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Après les coupures répétées : la Tunisie face au défi du stockage de l’énergie solaire

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

 

La Tunisie possède une richesse naturelle exceptionnelle : un soleil présent une grande partie de l’année, généreux, abondant et capable de produire une énergie propre. Depuis plusieurs années, l’énergie solaire est présentée comme une réponse aux difficultés énergétiques du pays, à la hausse des coûts de l’électricité et à la nécessité de réduire notre dépendance aux sources d’énergie importées. Cette orientation semble logique, car notre pays dispose d’un potentiel solaire considérable. Pourtant, une question fondamentale demeure souvent oubliée dans les débats publics : que faisons-nous de cette énergie lorsque le soleil disparaît ou lorsque le réseau électrique national rencontre une panne générale ?

Produire de l’électricité solaire est une avancée importante, mais produire seulement au moment où le soleil brille ne suffit pas à répondre aux exigences d’une société moderne. Les citoyens ont besoin d’électricité le jour comme la nuit, en été comme en hiver, pendant les périodes normales comme lors des situations exceptionnelles. L’énergie solaire offre une production variable, alors que la consommation électrique exige une disponibilité permanente. C’est précisément à ce niveau que le stockage devient un enjeu majeur.

La Tunisie a longtemps considéré la question énergétique sous l’angle de la production. Il fallait produire davantage pour accompagner le développement économique et répondre à une demande croissante. Aujourd’hui, cette vision doit évoluer. Il ne suffit plus d’installer des panneaux solaires dans différentes régions du pays. Il faut également penser à la manière de conserver cette énergie afin de pouvoir l’utiliser lorsque les besoins deviennent plus importants ou lorsque la production naturelle diminue.

Une panne générale d’électricité révèle brutalement les limites d’un système qui dépend uniquement de la production instantanée. Les hôpitaux, les entreprises, les commerces, les administrations et les foyers sont alors confrontés aux conséquences d’une interruption qui peut perturber profondément la vie quotidienne. Le soleil tunisien peut produire une grande quantité d’électricité pendant la journée, mais sans moyens efficaces de stockage, une partie de cette énergie ne peut pas être utilisée au moment où elle serait la plus utile.

 

Le stockage, la clé oubliée de la révolution solaire

Le stockage de l’électricité représente aujourd’hui l’un des grands défis de la transition énergétique mondiale. Les batteries modernes permettent de conserver l’énergie produite pendant les heures d’ensoleillement et de la restituer lorsque la production solaire baisse. Elles jouent ainsi un rôle essentiel dans l’équilibre entre l’offre et la demande.

Dans un pays comme la Tunisie, le développement des batteries pourrait changer profondément notre rapport à l’énergie. Une centrale solaire équipée d’un système de stockage pourrait continuer à fournir de l’électricité après le coucher du soleil. Un bâtiment public pourrait disposer d’une réserve énergétique en cas de coupure. Une exploitation agricole pourrait mieux gérer ses besoins sans dépendre totalement des fluctuations du réseau.

Cependant, il faut éviter de présenter les batteries comme une solution simple et immédiate. Leur coût reste élevé, particulièrement pour les installations de grande capacité. Leur fabrication nécessite des matériaux spécifiques et pose des questions environnementales. Leur remplacement après plusieurs années représente également une contrainte économique. La solution ne consiste donc pas à installer des batteries partout sans réflexion, mais à développer une stratégie intelligente adaptée aux moyens du pays.

La Tunisie doit également explorer d’autres formes de stockage, comme les stations de transfert d’énergie par pompage, certaines technologies thermiques ou encore les systèmes hybrides associant plusieurs sources d’énergie. La diversité des solutions permettra de réduire la dépendance à une seule technologie et d’adapter les choix aux réalités géographiques et économiques nationales.

Le débat sur l’énergie ne doit pas être limité aux spécialistes. Il concerne directement chaque citoyen. Derrière les questions techniques de capacité, de puissance et de rendement, il y a une réalité quotidienne : pouvoir conserver une énergie produite localement afin d’éviter une interruption brutale du service électrique.

 

Une nouvelle vision pour l’indépendance énergétique tunisienne

La Tunisie ne manque ni de soleil ni de compétences humaines. Ce qui manque encore, c’est une vision globale qui associe production, stockage, consommation et innovation. Le développement du solaire doit être accompagné par une modernisation du réseau électrique afin de rendre celui-ci plus flexible et plus capable d’intégrer les nouvelles sources d’énergie.

L’avenir énergétique ne sera probablement pas construit uniquement autour de grandes centrales éloignées des villes. Il reposera aussi sur une multiplication des installations locales : maisons équipées de panneaux solaires, entreprises produisant une partie de leur propre électricité, bâtiments publics capables de fonctionner avec une autonomie partielle. Cette évolution pourrait transformer les consommateurs traditionnels en acteurs de la production énergétique.

Mais pour réussir cette transformation, il faudra dépasser plusieurs obstacles. Le premier concerne le financement. Les équipements solaires avec batteries représentent encore un investissement important pour de nombreux Tunisiens. Des mécanismes d’accompagnement financier pourraient permettre à davantage de familles et d’entreprises d’accéder à ces technologies.

Le deuxième obstacle concerne l’information. Beaucoup de citoyens connaissent l’existence des panneaux solaires, mais ignorent encore les possibilités offertes par le stockage. Une meilleure sensibilisation permettrait de mieux comprendre les avantages et les limites de ces systèmes.

Le troisième défi concerne la formation. Les nouvelles technologies énergétiques nécessitent des ingénieurs, des techniciens et des chercheurs capables de concevoir, installer et entretenir ces équipements. Investir dans la formation est donc aussi important qu’investir dans les infrastructures.

Il faut également éviter une erreur fréquente : croire que l’énergie solaire permettra à elle seule de résoudre toutes nos difficultés. Le solaire est une partie de la solution, mais il doit être intégré dans une politique énergétique plus large comprenant l’efficacité énergétique, la réduction du gaspillage et une meilleure organisation de la consommation.

 

L’autonomie énergétique commence aussi au niveau des citoyens

La question du stockage ne concerne pas seulement les grandes décisions nationales. Elle concerne aussi les particuliers. Dans plusieurs pays, les installations solaires domestiques accompagnées de batteries permettent aux familles de mieux gérer leur consommation et de disposer d’une réserve en cas de problème sur le réseau.

En Tunisie, cette approche pourrait progressivement se développer. Les maisons individuelles, les écoles, les petites entreprises et certaines structures publiques pourraient devenir des espaces de production et de stockage énergétique. Une école équipée de panneaux solaires pourrait réduire ses dépenses et continuer certaines activités essentielles lors d’une coupure. Une ferme agricole pourrait sécuriser son alimentation électrique pour ses équipements indispensables.

Cette évolution demande cependant une politique claire. Il ne suffit pas d’encourager l’achat de panneaux solaires. Il faut créer un environnement favorable au stockage, avec des normes adaptées, des dispositifs financiers accessibles et une réglementation capable d’accompagner les changements.

L’énergie de demain sera probablement plus proche des citoyens. Elle ne viendra pas uniquement de grandes installations centralisées, mais aussi d’un réseau composé de nombreux producteurs locaux. Cette organisation rendra le système plus résistant et permettra une meilleure utilisation des ressources disponibles.

Le soleil tunisien est une richesse nationale. Mais une richesse naturelle n’a de valeur que si elle est transformée en bénéfice concret pour la population. Produire de l’électricité lorsque le soleil brille est une première étape. Être capable de conserver cette énergie pour les moments difficiles représente l’étape décisive.

 

Construire aujourd’hui l’énergie de demain

La Tunisie se trouve devant un choix stratégique. Elle peut continuer à développer l’énergie solaire sans résoudre entièrement la question de la disponibilité électrique, ou elle peut franchir une nouvelle étape en plaçant le stockage au cœur de sa politique énergétique.

Les pannes générales nous rappellent une réalité simple : une énergie que l’on ne peut pas utiliser au moment nécessaire reste une énergie partiellement exploitée. Le véritable progrès ne consiste pas seulement à produire davantage, mais à maîtriser cette production et à la rendre disponible lorsque la société en a besoin.

Le défi est important, mais il est à la portée du pays. La Tunisie possède le soleil, des espaces adaptés, des compétences et une population capable d’accompagner cette évolution. Ce qui est nécessaire aujourd’hui, c’est une volonté politique durable et une vision dépassant les solutions immédiates.

Le stockage de l’électricité solaire n’est pas seulement une question technique. C’est une question de souveraineté, de sécurité et de préparation de l’avenir. En apprenant à conserver l’énergie que la nature nous offre chaque jour, nous pourrons transformer une simple ressource solaire en véritable force nationale.

Le soleil tunisien est déjà là. Le défi n’est plus de le trouver, mais de savoir garder son énergie pour les jours où nous en avons le plus besoin.

 

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Céréales : plus de 10,5 millions de quintaux collectés à mi-juillet

Les quantités des céréales collectées au niveau national ont atteint, jusqu’au 19 juillet 2026, environ 10,50 millions de quintaux, a indiqué l’Office des céréales dans un communiqué publié mardi.

Ces quantités sont réparties entre 9,9 millions de quintaux de céréales destinées à la consommation (soit 94 % du total des quantités collectées), 623 mille quintaux de semences certifiées brutes (soit 6 %), collectés auprès des sociétés de production de semences.

« Actuellement l’avancement de l’opération de la moisson a dépassé les 90% à l’échelle nationale dans les différentes zones de production et la collecte se poursuit dans les centres », a souligné l’Office des céréales  @S’agissant  du classement  par gouvernorat des selon des céréales  collectées, à la date de19 juillet, le gouvernorat de Béja arrive en tête avec  2,35 millions de quintaux (22,39 %), suivis des gouvernorats de Bizerte avec 1,50 million de quintaux (14,26 %),  de Siliana, avec 1,44 million de quintaux (13,77 %), du Kef  avec 1,41 million de quintaux (13,40 %) et de Jendouba avec 1,05 million de quintaux (9,96 %).

Les quantités collectées dans le reste des gouvernorats sont inférieures à 1 million de quintaux, variant entre 663 mille quintaux (gouvernorat de Zaghouan) et 60 quintaux (gouvernorat de Mahdia)

S’agissant des quantités de céréales évacuées jusqu’au 19 juillet 2026, elles ont atteint environ 4,5 millions de quintaux. Elles ont été acheminées vers les unités de l’Office des céréales ou vendues  aux minoteries .

« Ce chiffre reflète l’efficacité du programme d’évacuation adopté depuis le début de la saison, en plus des capacités de stockage supplémentaires louées, ainsi que la contribution du parc de transport terrestre et ferroviaire », selon  l’Office des céréales.

Et d’ajouter que le transfert des quantités d’orge sélectionnées se poursuit, afin de consolider le stock destiné à la semence.

Par ailleurs, afin de préserver les céréales collectées contre les éventuelles précipitations localement anprévues mardi après-midi dans les régions du Nord et du Centre, l’Office des céréales appelle les collecteurs à prendre les précautions nécessaires pour protéger leurs stocks dans les centres de collecte. Il appelle également les transporteurs à prendre les mesures nécessaires, notamment en utilisant des bâches de protection, afin de garantir la salubrité des quantités transportées.

 

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Mercato : Mohamed Amine Tougaï tourne la page de l’Espérance de Tunis

L’Espérance sportive de Tunis a annoncé mardi le départ du défenseur international algérien Mohamed Amine Tougaï, en lui rendant un vibrant hommage à travers un communiqué publié sur sa page officielle. « L’Espérance adresse ses plus sincères remerciements et sa profonde gratitude à son joueur Mohamed Amine Tougaï, en reconnaissance de tout ce qu’il a apporté durant les saisons où il a défendu les couleurs de notre club ».

Tougaï (26 ans) avait rejoint l’Espérance en 2020 en provenance du NA Husseïn-Dey. Il s’est depuis imposé comme l’un des cadres de la défense espérantiste, disputant 176 rencontres toutes compétitions confondues pour un bilan de 13 buts.

Durant son passage à l’EST, l’international algérien a remporté cinq titres de champion de Tunisie, deux Coupes de Tunisie et trois Supercoupes de Tunisie. « Tougaï a été un exemple de professionnalisme, faisant preuve d’un grand esprit de sacrifice, de discipline, d’engagement et d’un attachement sincère au maillot de l’Espérance sportive de Tunis. Il a contribué à de nombreux succès et réalisations, inscrivant ainsi son nom dans la mémoire des supporters du club », précise la même source. Et de conclure : « Tout en appréciant tout ce qu’il a apporté à l’équipe, l’Espérance sportive de Tunis lui souhaite beaucoup de succès pour la suite de sa carrière et espère le voir poursuivre sur la voie de la réussite lors de ses prochaines étapes.

 » Le défenseur central algérien devrait s’engager dans les prochains jours avec le club libyen d’Al-Ahly Tripoli, après avoir été convoité au Qatar et par le triple champion d’Algérie, le MC Alger. Tougaï, dont le contrat avec l’EST courait jusqu’en 2027, faisait partie des 26 joueurs retenus pour la Coupe du monde 2026 avec la sélection algérienne, mais sans pour autant jouer la moindre minute.

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Mondial 2026 : la FIFA écarte tout soupçon de manipulation de matchs

Le groupe de travail de la FIFA sur l’intégrité n’a détecté  » aucune activité suspecte en matière de paris, ni aucun indice relevant de la manipulation » lors des 104 matchs de la Coupe du monde 2026, a annoncé mardi l’instance dirigeante du football mondial.

Créé pour prévenir et détecter les menaces liées à la manipulation des rencontres, le groupe de travail a surveillé en temps réel les marchés des paris et l’action sur le terrain tout au long de la compétition.  » Le groupe de travail de la FIFA sur l’intégrité a fourni, lors de cette Coupe du Monde 2026, un cadre solide pour le partage de renseignements, l’évaluation des problèmes potentiels et la coordination d’une réponse rapide », a déclaré Liam Rich, responsable intégrité senior à la FIFA.

L’instance dirigeante du football mondial a centralisé les rapports de surveillance des paris, ainsi que les autres données pertinentes et les signalements reçus, avant de les analyser et de les partager avec les membres du groupe de travail conformément aux procédures établies.

Cette structure collaborative réunissait notamment des représentants des six confédérations continentales, des fédérations américaine, canadienne et mexicaine, du FBI, d’Interpol, de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, du Conseil de l’Europe, ainsi que plusieurs organisations spécialisées dans l’intégrité sportive et la surveillance des paris.

La FIFA a assuré qu’elle poursuivrait cette coopération afin de prévenir les menaces potentielles lors de ses prochaines compétitions, notamment les tournois de jeunes prévus plus tard en 2026 et la Coupe du monde féminine 2027. L’instance entend également continuer à renforcer sa stratégie d’intégrité en collaboration avec les confédérations, les associations membres et les autres acteurs engagés dans la lutte contre la manipulation des

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Éclipse solaire du 12 août 2026 : un spectacle rare visible en Tunisie

L’Europe sera traversée, le mercredi 12 août 2026, par une éclipse totale de Soleil, une première depuis 1999, tandis qu’en Tunisie, le phénomène sera visible sous la forme d’une éclipse partielle, avec une occultation de près de 60% du disque solaire à son maximum, quelques minutes avant le coucher du Soleil.

Dans un bulletin détaillé publié mardi, l’Institut national de la météorologie (INM) indique que la bande de totalité, large d’environ 290 km, correspondant à la zone où le disque solaire est entièrement occulté par la Lune, s’étendra du nord vers le sud, traversant trois continents (l’Asie, l’Amérique du Nord et l’Europe) ainsi que deux océans, l’océan Arctique et l’océan Atlantique.

Le phénomène débutera à l’aube dans les régions polaires du nord de la Sibérie, au niveau de la péninsule de Taïmyr, avant de franchir l’océan Arctique et le Groenland, où l’ombre lunaire balaiera les vastes étendues glaciaires de l’est de l’île au cours de l’après-midi.

La trajectoire de l’éclipse se poursuivra ensuite à l’ouest de l’Islande, englobant notamment la capitale Reykjavik, avant d’atteindre son point culminant au large des côtes islandaises, dans l’Atlantique, où la totalité durera 2 minutes et 18 secondes.

Selon l’INM, l’ombre de la Lune effleurera également une infime portion du territoire portugais, dans l’extrême nord-est du pays, aux environs de Bragance, pendant seulement quelques secondes.

Le phénomène s’achèvera au-dessus de la péninsule Ibérique, la bande de totalité traversant le nord et l’est de l’Espagne, notamment la Galice, les Asturies, la Cantabrie, la Castille-et-León, l’Aragon, la Catalogne et la Communauté valencienne, avant de quitter le continent au niveau des îles Baléares, notamment Ibiza et Majorque.

En Tunisie, l’éclipse partielle interviendra quelques minutes avant le coucher du Soleil, alors que l’astre sera très bas sur l’horizon occidental.

L’occultation la plus importante sera observée dans l’extrême nord-ouest du pays, avec 59% du disque solaire masqué à Tabarka, contre 46% dans la région de Tunis, les valeurs variant selon les localités.

L’Institut prévoit également un coucher de Soleil alors que celui-ci sera encore partiellement éclipsé, offrant un spectacle visuel rare, le disque solaire, teinté des couleurs du crépuscule, apparaîtra sous la forme d’un croissant lumineux avant de disparaître derrière l’horizon.

À cet effet, l’INM recommande de ne jamais observer directement le Soleil sans protection adaptée et préconise l’utilisation exclusive de lunettes certifiées conformes à la norme ISO 12312-2.

Pour bénéficier des meilleures conditions d’observation, l’Institut conseille de privilégier un site dégagé orienté vers l’ouest, exempt de tout obstacle naturel ou urbain.

Selon les prévisions, le phénomène débutera entre 18h40 et 18h46, en fonction des régions, tandis que la phase maximale de l’éclipse interviendra quelques instants avant le coucher du Soleil, entre 19h02 et 19h15.

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Canicule et coupures d’électricité : sécuriser l’alimentation électrique, un enjeu de santé publique

La vague de chaleur exceptionnelle qui frappe la Tunisie depuis plusieurs jours, met à rude épreuve les infrastructures nationales. Dans plusieurs régions du pays, les températures ont dépassé les 49°C, entraînant une consommation d’électricité sans précédent. Face à cette situation, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a été contrainte de procéder à des coupures de courant tournantes afin d’éviter un effondrement généralisé du réseau électrique national.

Sur le plan technique, cette décision peut se comprendre. Les gestionnaires du réseau sont confrontés à une demande qui atteint des niveaux historiques sous l’effet de l’utilisation massive des climatiseurs, des systèmes de réfrigération et des équipements électriques indispensables durant cette période de canicule. Dans un tel contexte, les délestages programmés constituent parfois le seul moyen d’éviter un black-out national dont les conséquences seraient encore plus graves. Mais si ces coupures peuvent se justifier au regard des impératifs de sécurité du réseau, leurs conséquences humaines soulèvent une tout autre question. Car derrière les chiffres de la consommation électrique se trouvent des vies humaines menacées. Une coupure de courant peut provoquer l’arrêt d’un appareil d’assistance respiratoire et aboutir même au décès de son utilisateur. Les coupures d’électricité ne représentent pas uniquement un désagrément pour les ménages ou une gêne passagère pour les activités économiques. Pour certains malades, elles constituent une menace directe pour la vie.

Contraintes techniques et protection des personnes

Ainsi, plusieurs patients auraient été victimes de situations difficiles, nécessitant des interventions d’urgence ou leur transfert vers des établissements hospitaliers afin de rétablir une assistance respiratoire. Ces événements posent une question fondamentale : comment, en 2026, des personnes dont la survie dépend d’un appareil électrique peuvent-elles encore être exposées à un tel risque ? Cette interrogation dépasse largement la seule responsabilité de la STEG.

Le véritable problème réside dans l’absence d’un dispositif national coordonné destiné à protéger les personnes dépendantes d’équipements médicaux électriques. Dans de nombreux pays, les opérateurs d’électricité disposent de registres recensant les patients sous assistance respiratoire ou nécessitant des équipements vitaux. Lorsqu’une coupure programmée est envisagée, ces personnes sont identifiées afin que des solutions particulières soient mises en place. En Tunisie, un tel système demeure encore insuffisamment développé. Il est pourtant possible de concilier les contraintes techniques du réseau électrique avec la protection des personnes les plus vulnérables.

Equipements électrogènes

Plusieurs structures sanitaires du pays ont fini par réagir face à la multiplication des coupures de courant qui menacent la vie des patients sous oxygène à domicile. Dans diverses délégations du pays, des hôpitaux locaux ont annoncé être prêts à accueillir en urgence les malades dépendantes de concentrateurs d’oxygène dès lors qu’une interruption de courant les empêche d’utiliser leur matériel chez eux. Ces établissements invitent les patients concernés, ou leurs proches, à contacter sans délai le service des urgences en cas de besoin, afin de garantir une prise en charge rapide et sécurisée.

Les établissements hospitaliers constituent également un maillon essentiel de cette chaîne de sécurité. La plupart des hôpitaux disposent certes de groupes électrogènes destinés à assurer la continuité des soins en cas de panne, mais les événements récents montrent que ces dispositifs ne couvrent pas toujours l’ensemble des besoins ou ne permettent pas une alimentation instantanée de tous les équipements vitaux. Au-delà des groupes électrogènes classiques, les progrès technologiques offrent aujourd’hui des solutions beaucoup plus performantes. Les alimentations électriques sans interruption (UPS), capables de prendre immédiatement le relais sans la moindre coupure, sont désormais utilisées dans la plupart des services hospitaliers modernes. Elles permettent de maintenir en fonctionnement les respirateurs, les moniteurs, les équipements de réanimation ou les appareils d’assistance respiratoire durant les quelques secondes nécessaires au démarrage des groupes électrogènes. Les batteries médicales autonomes, les concentrateurs d’oxygène équipés d’accumulateurs de longue durée ou encore les systèmes hybrides associant batteries et panneaux photovoltaïques représentent également des solutions fiables pour garantir une continuité des soins. Le coût de ces équipements demeure évidemment important. Mais il doit être comparé au prix inestimable d’une vie humaine.

Registre national des personnes dépendantes d’équipements électriques

Les patients soignés à domicile constituent une autre catégorie particulièrement exposée. De plus en plus de personnes souffrant d’insuffisance respiratoire chronique vivent aujourd’hui chez elles grâce à des concentrateurs d’oxygène fonctionnant exclusivement à l’électricité. Ces malades ne disposent généralement d’aucune alimentation de secours. Lorsqu’une panne survient durant plusieurs heures, leur état peut rapidement devenir critique. Cette réalité impose la mise en place d’une véritable stratégie nationale. Les autorités sanitaires pourraient, en collaboration avec la STEG, créer un registre national des personnes dépendantes d’équipements médicaux électriques.

Chaque patient concerné pourrait bénéficier d’un dispositif de secours adapté à sa situation : batterie autonome, groupe électrogène individuel, bouteilles d’oxygène de réserve ou hébergement temporaire dans un établissement de santé lors des périodes de délestage prolongé.

Une meilleure coordination entre les services de santé, la Protection civile, les collectivités locales et les distributeurs d’électricité permettrait également d’intervenir beaucoup plus rapidement en cas de panne.

La communication constitue également un élément essentiel

Les coupures programmées devraient être annoncées suffisamment à l’avance afin que les familles puissent prendre les dispositions nécessaires. Une application mobile, des SMS ciblés ou des appels automatisés pourraient informer les patients concernés avant toute interruption de l’alimentation électrique. Ces outils existent déjà dans plusieurs pays. Le changement climatique rend ces questions encore plus urgentes. Les épisodes de chaleur extrême devraient devenir plus fréquents au cours des prochaines années. Les besoins en climatisation continueront d’augmenter, accentuant la pression sur le réseau électrique national. Cette nouvelle réalité impose de repenser simultanément la politique énergétique et la politique sanitaire.

Modernisation des réseaux et protection des personnes fragiles

Le renforcement des capacités de production électrique, l’accélération des investissements dans les énergies renouvelables, la modernisation des réseaux de transport et de distribution ainsi que le développement des systèmes de stockage de l’électricité constituent autant de priorités pour renforcer la résilience du pays. Mais ces investissements devront s’accompagner d’une réflexion tout aussi ambitieuse sur la protection des personnes les plus fragiles. Car une infrastructure énergétique moderne ne se mesure pas uniquement à sa capacité de produire davantage d’électricité. Elle se juge également à sa capacité de protéger les citoyens lorsque surviennent des situations exceptionnelles. Les drames de Médenine ne doivent donc pas être considérés comme de simples faits divers liés à une canicule exceptionnelle. Ils constituent un signal d’alerte adressé à l’ensemble des pouvoirs publics. La Tunisie dispose aujourd’hui des compétences médicales, techniques et technologiques nécessaires pour éviter que de tels événements ne se reproduisent.

Solidarité nationale et droit à la vie

Il appartient désormais aux différents intervenants, ministère de la Santé, ministère de l’Industrie, STEG, Protection civile, collectivités locales et établissements hospitaliers, de bâtir un véritable dispositif national de prévention. Car si les coupures d’électricité peuvent parfois être inévitables pour préserver l’équilibre du réseau, aucune personne ne devrait perdre la vie faute d’alimentation électrique de secours. La protection des patients les plus vulnérables ne relève pas seulement d’une obligation technique, elle constitue un impératif de santé publique, un devoir de solidarité nationale et l’une des expressions les plus concrètes du droit fondamental à la vie.

À travers ses visites de terrain, le Président de la République Kaïs Saïed ne fait que réaffirmer que les réformes institutionnelles ne sauraient rester au stade des intentions, mais doivent produire des effets tangibles sur le quotidien des citoyens, dans le cadre de sa vision d’un État plus performant, plus responsable et davantage au service de l’intérêt général.

Ahmed NEMLAGHI

 

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Incendies de forêt :  pourquoi le risque s’intensifie chaque été ?

Chaque été, le même scénario se répète dans plusieurs régions du pays. Avec la hausse des températures, les vents chauds et l’assèchement progressif de la végétation, les incendies de forêt refont leur apparition, mobilisant d’importants moyens humains et matériels pour tenter de limiter les dégâts. Depuis le début de la saison estivale, plusieurs départs de feu ont été enregistrés dans différents gouvernorats, rappelant la vulnérabilité du patrimoine forestier national durant cette période de l’année. Face à ce phénomène récurrent, les autorités multiplient les opérations de surveillance et les campagnes de sensibilisation. Mais au-delà des interventions d’urgence, une question demeure : pourquoi les incendies semblent-ils devenir un défi de plus en plus important chaque été ?

Les forêts en Tunisie couvrent près d’un million d’hectares et constituent un patrimoine naturel essentiel. Elles jouent un rôle majeur dans la préservation de la biodiversité, la protection des sols contre l’érosion, la régulation du climat local et le développement de nombreuses activités économiques, notamment dans les zones rurales. Pourtant, cet équilibre devient particulièrement fragile dès l’arrivée des fortes chaleurs, lorsque plusieurs facteurs se combinent pour favoriser la propagation des flammes.

Une nature plus vulnérable sous l’effet des fortes chaleurs

L’été réunit les conditions idéales pour le déclenchement et la propagation des incendies. Les températures élevées, la baisse du taux d’humidité, les vents parfois soutenus et l’assèchement de la végétation transforment les herbes, les broussailles et les feuilles mortes en un combustible particulièrement inflammable. Dans ces conditions, une simple étincelle peut suffire à provoquer un départ de feu qui se propage rapidement sur plusieurs hectares. Les épisodes de sirocco aggravent encore davantage la situation. L’air chaud et sec accélère le dessèchement de la végétation, tandis que le vent favorise la progression des flammes en les poussant vers de nouvelles zones. Plus les températures restent élevées pendant plusieurs jours, plus le risque augmente, obligeant les services spécialisés à maintenir un niveau élevé de vigilance. Les reliefs montagneux de certaines régions compliquent également les opérations de lutte contre les incendies. Les zones forestières de Jendouba, Béja, Le Kef, Siliana, Zaghouan ou encore Kasserine présentent parfois un accès difficile pour les équipes terrestres. Lorsque le feu progresse rapidement sous l’effet du vent, chaque minute devient déterminante pour éviter qu’il ne gagne de nouvelles superficies.

L’activité humaine reste à l’origine de nombreux départs de feu

Si les conditions météorologiques expliquent la rapidité avec laquelle un incendie peut se propager, elles ne sont pas toujours à l’origine de son déclenchement. Dans de nombreux cas, le facteur humain demeure déterminant. Les autorités rappellent régulièrement qu’une grande partie des incendies pourrait être évitée grâce à des comportements plus responsables.

Un mégot de cigarette jeté depuis un véhicule, un feu de camp mal éteint, le brûlage de déchets végétaux, des travaux agricoles réalisés sans précaution ou encore des étincelles produites par certaines machines peuvent suffire à provoquer un incendie. Pendant l’été, lorsque la végétation est particulièrement sèche, ces gestes prennent une dimension beaucoup plus dangereuse. Les promenades en forêt, les pique-niques et les activités de loisirs augmentent également la fréquentation des espaces naturels durant la saison estivale. Si la majorité des visiteurs respecte les règles de sécurité, quelques imprudences peuvent avoir des conséquences importantes sur des milliers d’hectares de végétation. Les autorités insistent donc sur le respect des consignes, notamment l’interdiction d’allumer un feu dans les zones forestières lorsque le risque est élevé. La prévention reste ainsi le moyen le plus efficace de limiter les départs de feu. Une fois qu’un incendie s’est déclaré dans un massif forestier fortement desséché, son évolution devient souvent difficile à maîtriser, même avec des moyens importants.

Une mobilisation renforcée pour protéger les forêts

Chaque année, les autorités mettent en place un dispositif spécifique à l’approche de l’été afin de réduire les risques et d’intervenir rapidement en cas d’incendie. La Direction générale des forêts, la Protection civile, les forces de sécurité et les autorités régionales travaillent en coordination pour assurer une surveillance renforcée des zones les plus sensibles. Des patrouilles sont déployées dans plusieurs massifs forestiers, tandis que des postes de veille sont activés durant toute la période estivale. Les moyens d’intervention sont également renforcés afin de permettre une réaction rapide dès les premiers départs de feu. L’objectif est d’agir le plus tôt possible, avant que les flammes ne prennent de l’ampleur et ne deviennent plus difficiles à contenir. Les campagnes de sensibilisation occupent elles aussi une place importante dans cette stratégie. Chaque été, les autorités rappellent aux citoyens les gestes à éviter en forêt et les invitent à signaler immédiatement tout départ de fumée ou toute situation suspecte. Cette collaboration avec la population constitue un élément essentiel de la prévention, car une intervention précoce peut éviter la destruction de vastes superficies.

Au-delà de l’urgence estivale, la protection des forêts s’inscrit dans une réflexion plus large sur les effets du changement climatique. Les épisodes de chaleur intense deviennent plus fréquents et plus longs, augmentant les périodes durant lesquelles les espaces forestiers restent exposés à un risque élevé d’incendie. Cette évolution oblige les services compétents à adapter progressivement leurs méthodes de surveillance et leurs moyens d’intervention. La préservation du patrimoine forestier tunisien représente aujourd’hui un enjeu environnemental, économique et social. Les forêts constituent une richesse naturelle précieuse, mais aussi une source de revenus pour de nombreuses populations vivant à proximité de ces espaces. Chaque incendie entraîne non seulement la destruction de la végétation, mais affecte également la faune, les sols et les équilibres écologiques, dont la reconstitution peut nécessiter plusieurs années.

À mesure que les étés deviennent plus chauds, la lutte contre les incendies ne peut plus reposer uniquement sur les interventions des secours. Elle passe aussi par une vigilance quotidienne, une meilleure sensibilisation du public et un respect strict des règles de sécurité dans les espaces forestiers. Car si les conditions climatiques favorisent la propagation des flammes, de nombreux incendies pourraient encore être évités grâce à des gestes simples. Préserver les forêts est une responsabilité collective qui dépasse la seule saison estivale et engage chacun dans la protection d’un patrimoine naturel indispensable aux générations futures.

Leila SELMI

 

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Football : Guillermo Ochoa tire sa révérence après avoir disputé six Coupes du monde

Le gardien mexicain Guillermo « Memo » Ochoa, qui vient de participer à sa sixième Coupe du monde, un record qu’il détient conjointement avec le Portugais Ronaldo et l’Argentin Messi, a annoncé mardi à 41 ans mettre un terme à sa carrière.

Contrairement à Ronaldo et Messi qui ont participé à toutes les rencontres avec leurs sélections lors du Mondial de juin-juillet, Ochoa n’est rentré qu’en toute fin de rencontre, lors du dernier match de poule sans enjeu du Mexique, déjà qualifié, à la 78e minute contre la République Tchèque (2-0) pour être célébré dans le stade Aztèque de Mexico.

Déjà en 2010 en Afrique du Sud, il avait été retenu pour le Mondial mais n’avait disputé aucune rencontre de la compétition. Il termine sa carrière avec 154e sélection avec « El Tri ».

« J’ai tout donné, dans mes clubs et en sélection, et aujourd’hui je rends mes gants », a déclaré Ochoa dans un message sur les réseaux sociaux, mettant un terme à une carrière étalée dans neuf clubs et sept pays. Le natif de Guadalajara, international depuis 2005, qui évoluait au club chypriote de l’AEL Limassol, a commencé sa carrière au Mexique en 2004 et est passé par la France (Ajaccio), l’Espagne, la Belgique, l’Italie et le Portugal.

Réputé pour sa solidité sur sa ligne grâce à ses parades réflexes foudroyantes, Ochoa est devenu célèbre lors de la Coupe du monde 2014 au Brésil, où il a réalisé un match resté dans les mémoires contre le pays-hôte en phase de poules (0-0). En 2018, il renforce encore sa légende avec un nouveau tour de force contre l’Allemagne, qui s’incline face au Mexique (1-0).

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Eau, patrimoine et gouvernance publique :  vers une lecture stratégique de l’action de l’État 

Par Mondher AFI

Le 18 juillet 2026, le Président de la République, Kaïs Saïed, s’est rendu au complexe hydraulique de Ghedir El Golla, relevant de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), avant de poursuivre sa visite dans la région de Qantara Bizerte, au sein de la délégation de Kalaat El Andalous. Cette visite s’inscrit dans un contexte marqué par l’intensification des enjeux liés à la sécurité hydrique, à la préservation des infrastructures stratégiques et à la gestion durable des ressources naturelles.

Au-delà de sa portée institutionnelle, elle met en lumière les défis structurels auxquels la Tunisie demeure confrontée en matière de mobilisation, de sécurisation et de gouvernance de l’eau, de protection du patrimoine hydraulique national et de modernisation des équipements indispensables à la continuité du service public. Elle renvoie également aux impératifs de résilience face aux effets du changement climatique, à l’accroissement des pressions sur les ressources disponibles et à la nécessité d’une planification intégrée conciliant sécurité hydrique, développement territorial et souveraineté nationale.

L’eau ne constitue plus uniquement une ressource naturelle indispensable à la satisfaction des besoins fondamentaux des populations. Elle est devenue un déterminant majeur de la souveraineté des États, de la sécurité nationale, de la compétitivité économique, de la cohésion territoriale et de la stabilité sociale. Dans un contexte international marqué par l’intensification des effets du changement climatique, la croissance démographique, l’urbanisation accélérée et l’augmentation continue des besoins agricoles, industriels et énergétiques, la maîtrise des ressources hydriques s’impose désormais comme une composante essentielle des politiques publiques et de la planification stratégique. La capacité d’un État à sécuriser durablement ses ressources en eau conditionne de plus en plus son autonomie de décision, sa résilience face aux crises et la pérennité de son modèle de développement.

Pour les pays soumis à un stress hydrique structurel, la gestion de l’eau ne peut plus être réduite à une succession de mesures destinées à répondre aux situations de pénurie. Elle suppose une gouvernance anticipative fondée sur une vision de long terme intégrant les dimensions environnementales, économiques, sociales, technologiques et institutionnelles. Cette approche implique une meilleure connaissance des ressources disponibles, une planification rigoureuse des investissements, une modernisation permanente des infrastructures, une rationalisation des usages, une diversification des sources d’approvisionnement ainsi qu’une mobilisation des innovations scientifiques permettant d’améliorer l’efficacité de la gestion hydraulique.

En Tunisie, les tensions observées depuis plusieurs années autour de la disponibilité de l’eau dépassent largement les seules conséquences des épisodes de sécheresse ou de l’élévation des températures. Si la diminution des précipitations, la succession des années déficitaires, l’augmentation de l’évaporation et l’irrégularité croissante des régimes pluviométriques exercent une pression réelle sur les ressources disponibles, ces facteurs naturels ne suffisent pas, à eux seuls, à expliquer l’ampleur des difficultés auxquelles le pays est confronté.

 

L’eau, un enjeu stratégique

De nombreux travaux soulignent que la crise actuelle résulte également de facteurs structurels accumulés sur plusieurs décennies. Les choix d’aménagement du territoire, l’orientation de certaines politiques agricoles vers des productions fortement consommatrices d’eau, l’exploitation croissante des nappes souterraines, le vieillissement des réseaux de transport et de distribution, les pertes importantes enregistrées au sein des infrastructures hydrauliques, les retards dans les opérations de maintenance, l’envasement progressif de plusieurs barrages ainsi que l’insuffisance des investissements consacrés aux nouvelles technologies de mobilisation et de valorisation des ressources non conventionnelles ont progressivement réduit les marges de sécurité hydraulique du pays.

À ces contraintes s’ajoutent des défis institutionnels liés à la fragmentation des responsabilités, à la complexité des mécanismes de coordination entre les différents acteurs publics, à la faiblesse des systèmes de suivi et d’évaluation ainsi qu’à l’absence d’une gouvernance intégrée permettant d’articuler efficacement les politiques de l’eau, de l’agriculture, de l’environnement, de l’aménagement du territoire et du développement régional. Dans ces conditions, la gestion de l’eau tend à s’inscrire davantage dans une logique de réaction face aux urgences que dans une stratégie fondée sur l’anticipation, la prévention et la résilience.

Les interruptions récurrentes de l’approvisionnement, les difficultés rencontrées dans plusieurs régions ainsi que les tensions croissantes entre les différents usages de l’eau ne constituent donc pas uniquement des dysfonctionnements techniques ou des conséquences conjoncturelles des aléas climatiques. Elles révèlent les limites d’un modèle de gouvernance confronté à des transformations profondes de son environnement naturel, économique et démographique. La crise hydrique apparaît ainsi comme le symptôme d’un déséquilibre plus global entre les ressources disponibles, les modes de consommation, les capacités d’investissement et les mécanismes de pilotage des politiques publiques.

Dans cette perspective, la question de l’eau dépasse désormais le champ des infrastructures hydrauliques pour devenir un enjeu transversal de politique publique. Elle engage simultanément la sécurité alimentaire, la santé publique, le développement industriel, la protection des écosystèmes, la justice territoriale et la souveraineté nationale. La réponse à ces défis ne repose pas uniquement sur l’accroissement des capacités de stockage ou la réalisation de nouveaux ouvrages, mais sur la construction d’un modèle de gouvernance capable d’intégrer les impératifs de durabilité, d’efficacité économique, d’équité sociale et de résilience climatique dans une vision stratégique cohérente et de long terme.

 

La gouvernance des infrastructures : entre responsabilité et coordination

La visite des installations de Ghedir El Golla met en évidence une question essentielle : la qualité d’une infrastructure dépend autant de sa conception que de son mode de gouvernance.

Les réseaux hydrauliques reposent sur une coordination permanente entre les différents niveaux de décision, les opérateurs techniques, les collectivités territoriales et les autorités publiques. Toute défaillance dans cette chaîne peut produire des conséquences importantes sur la continuité du service public.

Au milieu de cette visite, le Président Kaïs Saïed a insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les différents intervenants et sur la responsabilité des responsables en cas de manquements constatés. Cette position renvoie à un principe classique de la gouvernance publique : l’efficacité d’une politique dépend autant de la qualité des décisions que de leur mise en œuvre effective.

La visite du chantier de protection contre les inondations de l’oued Medjerda met en évidence que les politiques de l’eau ne peuvent être envisagées sous le seul angle de la gestion des pénuries. Les transformations climatiques se traduisent par une alternance plus marquée entre sécheresses prolongées et épisodes pluvieux de forte intensité, exposant les territoires à des risques hydrologiques de plus en plus complexes. Dans ce contexte, les ouvrages hydrauliques doivent être intégrés dans une stratégie globale associant prévention des inondations, amélioration des capacités de stockage, recharge des nappes phréatiques, valorisation des eaux pluviales et protection des espaces vulnérables. Cette approche repose sur une planification territoriale capable d’articuler adaptation climatique, gestion des risques et développement durable.

La restauration du pont historique de Qantara Bizerte, édifié en 1608, s’inscrit dans une problématique complémentaire liée à la préservation du patrimoine. Les monuments historiques ne constituent pas uniquement des témoins du passé, ils représentent des ressources culturelles, sociales et économiques contribuant à l’identité des territoires, à leur attractivité et à leur développement. Leur conservation exige une politique publique fondée sur l’entretien régulier, l’expertise scientifique, la protection juridique et la coordination entre les institutions nationales et les collectivités territoriales, afin d’assurer la transmission de ce patrimoine tout en l’intégrant aux dynamiques contemporaines de développement local.

 

Vers une nouvelle culture de la gouvernance publique

Les tensions récurrentes observées autour de l’accès à l’eau mettent en évidence le caractère multidimensionnel de la question hydraulique. Elles montrent que les difficultés rencontrées ne peuvent être interprétées comme la simple conséquence d’insuffisances techniques ou de contraintes climatiques conjoncturelles. La raréfaction progressive des ressources disponibles, l’évolution des besoins des différents secteurs économiques, les disparités territoriales dans l’accès aux services publics ainsi que les effets du changement climatique confèrent à la gestion de l’eau une dimension stratégique qui dépasse largement le cadre de l’ingénierie hydraulique.

Dans cette perspective, les défis actuels invitent à une réflexion plus globale sur les mécanismes de gouvernance, les modes de planification et les capacités institutionnelles mobilisés dans la gestion des ressources naturelles. La question ne se limite plus à accroître les capacités de stockage ou à renforcer les réseaux de distribution, elle renvoie également à la nécessité de développer des dispositifs de pilotage capables d’articuler les politiques de l’eau avec celles de l’agriculture, de l’énergie, de l’environnement, de l’aménagement du territoire et du développement régional. L’efficacité des réponses publiques dépend en grande partie de cette capacité à dépasser les approches sectorielles au profit d’une vision intégrée prenant en compte les interactions complexes entre les différentes dimensions du développement.

Les mobilisations citoyennes liées aux difficultés d’accès à l’eau révèlent des attentes qui dépassent la seule continuité du service public. Elles mettent en lumière les enjeux d’équité territoriale, de qualité de la gouvernance et de confiance institutionnelle.

L’évolution de la situation hydraulique en Tunisie dépendra moins de la mise en œuvre de réponses ponctuelles aux épisodes de pénurie que de la capacité des politiques publiques à s’inscrire dans une approche stratégique, intégrée et prospective. Une telle orientation suppose d’articuler l’adaptation au changement climatique, la modernisation des infrastructures hydrauliques, l’amélioration de l’efficience des réseaux de distribution, la rationalisation des usages agricoles, le développement des ressources en eau non conventionnelles, le recours aux innovations technologiques ainsi que le renforcement des mécanismes de gouvernance et de coordination institutionnelle.

Dans cette perspective, l’enjeu dépasse la seule gestion opérationnelle des crises hydriques. Il concerne la capacité des institutions à anticiper les évolutions environnementales, démographiques, économiques et territoriales susceptibles de modifier durablement l’équilibre entre l’offre et la demande en eau. Cette anticipation implique le développement d’outils de planification, de systèmes d’information fiables, d’une évaluation régulière des politiques publiques et d’une gouvernance fondée sur la coordination entre les différents secteurs concernés.

À mesure que les ressources hydriques deviennent plus limitées et que leur répartition fait l’objet de tensions croissantes, la gestion de l’eau tend à s’imposer comme une question transversale mobilisant des enjeux de sécurité alimentaire, de développement économique, d’aménagement du territoire, de protection des écosystèmes et de cohésion sociale. Dans ce contexte, les choix relatifs à la politique de l’eau ne relèvent pas uniquement de considérations techniques ou administratives, ils constituent un domaine stratégique dont les orientations influencent, à moyen et à long terme, les trajectoires de développement et les capacités de résilience de l’État face aux transformations climatiques et environnementales.



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Météo : prévisions du mardi 22 juillet 2026

Quelques nuages sur la plupart des régions ce mercredi, devenant plus denses, l’après-midi, sur les régions ouest du nord et du centre avec apparition de cellules orageuses locales accompagnées de quelques pluies.

Vent de secteur nord sur le nord, de secteur est sur le centre et de secteur ouest sur le sud, faible à modéré et devenant plus fort sous orages.

Mer moutonneuse dans le nord et peu agitée sur le reste des côtes.

Températures en légère baisse dans le nord, la région du sahel et les hauteurs et restent élevées dans le reste des régions, avec des maximales comprises entre 38 et 42 degrés près des côtes et les hauteurs et entre 43 et 49 degrés ailleurs, avec vent de sirocco.

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