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Hammamet : Les hôtels appelés à produire leur propre électricité pour soulager le réseau national

Après les appels répétés adressés aux ménages pour limiter leur consommation, les délestages tournants dans plusieurs régions du pays et les mesures de rationalisation prises par certaines grandes surfaces, c’est désormais au secteur touristique que la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) demande de contribuer directement à l’équilibre du réseau national.

Dans un communiqué adressé aux établissements hôteliers de la région de Hammamet, l’antenne régionale de la STEG a invité les hôtels à mettre en service leurs groupes électrogènes privés chaque nuit entre minuit et 2 heures du matin. Cette mesure, présentée comme « exceptionnelle », est justifiée par « la nécessité de préserver la stabilité du système électrique national » face aux conditions inédites de consommation observées depuis plusieurs jours.

Un signal fort sur les tensions

Cette demande est entrée en vigueur à partir du 21 juillet et constitue un signal fort sur les tensions auxquelles est confronté le réseau électrique tunisien. Si de nombreux hôtels disposent effectivement de groupes électrogènes destinés à assurer la continuité de service lors des coupures, leur utilisation n’était jusqu’ici envisagée qu’en cas d’incident. Désormais, ces équipements deviennent un outil de gestion de la demande nationale.

Cette évolution intervient alors que la Tunisie connaît l’une des plus graves crises électriques de ces dernières années. Les températures, dépassant localement les 45 °C et approchant les 50 °C dans certaines prévisions, ont provoqué une explosion de la consommation liée principalement à la climatisation. La STEG a reconnu que la demande nationale avait atteint des niveaux historiques, dépassant pour la première fois le seuil des 6 000 MW lors des pics de consommation.

Face à cette pression, l’entreprise publique a déjà eu recours à des coupures programmées d’électricité dans de nombreuses régions. Les autorités ont également multiplié les appels à limiter l’utilisation des appareils énergivores durant les heures critiques, tandis que plusieurs enseignes commerciales ont réduit l’intensité de leur climatisation afin de participer à l’effort collectif.

Lire aussi : La Tunisie aura traversé l’une des pires séquences caniculaires de son histoire récente

Le recours aux groupes électrogènes des hôtels pose néanmoins plusieurs questions. Sur le plan économique, il implique un coût supplémentaire pour les établissements, qui devront alimenter leurs générateurs en carburant alors que le secteur touristique cherche encore à consolider sa reprise. Même si la plage horaire retenue – de minuit à deux heures du matin – correspond à une période où l’activité est moins intense, cette sollicitation représente un transfert partiel de la charge énergétique vers les opérateurs privés.

Nouvelle stratégie de gestion du réseau ?

Elle témoigne également d’une nouvelle stratégie de gestion du réseau : plutôt que d’augmenter rapidement les capacités de production, la priorité est donnée à l’effacement de consommation et à la mobilisation des moyens de production décentralisés déjà disponibles.

Cette situation met aussi en lumière les limites structurelles du système énergétique tunisien. Depuis plusieurs années, les experts alertent sur le retard pris dans le développement des énergies renouvelables, du stockage électrique et de la modernisation du réseau. Or, la succession d’épisodes caniculaires rend désormais ces investissements de plus en plus urgents.

Le fait que la STEG sollicite aujourd’hui les hôtels pour produire leur propre électricité illustre un changement de paradigme. Les groupes électrogènes, autrefois simples solutions de secours, deviennent ponctuellement un maillon du système électrique national. Une réalité qui montre à quel point la marge de manœuvre du réseau s’est réduite sous l’effet conjugué de la hausse de la demande, des vagues de chaleur et des difficultés à accroître rapidement les capacités de production.

À court terme, cette coopération avec le secteur hôtelier peut contribuer à soulager le réseau pendant les périodes critiques. Mais elle rappelle surtout que la gestion de l’urgence ne peut se substituer durablement à une stratégie énergétique capable d’anticiper des étés qui, selon les climatologues, seront de plus en plus chauds et plus exigeants pour les infrastructures électriques du pays.

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Pont de Bizerte : Le chantier avance, mais le défi reste de livrer un projet stratégique avant septembre 2027

Le nouveau pont de Bizerte, considéré comme l’un des projets d’infrastructure les plus ambitieux de Tunisie, entre dans une phase décisive. Lors d’une visite de travail sur le chantier, le gouverneur de Bizerte, Salem Ben Yacoub, a assuré que toutes les parties prenantes étaient mobilisées afin d’accélérer la réalisation de cette infrastructure stratégique baptisée techniquement « la liaison fixe ».

Cette visite intervient dans un contexte où les autorités cherchent à accélérer l’exécution des grands projets publics après plusieurs années marquées par des retards dans la réalisation d’infrastructures majeures. Le gouvernorat affirme avoir mobilisé les moyens locaux, régionaux et centraux pour faciliter l’intervention des entreprises tunisiennes et chinoises chargées du chantier.

Deux composantes achevées dans les prochains mois

Selon Lilia Saïfaoui, directrice générale de l’unité de réalisation du pont, les deux lots réalisés par des entreprises tunisiennes affichent aujourd’hui un taux d’avancement technique d’environ 75%. Ces deux composantes devraient être achevées dans les prochains mois.

Le premier lot, d’un coût de 76 millions de dinars, concerne principalement les raccordements routiers sud et ouest de la zone. Il prévoit la réalisation d’une voie rapide de 4,7 kilomètres ainsi que trois échangeurs au niveau de la route nationale 8 et de l’autoroute A4.

Le troisième lot, évalué à 75 millions de dinars, porte sur le raccordement nord avec une voie rapide de 2,7 kilomètres. Il comprend notamment un échangeur sur la route nationale 11 reliant Bizerte à Menzel Bourguiba, une structure métallique au niveau de la cimenterie, ainsi que plusieurs ouvrages routiers.

Le deuxième lot confié aux Chinois

Le cœur du projet demeure toutefois le deuxième lot, confié à des entreprises chinoises, qui concerne la construction du pont principal traversant le canal de Bizerte. Les travaux ont atteint un taux d’avancement supérieur à 25%, avec l’achèvement des fondations profondes, une étape majeure dans la réalisation de cet ouvrage.

D’une longueur de 2,1 kilomètres, ce pont à double voie sera doté d’une structure métallique pesant environ 24 000 tonnes d’acier. Culminant à près de 60 mètres au-dessus du niveau de la mer, il permettra le passage des différents types de navires, un élément essentiel pour préserver et renforcer l’activité du port de Bizerte.

La première partie de la structure métallique est attendue fin décembre 2026, avant l’acheminement progressif des autres éléments entre mars et juin 2027. Cette étape constituera un moment clé dans l’avancement du chantier, puisque l’assemblage de la structure principale donnera une visibilité concrète sur la naissance du futur pont.

Rappelons que selon Chen Junfeng, directeur général adjoint de l’antenne tunisienne de SRBG, « l’ensemble du projet prendra au total 1140 jours et sera achevé le 2 septembre 2027 ».

Lire aussi : Le nouveau pont de Bizerte opérationnel le 2 septembre… 2027

Au-delà de sa dimension technique, le pont de Bizerte est présenté comme un projet à portée économique et territoriale majeure. Il doit permettre de désengorger la circulation autour de la ville, créer une nouvelle liaison périphérique et améliorer l’intégration de Bizerte dans les réseaux régionaux et nationaux.

Renforcer l’attractivité économique de la région

Le projet ambitionne également de renforcer l’attractivité économique de la région, notamment en facilitant les échanges autour du port de Bizerte. La possibilité de maintenir la circulation maritime grâce à une hauteur suffisante sous le tablier constitue un avantage stratégique pour les activités d’import-export.

Reste la principale question : la Tunisie parviendra-t-elle cette fois à respecter les délais annoncés (pour 2027) pour un chantier qui symbolise depuis plusieurs années l’attente d’une modernisation des infrastructures nationales ? Après les retards accumulés depuis le lancement du projet, chaque étape franchie sera désormais scrutée comme un test de la capacité du pays à mener à terme ses grands projets structurants.

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