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La Tunisie s’active, sous pression, à réformer son réseau électrique

Ce n’est pas la solution miracle au déficit énergétique de la Tunisie, dont le taux dépasse aujourd’hui 60%, mais c’est une solution temporaire qui peut aider le pays à dépasser la crise qu’il traverse depuis deux semaines, marquée par des coupures intempestives d’électricité dues à la forte hausse de la demande dans un contexte de canicule estivale. Solutions temporaires en attendant l’entrée en production des nombreuses centrales solaires photovoltaïques en cours de construction.     

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) vient d’annoncer la mise en service d’un transformateur de 360 ​​mégavolt-ampères (MVA) au poste à haute tension de Mornaguia, un nœud majeur du réseau alimentant l’agglomération de Tunis, ainsi que l’arrivée imminente d’une seconde unité de 400 MVA. Ces deux équipements fabriqués en Chine permettront d’accroître la capacité du réseau national de transport. Et d’améliorer la stabilité de l’approvisionnement en électricité.

Bien que la mise en service du premier transformateur constitue une avancée, les experts estiment que cette infrastructure aurait dû être achevée dès 2020. Ce retard de plusieurs années illustre les difficultés rencontrées pour investir dans la modernisation du réseau national.

Renforcer la résilience du réseau de la Steg durant les mois d’été

Ce projet est désormais complété par un second transformateur de 400 MVA, qui accroîtra encore la capacité de transport d’électricité et réduira les risques de congestion lors des pics de demande. L’objectif de la Steg est de renforcer la résilience du réseau, en particulier durant les mois d’été, période où l’utilisation généralisée de la climatisation porte la consommation d’électricité à ses niveaux les plus élevés de l’année.

Sur le plan technique, un transformateur de ce type ne produit pas d’énergie, mais il joue un rôle essentiel dans le réseau de transport : il transforme les niveaux de tension entre les différentes sections du réseau électrique, augmentant ainsi la capacité de transport d’énergie et réduisant les pertes.

Une disponibilité accrue de puissance aux nœuds stratégiques permet également le raccordement de nouvelles centrales de production et une distribution plus efficace de l’électricité vers les centres de consommation.

Toutefois, les récentes coupures d’électricité enregistrées dans plusieurs régions du pays ne sont pas uniquement dues à des défaillances techniques ; elles reflètent une gestion planifiée du réseau visant à éviter un effondrement lors des pics de consommation. Ces dernières semaines, la Steg a procédé à des coupures temporaires d’électricité dans de nombreuses zones du Grand Tunis et dans d’autres gouvernorats, alors que les températures atteignaient 50 degrés Celsius, alimentant ainsi la controverse sur la capacité du système à répondre à une demande croissante.

La modernisation du réseau revêt également une importance stratégique dans le contexte de la transition énergétique de la Tunisie. Le pays accélère le développement de nouveaux parcs photovoltaïques et éoliens et vise à accroître considérablement la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique. L’augmentation de la production issue de sources intermittentes nécessite un réseau de transport plus robuste et plus flexible, capable d’absorber et de distribuer des volumes d’électricité plus importants.

Le renforcement des infrastructures électriques est également étroitement lié aux grands projets d’interconnexion internationale, notamment le câble sous-marin Elmed, qui reliera la Tunisie à l’Italie via la Sicile. L’augmentation de la capacité du réseau national est une condition nécessaire pour que le pays puisse tirer parti des futures exportations d’énergie et s’intégrer progressivement au marché de l’électricité euro-méditerranéen.

Toutefois, la question des investissements requis pour rattraper des années de retard dans la maintenance et la modernisation des infrastructures reste en suspens. L’arrivée des deux transformateurs constitue un signe concret de renforcement du réseau, mais les experts s’accordent à dire qu’un programme plus vaste d’interventions sur les lignes à haute tension, les postes électriques et les capacités de production sera nécessaire pour garantir la sécurité énergétique de la Tunisie dans les années à venir.

Améliorer la performance et la gouvernance de la Steg

Le 14 juillet, le Parlement a approuvé deux projets de loi autorisant des accords de garantie de l’État pour des prêts accordés par la Banque mondiale à la Steg, destinés à financer le programme d’amélioration de l’efficacité et de la gouvernance du secteur énergétique.

Les deux accords ont été signés le 3 novembre 2025, et l’examen parlementaire a débuté le 10 juillet.

Le premier concerne un prêt de 384,8 millions d’euros (environ 1,3 milliard de dinars tunisiens) accordé à la Steg pour soutenir le programme de réforme du secteur de l’énergie. Le projet de loi a été adopté par 72 voix pour, 6 abstentions et 19 voix contre. Ce prêt, d’une durée de 43 ans incluant une période de grâce de sept ans, prévoit, outre les investissements, une série de réformes structurelles, telles que la création d’une autorité de régulation du secteur de l’énergie, l’adoption des normes internationales d’information financière (IFRS) par la Steg et le renforcement du recouvrement des créances.

Le second projet de loi autorise une garantie de l’État pour un prêt de 30 millions de dollars (environ 25,7 millions d’euros) accordé par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (Bird), agissant en tant qu’organisme d’exécution du Fonds pour les technologies propres ; ce prêt vise également à financer le programme d’amélioration de la performance et de la gouvernance de la Steg.

Lors d’une récente réunion au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie à Tunis avec des représentants du secteur, plusieurs propositions ont été présentées, notamment l’intégration de transformateurs hybrides et de systèmes de stockage par batterie, le déploiement de compteurs intelligents, la simplification des procédures administratives, l’introduction de nouvelles mesures incitatives et d’allégements fiscaux, ainsi que la mise à jour du cadre réglementaire pour encourager les investissements dans la production d’électricité à partir de sources renouvelables.

Le ministre Salah Zouari a rappelé que «la STEG a récemment publié un document technique réglementant l’installation, par les clients résidentiels, de batteries associées à des transformateurs hybrides pour les systèmes photovoltaïques, une initiative préparée ces derniers mois pour encourager le développement de l’autoconsommation énergétique».

La Tunisie vise à porter la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à 35 % d’ici 2030 et à 50 % d’ici 2035 — contre 9 % actuellement — grâce à l’installation d’une capacité éolienne et solaire de 5 000 mégawatts.

Selon des données récemment publiées par le ministère, l’État consacre chaque année plus de trois milliards de dinars (environ 900 millions d’euros) en subventions pour couvrir une partie des coûts de production d’électricité, alors que le pays continue d’importer environ 80 % de ses besoins en gaz naturel et 10 % de sa consommation d’électricité, malgré un taux d’électrification atteignant 99 % de la population.

Le programme de réforme de la Steg, prévu jusqu’en 2028, comprend le rééquilibrage financier de l’entreprise, l’amélioration de l’efficacité commerciale et technique, le recouvrement des créances et le renforcement de la gouvernance.

Parmi les projets majeurs figurent la construction d’un corridor électrique entre le nord et le sud de la Tunisie pour favoriser l’intégration des énergies renouvelables au réseau national, la modernisation des infrastructures de distribution, l’installation de 150 000 compteurs intelligents lors de la phase initiale et l’amélioration de la qualité du service.

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A qui profite la guerre contre l’Iran ?

Alors que la guerre contre l’Iran reprend de plus belle, le seul vainqueur de cette débauche de violences et de destructions semble être la Chine et ce, sans avoir levé le petit doigt ni tiré un seul coup de feu. La guerre menée par le président américain Donald Trump contre la République islamique – pour le compte d’Israël, autre bénéficiaire –, a accompli ce dont la Chine rêvait depuis longtemps : rendre les États du Golfe moins dépendants des États-Unis. L’Arabie saoudite, le Qatar et Oman, qui ont été très affectés par cette guerre dont le prétendu parapluie américain n’a pas su les en protéger, recherchent, aujourd’hui, à rééquilibrer leurs relations internationales en se tournant vers la Chine.

Habib Glenza, à Lodz.

Alors que le conflit entre Washington et Téhéran s’est enlisé et son issue est devenue imprévisible, les villes et les infrastructures de la région du Golfe en ont été des cibles collatérales. Conséquence inattendue : les États du Golfe se sont divisés en deux camps : le premier est composé des Émirats arabes unis, désireux de rester proches des États-Unis et d’Israël. Tandis que le second comprend l’Arabie saoudite, le Qatar, Oman et peut-être la Turquie et l’Irak, qui recherchent un équilibre entre le maintien de bonnes relations avec les États-Unis, l’amélioration de leurs relations avec l’Iran et un rapprochement stratégique avec la Chine, la superpuissance de demain.

L’accord nucléaire des Etats-Unis avec l’Arabie saoudite

L’accord nucléaire conclu par Donald Trump avec l’Arabie saoudite le 22 juillet 2026 est sans aucun doute motivé par la crainte que la Chine ne gagne en influence dans une région traditionnellement dominée par les États-Unis.Ce pacte indique que Washinton souhaite maintenir un statu quo, même si un tel accord va lui attirer les foudres de son principal allié au Moyen-Orient : Israël.

«Les pays du Moyen-Orient souhaitent développer leur infrastructure nucléaire et ils le feront même sans l’implication des États-Unis. Washington commence à le reconnaître», a déclaré à la BBC Yusuf Can, expert du Moyen-Orient pour le cabinet de conseil Amena Strategies. Avec cet accord nucléaire, a-t-il ajouté, «les États-Unis disent en substance : vous n’êtes pas obligés de travailler avec la Chine. Vous pouvez travailler avec nous.»

Même si l’Arabie saoudite cesse de se rapprocher de la Chine, la guerre a d’autres retombées qui ont renforcé la position de la Chine, comme le besoin urgent du monde en matière de technologies d’énergies renouvelables. L’électricité représente désormais 30 % de la consommation d’énergie en Chine, soit 40 % de plus qu’aux États-Unis et qu’en Europe.

La guerre a placé les énergies renouvelables et les véhicules électriques au sommet de l’agenda mondial, alors que les prix du pétrole s’envolent, et la Chine est le pays de référence dans ce domaine. Ce pays domine environ 91 % de la capacité mondiale de production de panneaux solaires et 89 % de la capacité de production de batteries de stockage en lithium-ion.

Les entreprises chinoises produisent également environ 70 % des technologies d’énergie propre, ce qui signifie que plus la guerre contre l’Iran s’éternise et plus le détroit d’Ormuz est pratiquement bloqué, plus des pays investiront dans ce secteur vital désormais contrôlé par la Chine.

Chute du dollar au profit des monnaies asiatiques 

La guerre a également contribué à modifier la domination du dollar dans le commerce mondial, accélérant une tendance naissante. Selon Bloomberg, l’Iran a autorisé plusieurs pétroliers à traverser le détroit d’Ormuz à condition qu’ils paient en monnaie officielle chinoise, le renminbi, ou en cryptomonnaie.

Le Wall Street Journal rapporte que la Chine encourageait déjà le commerce en renminbi pour permettre à des pays comme l’Iran et la Russie de contourner les sanctions américaines.

Enfin, la Chine s’impose comme une superpuissance capable d’exercer son influence sans conflits, tandis que l’Amérique est apparue comme une puissance adoptant une approche chaotique et agressive pour contraindre les autres nations à se plier à sa volonté.

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