’un des piliers de Scoutcar : l’estimation de la valeur des véhicules sur le marché tunisien.

Combien vaut réellement une voiture aujourd’hui en Tunisie ?

Pour le vendeur, cette question permet de déterminer un prix cohérent. Pour l’acheteur, elle permet d’évaluer si le prix demandé correspond aux réalités du marché.

Avec le développement de la plateforme, les annonces, les prix et l’activité des utilisateurs permettent également d’obtenir une lecture de plus en plus riche des tendances du marché automobile local.

Scoutcar construit ainsi progressivement une référence de la valeur marchande automobile en Tunisie, fondée sur les spécificités et les données de son propre marché.

Cette dimension dépasse largement la relation entre acheteur et vendeur. Une meilleure connaissance de la valeur marchande peut également présenter un intérêt pour les assureurs, experts automobiles, sociétés de financement, concessionnaires et autres professionnels qui doivent régulièrement apprécier la valeur d’un véhicule.

À terme, la donnée devient ainsi l’un des actifs centraux de Scoutcar : non seulement pour faciliter une transaction, mais aussi pour contribuer à donner au marché automobile tunisien davantage de lisibilité et de transparence.

Plus de 200 000 téléchargements en six mois

Cette approche a rapidement trouvé son public.

En seulement six mois, Scoutcar a dépassé les 200 000 téléchargements, avec une note supérieure à 4,6/5 sur Google Play.

Lien de téléchargement Android

Lien de téléchargement iOS

La plateforme est disponible sur Android et iOS, ainsi que sur le web, permettant d’accéder à l’écosystème Scoutcar depuis un smartphone comme depuis un ordinateur.

Mais derrière ces interfaces se trouve surtout une véritable infrastructure.

Scoutcar est porté par une société structurée, une équipe et une infrastructure technologique complète, conçues pour gérer la croissance de la plateforme, traiter la donnée automobile et accueillir progressivement de nouveaux services.

Un choix stratégique accompagne également cette construction : les serveurs et les données de Scoutcar sont hébergés en Tunisie.

Cette infrastructure locale s’inscrit dans une démarche de souveraineté des données, avec la volonté de maintenir les données de la plateforme sur le territoire tunisien.

Le positionnement est cohérent : une plateforme tunisienne, construite autour des réalités du marché tunisien, avec une infrastructure et des données hébergées en Tunisie.

Le neuf et l’occasion réunis dans un même environnement

Scoutcar ne se limite pas au marché de l’occasion. La plateforme propose également les catalogues des véhicules neufs commercialisés en Tunisie, avec les modèles, versions, caractéristiques et prix, ainsi qu’un outil permettant de comparer plusieurs véhicules.

L’utilisateur peut ainsi passer de la recherche d’un véhicule d’occasion à l’étude d’un modèle neuf et comparer les différentes possibilités depuis un même environnement.

Cette approche ouvre également une relation différente avec les concessionnaires et représentants des marques automobiles en Tunisie.

Scoutcar peut devenir pour eux un point de rencontre avec des utilisateurs déjà engagés dans un parcours automobile : recherche d’un modèle, comparaison, estimation d’un véhicule actuel ou préparation d’un futur achat.

La présence simultanée du neuf et de l’occasion permet également d’avoir une vision plus globale de la vie économique d’un véhicule, de son prix neuf jusqu’à son évolution sur le marché de seconde main.

Vers un écosystème automobile à 360°

La vision de Scoutcar dépasse désormais la marketplace.

L’objectif est d’accompagner progressivement le conducteur pendant tout le cycle de vie de son véhicule : rechercher et comparer, connaître sa valeur, acheter, vérifier, assurer, entretenir, laver, recharger puis, un jour, revendre.

Cette stratégie se matérialise notamment avec FCRTunisie.eu, plateforme consacrée aux besoins liés à l’acquisition de véhicules dans le cadre du régime FCR.

Elle passe également par un écosystème de partenaires couvrant différents métiers de l’automobile : assurance, entretien, vérification, lavage à domicile, solutions de recharge électrique et autres services destinés aux conducteurs.

L’idée est simple : des besoins aujourd’hui traités auprès de multiples acteurs peuvent progressivement être accessibles depuis un même environnement numérique.

Scoutcar ne veut donc plus être une application que l’on installe uniquement lorsqu’on souhaite changer de voiture. L’objectif est qu’elle devienne utile pendant toute la durée de possession du véhicule.

Un appel aux acteurs du secteur automobile

Pour construire cet écosystème, Scoutcar souhaite également renforcer sa collaboration avec les professionnels du marché tunisien.

Concessionnaires, constructeurs et représentants de marques, assureurs, organismes de financement, experts, garages, centres d’entretien, acteurs de la recharge et prestataires de services automobiles ont vocation à participer à cette transformation.

Le partenariat ne consiste pas seulement à afficher une marque sur la plateforme. L’enjeu est d’intégrer les professionnels au parcours réel du conducteur, au moment où leur service devient pertinent.

Avec plus de 200 000 téléchargements en six mois, Scoutcar a franchi rapidement une première étape. Son développement s’inscrit désormais dans une vision plus large : réunir donnée automobile, valeur marchande, véhicules neufs et d’occasion et services à 360° dans un même écosystème.

Une plateforme tunisienne, des données hébergées en Tunisie et une connaissance construite autour du marché local : Scoutcar entend inscrire durablement sa marque dans l’automobile tunisien et devenir un réflexe digital pour chaque conducteur.

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Décès de Franco Baresi | Une légende du football italien

Le football italien est en deuil. Franco Baresi, ancien capitaine de l’AC Milan et figure majeure de Squadra Azzurra, est décédé à l’âge de 66 ans. Sa disparition marque la fin d’une époque, celle des grands joueurs qui ont construit leur légende par la fidélité, la régularité et l’excellence.

Né en 1960 en Lombardie, Baresi a consacré toute sa carrière professionnelle à l’AC Milan. Arrivé au club très jeune, il est rapidement devenu un pilier de l’équipe avant d’en porter le brassard de capitaine pendant de nombreuses années. Son nom restera à jamais associé à l’histoire des Rossoneri.

Défenseur d’exception, il se distinguait par son intelligence de jeu, son anticipation et sa capacité à organiser toute une ligne défensive. Sa vision tactique et son calme sous pression ont fait de lui une référence mondiale à son poste, bien au-delà des frontières italiennes.

Dans les années 1980 et 1990, il fut l’un des artisans du Milan AC qui a dominé le football européen. Aux côtés de Paolo Maldini, Alessandro Costacurta, Ruud Gullit, Frank Rijkaard et Marco van Basten, il a participé à une période dorée ponctuée par plusieurs titres nationaux et trois Coupes d’Europe.

Sous le maillot de la sélection italienne, Baresi a également connu les sommets. Il faisait partie de l’équipe sacrée championne du monde en 1982 et a disputé la finale de la Coupe du monde 1994 aux États-Unis.

Au-delà des trophées, Franco Baresi restera comme un modèle de professionnalisme et de fidélité. Dans un football souvent dominé par les changements et les carrières courtes, il représente une autre vision du sport : celle d’un joueur entièrement dévoué à son club et à ses couleurs.

Son héritage dépasse les statistiques. Il laisse l’image d’un capitaine respecté, d’un défenseur élégant et d’un monument dont le nom restera gravé dans la mémoire du football mondial.

Djamal Guettala 

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Bizerte au cœur d’un partenariat technologique tuniso-omanais

L’ambassadeur du Sultanat d’Oman en Tunisie (également ambassadeur non-résident auprès de l’État de Libye), Hilal Ben Abdallah Assinaoui, a effectué, jeudi 30 juillet 2026, une visite de courtoisie et de travail dans la région de Bizerte. Au centre de la visite : le déploiement du contrat formalisé entre le gouvernement omanais et le Consortium international tuniso-franco-canadien GUAMobility –regroupant les compétences de GIS, DTA et Innovitech.

Lotfi Sahli

Le diplomate, qui était accompagné de son conseiller, Zaher Sulaiman Al Abri, a été accueilli au Coworking Business Center (CBC) de Zarzouna par l’équipe dirigeante du Consortium GUAMobility menée par Borhene Dhaouadi. Il est venu étudier les moyens de concrétiser un partenariat technologique et industriel entre les deux pays, et notamment dans la région de Bizerte. Cette visite, qui s’inscrit dans la continuité des échanges institutionnels, vise à tirer profit de l’ingénierie tunisienne, tout en posant les bases d’une dynamique de coopération économique régionale à fort impact territorial.

Etaient présents à cette réunion de travail : Faouzi Ben Aïssa, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Nord-Est (CCINE), Lotfi Sahli, président Conect Bizerte, Raouf Golli, promoteur dans le secteur aquacole, ainsi qu’un représentant du groupement MAP / Arlynk.

La rencontre a eu lieu dans le sillage du déploiement du contrat d’une durée de 18 mois formalisé entre le gouvernement omanais et le Consortium international tuniso-franco-canadien GUAMobility –regroupant les compétences de GIS, DTA et Innovitech.

Ce projet pionnier porte sur la conception de la Stratégie nationale des mobilités aériennes avancées (Advanced Air Mobility – AAM) du Sultanat d’Oman, positionnant Mascate comme la toute première capitale au monde à se doter d’une telle feuille de route globale et structurée.

Les enjeux clés de cette transformation reposent sur la création d’une véritable «économie de basse altitude» (Low Altitude Economy), destinée à décongestionner les axes terrestres tout en modernisant l’ensemble du maillage national de transport.

Concrètement, l’étude pilotée par les experts tunisiens et internationaux définit l’intégration harmonieuse des nouvelles technologies aéronautiques, notamment l’usage intensif de drones civils et logistiques, ainsi que l’introduction progressive des aéronefs électriques à décollage et atterrissage verticaux (eVTOL).

Vitrine technologique et rayonnement international

Le programme couvre un spectre d’intervention exhaustif, articulé autour du cadre réglementaire, des normes de sécurité aérienne, des infrastructures d’accueil physiques et numériques (vertiports, centres de contrôle), de la soutenabilité environnementale et de la planification urbaine intelligente (Smart Cities).

Le choix porté sur le consortium GUAMobility témoigne d’une reconnaissance internationale incontestable du savoir-faire tunisien en matière d’innovation territoriale et de gestion de projets d’infrastructures du futur.

En marge de la présentation de l’état d’avancement des travaux stratégiques et des prochaines échéances du programme AAM, le Sultanat d’Oman a été officiellement invité à participer à l’événement phare BigTech Tunisia 2026, prévu à Tunis les 13 et 14 octobre prochain. Cette vitrine internationale réunira plus de 1 000 rendez-vous B2B, 100 intervenants internationaux et 40 investisseurs de premier plan venus de divers pays africains et méditerranéens.

Ce ralliement permettra à Oman, représenté par ses principales institutions gouvernementales aux côtés de son Autorité de l’aviation civile (CAA), de présenter en exclusivité mondiale son modèle pionnier de développement territorial et d’intégration des technologies émergentes. L’ambassadeur omanais a confirmé l’engagement ferme de son pays à faire de ce rassemblement un moment fort de synergie et de transfert technologique bilatéral.

Vers un axe triangulaire avec la Libye

Au-delà du volet aéronautique et technologique, la visite s’est élargie à une concertation économique réunissant des acteurs clés de la région de Bizerte, CCINE, Conect, ainsi que le groupement MAP / Arlynk.

Les discussions ont abouti au projet d’organisation, d’ici la fin de l’année 2026, d’une mission économique et industrielle d’entreprises tunisiennes vers le Sultanat d’Oman. Plusieurs filières stratégiques à forte valeur ajoutée ont été ciblées : l’industrie maritime et les constructions navales ; les équipements liés au secteur de l’énergie (Oil & Gas) ; l’industrie agroalimentaire ; l’ingénierie spécialisée et les services à haute valeur technologique.

Pour prolonger cette dynamique d’intégration commerciale, les participants ont enfin étudié l’opportunité d’une mission conjointe impliquant les partenaires économiques libyens de la CCINE. Tirant parti de la double accréditation diplomatique de l’ambassadeur omanais, cette initiative triangulaire (Tunisie-Oman-Libye) – envisageable à Tunis ou à Tripoli – vise à favoriser les investissements croisés et à bâtir de nouvelles chaînes de valeur régionales dans les domaines industriels, logistiques et technologiques.

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Tunisie | Banques publiques et gouvernance par l’intérim

Des vacances de poste s’étalant sur deux ou trois ans, des prolongations répétées pour des dirigeants ayant dépassé l’âge légal de la retraite… La gestion par l’intérim est devenue une réalité dominante de la gouvernance en Tunisie, et pas seulement dans le secteur bancaire public, où les trois principaux établissements (STB, BNA et BH) sont dirigés par des intérimaires depuis plus de deux ans. Les faits du terrain le prouvent : cette situation d’exception n’est pas un simple retard administratif, mais le symptôme direct d’un État actionnaire paralysé par l’absence de vision et le report stratégique. Analyse d’une impasse et voies de sortie.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Aucune analyse financière ou stratégique du secteur bancaire public ne peut faire l’impasse sur une réalité opérationnelle majeure : l’instabilité prolongée à la tête des directions générales. Gérer des institutions de la taille de la BNA, de la BH ou de la STB par le biais d’intérims ou de gestions provisoires sur de longues périodes expose ces établissements à des vulnérabilités structurelles profondes.

Par nature et par cadre réglementaire, une période d’intérim confine les dirigeants dans une posture de «gestion conservatoire» des affaires courantes. Dans un environnement bancaire hautement concurrentiel et soumis à des exigences réglementaires strictes, il devient quasi impossible pour des directions temporaires d’engager des réformes stratégiques majeures, de piloter des projets lourds de transformation digitale ou de restructurer les portefeuilles d’actifs à long terme.

L’absence de doctrine avant le retard de nomination

L’accumulation de ces vacances de pouvoir au sommet de la finance publique ne découle pas d’une simple lenteur bureaucratique. Elle est le produit direct des hésitations de l’État actionnaire à définir clairement le mandat de ses banques. Recherche-t-on des banques commerciales pures, capables de rivaliser sur le marché avec une totale agilité ? Ou vise-t-on des bras armés de développement, destinés principalement à absorber les chocs économiques ?

Faute d’une doctrine claire en matière d’allocation du capital public, le décideur se trouve incapable de définir le profil de leadership requis, enfermant les institutions dans un cercle vicieux d’attentisme.

Pour sortir de la gestion des crises par le report et réinstaurer une dynamique de développement, le modèle de gouvernance des banques publiques doit s’articuler autour de quatre leviers méthodologiques.

Pour mettre fin à l’incertitude des intérims, il est impératif d’établir un processus institutionnel et transparent de sélection des dirigeants. Cela implique le lancement d’appels à candidatures basés sur un cahier des charges technique rigoureux, à l’abri des considérations conjoncturelles, et l’appui de comités d’évaluation indépendants garantissant le choix des compétences.

Assujettir la direction à des «contrats d’objectifs et de performance»

Un dirigeant bancaire ne doit plus bénéficier d’un mandat ouvert sans indicateurs précis. Un contrat de performance pluriannuel doit être conclu entre l’État et le nouveau directeur général, fixant clairement les ratios de rentabilité, les seuils de tolérance au risque, les jalons de la digitalisation ainsi que les engagements réciproques de l’État en cas de missions de service public explicitement confiées.

Pour garantir l’efficacité de la gestion bancaire, il convient d’assurer un environnement préservant les équipes dirigeantes des interférences. Cela passe par une indépendance totale des comités de crédit et de risques, afin que les décisions d’octroi de concours financiers et d’investissement reposent exclusivement sur des critères économiques et scientifiques.

L’atteinte de la limite d’âge sans solution de remplacement préparée traduit une faiblesse dans la planification de la continuité managériale. Une réforme structurelle exige une stratégie proactive de détection et de montée en compétences des deuxièmes et troisièmes lignes d’encadrement interne, garantissant des transitions fluides sans perturber le fonctionnement des banques.

L’intérim n’est ni une solution ni un choix de gestion ; c’est un gel du temps institutionnel et un report des exigences de croissance.

Les banques publiques ne retrouveront pas leur solidité et leur compétitivité par le simple comblement mécanique des vacances de postes, mais par le courage de mettre fin à l’improvisation, d’installer des gouvernances pérennes et de les responsabiliser sur des résultats mesurables.

* Ingénieur informaticien et cadre de banque.

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Tourisme et énergie | Sept solutions pour limiter la surconsommation d’électricité

Après les récentes coupures intempestives d’électricité et d’eau en Tunisie, dues à la hausse de la consommation d’énergie en raison de la canicule et de la mauvaise gouvernance du secteur énergétique, l’économie en général et le tourisme en particulier risquent d’en être durement affectés. Par ailleurs, les changements climatiques qui s’accélèrent vont rendre encore plus difficile l’accès à l’électricité et à l’eau potable, et pas seulement durant l’été. Alors que notre pays, qui dispose d’un littoral de 1300 km et d’une moyenne de 240 jours d’ensoleillement par an, est censé ne pas manquer d’eau ni d’électricité s’il avait suffisamment de stations de dessalement de l’eau de mer et de centrales d’énergie solaire photovoltaïque. Certes, l’installation de ces systèmes coûte cher ; en revanche la consommation est presque gratuite et propre. Dans le contexte de ces problématiques, nous proposons des solutions pour baisser la consommation d’électricité et développer l’énergie solaire avec stockage dans les hôtels et les établissements touristiques.

Habib Glenza, à Lodz.

Le secteur hôtelier est réputé pour être énergivore. Selon un rapport de l’Agence de la transition écologique (Ademe) la consommation moyenne d’un hôtel en France est de 241 kWh/m2/par an.

En Tunisie, la consommation moyenne dépasse ce chiffre, entre autres pour satisfaire le client à tout prix.

La satisfaction des clients passe par le confort. En plein hiver, un vacancier s’attend à avoir un système de chauffage performant dans sa chambre d’hôtel. De la même manière, à partir d’un certain niveau de standing, la présence d’une climatisation permet de satisfaire les clients par temps de canicule. Pour apporter un bon niveau de confort aux vacanciers, le recours à l’énergie est indispensable.

Le comportement des vacanciers n’est pas le même à l’hôtel qu’à leur domicile : ils n’utilisent pas de la même manière les appareils électriques qui sont mis à leur disposition (utilisation intensive du chauffage, de l’électricité et même de l’eau).

Les bâtiments récents dédiés au tourisme possèdent une performance énergétique supérieure aux hébergements plus anciens : la rénovation énergétique de ces derniers, qui passe notamment par un renforcement de l’isolation, est un chantier de taille pour de nombreux hôtels.

La crise économique et le changement climatique imposent aujourd’hui au secteur du tourisme de modifier en profondeur ses usages afin de limiter lasurconsommation électrique. Depuis 2019, l’objectif est de favoriser la sobriété énergétique des bâtiments, ce qui exige des acteurs du tourisme une maîtrise énergétique des bâtiments   

Nous présentons ci-dessous sept solutions permettent de réduire directement les factures d’électricité des établissements touristiques en Tunisie:

1. Installer un système de contrôle de la consommation électrique : pour faire des économies d’énergie, les hôtels peuvent faire installer un système de gestion des consommations électriques. 

Aujourd’hui, il existe des systèmes de gestion de la consommation de l’électricité qui apportent des solutions pour maîtriser la consommation de l’électricité dans le secteur du tourisme. Ils consistent à contrôler en temps réel l’état de fonctionnement du réseau électrique et des consommations 24h/24. En cas de suspicion de surconsommation, ce système déclenche l’alarme. Ainsi, l’appareil peut détecter une consommation anormale de l’énergie dans un cottage ou une chambre en particulier. L’alimentation pourra être coupée à distance dans ce logement le temps que la cause soit identifiée (climatiseur ou chauffage allumé dans un hébergement inoccupé, etc.). 

Ce dispositif peut être combiné à un autre système de gestion de la consommation de l’eau dans les hôtels permettant une maîtrise optimale de la consommation de cette précieuse denrée.

2Équiper les hôtels avec des installations photovoltaïques et des batteries de stockage de l’énergie : dans un pays touristique qui compte en moyenne 200 jours ensoleillés par an, le recours à l’énergie solaire devient impératif. Tout d’abord elle est propre, car elle n’émet pas de gaz à effet de serre (on parle d’énergie décarbonée), parce qu’elle est gratuite et inépuisable. 

Certes, l’investissement coûte cher mais la consommation est presque gratuite. En plus, elle assure une autonomie électrique à 100 % pendant la basse et moyenne saison et plus de 75 % pendant la haute saison. Il s’agit d’une technique très efficace pour réduire ses factures d’électricité.    

3. Privilégier des appareils basse consommation pour équiper votre hôtel : la classe énergétique des appareils qui équipent votre établissement de tourisme peut permettre de limiter la surconsommation électrique et donc de diminuer les factures. Privilégiez des appareils électroménagers de classe A+++ qui consomment 20 à 50% de moins que les équipements A+.

4. Placer des détecteurs de présence dans les hébergements : pour éviter que les vacanciers oublient d’éteindre la lumière dans leur logement, l’installation de détecteurs de présence peut être une bonne idée. Ils peuvent également être placés dans les parties communes de l’hôtel, à l’intérieur comme à l’extérieur (parking, chemin piéton).

5. Faire le bon choix pour les luminaires intérieurs et extérieurs :  privilégier l’utilisation des LED pour éclairer votre établissement de tourisme vous permettra de consommer jusqu’à 10 fois moins qu’avec des ampoules basse consommation. Pensez également à nettoyer les ampoules de temps en temps pour gagner en luminosité.

6. Intégrer vos salariés à la lutte contre la surconsommation électrique : la lutte contre le gaspillage de l’électricité commence par l’implication de votre équipe. Éteindre les équipements de bureau plutôt que de les laisser en veille, ne pas laisser la lumière allumée toute la journée à la réception alors qu’il fait jour… Ce sont parfois les petits gestes qui permettent de tendre vers de belles économies de consommation énergétique.

7. Sensibiliser les clients pour améliorer leur implication : optimiser les dépenses énergétiques dans le secteur du tourisme est possible à condition de prendre des mesures fortes pour limiter au maximum la surconsommation électrique.                                               

Les clients peuvent également faire leur part durant leur séjour dans hôtel. En affichant les consommations électriques par individu dans l’hébergement, les vacanciers peuvent prendre conscience de leur usage de l’énergie. Une liste de conseils simples à suivre pour réduire la consommation électrique en vacances peut également être mise à disposition.

Pour tous ceux qui veulent savoir plus sur la production de l’énergie photovoltaïque avec stockage, cliquez sur ce lien.

A suivre

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‘‘L’étreinte de la patrie’’ | La sécession taïwanaise, de la reconquête à l’indépendance

Avec l’émergence d’un irrédentisme taiwanais antichinois dont l’objectif avoué est de desserrer définitivement l’étreinte jugée insupportable de la patrie, et avec l’exacerbation du nationalisme chinois qui semble faire de la réunification une question de vie ou de mort, à tout le moins pour le pouvoir à Pékin, la guerre semble inévitable entre Pékin et Taipeh.

Dr Mounir Hanablia *

Le 27 février 1947 à Taipei, la principale ville de Taiwan, la police saccage un étal non réglementaire. Dans une île jouissant au sortir de la guerre d’une prospérité relative, c’est l’étincelle qui met le feu aux poudres. Les gens présents réagissent et chassent sans ménagement les agents trop zélés. Le lendemain, ces derniers reviennent en force pour se venger. C’est alors l’émeute. La rue se mobilise. Toutes les villes de l’île se soulèvent les unes après les autres. Le gouverneur doit gérer la situation et les forces disponibles sont insuffisantes. Des comités de résolution de l’incident dit du 28-Février naissent un peu partout sur l’île avec lesquels l’autorité est obligée dans un premier temps de se montrer conciliante, ou de le paraître.

En réalité, des appels au secours ont été envoyés au gouvernement chinois, et une dizaine de jours après les premières troupes continentales commencent à débarquer en provenance du continent. Elles sont souvent composées de soldats originaires du Sichuan, autrement dit de troupes impitoyables aguerries dans la lutte contre les Japonais, puis les Communistes.

La répression est féroce. Le nombre de victimes n’est pas comptabilisé avec exactitudes. Certains ont évoqué trente mille morts. Le pouvoir central en rejette la responsabilité sur… l’armée impériale du Japon, qui a occupé l’île pendant 55 ans. Les personnalités les plus en vue de l’île disparaissent, enlevées par des escadrons de la mort, probablement composées de policiers continentaux. Les comités de résolution se dispersent, leurs membres se cachent. Les plus combatifs se réfugient dans les collines de l’Est, chez les Austronésiens, les populations d’origine de l’île, 2% de la population totale.

Le coup d’envoi de la grande invasion de l’île ?

Après quatre mois, l’autorité est rétablie, certains notables insulaires ne subissent plus qu’une répression judiciaire. L’ordre règne désormais au point qu’en 1949, après la défaite des troupes nationalistes face aux communistes, le gouvernement de Tchang Kai Tchek, en tant qu’autorité légitime de la Chine, choisit de se réfugier à Taiwan, accompagné de deux millions de ses partisans, d’origine continentale, avec pour objectif la reconquête de la Chine. Un Etat policier est mis en place avec le soutien des Etats-Unis d’Amérique, et la loi martiale est maintenue pendant une quarantaine d’années.

L’Incident du 28-Février est durant ce laps de temps passé sous silence et considéré comme un sujet tabou. Selon le Kuomintang, le parti de Tchang Kaï Chek, il s’agissait d’une tentative de subversion de l’île par les communistes, une version corroborée par celle de la République Populaire considérant l’Incident comme un soulèvement populaire contre le gouvernement des féodaux alliés au seigneurs de la guerre.

Ce n’est qu’après la levée de l’état d’urgence et l’instauration du multipartisme à Taiwan que les langues se délient avec les témoignages des acteurs ou des victimes. Qui plus est l’apparition sur le scène politique du Parti Démocratique Progressiste, indépendantiste taiwanais, confère au récit une nouvelle dimension que l’on ne peut pas ignorer.

Personne n’ose encore dire que c’est le coup d’envoi de la grande invasion de l’île par les continentaux pressés de s’emparer des richesses d’une île prospère dans l’océan de misère chinois. Ce serait déjà remettre en question la légitimité de la présence d’une bonne partie de la population actuelle, que même les indépendantistes d’origine insulaire ne peuvent pas se permettre.

Taiwan, d’abord une base commerciale hollandaise sur la route du Japon, ne commence à être peuplée de han qu’à partir de 1650 environ. Et encore, elle sert de base de repli à quelques-uns parmi les Ming qui refusent le pouvoir Mandchou.

L’île n’acquiert sa configuration moderne qu’à partir de l’occupation coloniale japonaise. Le Japon ne cherche pas à imposer sa langue et ses coutumes à la population. Néanmoins, celle-ci au contact de l’occupant bénéficie d’un effort d’éducation et de santé qui la place nettement en porte-à-faux par rapport aux populations de la Chine continentale. Ce n’est qu’avec les terribles combats de la seconde guerre mondiale que l’Empire du Japon, à court de combattants, commence à envisager la possibilité d’assimiler la population de Taiwan, l’une des plus éduquées de l’Asie. Plusieurs milliers de Taiwanais sont alors incorporés dans les rangs de l’armée impériale et participent aux combats les plus marquants, en particulier à Okinawa, contre les Américains. Quelques-uns reçoivent même des patronymes japonais. C’est pourquoi, à la fin de la guerre, le Japon battu, ces combattants taiwanais, bien entraînés, ne voient pas d’un bon œil le débarquement des troupes chinoises continentales indisciplinées pour lesquelles ils n’ont que mépris.

Quel rôle ces combattants ont-ils joué dans l’Incident du 28-Février ou dans les Comités de Résolution ? On l’ignore mais probablement modeste. Les autorités chinoises ont beau jeu de dénoncer l’intrusion de l’armée impériale japonaise dans le soulèvement pour justifier la répression, tout en tentant d’éliminer les élites issues de la colonisation japonaise.

Toujours selon ces mêmes autorités l’Incident du 28-Février s’est accompagné d’une chasse aux sorcières contre les Chinois continentaux, une affirmation qui ne semble avoir d’autre finalité que de fournir de l’eau au moulin de la répression.

Cette incrimination du Japon dans le récit officiel cesse lorsque l’île devient le refuge du gouvernement et de l’armée nationalistes, chassés par les rouges de Mao. Le Japon n’est plus un adversaire et devient un partenaire dans la lutte anticommuniste, avec le soutien américain. Ce dernier n’est au départ pas acquis, et l’île semble à court terme destinée à tomber sous l’autorité de Pékin. Mais la guerre de Corée, où Staline ne laisse d’autre choix à la Chine communiste que d’intervenir, change la donne et Taiwan devient une pièce essentielle dans le dispositif américain de protection du Japon.

Irrédentisme taiwanais contre nationalistes chinois

Malgré la détente sino-américaine de 1972 les choses demeurent en l’état même si le discours politique change. Avec l’émergence d’un irrédentisme taiwanais antichinois dont l’objectif avoué est de desserrer définitivement l’étreinte jugée insupportable de la patrie, et avec l’exacerbation du nationalisme chinois qui semble faire de la réunification une question de vie ou de mort, à tout le moins pour le pouvoir à Pékin, la guerre semble inévitable.

En effet, l’île jouit d’une prospérité enviable et ne semble nullement encline à partager le sort de Hong Kong. Néanmoins, cette affaire de l’incident du 28 février 1947 démontre que le récit historique et les entités politiques qui en émergent sont loin d’être immuables et ne sont que les reflets de rapports de force éphémères. Certes. Mais ce sont en dernier recours les peuples qui façonnent le cours de l’Histoire. Lesquels ?

La Chine n’est qu’un rassemblement hétéroclite d’entités et de territoires écrasés sous le poids niveleur de la colonisation Han. Et l’irrédentisme taiwanais ne lui est insupportable que pour le rappeler. Si Pékin prétend siniser et fédérer des peuples étrangers, au nom de quel principe faudrait-il qu’elle accepte une sédition remettant en question son rôle unificateur ? Sans doute le même qui libérerait le Texas, l’Arizona, le Nouveau Mexique, la Californie, du joug américain. Une éventualité peut être pas autant inconsidérée qu’il n’y paraît depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump.   

* ‘‘L’étreinte de la patrie. Décolonisation, sortie de guerre et violence à Taïwan, 1947’’, de Victor Louzon, Éditions de l’EHESS, Paris, 2024, 378 p.

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