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Crevette rouge | Bruxelles appelle Tunis à respecter ses quotas de pêche

La Commission européenne a confirmé que l’interdiction d’importation dans l’Union européenne (UE) de crevettes rouges tunisiennes destinées au marché italien est liée au dépassement des quotas de pêche attribués à la Tunisie dans le cadre de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM), quotas dont la Tunisie demande la révision sur la base de statistiques actualisées.

En réponse à une demande de commentaire de l’Agenzia Nova, un porte-parole de la Commission a expliqué que «les quotas de 2026 pour la crevette rouge ont été arrêtés par l’organisation régionale de gestion des pêches compétente — à savoir la Commission générale des pêches pour la Méditerranée, CGPM — lors de sa 48e session annuelle en 2025». Ces quotas, a souligné Bruxelles, «représentent les limites de capture officielles que toutes les parties contractantes de la CGPM doivent respecter, y compris la Tunisie».

Selon la Commission, les données actualisées transmises par les autorités tunisiennes font apparaître des niveaux de capture supérieurs au quota attribué. «Les données révisées sur les captures et la production soumises par la Tunisie dépassent le quota alloué et ne sont donc pas conformes aux limites établies par la CGPM», a déclaré le porte-parole à Nova.

Les informations communiquées par Tunis seront désormais examinées dans le cadre des mécanismes prévus par l’organisation régionale elle-même.

Bruxelles a également précisé que l’interdiction d’entrée des crevettes rouges tunisiennes sur le marché européen découle directement de l’application de la réglementation européenne contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

Bruxelles : «La pêche sans quota constitue une pêche illicite»

Cette législation met en place un système visant à empêcher l’entrée sur le marché de l’UE de produits de la pêche obtenus en violation des règles internationales. «Conformément au cadre établi par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la pêche sans quota constitue une pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN)», a expliqué la Commission.

À ce titre, les États membres de l’UE «sont légalement tenus de refuser les importations issues de la pêche INN afin de protéger le marché européen et de garantir une concurrence loyale aux opérateurs qui respectent les règles». C’est sur cette base juridique qu’ont été refusées les exportations de crevettes rouges tunisiennes vers l’Italie.

Cette question revêt une importance particulière pour le secteur halieutique tunisien, qui considère la crevette rouge comme un produit d’exportation à forte valeur ajoutée. Ces derniers jours, les autorités tunisiennes et les acteurs du secteur ont exprimé leurs préoccupations quant à l’impact économique de l’interdiction d’importation de la part de l’UE, appelant à des discussions avec les institutions européennes.

Dans une réponse écrite à une question parlementaire de la députée Fatma Mseddi, le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a fait valoir que les limites actuelles reposaient sur des «données statistiques incomplètes et non représentatives des niveaux de capture réels» du pays. Selon le ministère, le plan de gestion de la crevette rouge dans le détroit de Sicile, adopté par la CGPM en 2022, prévoyait des quotas distincts pour la Tunisie et l’UE sur une période transitoire allant de 2023 à 2025, impliquant une réduction annuelle de 3 % des captures autorisées. Toutefois, Tunis soutient que le quota national a été calculé à partir de données initialement issues de la base de données de la FAO — et vérifiées ultérieurement en octobre 2022 — qui ne reflétaient pas l’activité de pêche réelle du pays.

Tunis demande la révision des quotas sur des données actualisées

Les autorités tunisiennes affirment qu’«un examen des statistiques officielles a révélé des captures réelles nettement supérieures à celles précédemment déclarées ; ces chiffres ont été corrigés et saisis dans le système officiel de la CGPM le 6 mars 2024».

Le document souligne en outre que, malgré les corrections statistiques, la répartition des quotas est restée «inchangée, car elle reposait également sur des données historiques présentées par la partie européenne».

Le ministère estime que cela a désavantagé la Tunisie, dont le système national de collecte de données était encore en phase de développement, alors que l’UE disposait d’une base statistique plus solide.

Selon Tunis, la partie européenne n’a soulevé aucune objection quant à l’application effective des quotas durant la période transitoire, laissant ainsi penser que le dossier faisait toujours l’objet de négociations.

Pour faire face à la situation, les autorités tunisiennes ont mis en place une cellule de crise chargée de coordonner les initiatives techniques et diplomatiques, et engagé des consultations avec le ministère des Affaires étrangères et les professionnels du secteur. Elles ont aussi entamé des échanges avec les autorités européennes afin de trouver une solution permettant la reprise des exportations de crevettes rouges vers le marché italien.

Parallèlement, Tunis a soumis «des demandes formelles à la CGPM en vue d’une révision du quota national fondée sur des données actualisées concernant la production réelle déclarée en avril 2026», tout en réclamant un «réexamen des limites de pêche fixées dans la recommandation actuelle».

Bruxelles confirme que «des contacts sont en cours avec les autorités tunisiennes ainsi qu’avec celles des États membres concernés». L’exécutif européen précise en outre que l’UE «se tient prête à soutenir la Tunisie dans le respect de ses obligations».

S’agissant d’une éventuelle révision du quota alloué à la Tunisie, la Commission laisse ouverte la possibilité de décisions futures dans le cadre de la CGPM, sans toutefois indiquer de position arrêtée.

Une décision concernant les nouveaux niveaux de capture pour la crevette rose du large, dans le cadre du plan de gestion pluriannuel pour le détroit de Sicile (CGPM/45/2022/5), pourrait être adoptée lors de la prochaine session annuelle de la CGPM, prévue pour octobre 2026. C’est à ce moment-là que l’UE définira et présentera sa position de négociation.

L’issue de la réunion d’automne pourrait ainsi s’avérer décisive pour toute éventuelle actualisation des quotas de pêche dans le détroit de Sicile, si de nouvelles données scientifiques et de production fournies par les parties contractantes — y compris la Tunisie — justifiaient une révision des limites de capture.

D’ici là, toutefois, les quotas actuellement approuvés par la CGPM ainsi que les obligations découlant de la législation européenne de lutte contre la pêche INN demeureront en vigueur.

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La Tunisie s’active, sous pression, à réformer son réseau électrique

Ce n’est pas la solution miracle au déficit énergétique de la Tunisie, dont le taux dépasse aujourd’hui 60%, mais c’est une solution temporaire qui peut aider le pays à dépasser la crise qu’il traverse depuis deux semaines, marquée par des coupures intempestives d’électricité dues à la forte hausse de la demande dans un contexte de canicule estivale. Solutions temporaires en attendant l’entrée en production des nombreuses centrales solaires photovoltaïques en cours de construction.     

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) vient d’annoncer la mise en service d’un transformateur de 360 ​​mégavolt-ampères (MVA) au poste à haute tension de Mornaguia, un nœud majeur du réseau alimentant l’agglomération de Tunis, ainsi que l’arrivée imminente d’une seconde unité de 400 MVA. Ces deux équipements fabriqués en Chine permettront d’accroître la capacité du réseau national de transport. Et d’améliorer la stabilité de l’approvisionnement en électricité.

Bien que la mise en service du premier transformateur constitue une avancée, les experts estiment que cette infrastructure aurait dû être achevée dès 2020. Ce retard de plusieurs années illustre les difficultés rencontrées pour investir dans la modernisation du réseau national.

Renforcer la résilience du réseau de la Steg durant les mois d’été

Ce projet est désormais complété par un second transformateur de 400 MVA, qui accroîtra encore la capacité de transport d’électricité et réduira les risques de congestion lors des pics de demande. L’objectif de la Steg est de renforcer la résilience du réseau, en particulier durant les mois d’été, période où l’utilisation généralisée de la climatisation porte la consommation d’électricité à ses niveaux les plus élevés de l’année.

Sur le plan technique, un transformateur de ce type ne produit pas d’énergie, mais il joue un rôle essentiel dans le réseau de transport : il transforme les niveaux de tension entre les différentes sections du réseau électrique, augmentant ainsi la capacité de transport d’énergie et réduisant les pertes.

Une disponibilité accrue de puissance aux nœuds stratégiques permet également le raccordement de nouvelles centrales de production et une distribution plus efficace de l’électricité vers les centres de consommation.

Toutefois, les récentes coupures d’électricité enregistrées dans plusieurs régions du pays ne sont pas uniquement dues à des défaillances techniques ; elles reflètent une gestion planifiée du réseau visant à éviter un effondrement lors des pics de consommation. Ces dernières semaines, la Steg a procédé à des coupures temporaires d’électricité dans de nombreuses zones du Grand Tunis et dans d’autres gouvernorats, alors que les températures atteignaient 50 degrés Celsius, alimentant ainsi la controverse sur la capacité du système à répondre à une demande croissante.

La modernisation du réseau revêt également une importance stratégique dans le contexte de la transition énergétique de la Tunisie. Le pays accélère le développement de nouveaux parcs photovoltaïques et éoliens et vise à accroître considérablement la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique. L’augmentation de la production issue de sources intermittentes nécessite un réseau de transport plus robuste et plus flexible, capable d’absorber et de distribuer des volumes d’électricité plus importants.

Le renforcement des infrastructures électriques est également étroitement lié aux grands projets d’interconnexion internationale, notamment le câble sous-marin Elmed, qui reliera la Tunisie à l’Italie via la Sicile. L’augmentation de la capacité du réseau national est une condition nécessaire pour que le pays puisse tirer parti des futures exportations d’énergie et s’intégrer progressivement au marché de l’électricité euro-méditerranéen.

Toutefois, la question des investissements requis pour rattraper des années de retard dans la maintenance et la modernisation des infrastructures reste en suspens. L’arrivée des deux transformateurs constitue un signe concret de renforcement du réseau, mais les experts s’accordent à dire qu’un programme plus vaste d’interventions sur les lignes à haute tension, les postes électriques et les capacités de production sera nécessaire pour garantir la sécurité énergétique de la Tunisie dans les années à venir.

Améliorer la performance et la gouvernance de la Steg

Le 14 juillet, le Parlement a approuvé deux projets de loi autorisant des accords de garantie de l’État pour des prêts accordés par la Banque mondiale à la Steg, destinés à financer le programme d’amélioration de l’efficacité et de la gouvernance du secteur énergétique.

Les deux accords ont été signés le 3 novembre 2025, et l’examen parlementaire a débuté le 10 juillet.

Le premier concerne un prêt de 384,8 millions d’euros (environ 1,3 milliard de dinars tunisiens) accordé à la Steg pour soutenir le programme de réforme du secteur de l’énergie. Le projet de loi a été adopté par 72 voix pour, 6 abstentions et 19 voix contre. Ce prêt, d’une durée de 43 ans incluant une période de grâce de sept ans, prévoit, outre les investissements, une série de réformes structurelles, telles que la création d’une autorité de régulation du secteur de l’énergie, l’adoption des normes internationales d’information financière (IFRS) par la Steg et le renforcement du recouvrement des créances.

Le second projet de loi autorise une garantie de l’État pour un prêt de 30 millions de dollars (environ 25,7 millions d’euros) accordé par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (Bird), agissant en tant qu’organisme d’exécution du Fonds pour les technologies propres ; ce prêt vise également à financer le programme d’amélioration de la performance et de la gouvernance de la Steg.

Lors d’une récente réunion au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie à Tunis avec des représentants du secteur, plusieurs propositions ont été présentées, notamment l’intégration de transformateurs hybrides et de systèmes de stockage par batterie, le déploiement de compteurs intelligents, la simplification des procédures administratives, l’introduction de nouvelles mesures incitatives et d’allégements fiscaux, ainsi que la mise à jour du cadre réglementaire pour encourager les investissements dans la production d’électricité à partir de sources renouvelables.

Le ministre Salah Zouari a rappelé que «la STEG a récemment publié un document technique réglementant l’installation, par les clients résidentiels, de batteries associées à des transformateurs hybrides pour les systèmes photovoltaïques, une initiative préparée ces derniers mois pour encourager le développement de l’autoconsommation énergétique».

La Tunisie vise à porter la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à 35 % d’ici 2030 et à 50 % d’ici 2035 — contre 9 % actuellement — grâce à l’installation d’une capacité éolienne et solaire de 5 000 mégawatts.

Selon des données récemment publiées par le ministère, l’État consacre chaque année plus de trois milliards de dinars (environ 900 millions d’euros) en subventions pour couvrir une partie des coûts de production d’électricité, alors que le pays continue d’importer environ 80 % de ses besoins en gaz naturel et 10 % de sa consommation d’électricité, malgré un taux d’électrification atteignant 99 % de la population.

Le programme de réforme de la Steg, prévu jusqu’en 2028, comprend le rééquilibrage financier de l’entreprise, l’amélioration de l’efficacité commerciale et technique, le recouvrement des créances et le renforcement de la gouvernance.

Parmi les projets majeurs figurent la construction d’un corridor électrique entre le nord et le sud de la Tunisie pour favoriser l’intégration des énergies renouvelables au réseau national, la modernisation des infrastructures de distribution, l’installation de 150 000 compteurs intelligents lors de la phase initiale et l’amélioration de la qualité du service.

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Tunisie-Algérie | Les graines de la discorde

La Tunisie et l’Algérie ont plus à gagner en consolidant leur coopération qu’en laissant prospérer des querelles artificielles. Les défis auxquels elles sont confrontées exigent davantage de coopération que de suspicion.

Khémaïs Gharbi *

Les nations ne sont pas seulement menacées par les armes. Elles le sont tout autant par les mots, les rumeurs, les manipulations et les divisions savamment entretenues. Depuis toujours, les puissances qui convoitent un pays savent qu’il est souvent plus efficace de dresser un peuple contre lui-même ou contre ses voisins que de l’affronter directement.

La Tunisie n’échappe pas à cette réalité. Située au cœur de la Méditerranée, ouverte sur l’Europe, appartenant au Maghreb et au monde arabe, elle occupe une position géostratégique qui suscite naturellement l’intérêt de nombreux acteurs internationaux. Chacun défend ses intérêts, parfois de manière légitime, parfois en cherchant à influencer les équilibres régionaux.

Lorsque les difficultés économiques, les tensions sociales et les incertitudes politiques fragilisent un pays, celui-ci devient plus vulnérable aux campagnes d’influence. Les frustrations populaires peuvent alors être orientées vers des adversaires désignés, parfois sans rapport avec les véritables causes des problèmes. Il devient alors facile de semer les graines de la discorde.

L’une des méthodes les plus efficaces consiste à détériorer les relations entre deux peuples qui ont pourtant bâti, au fil des siècles, une histoire commune faite de solidarité, de respect et de bon voisinage. Les liens entre la Tunisie et l’Algérie ne sont pas le fruit du hasard. Ils se sont forgés dans la géographie, dans l’histoire, dans les échanges humains, économiques et culturels, mais aussi dans les épreuves traversées ensemble.

Une histoire de solidarité, de respect et de bon voisinage

Ces deux peuples n’ont jamais construit leur relation sur la confrontation. Au contraire, ils ont appris à vivre côte à côte, à s’entraider lorsque les circonstances l’exigeaient et à préserver une frontière parmi les plus paisibles de la région. Cette réalité historique mérite d’être protégée.

C’est précisément parce que cette relation est solide qu’elle peut devenir la cible de ceux qui auraient intérêt à la fragiliser. Il suffit parfois d’une déclaration sortie de son contexte, d’une phrase interprétée de manière malveillante, d’une polémique amplifiée sur les réseaux sociaux ou d’une campagne de désinformation pour tenter de transformer un geste de solidarité en sujet de discorde.

Récemment encore, une déclaration du président algérien Abdelmadjid Tebboune **, exprimée dans un esprit de soutien à la Tunisie, a été exploitée par certains pour tenter d’y voir une ingérence ou un motif de polémique. Les réseaux sociaux se sont rapidement transformés en caisse de résonance où les interprétations les plus excessives ont parfois pris le pas sur la raison.

L’histoire de notre région offre pourtant une leçon qu’il serait dangereux d’oublier. Les divergences politiques, même profondes, ne doivent jamais faire oublier l’essentiel lorsque les intérêts supérieurs d’un peuple sont en jeu.

La crise de Bizerte en 1961 en est l’une des plus belles illustrations. À cette époque, les relations entre le président Habib Bourguiba et le président Gamal Abdel Nasser étaient particulièrement tendues. Les désaccords étaient publics, parfois virulents, et semblaient difficilement conciliables.

Mais lorsque la Tunisie affronta la France lors de la bataille de Bizerte, les querelles s’effacèrent devant l’intérêt supérieur de la nation tunisienne. L’Égypte apporta immédiatement son soutien politique, militaire et diplomatique à la Tunisie. Bourguiba, le gouvernement tunisien et le peuple accueillirent avec émotion cette solidarité venue d’un pays frère. Ce geste démontrait qu’au-delà des divergences, il existait une conscience commune face à une menace extérieure.

Nasser avait cité à cette occasion un proverbe qui illustrait la vieille sagesse du monde arabe : «Moi et mon frère contre notre cousin ; moi, mon frère et notre cousin contre l’étranger.» 

Derrière cette formule se cache une vérité politique intemporelle : les différends entre frères ne doivent jamais devenir une arme entre les mains de ceux qui cherchent à les diviser.

Faire face avec discernement aux tentatives de manipulations

C’est précisément cette sagesse que nous gagnerions à retrouver aujourd’hui. Les désaccords peuvent exister entre gouvernements, les opinions peuvent diverger, mais ils ne devraient jamais conduire les peuples à oublier tout ce que l’histoire, la géographie et les sacrifices communs ont construit entre eux.

Les véritables amis d’un peuple ne cherchent pas à l’isoler de ses voisins ; ils cherchent au contraire à renforcer les liens qui contribuent à sa stabilité. La Tunisie et l’Algérie ont plus à gagner en consolidant leur coopération qu’en laissant prospérer des querelles artificielles. Les défis auxquels elles sont confrontées exigent davantage de coopération que de suspicion.

L’histoire enseigne une leçon simple : les peuples qui se laissent diviser servent souvent les intérêts d’autres qu’eux-mêmes. À l’inverse, ceux qui savent préserver leurs relations de confiance renforcent leur souveraineté et leur capacité à faire face aux défis.

Les Tunisiens ont toujours fait preuve de discernement face aux tentatives de manipulation. Il faut espérer qu’ils continueront à exercer cet esprit critique, en refusant les discours qui cherchent à fabriquer des ennemis là où l’histoire a construit des frères.

Les graines de la discorde ne germent que lorsqu’on les arrose. À chacun de veiller à ce que la sagesse, la mémoire et le respect mutuel soient plus forts que les semeurs de division.

* Ecrivain et traducteur.

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Top casinos accessibles depuis la Tunisie [FR Casino]

Les joueurs en Tunisie aujourd’hui ont la possibilité de jouer à leurs jeux préférés sans quitter leur domicile. Les plateformes en ligne proposent souvent un large choix de jeux, des bonus attractifs et des paiements rapides.

Cependant, il existe aussi un inconvénient : les règles concernant le casino Tunisie sont limitées. Y compris à cause des motifs et des facteurs culturels et religieux.

Artem Lukashov, expert chez Tribuna.com, a souligné dans ses articles que, face à l’absence de régulation locale en Tunisie, les joueurs doivent privilégier des organismes internationaux certifiés par des licences reconnues (MGA, Curaçao).

Il met également en avant l’importance de choisir des plateformes proposant des méthodes de paiement flexibles, comme les cryptomonnaies. Il est beaucoup plus probable, de cette manière, d’assurer des transactions vraiment fluides. De plus, on pourrait contourner les restrictions bancaires locales.

Malgré cela, les plateformes en ligne restent une option pratique, moderne et très appréciée par de nombreux joueurs en Tunisie.

Casino en ligne Tunisie : accessibilité et fonctionnement

Les casinos en ligne accessibles depuis la Tunisie fonctionnent de manière simple et intuitive. Ils sont conçus pour permettre une inscription rapide et un accès immédiat aux jeux.

Fonctionnement général :

  1. Création d’un compte en quelques minutes
  2. Vérification d’identité (procédure KYC)
  3. Dépôt via plusieurs méthodes de paiement
  4. Accès aux jeux instantané
  5. Retrait des gains selon les conditions

Les plateformes modernes sont compatibles avec tous les appareils, ce qui rend l’expérience fluide et accessible. Cette facilité d’utilisation est un point fort majeur.

Types de jeux disponibles dans un casino Tunisie en ligne

Les plateformes online proposent une grande diversité de jeux pour répondre aux attentes de tous les joueurs, du débutant au plus expérimenté.

Catégories principales :

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Les fournisseurs comme NetEnt ou Microgaming garantissent des jeux de qualité et équitables.

Avantages et inconvénients :

Le succès d’une plateforme repose sur plusieurs avantages qui attirent un large public.

Ces éléments doivent être pris en compte avant de choisir un casino Tunisie en ligne.

Tableau comparatif des caractéristiques clés :

Ce tableau montre que les casinos en ligne offrent plus de flexibilité et de choix.

Moyens de paiement dans un casino en ligne Tunisie

Les méthodes de paiement jouent un rôle essentiel dans l’expérience utilisateur. Les plateformes proposent plusieurs solutions adaptées aux joueurs tunisiens.

Options disponibles :

  • Cartes bancaires (Visa, Mastercard)
  • Portefeuilles électroniques (Skrill, Neteller)
  • Cryptomonnaies (Bitcoin, Ethereum)
  • Cartes prépayées

Critères de choix :

  • Rapidité des transactions
  • Frais éventuels
  • Sécurité des paiements
  • Disponibilité dans votre pays

Les paiements électroniques sont souvent privilégiés pour leur rapidité.

Sécurité et licences: réglementation des jeux d’argent en Tunisie

La Tunisie ne dispose pas d’un cadre légal complet pour les casinos en ligne. Les joueurs accèdent donc principalement à des plateformes étrangères. Les sites fiables possèdent des licences reconnues et utilisent des technologies de protection avancées (par exemple,  des systèmes de cryptage SSL).

Licences les plus fiables:

Il est important de rester prudent et de privilégier les sites réglementés.

Comment choisir le meilleur casino en ligne Tunisie

Le choix d’une plateforme doit être basé sur des critères objectifs afin d’éviter les mauvaises surprises.

Critères essentiels :

  • Licence officielle valide
  • Avis positifs des utilisateurs
  • Variété des jeux proposés
  • Bonus avec conditions claires
  • Méthodes de paiement fiables
  • Service client réactif

Un bon casino en ligne Tunisie garantit une expérience transparente et sécurisée.

Bonus et promotions :

Les bonus sont un élément clé pour attirer les joueurs. Ils permettent d’augmenter le budget de jeu.

Types de bonus:

  • Bonus de bienvenue
  • Tours gratuits (free spins)
  • Bonus de dépôt
  • Programmes de fidélité
  • Cashback

Il est important de lire les conditions de mise avant d’utiliser un bonus afin d’éviter les mauvaises surprises.

Conseils pour jouer en toute sécurité

Pour profiter pleinement du jeu, il est essentiel d’adopter de bonnes pratiques:

  • Vérifier la licence du site
  • Lire les conditions générales
  • Éviter les plateformes inconnues
  • Protéger ses données personnelles
  • Fixer des limites de jeu

Ces conseils permettent de réduire les risques et de jouer de manière responsable.

Expérience mobile des casinos en ligne Tunisie

Les plateformes sont désormais optimisées pour mobile, ce qui permet aux joueurs de jouer à tout moment.

Les versions pour mobile ont une interface intuitive, donnent un accès rapide aux jeux, sont compatibles avec Android et iOS. Un des points essentiels est également la simplicité des paiements.

Cette évolution rend le casino en Tunisie en ligne encore plus accessible.

Depuis la Tunisie, on peut facilement accéder à des casinos en ligne qui offrent de nombreux avantages. On y trouve divers jeux et des promotions intéressantes. Les sites actuels proposent aussi plusieurs solutions de paiement. Attention toutefois : la réglementation locale peut être floue, donc il faut rester prudent. Mieux vaut privilégier des plateformes sérieuses et agréées pour jouer en toute sécurité.

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Les menaces réelles à la stabilité tunisienne  

La dernière sortie du président algérien Abdelmadjid Tebboune sur la Tunisie **, que de nombreux Tunisiens trouvent déplacée voire insultante, repose la question des accords sécuritaires et de défense conclus le 7 octobre 2025 entre Tunis et Alger et surtout leur définition de la menace terroriste et leurs modalités opératoires, dont on sait très peu de choses. (Photo :

Elyes Kasri *

L’absence de communication à ce sujet de la part des autorités tunisiennes suscite de sérieuses appréhensions surtout au vu des nombreuses suspicions et même des confidences attribuées à d’anciens responsables sécuritaires algériens sur des liens troubles entre les services spéciaux du pays voisin et certains groupes terroristes et même, semble-t-il, certaines actions terroristes commises en Tunisie notamment au cours des années 2012-2013.

La relation trouble du régime algérien avec le terrorisme et la quête démocratique nécessite une clarification des accords et des engagements sécuritaires et de défense bilatéraux afin d’éviter que la crainte de l’inconnu et des précédents attribués au régime algérien ne fassent passer la crise de confiance entre les deux peuples à un sentiment plus profond et plus durable de nature à creuser un fossé entre les deux voisins condamnés par l’histoire et la géographie à coexister pacifiquement et en bonne entente.

Les Tunisiens qui brandissent l’épouvantail d’Israël et du sionisme international et ne prêtent pas attention à ceux qui vouent une haine tenace à la Tunisie et nourrissent des desseins maléfiques à son égard, gagneraient à regarder de plus près la véritable et actuelle menace à leur pays en se posant de simples questions :

– qui occupe des territoires tunisiens riches en hydrocarbures et en ressources hydrauliques ?

– qui assèche les cours d’eau qui ont depuis l’aube des temps irrigué la Tunisie ?

– qui a enraciné la contrebande en Tunisie ?

– qui a organisé des attaques et des actions terroristes contre la Tunisie comme à Gafsa en 1980 ?

– quelles sont la nationalité et l’origine des dirigeants les plus sanguinaires des groupements islamistes qui ont sévi en Tunisie ?

– qui inonde la Tunisie avec des migrants illégaux subsahariens qui la mettent dans une situation inextricable d’être considérée comme une menace à la citadelle Europe, pourtant notre principal partenaire économique, ou envisager un rapatriement dépassant les moyens logistiques disponibles ou contribuer au dessein déstabilisateur d’une guerre civile au risque d’un remplacement démographique ?

– qui cherche à isoler la Tunisie sur la scène internationale en utilisant le chantage énergétique et terroriste ?

– qui exprime par ses actions et ses propos le plus de mépris pour la Tunisie ?

– qui cherche à gommer l’indépendance et la souveraineté de la Tunisie en la traitant ou même en la décrivant comme une province ?

Un pays qui n’arrive pas à définir la menace réelle à sa stabilité et à sa souveraineté est une proie facile et à moitié conquise.

* Ancien ambassadeur.

** S’exprimant devant la presse, le 27 juillet 2026, le président algérien a menacé, sans les nommer, ceux qui veulent «déstabiliser» la Tunisie. Il a employé une expression populaire algérienne virulente («nous détruirons la tente de ses parents») par allusion aux entités qui chercheraient à déstabiliser la Tunisie. Selon lui, la Tunisie est visée uniquement en raison de sa proximité avec l’Algérie. Traduire : certains acteurs chercheraient à fragiliser le voisin tunisien pour mieux isoler et affaiblir l’Algérie.

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À l’approche des élections, Trump ravive la peur rouge !

Alors que les élections de mi-mandat approchent aux États-Unis, le président Donald Trump fait feu de tout bois pour ne pas les perdre afin de conserver la majorité au Congrès. Trump ne cesse ces derniers temps de raviver la fameuse peur rouge* (Red Scare) qui a jadis hanté l’Amérique à l’époque de l’URSS. Aujourd’hui, il n’y a plus d’URSS mais il ne cesse de vouloir faire peur à l’électorat américain avec la montée en puissance de l’aile gauche socialiste du Parti démocrate. 

Imed Bahri

Donald Trump est sans doute et avant tout un enfant de la guerre froide. Trois mois avant la naissance du président américain, Winston Churchill prononçait un discours historique à Fulton, dans le Missouri, qui marquait le début d’une lutte existentielle qui allait durer des générations entre le capitalisme occidental et le communisme soviétique, rappelait le correspondant du Guardian à Washington Robert Tait. Déplorant la propagation du communisme soviétique en Europe de l’Est après la victoire des Alliés lors de la Seconde Guerre mondiale, Churchill –qui n’était alors plus Premier ministre britannique– avertissait son auditoire, le 5 mars 1946, «qu’un rideau de fer s’est abattu sur le continent».

Ce fut le prélude à une menace de confrontation nucléaire entre Washington et Moscou, qui déclencha une véritable «peur rouge» (Red Scare) aux États-Unis, alimentée par l’hystérie. Cette peur menaça l’exécution d’espions condamnés et fut illustrée par la chasse aux sorcières orchestrée par le sénateur républicain Joe McCarthy qui prétendait avoir obtenu des listes d’agents communistes travaillant au sein du département d’État et dans d’autres secteurs clés de la vie américaine.

Trump ravive la menace communiste et l’agite à nouveau

La traque des communistes a certainement été un thème omniprésent dans la petite enfance de Trump. Étonnamment, Roy Cohn, principal conseiller de McCarthy et artisan des poursuites fédérales contre les espions soviétiques Julius et Ethel Rosenberg, exécutés pour trahison, le mentor et l’avocat de Donald Trump quelques décennies plus tard, alors que ce dernier gravissait les échelons du secteur immobilier new-yorkais. Roy Cohn était aussi l’avocat de la pègre et surtout du mafieux Anthony Salerno alias Fat Tony.

«Pendant de nombreuses années, le communisme et les communistes ont été le principal ennemi des États-Unis», a déclaré Harvey Klehr, professeur émérite à l’université Emory et spécialiste de l’histoire des relations entre les États-Unis et le communisme. Il poursuit : «Il y a évidemment eu des moments où la situation a pu être exagérée, voire dégénérer, mais il y avait d’excellentes raisons de s’en inquiéter».

La paranoïa a diminué relativement après la censure de McCarthy par le Sénat en 1954 mais ne s’est apaisée qu’après l’effondrement des régimes communistes d’Europe de l’Est en 1989 et la dissolution de l’Union soviétique deux ans plus tard.

Aujourd’hui, 37 ans après la chute du mur de Berlin et la fin de la guerre froide, Trump la ravive. Dans une série de discours très médiatisés, il a désigné une idéologie que des millions d’Américains sont trop jeunes pour connaître comme la plus grande menace pour les États-Unis.

«Une génération après avoir combattu et gagné la guerre froide contre la menace communiste, nous assistons aujourd’hui à une résurgence de cette menace sur notre sol, notamment de la part de nouveaux arrivants qui adhèrent à des idées totalement opposées à notre mode de vie et à notre réussite», a-t-il déclaré lors d’un discours prononcé au Mont Rushmore le 3 juillet, à la veille du 250e anniversaire des États-Unis. Et il a promis de «vaincre rapidement les communistes» et de «les exiler».

Haro sur le maire de New York Zohran Mamdani !

Que ce sujet ne soit pas un cas isolé a été confirmé par un nouveau rapport de 100 pages du département d’État, publié cette semaine et intitulé «Cuba: capitale du communisme du XXIe siècle». «Depuis près de sept décennies, le régime cubain mène une campagne de subversion soutenue contre les États-Unis», indique le rapport, affirmant que les plus hautes sphères du gouvernement américain ont été infiltrées. «Aujourd’hui, ce réseau entretient toujours des liens avec de puissantes organisations à but non lucratif de gauche, des collectifs anti-ICE, des groupes socialistes et des organisations militantes marxistes à travers les États-Unis», poursuit le rapport.

La résurgence de l’animosité anticommuniste a été alimentée par le récent succès de candidats démocrates se revendiquant «socialistes démocrates», notamment le maire de New York Zohran Mamdani.

Une série de candidats de gauche, soutenus par les Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), ont remporté les primaires démocrates après le triomphe de Mamdani, dont Darializa Avila Chevalier, qui a détrôné le représentant sortant de New York, Adriano Espaillat, en juin. Chevalier a fait l’objet d’un examen minutieux en raison d’un compte Twitter, désormais supprimé, qui faisait l’éloge de l’idéologie marxiste et de figures historiques du communisme comme Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine.

Amalgame délibéré entre socialistes démocrates et communistes à la soviétique

Plusieurs personnalités démocrates et progressistes ont ridiculisé les attaques de Trump, qui amalgame à tort le socialisme –un terme pouvant désigner des gouvernements démocratiques dans plusieurs pays européens– avec le communisme de type soviétique.

«C’est clair ! La nouvelle ligne du parti consiste à associer les communistes à tous les crimes et à tous les délits», a écrit Ruth Ben-Ghiat, historienne du fascisme, sur X. Elle ajoute: «Créer un sentiment de menace communiste pour justifier une répression de la droite. Une vieille tactique utilisée lors des coups d’État et des prises de pouvoir fascistes».

Alexandria Ocasio-Cortez, représentante démocrate de New York et membre des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), a qualifié l’étiquette de communiste de «ridicule». «Ils veulent nous traiter de communistes parce qu’ils ne veulent pas que vous sachiez que l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, le Canada sont mieux lotis que nous, et que nous dépensons le plus d’argent pour les pires soins de santé du monde développé», a-t-elle déclaré aux journalistes.

Cara Tobe, porte-parole des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA), interrogée sur la présence de communistes parmi les membres de l’association, a déclaré: «Les membres cotisants de notre organisation ont des opinions politiques diverses, mais nous sommes tous unis sous la bannière du socialisme démocratique. Il est inquiétant, mais pas surprenant, que Donald Trump souhaite exiler ses opposants car il est de plus en plus évident que nos idées convainquent les Américains. Le socialisme l’emporte sur le fascisme!».

Pourtant, certains commentateurs affirment que l’accusation de Trump n’est pas sans fondement. «La question communiste n’est pas un épouvantail», a déclaré Klehr, qui a précisé que la DSA comptait une «composante communiste très importante».

Fondée en 1982 par Michael Harrington, militant et écrivain de gauche, la DSA a été créée selon une constitution excluant les membres des organisations de tendance léniniste. Klehr a indiqué que cette disposition avait été abrogée, ce qui a entraîné un afflux de nouveaux membres radicaux. Il a comparé cette infiltration au sein du Parti travailliste britannique par la tendance trotskiste au début des années 1980, infiltration qui a conduit à l’adoption de politiques de gauche et à une défaite électorale cuisante face aux conservateurs de Margaret Thatcher. Cette faction a été exclue en 1985 par le chef du Parti travailliste de l’époque Neil Kinnock. «La DSA a évolué et un nombre important de personnes se réclamant du marxisme-léninisme ou du communisme ont rejoint les Socialistes démocrates d’Amérique (DSA) et y ont accédé à des postes importants», a déclaré Klehr.

33% des Américains ne considèrent pas le communisme comme une menace

Bill Galston, chercheur à la Brookings Institution et ancien conseiller en politique intérieure à la Maison-Blanche sous Bill Clinton, a affirmé : «Certains membres des DSA sont présents depuis des décennies et se souviennent de la lutte entre la gauche démocratique et la gauche antidémocratique, et en particulier entre communistes et socialistes. Leur position est donc très tranchée».

Deux articles récents du magazine The Atlantic ont mis en lumière le vif débat concernant les qualifications des candidats des DSA et leur potentiel à catalyser un changement idéologique au sein du Parti démocrate.Cependant, Galston qui est un «enfant de la gauche» autoproclamé et dont le grand-père s’est présenté à plusieurs reprises comme candidat communiste à New York s’est interrogé sur la capacité de l’étiquette «communiste» collée par Trump à trouver un écho au-delà de sa base Maga. Il a cité un récent sondage Economist/YouGov demandant aux électeurs dans quelle mesure le communisme représentait une menace pour les États-Unis. Environ 18% l’ont qualifié de «menace majeure», 25% de «menace mineure» et 33% ont déclaré qu’il ne s’agissait «pas d’une menace».

«Trump a 80 ans, et pour lui, l’étiquette ‘‘communiste’’ lui vient tout naturellement car elle faisait partie intégrante de la lutte contre le communisme interne et contre l’Union soviétique, ennemi communiste externe, qui a contribué à forger sa personnalité», a déclaré Galston. Il ajoute: «Les Américains plus âgés, ceux qui se souviennent de la guerre froide, sont plus sensibles à cette prétendue menace que les jeunes Américains. Il s’adresse à un parti politique dont le soutien est majoritairement composé d’Américains âgés. On peut donc considérer cela comme faisant partie de la stratégie globale de mobilisation de la base électorale de Trump. Il prêche des convaincus et il sait intuitivement qui compose ce public».

Inquiétudes quant à la santé de la démocratie américaine

Galston a également attribué la résurgence des craintes anticommunistes à une vieille incapacité, répandue chez les Américains, à saisir les subtilités de la terminologie politique, une confusion dont les détracteurs de Trump affirment qu’elle le concerne également.

Cependant, Klehr a soutenu que cette tendance annonçait une menace plus large pour la démocratie et les valeurs libérales, une menace qui, selon lui, émanait de l’extrême gauche et de l’extrême droite.

«Donald Trump serait incapable de distinguer un communiste d’un socialiste démocrate ou même d’un martien mais d’autres personnes très intelligentes comprennent parfaitement la différence et son importance», a-t-il déclaré. Il ajoute : «C’est le même genre de chose qui s’est produit à droite il y a quelques années, lorsque divers extrémistes de droite, néonazis et racistes ont commencé à infiltrer le Parti républicain, ont remporté des primaires, se sont implantés et y sont toujours. Je pense que certains de ces phénomènes se produisent au sein même du Parti démocrate et c’est dangereux à double titre. Cela soulève de sérieuses inquiétudes quant à la santé de notre société démocratique. Le souvenir du communisme s’estompe et pourtant… certaines de leurs revendications sont là».

* La «peur rouge» (Red Scare) désigne deux périodes de fort développement de l’anticommunisme aux États-Unis. La première débute avec la révolution d’Octobre de 1917 et se termine en 1920. La seconde, avec le maccarthysme qui se déroule dans les années 1950 dans le contexte de la guerre froide.

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Majnun Layla

L’auteur, économiste, évoque avec nostalgie un certain nombre de lectures et de poèmes qui ont marqué son adolescence et sa jeunesse ainsi que celles de toute sa génération. Un article léger pour l’été à lire au bord de la mer sous un parasol et qui rajeunira ses co-générationnaires de quelques dizaines d’années !

Sadok Zerelli   

Il s’agit de l’émouvante histoire d’amour qu’ont vécu au VIIe siècle Qays Ibn Al Mulawwah (son prénom s’écrit aussi parfois Kaïs), connu sous le nom de «Majnun Layla» ou «Fou de Leyla», et cette dernière, qui a donné lieu à des poèmes d’une rare beauté et intensité dramatique ayant ému parfois jusqu’aux larmes les adolescents que nous étions.

En effet, comme beaucoup de personnes âgées, j’ai la nostalgie au soir de ma vie de beaucoup de choses (voir mon poème ‘Nostalgies’’) entre autres de certains auteurs et poètes de la littérature arabe qui ont nourri mon âme d’enfant et d’adolescent, comme celle de toute ma génération, et qui ont façonné la personnalité des adultes que nous sommes devenus : Al-Moutanabi, Taha Hussein, Naguib Mahfouz, Michaël Nouaëma, Gibran Khalil Gibran, Nizar Kabbani, etc., pour ne citer que quelques-uns.

Parmi les poètes, les poèmes d’amour écrits par Qais ibn al-Mulawwah à sa belle Layla al-Amiriyya ont marqué nos esprits et nous ont ému parfois jusqu’aux larmes, adolescents que nous étions, par leur intensité émotionnelle et leur côté dramatique. 

L’amour absolu et impossible

Pour rappeler leur histoire, Qais et Layla auraient vécu au VIIᵉ siècle dans la péninsule Arabique. Enfants, ils gardaient les troupeaux de leurs tribus respectives et tombèrent profondément amoureux l’un de l’autre.

Dans la société tribale de l’époque, afficher publiquement son amour était mal vu. La famille de Layla refusa alors de la marier à Qais. Désespéré, il sombra dans une passion obsessionnelle. Son comportement devint si étrange que les gens l’ont surnommé «Majnoun Layla», c’est-à-dire «le fou de Layla». Son histoire a inspiré le titre du célèbre recueil de poèmes où le Français Louis Aragon crie son amour pour sa campagne russe Elsa Triolet ‘‘Le fou d’Elsa’’.

Layla a été finalement mariée à un autre homme. Qais quitta la société et erra dans le désert, vivant parmi les animaux, récitant des poèmes d’amour et de souffrance. Malgré leur séparation, les deux amants restèrent fidèles à leurs sentiments jusqu’à la fin de leurs vies

Selon les versions les plus répandues de la légende, Layla mourut avant que les amants puissent être réunis. Qais mourut peu après, consumé par son amour et son chagrin. Ils ne se retrouvent donc jamais dans ce monde, ce qui fait de leur histoire un symbole de l’amour absolu et impossible.

Depuis, leur histoire est devenue l’équivalent oriental de l’histoire de ‘‘Roméo et Juliette’’, la célèbre tragédie de William Skakespeare, publiée à la fin du 16e siècle.

Des poèmes émouvants de simplicité

Je reproduis ci-dessous quelques vers probablement les plus connus que j’ai retrouvés en consultant mes vieux livres de lycéen pour me rafraichir la mémoire :

أَمُرُّ عَلَى الدِّيَارِ دِيَارِ لَيْلَى

أُقَبِّلُ ذَا الجِدَارَ وَذَا الجِدَارَا

وَمَا حُبُّ الدِّيَارِ شَغَفْنَ قَلْبِي

وَلَكِنْ حُبُّ مَنْ سَكَنَ الدِّيَارَا

Ces vers sont devenus un symbole de l’amour absolu : même les murs d’une maison deviennent précieux lorsqu’ils rappellent l’être aimé.  

ذَكَرْتُكِ وَالنُّجُومُ طَوَالِعٌ

وَقَدْ نَامَتْ عُيُونُ النَّاسِ طُرًّا

Dans la poésie arabe classique, la nuit est souvent le moment où la séparation devient la plus douloureuse.

تَعَلَّقَ رُوحِي رُوحَهَا قَبْلَ خَلْقِنَا

وَمِنْ بَعْدِ مَا كُنَّا نُطَافًا وَفِي الْمَهْ

Ce vers exprime l’idée que leur amour était écrit avant leur naissance, une notion qui a inspiré de nombreux poètes mystiques.

يَقُولُونَ لَيْلَى فِي الْعِرَاقِ مَرِيضَةٌ

فَيَا لَيْتَنِي كُنْتُ الطَّبِيبَ الْمُدَاوِيَا

Toute la souffrance de Majnoun est résumée ici : il ne peut même pas être présent pour soulager la maladie de celle qu’il aime.

أُحِبُّ مِنَ الأَسْمَاءِ مَا وَافَقَ اسْمَهَا

أَوِ اشْتَبَهَتْ أَسْمَاؤُهُ بِاسْمِهَا

Pour Majnoun, le nom de Layla est devenu une présence permanente. Même les mots qui lui ressemblent lui sont chers.

Ce qui rend ces poèmes si émouvants, c’est leur simplicité. Contrairement à beaucoup de poètes de cour de son époque, Majnoun ne cherche pas à impressionner par l’érudition ; il parle avec la voix d’un homme entièrement consumé par l’amour. C’est pour cette raison que, plus de mille ans plus tard, ses vers continuent d’être récités dans tout le monde arabe et dans la mémoire de toutes les générations y compris la mienne 

La conclusion que je tire personnellement de cette évocation, qui peut paraître légère pour certains lecteurs, est sérieuse et même grave. Elle porte sur le décalage et le fossé spirituel qui nous séparent de nos propres enfants même quand ils habitent encore sous notre toit.

En effet, entre lire à l’adolescence de tels poèmes d’une telle intensité dramatique ou ‘‘Le livre des jours’’ (El Ayyem) de Taha Hussein, et être scotché à son smartphone et passer plusieurs heures par jour à surfer sur Internet comme le font nos jeunes d’aujourd’hui ou lire des livres de fiction pleins de violence et de volonté de puissance tels que ‘‘Harry Potter’’ de J. K. Rowling, de telles lectures ne peuvent pas produire les mêmes hommes et femmes.

La vision de la vie, le sens qu’on lui donne, les objectifs qu’on s’y fixe, les rapports avec les autres et la notion même de l’amour changent d’une génération à une autre.

Entre notre façon de tomber amoureux à notre époque, telle que décrite admirablement par Nizar Kabbani (un regard, un sourire, une rencontre et une passion !) et les échanges par SMS ou par Messenger ou WhatsApp de photos plus ou moins retouchées par Photoshop et de phrases plus ou moins recopiées, il y a une différence comme entre ciel et terre dans la façon même d’aimer et du sens même du mot «amour»,

Mais je dois admettre que les jeunes qui me diraient: «Tu as fait ton temps, vieux» ont bien raison et je suis même le premier à le reconnaître (voir le post-scriptum adressé aux jeunes à la fin de mon article «Les frustrations silencieuses des retraités en Tunisie»).

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A qui profite la guerre contre l’Iran ?

Alors que la guerre contre l’Iran reprend de plus belle, le seul vainqueur de cette débauche de violences et de destructions semble être la Chine et ce, sans avoir levé le petit doigt ni tiré un seul coup de feu. La guerre menée par le président américain Donald Trump contre la République islamique – pour le compte d’Israël, autre bénéficiaire –, a accompli ce dont la Chine rêvait depuis longtemps : rendre les États du Golfe moins dépendants des États-Unis. L’Arabie saoudite, le Qatar et Oman, qui ont été très affectés par cette guerre dont le prétendu parapluie américain n’a pas su les en protéger, recherchent, aujourd’hui, à rééquilibrer leurs relations internationales en se tournant vers la Chine.

Habib Glenza, à Lodz.

Alors que le conflit entre Washington et Téhéran s’est enlisé et son issue est devenue imprévisible, les villes et les infrastructures de la région du Golfe en ont été des cibles collatérales. Conséquence inattendue : les États du Golfe se sont divisés en deux camps : le premier est composé des Émirats arabes unis, désireux de rester proches des États-Unis et d’Israël. Tandis que le second comprend l’Arabie saoudite, le Qatar, Oman et peut-être la Turquie et l’Irak, qui recherchent un équilibre entre le maintien de bonnes relations avec les États-Unis, l’amélioration de leurs relations avec l’Iran et un rapprochement stratégique avec la Chine, la superpuissance de demain.

L’accord nucléaire des Etats-Unis avec l’Arabie saoudite

L’accord nucléaire conclu par Donald Trump avec l’Arabie saoudite le 22 juillet 2026 est sans aucun doute motivé par la crainte que la Chine ne gagne en influence dans une région traditionnellement dominée par les États-Unis.Ce pacte indique que Washinton souhaite maintenir un statu quo, même si un tel accord va lui attirer les foudres de son principal allié au Moyen-Orient : Israël.

«Les pays du Moyen-Orient souhaitent développer leur infrastructure nucléaire et ils le feront même sans l’implication des États-Unis. Washington commence à le reconnaître», a déclaré à la BBC Yusuf Can, expert du Moyen-Orient pour le cabinet de conseil Amena Strategies. Avec cet accord nucléaire, a-t-il ajouté, «les États-Unis disent en substance : vous n’êtes pas obligés de travailler avec la Chine. Vous pouvez travailler avec nous.»

Même si l’Arabie saoudite cesse de se rapprocher de la Chine, la guerre a d’autres retombées qui ont renforcé la position de la Chine, comme le besoin urgent du monde en matière de technologies d’énergies renouvelables. L’électricité représente désormais 30 % de la consommation d’énergie en Chine, soit 40 % de plus qu’aux États-Unis et qu’en Europe.

La guerre a placé les énergies renouvelables et les véhicules électriques au sommet de l’agenda mondial, alors que les prix du pétrole s’envolent, et la Chine est le pays de référence dans ce domaine. Ce pays domine environ 91 % de la capacité mondiale de production de panneaux solaires et 89 % de la capacité de production de batteries de stockage en lithium-ion.

Les entreprises chinoises produisent également environ 70 % des technologies d’énergie propre, ce qui signifie que plus la guerre contre l’Iran s’éternise et plus le détroit d’Ormuz est pratiquement bloqué, plus des pays investiront dans ce secteur vital désormais contrôlé par la Chine.

Chute du dollar au profit des monnaies asiatiques 

La guerre a également contribué à modifier la domination du dollar dans le commerce mondial, accélérant une tendance naissante. Selon Bloomberg, l’Iran a autorisé plusieurs pétroliers à traverser le détroit d’Ormuz à condition qu’ils paient en monnaie officielle chinoise, le renminbi, ou en cryptomonnaie.

Le Wall Street Journal rapporte que la Chine encourageait déjà le commerce en renminbi pour permettre à des pays comme l’Iran et la Russie de contourner les sanctions américaines.

Enfin, la Chine s’impose comme une superpuissance capable d’exercer son influence sans conflits, tandis que l’Amérique est apparue comme une puissance adoptant une approche chaotique et agressive pour contraindre les autres nations à se plier à sa volonté.

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