Lese-Ansicht

Entre stratégie RSE et rayonnement national, Ooredoo renforce son alliance avec le CNOT

Ooredoo Tunisie confirme son engagement aux côtés du sport national en renouvelant, pour la troisième fois consécutive, son partenariat stratégique avec le Comité National Olympique Tunisien (CNOT). Cet accord, qui s’inscrit dans le cadre du programme de responsabilité sociétale « Tounes T3ich », couvrira la période allant jusqu’aux Jeux Olympiques de 2028.

Au-delà d’un simple partenariat de sponsoring, cette alliance illustre le rôle croissant des entreprises privées dans l’accompagnement du mouvement sportif tunisien et dans la valorisation du capital humain national. À travers ce renouvellement, Ooredoo Tunisie entend contribuer à la préparation des athlètes, au développement des talents et au renforcement de la présence tunisienne sur les grandes compétitions internationales.

Dans un contexte où le sport représente un vecteur d’image, d’inclusion et de rayonnement international, le soutien aux athlètes de haut niveau devient un enjeu stratégique pour les institutions sportives comme pour les acteurs économiques. Le partenariat entre l’opérateur télécom et le CNOT s’inscrit ainsi dans une logique d’accompagnement à long terme, couvrant l’ensemble du cycle olympique jusqu’à Los Angeles 2028.

La prochaine période sera particulièrement déterminante pour les sportifs tunisiens. Après les Jeux méditerranéens prévus en Italie, les athlètes entameront une phase intensive de préparation en perspective des grandes échéances internationales, avec pour objectif de défendre les couleurs nationales dans les meilleures conditions.

Pour Eyas Assaf, Directeur général d’Ooredoo Tunisie, cet engagement traduit une conviction : « soutenir le sport, c’est investir dans les femmes et les hommes qui porteront les couleurs de la Tunisie sur les plus grandes scènes internationales ». Le responsable souligne également que le renouvellement de ce partenariat confirme la volonté de l’entreprise d’inscrire son action dans la durée.

De son côté, Mehrez Boussayene, président du Comité National Olympique Tunisien, considère cette collaboration comme un appui essentiel aux missions du CNOT et à la préparation des athlètes face aux prochaines échéances sportives.

À travers cette nouvelle étape, Ooredoo Tunisie consolide ainsi sa stratégie de responsabilité sociétale en faisant du sport un levier de développement et de cohésion. Un positionnement qui illustre la tendance croissante des grandes entreprises tunisiennes à associer leur marque aux enjeux de jeunesse, de performance et de rayonnement national.

L’article Entre stratégie RSE et rayonnement national, Ooredoo renforce son alliance avec le CNOT est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Coupures d’électricité en Tunisie : plusieurs parquets ouvrent des enquêtes judiciaires en urgence

Selon des informations relayées par plusieurs médias de la place, les parquets de plusieurs tribunaux , notamment ceux de Tunis, Tunis 2, Nabeul, Sfax, Bizerte et d’autres, ont autorisé l’ouverture d’enquêtes judiciaires en urgence concernant les circonstances des coupures de courant électrique survenues dans plusieurs régions du pays, pour des durées prolongées et, dans certains cas, sans préavis.

Ces parquets ont également ordonné l’audition des responsables concernés et la prise des mesures nécessaires, à la lumière des responsabilités qui seront établies à l’issue de ces enquêtes.

L’article Coupures d’électricité en Tunisie : plusieurs parquets ouvrent des enquêtes judiciaires en urgence est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Maher Ketari : « La solution passe par les centrales photovoltaïques »

Les coupures d’électricité, devenues le calvaire quotidien des citoyens, semblent être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Que peut faire l’Assemblée des représentants du peuple ? A-t-elle les coudées franches pour agir, ou la responsabilité incombe-t-elle principalement à l’exécutif ? Existe-t-il des solutions miracles ?

Comme tout citoyen, chacun a le droit d’être en colère : nous n’avons jamais connu de coupures d’une telle ampleur. Des interruptions de 5, 6 ou 7 heures sont considérables et peuvent provoquer de graves dommages. Sur le plan humain, elles posent des problèmes majeurs pour les malades et les hôpitaux. Sur le plan économique, l’industrie en souffre non seulement les grandes entreprises, mais aussi les petites et très petites entreprises fortement affectées.

Nous avons interrogé Maher Ketari, président de la commission des Finances à l’ARP, dans les locaux de L’Economiste Maghrébin. Il dresse un bilan précis et annonce les suites : « Nous avons officiellement demandé l’audition du ministre de l’Industrie. J’espère qu’elle se tiendra d’ici la fin de la semaine ou au début de la suivante. Ce sera l’occasion pour chacun de présenter ses doléances, poser ses questions et exposer ses propositions par l’intermédiaire du député qui le représente. »

En tant que député et président de la Commission des Finances à l’ARP,  Maher Ketari, avec ses collègues, recueille toutes les doléances des citoyens pour les transmettre au ministre de l’Industrie, des mines et de l’énergie,  en espérant obtenir des réponses convaincantes pour les citoyens. « Il y a un véritable déficit de communication en cette période, précise-t-il. J’aurais souhaité la tenue d’un point de presse hebdomadaire, que ce soit avec le PDG de la STEG, le ministre ou la cheffe du gouvernement. »

C’est pour cette raison qu’une séance plénière sera organisée. L’objectif : obtenir des réponses claires sur l’état actuel du système électrique, sur la stratégie énergétique nationale et sur les mesures prévues pour éviter la répétition des coupures, chaque été et au fil des saisons.

Quant aux solutions à court terme, Maher Ketari se veut réaliste : « Honnêtement, il n’y a pas de solution miracle. Nous sommes en situation de surconsommation. Car, le réseau ne peut produire autant d’électricité que nécessaire, d’où les coupures. La situation a été aggravée par le black-out en Algérie. En effet, lorsque la Tunisie connaissait une surconsommation, l’Algérie nous aidait souvent à combler le déficit. Cette année, elle n’a pas pu le faire, car elle-même faisait face à des problèmes de surconsommation. »

Il conclut sur une perspective à moyen terme : « La solution passe, selon moi, par les centrales photovoltaïques. Si nous parvenons à mettre en service deux ou trois parcs représentant 200 à 300 mégawatts cette année, ce serait déjà une avancée importante. »

L’article Maher Ketari : « La solution passe par les centrales photovoltaïques » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Orientation universitaire 2026 : la Tunisie modernise ses licences pour coller aux besoins du marché du travail

Le ministère de l’Enseignement supérieur annonce une refonte inédite des licences nationales, avec 1 191 nouvelles offres de formation validées avant la rentrée universitaire.

À l’approche de la rentrée universitaire, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a achevé une révision globale de 1115 parcours de licence nationale. Ces parcours n’avaient connu aucune actualisation depuis 2019. Au total, 1 191 offres de formation ont été validées dans le secteur public afin d’accueillir les bacheliers admis à l’examen du baccalauréat.

Cette réforme vise à améliorer la qualité de la formation universitaire et à renforcer l’employabilité des diplômés tunisiens. L’annonce a été faite par Mounir Ayadi, directeur général du renouveau universitaire au ministère de l’Enseignement supérieur, dans une déclaration aux médias. Elle intervient en marge de l’ouverture des Journées médiatiques nationales de l’orientation universitaire, organisées à la Cité des sciences, au moment précis où débute la saison de l’orientation universitaire pour les nouveaux bacheliers.

1 904 offres de formation examinées, 1 191 validées

Le ministère a reçu 1 904 offres de formation émanant d’établissements d’enseignement supérieur publics et privés, dont 576 issues du secteur privé. Après évaluation, 1 191 offres ont été validées dans le secteur public. Parmi elles, 53 % correspondent à la refonte de parcours de licence existants selon de nouvelles approches pédagogiques. Tandis que 47 % constituent des offres de formation entièrement nouvelles, conçues pour répondre aux métiers émergents et aux besoins de l’économie numérique.

La révision des parcours de licence a touché un large éventail de disciplines : sciences exactes et technologie, sciences de gestion et sciences économiques, domaine paramédical, arts et arts plastiques, sciences sociales, histoire et géographie. Cette diversification traduit la volonté du ministère d’adapter l’offre universitaire tunisienne aux transformations économiques et technologiques du pays.

Le Guide national des métiers et des compétences au cœur de la réforme

La conception des nouveaux programmes universitaires s’appuie sur le Guide national de référence des métiers et des compétences, un outil qui identifie les besoins réels du marché du travail tunisien. Des institutions économiques et sociales ont été associées à l’élaboration des offres de formation, avec pour objectif de réduire l’écart entre l’université et son environnement économique, et d’améliorer l’insertion professionnelle des futurs diplômés.

En parallèle de la révision des filières universitaires, le ministère développe les compétences transversales des étudiants à travers le projet Savoir Agir. Ce programme met l’accent sur la maîtrise des langues étrangères, en particulier l’anglais et le français, ainsi que sur des compétences comportementales de plus en plus recherchées sur le marché de l’emploi, comme la communication, le travail en équipe, la persuasion et le marketing personnel. Cette réforme des licences universitaires s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’enseignement supérieur en Tunisie, engagée en parallèle des Journées nationales de l’information et de l’orientation universitaire destinées aux bacheliers.

L’article Orientation universitaire 2026 : la Tunisie modernise ses licences pour coller aux besoins du marché du travail est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Les pharmaciens alertent : les coupures de courant menacent les médicaments

Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie a adressé une correspondance officielle au président-directeur général de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), afin de tirer la sonnette d’alarme sur les conséquences des coupures non annoncées d’électricité sur la conservation des médicaments et la santé publique.

Dans un communiqué publié mercredi, l’instance représentative des pharmaciens a expliqué que cette démarche intervient face à l’impact des interruptions répétées du courant sur le fonctionnement normal des différentes activités du secteur pharmaceutique. Ces perturbations pourraient, selon le Conseil, entraîner des répercussions directes sur la sécurité des patients, notamment en affectant les conditions de stockage et de conservation de certains traitements nécessitant une chaîne du froid.

Face à cette situation, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens a proposé l’organisation d’une réunion urgente avec les services de la STEG afin d’examiner des solutions immédiates permettant de limiter les effets de ces coupures, mais également d’élaborer un dispositif préventif à plus long terme pour anticiper les risques et garantir la continuité des services pharmaceutiques dans les meilleures conditions.

L’instance a par ailleurs appelé l’ensemble des pharmaciens à renforcer leur mobilisation durant cette période exceptionnelle, afin d’assurer la prise en charge des patients et de préserver la santé des citoyens. Elle a salué leur engagement constant et leur sens des responsabilités professionnelles, malgré les contraintes auxquelles ils sont confrontés

L’article Les pharmaciens alertent : les coupures de courant menacent les médicaments est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Coupures électriques de 10h à 16h : voici les régions concernées aujourd’hui !

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a annoncé la mise en place de coupures électriques tournantes ce mercredi, entre 10h00 et 16h00, sur plusieurs zones réparties à travers différentes régions du pays. Ces interruptions seront effectuées par intermittence, selon un programme de délestage visant à préserver l’équilibre du réseau électrique national.

Dans un communiqué publié sur sa page officielle, la STEG a précisé que le rétablissement du courant pourrait intervenir sans préavis, en fonction de l’évolution de la situation sur le réseau. L’entreprise a expliqué que cette mesure exceptionnelle intervient dans le cadre de la préservation de la sécurité et de la continuité du système électrique, appelant ses clients à prendre les précautions nécessaires afin de limiter les impacts liés à ces coupures électriques.

La société a également publié une liste des zones concernées, réparties selon les régions géographiques. Tout en soulignant que cette liste n’est pas définitive et pourrait être élargie à d’autres localités en fonction des besoins du réseau.

Les régions concernées par les coupures

Centre du pays

Les interruptions concernent notamment plusieurs délégations et localités des gouvernorats de Sousse, Monastir, Mahdia et Kairouan, parmi lesquelles :

Bembla, Regueb, M’saken, Bouhajla, Bouhjar, Aïn Jeloula, Zaouiet Sousse, Nasrallah, Sahline, Menzel El Mahiri, Menzel Kamel, Moknine, Ouled Achour, El S’hilat, Chebba, Sbikha, Bekalta, El Ala, Cherban, Enfidha, Rejiche, Hergla, Souassi, Bouficha, Karkar, zone industrielle d’Enfidha, Sidi Bou Ali, Hammam Sousse, Kalaâ Kebira, Akouda, Riadh, Khzema, cité universitaire de Kalaâ Sghira, Sahloul 3, Ksar Lemsa, Ouled Chamekh, Jemmal, zone industrielle d’El Jem, Ksar Hellal, Bennane, Sayada, Touza, Feriana (Monastir), Chetouane, Kairouan ville, Omrane (Monastir), Zaouiet Kountach, Chott Meriem, Boumerdes et cité Ettamir (Sousse).

Grand Tunis

Dans le Grand Tunis, plusieurs quartiers et communes sont concernés, notamment :

Les Menzah, El Manar, Aïn Zaghouan, Jardins de Carthage, Le Bardo, Le Kram, La Goulette, Tebourba, La Manouba, Sidi Thabet et Borj Touil.

Nord-Ouest

Les coupures toucheront également plusieurs zones du Nord-Ouest, dont :

Nefza et Chetata, Errouhia, Makthar, Bou Salem, Ghardimaou, Teboursouk, Nebeur, Jerissa, Dahmani, Bouarada.

Gouvernorat de Sfax

Les localités concernées comprennent notamment :

Mahres, El Ghraiba, Skhira, Bir Ali Ben Khalifa, Agareb, El Amra, Tina, Sfax Ouest, Sakiet Ezzit, Sakiet Eddaïer, Chebba et Melloulech.

Nord du pays : Bizerte, Zaghouan et Cap Bon

Dans le Nord et le Cap Bon, les zones concernées incluent :

Gouvernorat de Bizerte : Menzel Abderrahmane, El Alia, Louata, Ezzouaouine, Aousja, Ras Jebel, Ghar El Melh, Utique, Ghazala, Menzel Bourguiba, Sejnane, El Khetemine, Ghar El Melh, Mateur et Tinja.

Gouvernorat de Zaghouan : Zriba, Jebel Oust, El Fahs, Bir Mcherga, Ennadhour, Zaghouan ville, Saouaf.

Gouvernorat de Nabeul : Aïn Kmiçha, Korba, Dar Chaâbane, Béni Khiar, Maâmoura, Grombalia, Haouaria, Kélibia, Hammam Ghezaz, Hammamet, Menzel Bouzelfa, Menzel Tmime, Soliman et Takelsa.

Sud-Ouest

Plusieurs localités des gouvernorats de Kasserine, Gafsa, Tozeur et Sidi Bouzid sont également concernées, notamment :

Sbeïtla, Thala, Aïn El Karma, El Ayoun, Sidi Aïch, Essabala, Oum El Adham, Foussana, Majel Bel Abbès, Hassi El Ferid, Gafsa Nord, Sidi Ali Ben Aoun, Nefta, Deguech, Ouled Haffouz, El Hamma, El Guettar et d’autres zones avoisinantes.

Sud tunisien

Les interruptions toucheront plusieurs zones des gouvernorats de Médenine, Tataouine, Kébili et Gabès, parmi lesquelles :

Médenine, Zarzis, Ben Guerdane, Tataouine, Djerba, Gabès, ainsi que plusieurs quartiers et localités : route de Tataouine, route de Gabès, cité Ennour, Beni Khedache, Sidi Makhlouf, Chrayha, Zarzis, Ramada, Ghomrassen, Dhehiba, Jnen, Jemna, Douz, El Faouar, Noueil, Midoun, Houmt Souk, Guellala, Ajim, Aghir, Sedouikech, Bouchma, Ghannouch, Oudhref, Matouia et Menzel Habib.

Face à ces perturbations, la STEG recommande aux citoyens et aux entreprises concernées de prendre les dispositions nécessaires pour protéger leurs équipements électriques, notamment les appareils sensibles, et de suivre régulièrement les mises à jour communiquées par l’entreprise.

L’article Coupures électriques de 10h à 16h : voici les régions concernées aujourd’hui ! est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Eau, patrimoine et gouvernance publique :  vers une lecture stratégique de l’action de l’État 

Par Mondher AFI

Le 18 juillet 2026, le Président de la République, Kaïs Saïed, s’est rendu au complexe hydraulique de Ghedir El Golla, relevant de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), avant de poursuivre sa visite dans la région de Qantara Bizerte, au sein de la délégation de Kalaat El Andalous. Cette visite s’inscrit dans un contexte marqué par l’intensification des enjeux liés à la sécurité hydrique, à la préservation des infrastructures stratégiques et à la gestion durable des ressources naturelles.

Au-delà de sa portée institutionnelle, elle met en lumière les défis structurels auxquels la Tunisie demeure confrontée en matière de mobilisation, de sécurisation et de gouvernance de l’eau, de protection du patrimoine hydraulique national et de modernisation des équipements indispensables à la continuité du service public. Elle renvoie également aux impératifs de résilience face aux effets du changement climatique, à l’accroissement des pressions sur les ressources disponibles et à la nécessité d’une planification intégrée conciliant sécurité hydrique, développement territorial et souveraineté nationale.

L’eau ne constitue plus uniquement une ressource naturelle indispensable à la satisfaction des besoins fondamentaux des populations. Elle est devenue un déterminant majeur de la souveraineté des États, de la sécurité nationale, de la compétitivité économique, de la cohésion territoriale et de la stabilité sociale. Dans un contexte international marqué par l’intensification des effets du changement climatique, la croissance démographique, l’urbanisation accélérée et l’augmentation continue des besoins agricoles, industriels et énergétiques, la maîtrise des ressources hydriques s’impose désormais comme une composante essentielle des politiques publiques et de la planification stratégique. La capacité d’un État à sécuriser durablement ses ressources en eau conditionne de plus en plus son autonomie de décision, sa résilience face aux crises et la pérennité de son modèle de développement.

Pour les pays soumis à un stress hydrique structurel, la gestion de l’eau ne peut plus être réduite à une succession de mesures destinées à répondre aux situations de pénurie. Elle suppose une gouvernance anticipative fondée sur une vision de long terme intégrant les dimensions environnementales, économiques, sociales, technologiques et institutionnelles. Cette approche implique une meilleure connaissance des ressources disponibles, une planification rigoureuse des investissements, une modernisation permanente des infrastructures, une rationalisation des usages, une diversification des sources d’approvisionnement ainsi qu’une mobilisation des innovations scientifiques permettant d’améliorer l’efficacité de la gestion hydraulique.

En Tunisie, les tensions observées depuis plusieurs années autour de la disponibilité de l’eau dépassent largement les seules conséquences des épisodes de sécheresse ou de l’élévation des températures. Si la diminution des précipitations, la succession des années déficitaires, l’augmentation de l’évaporation et l’irrégularité croissante des régimes pluviométriques exercent une pression réelle sur les ressources disponibles, ces facteurs naturels ne suffisent pas, à eux seuls, à expliquer l’ampleur des difficultés auxquelles le pays est confronté.

 

L’eau, un enjeu stratégique

De nombreux travaux soulignent que la crise actuelle résulte également de facteurs structurels accumulés sur plusieurs décennies. Les choix d’aménagement du territoire, l’orientation de certaines politiques agricoles vers des productions fortement consommatrices d’eau, l’exploitation croissante des nappes souterraines, le vieillissement des réseaux de transport et de distribution, les pertes importantes enregistrées au sein des infrastructures hydrauliques, les retards dans les opérations de maintenance, l’envasement progressif de plusieurs barrages ainsi que l’insuffisance des investissements consacrés aux nouvelles technologies de mobilisation et de valorisation des ressources non conventionnelles ont progressivement réduit les marges de sécurité hydraulique du pays.

À ces contraintes s’ajoutent des défis institutionnels liés à la fragmentation des responsabilités, à la complexité des mécanismes de coordination entre les différents acteurs publics, à la faiblesse des systèmes de suivi et d’évaluation ainsi qu’à l’absence d’une gouvernance intégrée permettant d’articuler efficacement les politiques de l’eau, de l’agriculture, de l’environnement, de l’aménagement du territoire et du développement régional. Dans ces conditions, la gestion de l’eau tend à s’inscrire davantage dans une logique de réaction face aux urgences que dans une stratégie fondée sur l’anticipation, la prévention et la résilience.

Les interruptions récurrentes de l’approvisionnement, les difficultés rencontrées dans plusieurs régions ainsi que les tensions croissantes entre les différents usages de l’eau ne constituent donc pas uniquement des dysfonctionnements techniques ou des conséquences conjoncturelles des aléas climatiques. Elles révèlent les limites d’un modèle de gouvernance confronté à des transformations profondes de son environnement naturel, économique et démographique. La crise hydrique apparaît ainsi comme le symptôme d’un déséquilibre plus global entre les ressources disponibles, les modes de consommation, les capacités d’investissement et les mécanismes de pilotage des politiques publiques.

Dans cette perspective, la question de l’eau dépasse désormais le champ des infrastructures hydrauliques pour devenir un enjeu transversal de politique publique. Elle engage simultanément la sécurité alimentaire, la santé publique, le développement industriel, la protection des écosystèmes, la justice territoriale et la souveraineté nationale. La réponse à ces défis ne repose pas uniquement sur l’accroissement des capacités de stockage ou la réalisation de nouveaux ouvrages, mais sur la construction d’un modèle de gouvernance capable d’intégrer les impératifs de durabilité, d’efficacité économique, d’équité sociale et de résilience climatique dans une vision stratégique cohérente et de long terme.

 

La gouvernance des infrastructures : entre responsabilité et coordination

La visite des installations de Ghedir El Golla met en évidence une question essentielle : la qualité d’une infrastructure dépend autant de sa conception que de son mode de gouvernance.

Les réseaux hydrauliques reposent sur une coordination permanente entre les différents niveaux de décision, les opérateurs techniques, les collectivités territoriales et les autorités publiques. Toute défaillance dans cette chaîne peut produire des conséquences importantes sur la continuité du service public.

Au milieu de cette visite, le Président Kaïs Saïed a insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les différents intervenants et sur la responsabilité des responsables en cas de manquements constatés. Cette position renvoie à un principe classique de la gouvernance publique : l’efficacité d’une politique dépend autant de la qualité des décisions que de leur mise en œuvre effective.

La visite du chantier de protection contre les inondations de l’oued Medjerda met en évidence que les politiques de l’eau ne peuvent être envisagées sous le seul angle de la gestion des pénuries. Les transformations climatiques se traduisent par une alternance plus marquée entre sécheresses prolongées et épisodes pluvieux de forte intensité, exposant les territoires à des risques hydrologiques de plus en plus complexes. Dans ce contexte, les ouvrages hydrauliques doivent être intégrés dans une stratégie globale associant prévention des inondations, amélioration des capacités de stockage, recharge des nappes phréatiques, valorisation des eaux pluviales et protection des espaces vulnérables. Cette approche repose sur une planification territoriale capable d’articuler adaptation climatique, gestion des risques et développement durable.

La restauration du pont historique de Qantara Bizerte, édifié en 1608, s’inscrit dans une problématique complémentaire liée à la préservation du patrimoine. Les monuments historiques ne constituent pas uniquement des témoins du passé, ils représentent des ressources culturelles, sociales et économiques contribuant à l’identité des territoires, à leur attractivité et à leur développement. Leur conservation exige une politique publique fondée sur l’entretien régulier, l’expertise scientifique, la protection juridique et la coordination entre les institutions nationales et les collectivités territoriales, afin d’assurer la transmission de ce patrimoine tout en l’intégrant aux dynamiques contemporaines de développement local.

 

Vers une nouvelle culture de la gouvernance publique

Les tensions récurrentes observées autour de l’accès à l’eau mettent en évidence le caractère multidimensionnel de la question hydraulique. Elles montrent que les difficultés rencontrées ne peuvent être interprétées comme la simple conséquence d’insuffisances techniques ou de contraintes climatiques conjoncturelles. La raréfaction progressive des ressources disponibles, l’évolution des besoins des différents secteurs économiques, les disparités territoriales dans l’accès aux services publics ainsi que les effets du changement climatique confèrent à la gestion de l’eau une dimension stratégique qui dépasse largement le cadre de l’ingénierie hydraulique.

Dans cette perspective, les défis actuels invitent à une réflexion plus globale sur les mécanismes de gouvernance, les modes de planification et les capacités institutionnelles mobilisés dans la gestion des ressources naturelles. La question ne se limite plus à accroître les capacités de stockage ou à renforcer les réseaux de distribution, elle renvoie également à la nécessité de développer des dispositifs de pilotage capables d’articuler les politiques de l’eau avec celles de l’agriculture, de l’énergie, de l’environnement, de l’aménagement du territoire et du développement régional. L’efficacité des réponses publiques dépend en grande partie de cette capacité à dépasser les approches sectorielles au profit d’une vision intégrée prenant en compte les interactions complexes entre les différentes dimensions du développement.

Les mobilisations citoyennes liées aux difficultés d’accès à l’eau révèlent des attentes qui dépassent la seule continuité du service public. Elles mettent en lumière les enjeux d’équité territoriale, de qualité de la gouvernance et de confiance institutionnelle.

L’évolution de la situation hydraulique en Tunisie dépendra moins de la mise en œuvre de réponses ponctuelles aux épisodes de pénurie que de la capacité des politiques publiques à s’inscrire dans une approche stratégique, intégrée et prospective. Une telle orientation suppose d’articuler l’adaptation au changement climatique, la modernisation des infrastructures hydrauliques, l’amélioration de l’efficience des réseaux de distribution, la rationalisation des usages agricoles, le développement des ressources en eau non conventionnelles, le recours aux innovations technologiques ainsi que le renforcement des mécanismes de gouvernance et de coordination institutionnelle.

Dans cette perspective, l’enjeu dépasse la seule gestion opérationnelle des crises hydriques. Il concerne la capacité des institutions à anticiper les évolutions environnementales, démographiques, économiques et territoriales susceptibles de modifier durablement l’équilibre entre l’offre et la demande en eau. Cette anticipation implique le développement d’outils de planification, de systèmes d’information fiables, d’une évaluation régulière des politiques publiques et d’une gouvernance fondée sur la coordination entre les différents secteurs concernés.

À mesure que les ressources hydriques deviennent plus limitées et que leur répartition fait l’objet de tensions croissantes, la gestion de l’eau tend à s’imposer comme une question transversale mobilisant des enjeux de sécurité alimentaire, de développement économique, d’aménagement du territoire, de protection des écosystèmes et de cohésion sociale. Dans ce contexte, les choix relatifs à la politique de l’eau ne relèvent pas uniquement de considérations techniques ou administratives, ils constituent un domaine stratégique dont les orientations influencent, à moyen et à long terme, les trajectoires de développement et les capacités de résilience de l’État face aux transformations climatiques et environnementales.



L’article Eau, patrimoine et gouvernance publique :  vers une lecture stratégique de l’action de l’État  est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  
❌