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Les risques liés à la sécurité énergétique inquiètent l’AIE

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a lancé, mardi 21 juillet, un nouvel avertissement aux marchés mondiaux de l’énergie, soulignant que l’escalade des conflits au Moyen-Orient accroît considérablement l’incertitude quant à la sécurité de l’approvisionnement énergétique. Et ce, malgré le fait que les marchés pétroliers disposent actuellement encore d’importantes « soupapes de sécurité ».

Le directeur de l’AIE souligne que les événements affectant le détroit d’Ormuz et les menaces pesant sur le passage de Bab el-Mandeb renforcent les craintes de nouvelles perturbations des flux mondiaux de pétrole et de GNL, car il s’agit de deux des routes de transport d’énergie maritime les plus importantes au niveau international.

M. Birol note que, malgré les tensions, le marché du pétrole brut continue de s’appuyer sur un certain nombre de facteurs qui limitent les effets de la crise. Les exportations accrues des pays du Golfe, principalement d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, jouent un rôle décisif. Ces pays continuent d’acheminer d’importantes quantités de pétrole vers les marchés internationaux par des voies alternatives, mais aussi par les quantités qui continuent de transiter par le détroit d’Ormuz…

Dans le même temps, l’augmentation des exportations d’autres pays producteurs de pétrole, tels que les États-Unis, le Brésil, le Venezuela et le Kazakhstan, a compensé une partie des pertes du golfe Persique.

Du côté de la demande, l’AIE souligne que la Chine, qui a réduit ses importations de pétrole brut de près de 50 % par rapport aux niveaux d’avant-guerre, a également contribué de manière significative à la stabilisation du marché.

Les réserves stratégiques continuent de soutenir le marché

Fatih Birol fait également une référence particulière au rôle des réserves stratégiques. Comme il le souligne, depuis la décision commune de l’AIE du 11 mars de libérer jusqu’à 400 millions de barils sur le marché, les États membres en ont déjà libéré environ 290 millions. Tandis que les sorties de capitaux correspondantes se poursuivent.

Dans le même temps, les pays de l’Organisation disposent encore d’importantes réserves de sécurité, dont plus d’un milliard de barils de réserves stratégiques d’État, qui peuvent être utilisées en cas de besoin.

Malgré les mesures de sécurité, le directeur de l’AIE souligne qu’« il n’y a pas lieu de relâcher la vigilance » en matière de sécurité énergétique. Les stocks commerciaux de pétrole continuent de diminuer. Alors que les opérations de raffinage et la production de carburant n’ont pas augmenté au même rythme que les livraisons de pétrole brut. Il en résulte que les marchés des produits raffinés, tels que le diesel et l’essence, sont nettement plus tendus que celui du pétrole brut. Ce qui maintient à un niveau élevé les risques de nouvelles hausses des prix des carburants.

GNL : un risque accru pour l’Europe

L’AIE relève également des défis similaires sur le marché du gaz naturel. M. Birol précise encore que l’augmentation des exportations de GNL en provenance des États-Unis et du Canada a compensé environ 70 % des pertes causées par la réduction des flux à travers le détroit d’Ormuz.

Toutefois, elle prévient que tout retard supplémentaire dans le rétablissement complet des exportations de GNL en provenance des pays du Golfe maintiendra le marché dans un contexte tendu pendant une période prolongée.

Cette évolution concerne directement l’Europe, qui se trouve dans une période critique de reconstitution de ses réserves de gaz naturel en prévision de l’hiver prochain. La concurrence accrue pour les cargaisons de GNL étant susceptible d’entraîner une hausse des prix et une plus grande volatilité.

La solution passe par Ormuz

Le directeur général de l’AIE estime que le retour à la normale sur les marchés de l’énergie nécessite la conclusion d’un accord garantissant la réouverture complète et inconditionnelle du détroit d’Ormuz. Seule la restauration de la libre navigation dans ce passage maritime particulier peut empêcher une nouvelle détérioration de la sécurité énergétique mondiale, à un moment où les marchés du pétrole, du gaz naturel et des carburants restent particulièrement vulnérables aux développements géopolitiques.

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L’or retrouve son éclat malgré les tensions au Moyen-Orient

Après plusieurs séances de forte volatilité, l’or retrouve un certain soutien sur les marchés financiers. Mais si les tensions entre les États-Unis et l’Iran ravivent la demande de valeurs refuges; elles limitent le potentiel de progression du métal précieux.

L’or a progressé, mardi 21 juillet à Londres, de 1,2 % à 4 056,75 dollars l’once. Tandis que l’argent a bondi de 4,6 % à 59,02 dollars l’once. Le platine et le palladium ont également progressé. Alors que l’indice Bloomberg Dollar Spot, qui suit la valeur du dollar américain par rapport à un panier de devises majeures, est resté quasiment inchangé.

Contrairement aux précédentes crises géopolitiques, la hausse des prix du pétrole modifie l’équilibre du marché de l’or. L’envolée des cours du brut nourrit les anticipations d’inflation. Ce qui renforce la probabilité d’un maintien de taux d’intérêt élevés, voire d’un nouveau resserrement monétaire de la Réserve fédérale américaine. Cette perspective soutient le dollar et les rendements obligataires, deux facteurs traditionnellement défavorables à l’or, qui ne génèrent aucun rendement.

Habituellement, les crises géopolitiques favorisent les achats d’or. Cette fois, le mouvement est plus nuancé. Les investisseurs arbitrent entre la recherche de sécurité et la perspective de taux américains durablement élevés. Le renforcement du dollar réduit également l’attrait du métal jaune pour les acheteurs utilisant d’autres devises.

Les banques centrales restent un soutien structurel

Malgré la volatilité à court terme, les achats des banques centrales, notamment dans les économies émergentes, continuent de soutenir le marché de l’or. Le World Gold Council estime que cette demande officielle demeure l’un des principaux facteurs de soutien à long terme. Même si certains pays ont récemment vendu une partie de leurs réserves afin de répondre à des besoins de liquidité. L’évolution du métal précieux dépendra désormais largement des décisions de politique monétaire aux États-Unis.

Si les tensions au Moyen-Orient entretiennent la demande de valeurs refuges, une nouvelle hausse des taux directeurs ou un maintien prolongé de taux élevés pourraient continuer à limiter les gains de l’or.

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Les menaces des Houthis bouleversent les routes du pétrole saoudien pour l’Asie

Les menaces des rebelles houthis contre les navires utilisant les ports saoudiens en mer Rouge contraignent les raffineurs asiatiques à revoir leurs circuits d’approvisionnement. Plusieurs cargaisons de brut saoudien sont désormais redirigées via le canal de Suez, le pipeline égyptien SUMED ou, dans certains cas, par le cap de Bonne-Espérance, au prix de délais de livraison plus longs et de coûts de transport plus élevés.

Les compagnies de raffinage asiatiques modifient leurs itinéraires d’approvisionnement en pétrole brut afin de limiter les risques liés aux menaces des Houthis en mer Rouge.

Après l’annonce du mouvement yéménite d’un « blocus maritime » visant les navires utilisant les ports saoudiens de la mer Rouge, plusieurs cargaisons de brut destinées à l’Asie ont été redirigées vers le canal de Suez ou autour du cap de Bonne-Espérance, afin d’éviter le détroit de Bab el-Mandeb.

Lire aussi : L’Iran envisage un double verrou maritime avec les Houthis en mer Rouge

 

Les premiers effets de cette menace sont déjà visibles. Deux pétroliers transportant du pétrole saoudien à destination de la Chine et de l’Inde ont fait demi-tour en mer Rouge avant de rejoindre la route du canal de Suez. Cette décision illustre les inquiétudes croissantes des armateurs et des négociants face au risque d’attaques contre les navires commerciaux.

Pour maintenir leurs approvisionnements, plusieurs raffineurs asiatiques étudient un itinéraire combinant le canal de Suez et le pipeline égyptien SUMED, qui permet de transporter une partie du pétrole entre la mer Rouge et la Méditerranée.

Cette solution est particulièrement adaptée aux très grands pétroliers (VLCC), dont le tirant d’eau ne leur permet pas de franchir le canal de Suez à pleine charge. Une partie de leur cargaison est transférée via le pipeline avant d’être rechargée sur un autre navire.

Des coûts logistiques en forte hausse

Ces nouveaux itinéraires allongent considérablement les délais de transport. Un détour par le canal de Suez, puis le cap de Bonne-Espérance peut ajouter jusqu’à quatre semaines au temps de voyage entre les ports saoudiens et les marchés asiatiques. Cette réorganisation entraîne une hausse des coûts de carburant, de fret maritime et des primes d’assurance contre les risques de guerre. Cette évolution intervient alors que le détroit d’Ormuz demeure lui aussi perturbé par les tensions entre les États-Unis et l’Iran.

Ainsi, la menace d’une perturbation simultanée des deux principaux corridors énergétiques du Moyen-Orient — Ormuz et Bab el-Mandeb — renforce les inquiétudes des marchés quant à la sécurité des approvisionnements mondiaux en pétrole.

Cette réorientation des flux confirme le retour du canal de Suez comme axe logistique majeur pour le commerce énergétique mondial.

Alors que les risques sécuritaires se multiplient en mer Rouge, l’Égypte pourrait voir transiter une part croissante des exportations saoudiennes destinées à l’Asie, renforçant encore l’importance stratégique du canal et du pipeline SUMED dans les échanges internationaux d’hydrocarbures.

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Washington prépare une nouvelle vague de droits de douane contre 60 économies

Les États-Unis devraient annoncer prochainement une nouvelle série de droits de douane visant une soixantaine d’économies. C’est le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, qui l’a déclaré, assurant que ces mesures s’inscrivent dans la stratégie commerciale de l’administration Trump visant à renforcer la protection de l’industrie américaine.

Le représentant américain au Commerce (USTR), Jamieson Greer, a annoncé que de nouveaux droits de douane visant environ 60 économies devraient être dévoilés prochainement, à l’issue d’enquêtes commerciales menées par son administration. Les conclusions de ces investigations sont attendues d’ici la fin de la semaine.

Ces nouveaux droits de douane ont vocation à remplacer les taxes temporaires de 10 % mises en place après que la Cour suprême américaine a invalidé une grande partie des droits de douane instaurés précédemment par Donald Trump. L’administration cherche désormais à leur donner une base juridique plus solide en s’appuyant sur les dispositions de la Section 301 du Trade Act de 1974, qui permet de sanctionner des pratiques commerciales jugées déloyales.

L’Union européenne et plusieurs partenaires commerciaux concernés

Selon les documents publiés par l’USTR, les mesures, qui pourraient concerner 59 pays ainsi que l’Union européenne, avec des taux envisagés compris entre 10 % et 12,5 %, selon les conclusions des enquêtes relatives aux pratiques commerciales et à la lutte contre les produits issus du travail forcé. Parmi les économies visées figurent notamment la Chine, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni, le Brésil, l’Inde, la Turquie, plusieurs pays du Golfe ainsi que l’Union européenne.

L’administration américaine estime que plusieurs partenaires commerciaux ne luttent pas suffisamment contre les importations de produits fabriqués à l’aide du travail forcé. Ce qui créerait une concurrence jugée déloyale pour les entreprises américaines.

Si ces nouveaux droits de douane sont confirmés, ils pourraient affecter une part importante des échanges internationaux et raviver les tensions commerciales entre Washington et ses principaux partenaires.

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