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Pêche artisanale : un nouveau cap vers la décarbonation en Tunisie

Le WWF Afrique du Nord et l’ambassade du Royaume-Uni inaugurent à Ajim (Djerba) une station de recharge solaire et remettent des moteurs électriques à des pêcheurs artisans, marquant une nouvelle étape vers une pêche plus durable et décarbonée en Tunisie.

Dans une nouvelle étape illustrant la solidité du partenariat entre la Tunisie et le Royaume-Uni en faveur de l’action climatique et du développement durable, indique un communiqué de presse, WWF Afrique du Nord, en collaboration avec l’ambassade du Royaume-Uni en Tunisie, a organisé, le 24 juillet 2026 au port de pêche d’Ajim, une cérémonie officielle sur l’île de Djerba, afin d’inaugurer une station photovoltaïque de recharge de batteries électriques et de remettre plusieurs moteurs marins électriques à un groupe de pêcheurs artisans participant au projet.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Décarbonation de la pêche artisanale en Tunisie : promouvoir les énergies propres pour des communautés côtières durables », mis en œuvre par WWF Afrique du Nord avec le soutien financier du Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO) du Royaume-Uni. Ce projet vise à accompagner la transition énergétique du secteur de la pêche artisanale en Tunisie, à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à renforcer la résilience des communautés côtières face aux défis environnementaux et économiques.

Le projet est mis en œuvre en étroite collaboration technique avec le ministère tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) et la Société Tunisienne d’Équipements de Pêche (STEP), qui a assuré la fourniture et l’installation des moteurs électriques ainsi que l’appui technique tout au long du projet.

La cérémonie s’est déroulée en présence de l’ambassadeur du Royaume-Uni auprès de la République tunisienne, ainsi que de représentants des ministères de l’Agriculture, des Affaires étrangères, des autorités régionales et locales, des institutions nationales, des partenaires techniques ainsi que des pêcheurs bénéficiaires du projet.

Cette cérémonie marque l’aboutissement de la première navigation pilote d’un bateau de pêche artisanale propulsé exclusivement par un système électrique alimenté à l’énergie solaire, réalisée le 29 juin 2026 à Ajim. Cette démonstration pionnière constitue une première à l’échelle nationale et l’une des premières expériences de ce type en Méditerranée. Elle a démontré avec succès la faisabilité technique et opérationnelle de cette solution innovante grâce à une collaboration étroite entre les institutions nationales et les partenaires du projet, notamment grâce à la contribution technique de la Société tunisienne d’équipements de pêche (STEP). Elle ouvre également des perspectives prometteuses pour accompagner la transition du secteur de la pêche artisanale dans le cadre d’une économie bleue durable et sobre en carbone.

L’inauguration de la station de recharge solaire et la remise des moteurs marins électriques marquent une étape déterminante, faisant passer le projet de la phase pilote et d’expérimentation à l’utilisation opérationnelle effective de technologies propres par les pêcheurs artisans. Cette avancée illustre des progrès concrets vers la décarbonation du secteur de la pêche tout en démontrant que des solutions pratiques peuvent répondre simultanément aux enjeux environnementaux, économiques et sociaux.

Le projet poursuit notamment les objectifs suivants :

  • Réduire la dépendance aux combustibles fossiles conventionnels et diminuer les émissions de carbone.
  • Réduire les coûts d’exploitation supportés par les pêcheurs artisans.
  • Limiter la pollution marine ainsi que les nuisances sonores sous-marines générées par les moteurs conventionnels.
  • Renforcer la sécurité énergétique des communautés côtières.
  • Accroître la résilience du secteur de la pêche face aux effets du changement climatique.
  • Proposer un modèle reproductible pouvant être déployé dans d’autres zones côtières tunisiennes ainsi que dans l’ensemble de la région méditerranéenne.

Le programme de l’événement mettra en lumière les principaux résultats obtenus ainsi que les enseignements tirés de la phase pilote. Il donnera également la parole aux pêcheurs participants, qui partageront leur expérience de l’utilisation quotidienne des moteurs électriques dans leurs activités de pêche. La cérémonie comprendra la remise officielle des équipements, l’inauguration de la station photovoltaïque de recharge et se conclura par une démonstration en mer à bord d’un bateau de pêche équipé d’un moteur électrique, permettant aux invités et aux représentants des médias de constater directement le potentiel de cette technologie innovante.

A cette occasion, Jamel Jrijer, directeur régional de WWF Afrique du Nord, a déclaré : « Il s’agit d’une étape importante pour la communauté des pêcheurs artisans ainsi que pour les écosystèmes marins en Tunisie et en Méditerranée. La technologie existe aujourd’hui et nous la mettons désormais au service de la nature et des populations. »

Pour sa part, l’ambassadeur du Royaume-Uni en Tunisie, Roddy Drummond, a souligné : « Ce projet incarne les principales priorités du Royaume-Uni. A savoir lutter contre le changement climatique, soutenir une croissance économique durable et promouvoir l’innovation qui apporte de bénéfices concrets aux communautés locales. En aidant les pêcheurs à réduire leurs coûts tout en protégeant l’environnement marin, nous démontrons que l’action climatique et la prospérité peuvent aller de pair. »

Ce projet reflète l’engagement constant du Royaume-Uni à accompagner la Tunisie dans la réalisation de ses priorités nationales en matière de transition énergétique, de lutte contre le changement climatique et de développement durable, à travers des partenariats fondés sur le partage des connaissances, l’innovation et la mise en œuvre de solutions concrètes générant un impact tangible au niveau local.

WWF Afrique du Nord, aux côtés de ses partenaires nationaux et de ses soutiens internationaux, demeure pleinement engagé dans le développement de solutions durables contribuant à la protection des écosystèmes marins, à l’amélioration des moyens de subsistance des pêcheurs artisans et à l’accompagnement de la transition vers un secteur de la pêche plus résilient, plus performant et à faibles émissions de carbone.

D’après communiqué

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Coupures d’électricité : l’organisation des entrepreneurs saisira la justice

-Le bureau exécutif de l’Organisation nationale des entrepreneurs (ONE) a publié, jeudi,  un communiqué cinglant, dénonçant les coupures répétées et non programmées d’électricité qui ont infligé de lourdes pertes matérielles à des centaines d’entreprises.

Pour l’organisation, ces incidents ne sont pas de simples « accidents techniques » : ils menacent la continuité de l’activité économique et pèsent directement sur l’investissement, la production et l’emploi.

Dans son communiqué, l’ONE a dressé un bilan sévère, pointant des lacunes structurelles dans la gestion du système énergétique national, l’absence de planification stratégique, une vision à court terme outre l’incapacité à garantir un approvisionnement continu en électricité, service public indispensable à toute économie.

Face à ces coupures à répétition, l’ONE promet une réplique juridique. Pour ce faire, elle a constitué une cellule d’avocats et d’experts en droit pour accompagner les entreprises sinistrées dans la constitution des dossiers, la collecte des justificatifs et l’engagement des procédures légales.

Bien plus, l’ONE étudie les recours et n’exclut aucune action devant les instances judiciaires et administratives compétentes.

Selon l’organisation, la STEG est directement mise en cause. Elle lui impute la responsabilité pleine et entière des dommages et appelle toutes les entreprises lésées à lui transmettre factures, rapports techniques et tout document attestant l’étendue des pertes subies.

Sur le plan opérationnel, l’organisation adresse aux autorités publiques une liste de mesures urgentes parmi lesquelles figurent la priorité d’alimentation aux zones industrielles et unités de production, la création d’une cellule de crise nationale multipartite, l’ouverture d’un mécanisme transparent de déclaration et d’évaluation des dommages, et la mise en place de dispositifs d’indemnisation pour les entreprises dont les pertes sont établies.

Fondée début 2020, l’ONE fédère petites et moyennes entreprises, entrepreneurs, artisans, professions libérales et structures professionnelles de tous les secteurs, agriculture, industrie, commerce, artisanat et services.

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Fathi Msalmi : « Le délestage a évité un black-out, les Tunisiens peuvent être indemnisés en cas de dégâts »

Les coupures tournantes d’électricité ont replacé au cœur du débat la question de la sécurité énergétique en Tunisie. Pour Fathi Msalmi, secrétaire général de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, la réponse ne peut plus se limiter à gérer les tensions liées aux pics de consommation estivaux. Dans une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin, il plaide pour une refonte globale de la stratégie énergétique nationale.

Le délestage, un mécanisme de protection du réseau

Pour Fathi Msalmi, les coupures programmées ne constituent pas une solution de confort, mais un outil technique destiné à préserver l’équilibre du système électrique national.

Selon lui, la vague de chaleur et la hausse exceptionnelle de la demande n’ont fait qu’accélérer une crise qui s’était installée depuis plusieurs années. Aux heures de pointe, les besoins en électricité ont atteint près de 5 800 MW, alors que la capacité de production nationale ne dépassait pas environ 4 200 MW. Un déséquilibre qui a contraint la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) à recourir aux délestages afin d’éviter une rupture généralisée du réseau.

« Sans délestage, le risque était celui d’un black-out complet », explique le responsable syndical, qui considère cette mesure comme une opération de sauvegarde du système électrique plutôt qu’un simple choix de gestion.

Il souligne également que les horaires annoncés aux citoyens restent indicatifs, la gestion du réseau dépendant en permanence de l’évolution de la consommation et des capacités de production disponibles. Des contraintes techniques, locales ou sécuritaires peuvent ainsi conduire à des ajustements ponctuels.

Toutefois, les établissements sensibles, notamment les hôpitaux et les infrastructures stratégiques, restent exclus du dispositif afin de garantir la continuité des services essentiels.

Une procédure d’indemnisation prévue pour les dommages

S’agissant des dégâts pouvant affecter les équipements des particuliers ou des entreprises à la suite des interruptions électriques, Fathi Msalmi rappelle qu’un mécanisme d’indemnisation existe au sein de la STEG.

Les usagers concernés peuvent déposer une demande auprès du district de la STEG de leur région. Une expertise technique est ensuite réalisée afin d’évaluer l’origine des dommages et de déterminer s’ils sont directement liés à une interruption de l’alimentation électrique.

Pour le secrétaire général de la Fédération générale de l’électricité et du gaz, ces mesures d’urgence ne peuvent toutefois constituer une réponse durable. La situation actuelle impose, estime-t-il, une révision en profondeur du modèle énergétique tunisien afin de renforcer la capacité de production, anticiper les besoins futurs et garantir une meilleure sécurité d’approvisionnement.

Vers une nouvelle stratégie énergétique

Pour sortir durablement de la crise, le responsable syndical insiste sur plusieurs priorités : accélérer la construction de nouvelles capacités de production, développer massivement les énergies renouvelables et renforcer le rôle de la STEG dans ce domaine.

Il plaide également pour une coopération énergétique régionale accrue, notamment avec les pays voisins.

A cet égard, il rappelle que les importations d’électricité peuvent constituer une solution temporaire, mais qu’elles ne remplacent pas une stratégie nationale capable d’assurer l’indépendance énergétique du pays.

« La crise actuelle dépasse le cadre technique », souligne-t-il. Elle touche désormais à la souveraineté énergétique de la Tunisie et nécessite des décisions structurelles pour garantir un approvisionnement stable et durable.

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Mohamed Ali Elloumi : « Les datacenters en Tunisie, une opportunité stratégique »

À l’heure où l’IA redistribue les cartes de la connaissance, l’enjeu n’est plus de savoir si nous l’acceptons, mais comment nous l’orchestrons. L’intelligence collective devient alors la clé : quand les humains coopèrent et se laissent épauler par des algorithmes, la décision gagne en précision, la vision en clarté et la souveraineté en consistance. 

Rencontré en marge de la 3ᵉ édition du Tunisia Global Forum, Mohamed Ali Elloumi, fondateur d’Access Content Agency, a insisté sur l’importance de l’intelligence collective pour bâtir l’avenir et sur la nécessité de mettre l’IA au service de l’humain. Il a rappelé que l’intelligence collective, annoncée comme thème central de cette édition, constitue un levier stratégique pour organiser la coopération entre les deux rives de la Méditerranée, les responsables politiques et les décideurs économiques, afin de construire une vision commune de la période à venir autour de l’IA et de la souveraineté des États.

Il a cité une étude qui illustre concrètement ce potentiel : un médecin qui pose seul un diagnostic atteint un taux d’efficacité d’environ 60 à 65 %. Mais, a‑t‑il expliqué, dès lors que trois ou quatre médecins discutent ensemble d’un même cas, ce taux grimpe autour de 75 %, soit un gain de 10 à 15 points. Lorsque cette intelligence collective humaine est, en plus, augmentée par une intelligence artificielle, on peut gagner encore une dizaine de points et atteindre près de 85 % de maladies correctement diagnostiquées grâce à une intelligence collective orchestrée et soutenue par l’IA.

Mohamed Ali Elloumi a souligné dans une déclaration exclusive à l’economistemaghrebin.com que l’intelligence collective ne se limite pas à une coopération abstraite : elle implique des choix politiques, des stratégies et des modèles d’organisation très concrets. Il a donné l’exemple de la Suisse, qui a développé des datacenters souterrains, capables non seulement de réduire l’empreinte environnementale de ces infrastructures, mais aussi de chauffer un grand nombre d’habitants en ville grâce à la chaleur dégagée par les serveurs. L’eau circulant dans ces datacenters est chauffée, utilisée pour le chauffage urbain, puis recyclée dans un autre cycle.

Il souligne que ce type de solution montre qu’il est possible de concilier technologie, efficacité énergétique et protection de l’environnement. Et ce, à condition de se doter d’une stratégie claire et d’une organisation politique cohérente, en ligne avec les engagements des Nations unies.

Il a également insisté sur les atouts de la Tunisie dans ce nouveau paysage technologique. Le pays peut offrir à l’Europe deux ressources majeures : d’une part, un ensoleillement et une énergie solaire exceptionnels; et d’autre part, une intelligence humaine et une intelligence collective riches, portées par une position géographique souvent décrite comme stratégique. Associés à un financement européen et à une stratégie environnementale ambitieuse, ces atouts pourraient, estime-t-il, produire un effet très positif pour les deux rives de la Méditerranée.

Interrogé sur la question des datacenters en Tunisie, il a rappelé que nous sommes confrontés à une « guerre technologique » plus qu’à une simple compétition économique. Il a expliqué que, pour un pays modeste et aux ressources limitées comme la Tunisie, la construction de datacenters dédiés uniquement à des besoins locaux peut se justifier, mais que la demande interne reste relativement restreinte. En revanche, la construction de datacenters destinés à répondre aux besoins de l’Europe constitue « une opportunité stratégique, à condition de poser des garde‑fous clairs ». Tout en insistant sur le fait qu’il est hors de question d’accepter des solutions qui contribueraient à dégrader l’environnement tunisien. »

En outre, poursuit-il, l’intelligence collective est précisément l’outil qui permettrait de faire avancer ce dossier. Elle doit d’abord servir à bien définir le besoin : il existe aujourd’hui une demande explicite pour des datacenters hébergés en dehors de l’Europe et des États‑Unis, afin de sauvegarder les données hors de ces territoires et de mieux les protéger en cas d’attaque ou de crise majeure. Ce besoin est réel et identifié.

Ensuite, rappelle-t-il, un datacenter ne peut fonctionner qu’avec des conditions techniques strictes : il doit être sécurisé, adossé à une infrastructure fiable, disposer d’un accès garanti à l’énergie et intégrer une gestion responsable de l’eau.

Il a souligné que l’eau, dans ce modèle, peut être recyclée et réutilisée dans un autre cycle, comme le montrent déjà certaines expériences internationales. C’est, conclut-il, l’une des pistes concrètes pour concilier souveraineté numérique, développement économique et protection des ressources du pays. 

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Le Tunisien Zied Jaouadi accède à la vice-présidence Afrique du Nord de la PACCI

La Tunisie renforce sa présence au sein des organisations économiques africaines. Zied Jaouadi a été élu vice-président Afrique du Nord du Conseil exécutif de la Pan African Chamber of Commerce and Industry (PACCI) pour le mandat 2026-2028. Il occupe actuellement le poste de vice-président de la Chambre nationale des sociétés de commerce international au sein de l’Utica.

L’élection a eu lieu lors de la 5ᵉ Assemblée générale de la PACCI. L’événement s’est tenu du 24 au 26 juin 2026 à Fès, au Maroc. La présidence de l’Afrique du Nord est revenue à Hamza Benabdallah, représentant de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Fès-Meknès. Mais au fait, qu’est-ce que la PACCI?

Créée en 2009, cette organisation est basée à Addis-Abeba, en Éthiopie. Elle réunit des chambres de commerce, des organisations patronales et des associations d’entreprises de plusieurs pays africains. Son objectif? Faire entendre la voix du secteur privé africain et encourager les échanges entre les entreprises du continent.

Son rôle a gagné en importance avec le lancement de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). La PACCI travaille sur les questions de commerce, d’investissement, de développement des PME et d’intégration économique. Elle dialogue également avec l’Union africaine et d’autres institutions régionales pour défendre les intérêts des entreprises africaines.

Le Conseil exécutif est l’organe qui dirige l’organisation. Il définit les priorités de la PACCI et suit la mise en œuvre de ses actions. En rejoignant cette instance, Jaouadi Zied représentera les intérêts de l’Afrique du Nord aux côtés des autres responsables régionaux.

Pour l’Utica, cette élection offre une présence au sein d’une organisation qui participe aux débats sur l’avenir du commerce africain. Pour la Tunisie, elle constitue aussi une occasion de peser davantage dans les discussions autour de l’intégration économique du continent.

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Le passeport tunisien permet de voyager vers 66 destinations sans visa

Le passeport tunisien permet actuellement d’accéder à 66 destinations sans visa préalable, ou avec un visa délivré à l’arrivée ou une autorisation électronique, selon la dernière mise à jour du Henley Passport Index, l’un des principaux classements mondiaux de la mobilité internationale.

Établi par le cabinet britannique Henley & Partners, ce classement place la Tunisie au 69e rang mondial. À l’échelle africaine, le passeport tunisien figure parmi les plus performants du continent, même s’il reste loin des documents de voyage les plus puissants au niveau international.

La Tunisie derrière le Maroc, devant l’Algérie

En Afrique du Nord, la Tunisie se classe derrière le Maroc, dont le passeport donne accès à 71 destinations sans visa et occupe la 64e place mondiale. Elle devance en revanche l’Algérie, classée 79e avec 55 destinations accessibles sans visa.

À l’échelle du continent, les Seychelles conservent le passeport le plus puissant d’Afrique avec un accès à 155 destinations, devant l’île Maurice (148 destinations) et l’Afrique du Sud (101 destinations).

Un indicateur de la mobilité internationale

Le Henley Passport Index classe les passeports en fonction du nombre de destinations accessibles sans visa préalable. Cet indicateur reflète notamment les accords de circulation conclus entre les États et le niveau de mobilité dont bénéficient leurs ressortissants.

Avec 66 destinations accessibles, le passeport tunisien conserve une position relativement favorable en Afrique. Toutefois, les voyageurs tunisiens restent soumis à l’obligation de visa pour un grand nombre de destinations, notamment dans plusieurs pays d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie.

Un écart important avec les leaders mondiaux

Au niveau mondial, Singapour occupe la première place du classement avec un accès sans visa à 192 destinations. À l’autre extrémité du classement figurent notamment l’Afghanistan, la Syrie et l’Irak, dont les passeports offrent les possibilités de voyage les plus limitées.

Le classement 2026 confirme ainsi que le passeport tunisien conserve une position solide à l’échelle africaine. Tout en mettant en évidence l’écart qui le sépare encore des passeports les plus performants au monde.

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La gouvernance publique à l’épreuve de l’investissement :  pour une nouvelle rationalité de l’action de l’État 

 Par Mondher AFI

Les orientations générales de l’État tunisien, réaffirmées sous l’impulsion du Président Kaïs Saïed, invitent à repenser le rapport entre souveraineté économique, efficacité institutionnelle et responsabilité publique. Dans cette perspective, les travaux récents de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple ne relèvent pas uniquement de la procédure parlementaire. Ils constituent un révélateur de mutations plus profondes touchant la manière dont l’État entend désormais concevoir l’investissement public, la dette, la performance des entreprises publiques et le contrôle démocratique de l’action gouvernementale.

À première vue, l’ordre du jour de la Commission paraît technique : examen du budget de l’Assemblée et étude de conventions de garantie relatives à des emprunts destinés à la Compagnie des phosphates de Gafsa et au Groupe chimique tunisien. Pourtant, derrière cette technicité se dessine une problématique beaucoup plus fondamentale. Il ne s’agit plus simplement d’autoriser des financements, mais d’interroger leur capacité réelle à transformer durablement les structures productives du pays.

La question centrale devient alors la suivante : comment faire en sorte que les ressources publiques ne servent plus seulement à maintenir un équilibre financier fragile, mais deviennent un véritable moteur de transformation économique, institutionnelle et sociale ?

Le dépassement d’une lecture strictement budgétaire

Pendant de nombreuses années, les finances publiques ont été appréhendées principalement à travers une logique comptable privilégiant les équilibres budgétaires, le niveau du déficit, la maîtrise de l’endettement et l’évolution des dépenses. Cette approche demeure indispensable, car la soutenabilité financière constitue une condition essentielle de la stabilité de l’État. Cependant, elle ne permet plus, à elle seule, de répondre aux défis du développement dans un contexte marqué par la complexité des transformations économiques, sociales et technologiques.

Aujourd’hui, la véritable question n’est plus celle du volume des dépenses publiques, mais celle de leur capacité à produire des transformations durables. Un budget ne saurait être réduit à un document financier, il traduit une vision politique, hiérarchise des priorités et oriente les trajectoires de développement. Chaque allocation de ressources engage un choix stratégique qui influence l’organisation du territoire, la compétitivité de l’économie et la qualité des services publics.

Or, l’une des principales limites de l’action publique réside dans le décalage persistant entre la décision d’investir et l’évaluation de ses résultats. Les politiques publiques continuent d’être jugées principalement à partir du taux d’exécution des crédits plutôt qu’à travers leur impact réel sur la croissance, la productivité, l’emploi ou la cohésion sociale. Cette confusion entretient une illusion de performance où la consommation des ressources est parfois assimilée à la réussite de l’action publique.

Une gouvernance moderne impose pourtant un changement profond de paradigme. L’efficacité d’une politique ne se mesure pas à l’importance des sommes engagées, mais à la valeur créée pour la collectivité. Chaque investissement devrait faire l’objet d’une évaluation rigoureuse de ses effets économiques, sociaux et institutionnels. La discipline budgétaire ne consiste donc pas seulement à contenir les déficits, elle implique surtout de garantir que chaque dinar mobilisé contribue effectivement à renforcer les capacités productives, à réduire les fragilités structurelles et à préparer un développement durable fondé sur la performance plutôt que sur la seule logique de la dépense.

Sortir d’une logique de survie pour entrer dans une logique de transformation

Les discussions relatives à la Compagnie des phosphates de Gafsa et au Groupe chimique tunisien dépassent largement le cas particulier de deux entreprises publiques. Elles mettent en lumière les limites d’un modèle de gouvernance qui, depuis plusieurs années, répond aux difficultés structurelles par des injections successives de financements sans remettre suffisamment en question les mécanismes qui produisent ces difficultés.

Les entreprises publiques constituent incontestablement un patrimoine stratégique. Elles assurent des fonctions économiques, sociales, territoriales et parfois même géopolitiques que le secteur privé ne pourrait assumer seul. Cependant, reconnaître leur importance ne saurait conduire à considérer leur financement comme une réponse suffisante à leurs difficultés.

La véritable interrogation est ailleurs : pourquoi des entreprises ayant bénéficié de multiples programmes de soutien continuent-elles de connaître des performances limitées ? Pourquoi les investissements successifs peinent-ils à produire les gains de productivité attendus ? Pourquoi les retards de modernisation demeurent-ils récurrents malgré la mobilisation régulière de ressources financières importantes ?

Ces interrogations invitent à dépasser une lecture exclusivement financière des problèmes. Les difficultés observées relèvent moins d’une insuffisance de capitaux que d’une accumulation de fragilités institutionnelles : gouvernance parfois fragmentée, faible articulation entre stratégie industrielle et financement, absence d’évaluation indépendante des projets, insuffisance des mécanismes de pilotage, lenteur des processus décisionnels, faiblesse de la culture de l’innovation et déficit de responsabilisation managériale.

Dans ces conditions, le risque est de voir les nouveaux financements absorber les conséquences des dysfonctionnements existants au lieu d’en traiter les causes profondes. L’investissement perd alors sa vocation transformatrice pour devenir un instrument de stabilisation temporaire. Il prolonge le fonctionnement du système sans modifier les logiques qui en limitent la performance.

Une véritable stratégie industrielle exige pourtant une approche radicalement différente. Moderniser ne consiste pas uniquement à acquérir des équipements plus performants. Moderniser signifie également transformer les modes de gouvernance, renforcer les capacités de décision, développer les compétences, intégrer les technologies numériques, améliorer les systèmes d’information, instaurer une culture de l’évaluation permanente et faire de la responsabilité des dirigeants un principe structurant de l’action publique. Sans cette réforme globale, les investissements risquent d’accroître les capacités techniques sans améliorer durablement les performances économiques.

La dette n’est pas le problème, l’absence de stratégie l’est

Le débat relatif aux conventions de garantie rappelle une vérité essentielle : aucune économie moderne ne se développe sans recourir, à un moment ou à un autre, à l’endettement. La dette n’est ni une anomalie ni un signe automatique de fragilité. Elle constitue un instrument économique dont la pertinence dépend exclusivement de l’usage qui en est fait.

Toutefois, cette évidence ne doit pas masquer une question beaucoup plus exigeante : la dette contractée produit-elle réellement les transformations qu’elle est censée financer ? Une politique d’endettement ne peut être évaluée au regard des seuls montants mobilisés ou des conditions financières obtenues. Elle doit être appréciée à travers sa capacité à créer de nouvelles richesses, à accroître durablement la productivité nationale et à générer des ressources futures permettant non seulement de rembourser les emprunts, mais aussi d’élargir les marges de développement.

Une dette productive est une dette qui transforme l’économie. Une dette improductive est celle qui entretient les déséquilibres sans modifier les structures qui les génèrent. Entre ces deux situations se joue toute la différence entre une stratégie de développement et une simple gestion des contraintes.

L’enjeu dépasse ainsi la question financière. Il renvoie à la capacité de l’État à inscrire chaque investissement dans une vision cohérente de transformation économique. Sans objectifs clairement définis, sans indicateurs de résultats, sans mécanismes d’évaluation ex post et sans obligation de rendre compte des performances obtenues, le financement risque de devenir une succession d’interventions ponctuelles, déconnectées d’un projet national de modernisation.

La souveraineté économique repose moins sur l’accès aux financements que sur leur transformation en innovation, compétitivité et valeur ajoutée, dans le cadre d’une stratégie d’investissement cohérente, durable et continuellement évaluée.

Contrôler pour transformer

L’une des évolutions les plus significatives révélées par les travaux de la Commission des finances réside dans le déplacement progressif de la fonction parlementaire. Il ne s’agit plus seulement d’autoriser des emprunts ou de valider des conventions de garantie, mais d’interroger leur cohérence stratégique, leur exécution et surtout leur capacité à produire des résultats mesurables. Cette évolution est essentielle, mais elle ne prendra tout son sens que si le contrôle parlementaire cesse d’être un exercice ponctuel pour devenir un véritable dispositif d’évaluation continue des politiques publiques.

Dans les économies contemporaines, la légitimité d’une décision publique ne découle plus uniquement de sa conformité juridique ou de sa régularité budgétaire. Elle dépend de son efficacité démontrée. Or cette culture de l’évaluation demeure encore insuffisamment institutionnalisée. Les investissements sont souvent examinés au moment de leur approbation, beaucoup plus rarement plusieurs années après leur mise en œuvre. Une telle situation entretient une logique où l’on contrôle les moyens engagés davantage que les transformations effectivement produites. Sans indicateurs de performance, sans évaluation indépendante et sans obligation de rendre compte des résultats, le contrôle risque de demeurer formel, alors que sa véritable vocation est d’éclairer la décision publique et de corriger les trajectoires lorsque les objectifs ne sont pas atteints.

Les interrogations suscitées par le recours à la procédure d’urgence pour des conventions conclues plusieurs mois auparavant mettent en évidence une faiblesse plus profonde que la seule question des délais. Elles révèlent les limites d’un mode de gouvernance où l’urgence tend progressivement à se substituer à la planification.

Une administration performante ne gouverne pas sous la pression permanente des échéances, elle construit des priorités, anticipe les besoins et inscrit ses décisions dans une stratégie cohérente. Lorsque l’urgence devient une pratique récurrente, elle réduit le temps de l’expertise, fragilise le débat institutionnel et favorise une gestion réactive plutôt que prospective. Ce fonctionnement ne traduit pas nécessairement un déficit de moyens, mais souvent une insuffisance dans les mécanismes de programmation, de coordination et de pilotage. La véritable réforme consiste donc moins à accélérer les procédures qu’à renforcer la capacité de l’État à anticiper, planifier et évaluer l’impact de ses choix avant comme après leur mise en œuvre.

De l’investissement à la création de valeur

L’enjeu dépasse finalement la seule question des ressources financières. Ce qui est en cause, c’est la manière dont l’investissement public est pensé. Trop souvent, celui-ci demeure associé à une logique de financement ou de soutien conjoncturel, alors qu’il devrait constituer un instrument de transformation structurelle. Investir ne signifie pas seulement mobiliser des capitaux, cela implique de moderniser les organisations, de réformer les modes de gouvernance, d’améliorer la productivité et de créer durablement de la valeur économique et sociale.

Cette ambition suppose un État capable d’apprendre de ses propres expériences, de mesurer objectivement les effets de ses politiques et de faire de la transparence un levier de performance plutôt qu’une simple exigence administrative. La publication de données fiables, le suivi des investissements et l’évaluation régulière des résultats ne sont plus des pratiques accessoires, ils constituent les fondements d’une gouvernance crédible. Le véritable défi n’est donc pas de financer davantage, mais de gouverner autrement, en faisant de chaque investissement un vecteur de compétitivité, d’innovation et de souveraineté économique plutôt qu’un simple engagement budgétaire supplémentaire.

 

 

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Le Plan de développement 2026-2030 adopté par le CNRD : la réforme de l’État, condition de la réussite des ambitions économiques

Avec son adoption définitive par le Conseil national des régions et des districts (CNRD), après son approbation par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), le Plan de développement 2026-2030 devient désormais le principal document de référence qui orientera l’action publique tunisienne au cours des cinq prochaines années. Au-delà des objectifs économiques qu’il affiche, ce plan se distingue surtout par une conviction centrale : aucune stratégie de développement ne peut aboutir sans une profonde transformation de l’appareil administratif et institutionnel de l’État.

Les chiffres avancés témoignent d’une ambition certaine. Les pouvoirs publics tablent sur une croissance économique avoisinant 4,2% à l’horizon 2030, une réduction progressive du déficit budgétaire à près de 3% du produit intérieur brut, une stabilisation de la dette publique autour de 80% du PIB, ainsi qu’un recul significatif de la pauvreté, appelée à passer sous la barre des 15%. Le plan vise également une amélioration de l’indice de développement humain afin de permettre à la Tunisie d’intégrer le groupe des pays à développement humain très élevé.

Sur le plan sectoriel, les orientations sont tout aussi ambitieuses. Elles portent sur le développement des infrastructures, la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique, la transition écologique, la modernisation du tissu productif, l’accélération de la transformation numérique et la réduction des disparités entre les régions.

Toutefois, derrière ces objectifs quantitatifs apparaît un constat partagé par la plupart des observateurs : les difficultés de la Tunisie ne résultent pas uniquement d’un manque de projets ou d’investissements, mais aussi des insuffisances de son fonctionnement institutionnel.

L’administration, premier levier du développement

Depuis plusieurs années, les différents plans de développement se sont souvent heurtés aux mêmes obstacles : lenteur des procédures administratives, multiplication des autorisations, chevauchement des compétences entre administrations, faiblesse de la coordination interministérielle et retards chroniques dans la réalisation des projets publics.

De nombreux investissements, parfois entièrement financés, sont restés bloqués durant plusieurs années en raison de procédures complexes, de recours administratifs, d’expropriations inachevées ou encore de difficultés de coordination entre les administrations centrales et les collectivités territoriales. Cette situation a progressivement affaibli la crédibilité de l’action publique, découragé de nombreux investisseurs et contribué à ralentir la croissance économique.

Le nouveau Plan de développement reconnaît implicitement cette réalité en faisant de la réforme institutionnelle l’un de ses principaux axes stratégiques.

Vers une administration plus performante

L’un des objectifs majeurs consiste à améliorer l’efficacité des services publics. Cette notion dépasse largement la simple modernisation des bâtiments administratifs ou l’acquisition de nouveaux équipements informatiques. Elle implique une transformation profonde de la manière dont l’administration conçoit et rend le service public. Le citoyen comme l’entreprise attendent aujourd’hui une administration capable de répondre rapidement aux demandes, de réduire les délais de traitement des dossiers, de simplifier les formalités administratives et d’offrir davantage de transparence dans la prise de décision. Cette évolution suppose également une meilleure évaluation des performances administratives, à travers des indicateurs précis portant sur les délais, la qualité des prestations, la satisfaction des usagers et l’exécution des projets publics.

Une gouvernance fondée sur la responsabilité

Le plan insiste également sur la nécessité d’améliorer la gouvernance publique. Cette orientation rejoint la volonté exprimée depuis plusieurs années de renforcer la culture de la responsabilité au sein des administrations publiques. Une gouvernance efficace repose sur une répartition claire des compétences, une meilleure coordination entre les différents ministères et établissements publics ainsi qu’une responsabilisation accrue des décideurs. Il s’agit également de renforcer les mécanismes de suivi et d’évaluation afin que chaque programme public puisse faire l’objet d’un contrôle régulier de son avancement, de son coût réel et de son impact économique et social. Dans cette perspective, la généralisation des outils numériques peut contribuer à améliorer la traçabilité des décisions administratives, à limiter les risques de dysfonctionnements et à faciliter l’accès des citoyens aux services publics.

Réformer le cadre juridique

L’efficacité administrative demeure étroitement liée à la modernisation du cadre juridique. Plusieurs réformes sont d’ailleurs attendues afin d’accompagner la mise en œuvre du plan. La révision du Code des changes, du droit de l’investissement, des textes relatifs au développement régional ainsi que la simplification de nombreuses procédures administratives figurent parmi les chantiers prioritaires. Cette harmonisation législative apparaît indispensable pour lever les blocages qui retardent encore la réalisation de nombreux projets publics et privés.

Un environnement juridique stable et lisible constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs d’attractivité pour les investisseurs nationaux comme étrangers.

Une meilleure coordination entre les institutions

Le nouveau cadre institutionnel instauré par la Constitution de 2022 confère désormais une place importante au Conseil national des régions et des districts.

Son intervention dans l’adoption du Plan de développement traduit la volonté de renforcer la prise en compte des besoins exprimés aux niveaux local et régional.

L’enjeu consiste désormais à assurer une véritable articulation entre les collectivités territoriales, les conseils régionaux, les ministères et les administrations centrales afin d’éviter la dispersion des initiatives et les doublons dans la programmation des investissements.

La réussite du plan dépendra largement de cette capacité à instaurer une gouvernance territoriale cohérente, permettant aux projets de répondre aux réalités économiques propres à chaque région.

La transformation numérique au service du citoyen

L’amélioration de l’efficacité des services publics passe également par une accélération de la digitalisation de l’administration.

La dématérialisation des procédures administratives permet de réduire les délais, de limiter les déplacements des usagers, de renforcer la transparence et de diminuer les coûts de gestion.

Elle constitue également un instrument important de lutte contre certaines pratiques bureaucratiques qui ralentissent encore l’investissement.

Le développement des plateformes numériques, l’interconnexion des bases de données publiques et la simplification des démarches administratives représentent aujourd’hui des leviers essentiels pour renforcer la compétitivité du pays.

Le défi de l’exécution

L’expérience des précédents plans de développement invite néanmoins à la prudence.

La Tunisie ne manque ni de stratégies ni de diagnostics. Les difficultés sont apparues principalement au moment de leur mise en œuvre. Les retards accumulés dans les grands projets d’infrastructures, les difficultés de mobilisation des financements, les lenteurs administratives et les insuffisances du suivi ont souvent réduit la portée des ambitions affichées. Le véritable défi du Plan 2026-2030 sera donc celui de l’exécution. Les objectifs économiques ne pourront être atteints que si les réformes institutionnelles sont effectivement conduites, que les procédures sont simplifiées et que les administrations disposent des moyens humains, techniques et numériques nécessaires pour remplir efficacement leurs missions.

Une réforme de l’État avant tout

Au-delà des indicateurs économiques, le Plan de développement 2026-2030 apparaît finalement comme un projet de modernisation de l’État lui-même. Les ambitions en matière de croissance, d’investissement, d’emploi, de sécurité hydrique, alimentaire ou énergétique ne pourront produire leurs effets que si elles s’appuient sur une administration performante, réactive et responsable. Cette orientation rejoint la vision portée par le président de la République, Kaïs Saïed, qui fait de la réforme de l’administration, de l’efficacité des services publics, de la justice sociale et de la souveraineté nationale les fondements de la refondation de l’action publique. Dans cette perspective, le développement ne repose pas uniquement sur l’augmentation des investissements ou des dépenses publiques, mais sur la capacité des institutions à mettre en œuvre les politiques décidées, à assurer un suivi rigoureux des projets et à garantir aux citoyens un service public de qualité.

En définitive, la réussite du Plan de développement 2026-2030 se mesurera moins aux objectifs affichés qu’à la capacité de l’État à transformer ses engagements en réalisations concrètes. C’est à l’épreuve de l’exécution, de la qualité de la gouvernance et de l’efficacité des services publics que se jouera la crédibilité de cette nouvelle stratégie de développement et, plus largement, la confiance des citoyens dans l’action publique.

Ahmed NEMLAGHI

 

 

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