Dans un entretien exclusif à L’Economiste maghrébin, le président des promoteurs immobiliers de Sousse, Hechmi Miliani, dégonfle le chiffre symbolique des 800 000 logements invendus et dresse un tableau noir du secteur : coûts de construction triplés, crédits bancaires à 19 milliards de dinars, et un marché qui étouffe la classe moyenne.
Le président de la Chambre syndicale nationale des promoteurs immobiliers de Sousse, Hechmi Miliani, conteste fermement le chiffre de 800 000 logements invendus souvent attribué à l’INS et avance une lecture plus nuancée du marché immobilier tunisien, qu’il décrit comme un secteur stratégique sous forte pression financière.
Selon lui, l’immobilier représente 800 000 emplois répartis sur 300 métiers, ce qui en fait un moteur économique majeur. Les données de la Banque centrale montrent qu’en 2022, l’encours des crédits accordés aux promoteurs immobiliers atteignait 6,5 milliards de dinars, tandis que les crédits immobiliers des ménages s’élevaient à 12,5 milliards de dinars, soit un total de 19 milliards de dinars, un montant proche du budget de l’État tunisien de 2010 (17 milliards de dinars).
Miliani affirme que les promoteurs ne peuvent pas détenir plus de 5 000 logements invendus, leur production annuelle ne dépassant pas 30 000 logements. La profession compte 3 372 promoteurs agréés, mais seulement 700 sont réellement actifs, soit environ 25 %. Le coût minimal d’un projet immobilier est désormais estimé entre 6 et 7 millions de dinars.
Les données de la Banque centrale montrent qu’en 2022, l’encours des crédits accordés aux promoteurs immobiliers atteignait 6,5 milliards de dinars, tandis que les crédits immobiliers des ménages s’élevaient à 12,5 milliards de dinars, soit un total de 19 milliards de dinars, un montant proche du budget de l’État tunisien de 2010 (17 milliards de dinars).
La hausse des prix est attribuée à l’explosion des coûts de construction. Un appartement S2 vendu 150 000 dinars en 2010 coûte aujourd’hui au moins 350 000 dinars. L’euro est passé de 2 dinars à 3,3 dinars, le prix du cuivre a augmenté de 30 %, et le prix du fer, produit localement, aurait été multiplié par huit (6 dinars contre 36 dinars). Au total, les coûts de construction auraient été multipliés par trois depuis 2010.
Le responsable du secteur établit également un lien entre crise du logement et recul de la nuptialité : 120 000 mariages ont été célébrés en 2022, un chiffre qui aurait chuté de moitié en 2025. Il impute une partie de cette évolution à l’instauration en 2018 d’une TVA de 19 % sur le logement.
Le programme public « Premier Logement » est qualifié d’échec. Un crédit de 200 000 dinars revient, une fois remboursé, à environ 484 000 dinars, avec une mensualité proche de 1 950 dinars, nécessitant un revenu de couple d’environ 4 800 dinars, alors que la classe moyenne gagne plutôt entre 1 500 et 2 500 dinars. Sur les 200 millions de dinars mobilisés par l’État en 2018, seuls 2 000 appartements ont été vendus, et environ 120 millions de dinars ont été reversés au Trésor faute de ménages solvables.
Les promoteurs estiment pouvoir produire 30 000 logements par an dans ce cadre, soit 90 000 en trois ans, si le dispositif était ouvert au privé. Ils plaident pour un crédit bonifié à 3-5 %, accordé une seule fois dans la vie et financé par le FOPROLOS, avec un plafond relevé de 200 000 à 400 000 dinars afin d’élargir l’accès à la propriété à une plus grande partie de la classe moyenne.
Concernant le FOPROLOS, alimenté par une cotisation patronale de 1 %, Miliani indique qu’il génère 380 millions de dinars par an, mais que seulement 40 à 50 millions sont effectivement consacrés au logement social.
La principale proposition du secteur privé repose sur la location-vente. L’objectif public de 1 000 logements par an est jugé très insuffisant face à une demande estimée à 200 000 dossiers. Les promoteurs estiment pouvoir produire 30 000 logements par an dans ce cadre, soit 90 000 en trois ans, si le dispositif était ouvert au privé. Ils plaident enfin pour un crédit bonifié à 3-5 %, accordé une seule fois dans la vie et financé par le FOPROLOS, avec un plafond relevé de 200 000 à 400 000 dinars afin d’élargir l’accès à la propriété à une plus grande partie de la classe moyenne.
L’intégralité de cet entretien est à trouver dans le prochaine numéro de L’Economiste maghrébin (N°950 du 29 juillet 2026).
Alors que la vague trumpiste a déferlé sur l’Amérique latine et que les candidats de la droite populiste soutenus par le président américain ont conquis le pouvoir, le plan de Donald Trump visant à faire basculer l’Europe dans son giron et à en faire un continent gouverné par l’extrême-droite est voué à l’échec.
Imed Bahri
Dans le Financial Times, Gideon Rachman rappelle que le Vieux continent est crucial pour le mouvement Make America Great Again (Maga) car le document de la Stratégie de sécurité nationale dévoilé par l’administration Trump il y a quelques mois estime que «l’Europe demeure d’une importance stratégique et culturelle vitale pour les États-Unis». Cependant, le document faisait part du fait que le continent est sur la voie d’une «annihilation civilisationnelle à cause de l’immigration massive, de la répression de la dissidence politique et du déclin de la natalité».
Que faire alors selon les Trumpistes? La Stratégie de sécurité nationale propose que les États-Unis interviennent en «encourageant la résistance à la trajectoire actuelle de l’Europe» en nouant des alliances avec les partis nationalistes européens.
Près de sept mois se sont écoulés depuis la publication de ce document important et le programme de Maga pour l’Europe est déjà en train de s’effondrer. Les partis et hommes politiques européens que les partisans de Donald Trump considèrent comme des alliés perdent de l’influence ou prennent rapidement leurs distances avec le président américain. Le coup le plus dur a été la défaite de Viktor Orbán en Hongrie en avril.
Trump s’est également aliéné des alliés potentiels en Italie, en Allemagne, en France et au Royaume-Uni.
La chute de l’ami Orbán
Le départ d’Orbán, le plus trumpiste des dirigeants européens et intervenant régulier à la Conférence d’action politique conservatrice (CPAC), un événement pro-Trump, a constitué un revers majeur. L’ancien Premier ministre hongrois était non seulement un allié idéologique mais aussi un allié précieux pour Trump, entravant fréquemment toute action collective européenne sur des questions telles que l’aide à l’Ukraine. Alors que l’administration Trump accusait les gouvernements européens de «saper les processus démocratiques», elle n’a pas hésité à intervenir en faveur d’Orbán, champion de la «démocratie illibérale», qui a de fait marginalisé son adversaire, Péter Magyar, en le privant de tout espace médiatique. Le vice-président J.D. Vance s’est même rendu à Budapest pour soutenir Orbán pendant la campagne en prenant la parole lors d’un meeting géant mais en vain ! Magyar a remporté l’élection.
Rachman soutient que les élections hongroises ont révélé que l’Union européenne a bien plus à offrir à ses États membres que les États-Unis. Les nombreuses violations du droit européen commises par Orbán ont entraîné de sévères restrictions sur le versement des fonds européens à la Hongrie, ce qui a nui à son économie. La perspective de récupérer ces fonds a constitué une motivation financière directe pour les électeurs hongrois, une motivation que la Maison-Blanche n’a pas été en mesure d’égaler.
Giorgia Meloni, la Première ministre italienne, est idéologiquement proche de l’administration Trump et Vance a signé la préface de son dernier ouvrage. Cependant, Meloni est également consciente que son pays est l’un des principaux bénéficiaires de l’aide européenne à la reconstruction post-COVID-19, ayant reçu près de 200 milliards d’euros de subventions et de prêts. Le ressentiment de Trump face à la réticence de l’Italie à soutenir les États-Unis dans leur guerre contre l’Iran l’a conduit à proférer de violentes insultes à l’encontre de Meloni qui a réagi avec force.
La longue expérience de Trump aux États-Unis pourrait laisser penser qu’il peut insulter et dénigrer ses adversaires politiques -comme il l’a fait il y a quelques années avec Marco Rubio ou Ted Cruz- et qu’ils reviendront se soumettre à lui. Cependant, il est peu probable que ce scénario se reproduise avec un dirigeant politique responsable devant les électeurs italiens et non devant les partisans républicains de Trump.
Le cas français
Rachman affirme que si Trump et ses partisans ont perdu de leur impact aux États-Unis, ils peuvent encore susciter de vives réactions en Europe, contraignant même des alliés potentiels à prendre leurs distances avec le président américain. Jordan Bardella, l’une des deux figures de proue du Rassemblement national en France, a refusé de prendre la parole lors de la Conférence d’action politique conservatrice l’an dernier après que Steve Bannon, ancien conseiller de Trump, a effectué sur scène un geste qui ressemblait à un salut hitlérien. Par la suite, Bannon a insulté Jordan Bardella. Quant à Marine Le Pen, elle a toujours pris ses distances avec le trumpisme. Elle s’est même fermement opposée à la guerre d’Iran. C’est plutôt le polémiste et président du parti Reconquête Éric Zemmour qui est plus en phase avec Trump aussi bien sur la forme en multipliant les déclarations outrancières que sur le fond en adoptant les idées les plus radicales. D’ailleurs, lors de la prestation de serment de Trump en janvier 2025, c’est bel et bien Zemmour et sa compagne Sarah Knafo qui ont été conviés et non Marine Le Pen ou Jordan Bardella.
Même au Royaume-Uni, le leader de l’extrême-droite et grand trumpolâtre devant l’Éternel a du prendre ses distances. Lorsque Trump a minimisé la contribution des troupes alliées et britanniques à la guerre en Afghanistan, son ami Nigel Farage a été contraint de le contredire publiquement. Un sondage réalisé cette année a montré que seulement 14% des Britanniques ont une opinion favorable de Trump, tandis que 81% ont une opinion défavorable. Cette proximité risque de constituer un obstacle électoral pour Farage et son parti, Reform UK.
Le président américain est encore moins populaire en Allemagne, où son taux d’approbation atteint à peine 10%. Cela pose un dilemme au parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), que Vance et d’autres ont cherché à renforcer. Le vice-président américain avait rencontré la dirigeante du parti Alice Weidel en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité le 15 février 2025 et ce, à la veille des élections législatives allemandes qui se sont tenues le 23 février 2025.
Bien que le parti ait gagné du terrain dans les sondages, sa direction prend désormais ses distances avec l’administration Trump. De plus, le système électoral allemand rend peu probable l’obtention par le parti d’un rôle officiel au sein du gouvernement national, anéantissant ainsi les espoirs de la Maison-Blanche de rallier le pays.
L’administration Trump fondait de grands espoirs sur une victoire de Kalin Georgescu, candidat populiste d’extrême droite, à l’élection présidentielle roumaine de 2025. Vance était furieux lorsque le scrutin a été annulé suite à des allégations d’ingérence russe dans la campagne. Georgescu a été empêché de se présenter et son plus proche allié a ensuite perdu face à un candidat pro-européen. De ce fait, Karol Nowerki, président de la Pologne, est peut-être le dirigeant le plus favorable au mouvement Maga en Europe. Cependant, son influence sur les affaires intérieures polonaises est limitée par la Constitution et les dirigeants polonais n’auront guère de temps à consacrer à la politique d’apaisement de la Maison-Blanche envers la Russie.
À l’inverse, le mouvement Maga rencontre un plus grand succès dans le développement de partenariats idéologiques en Amérique latine. Suite aux récentes élections présidentielles en Colombie, le pays est désormais dirigé par un partisan de Trump, tout comme le Chili, l’Argentine, le Costa Rica, le Honduras, la Bolivie et le Salvador. Pour l’instant, le Mexique et le Brésil, les deux pays les plus peuplés de la région, résistent à cette tendance.
Rachman observe que la criminalité endémique, la pauvreté et la faiblesse des institutions rendent l’Amérique latine vulnérable au trumpisme mais que dans les démocraties européennes plus prospères et établies, le trumpisme subit est un échec cuisant.
Dans un environnement marqué par une concurrence ardue, complexité technique, juridique et réglementaire croissante, le recours à un expert tiers indépendant constitue un facteur essentiel de confiance, de performance et de maîtrise des risques. Par son impartialité, ses compétences reconnues et le respect de règles déontologiques rigoureuses, il contribue à la qualité des décisions, à la prévention et au règlement des différends endogènes et exogènes, au développement des compétences ainsi qu’à la crédibilité des processus de certification des personnes. À travers une analyse de ses fondements et de ses principaux domaines d’intervention, cet article met en évidence la contribution stratégique de l’expertise indépendante à la gouvernance, à l’amélioration continue à la croissance et à la création de valeur pour une meilleure gestion des projets.
Taoufik Halila & Mohamed Farid Herelli *
L’évolution des métiers, l’accélération des innovations technologiques en général ; l’intelligence artificielle en particulier et les exigences croissantes des parties prenantes rendent indispensable une évaluation objective des compétences et des situations techniques complexes.
Dans ce contexte, l’expert tiers indépendant occupe une place stratégique en apportant une analyse fondée sur des faits vérifiables, des compétences reconnues et une indépendance de jugement. Son intervention dépasse désormais le seul cadre de la résolution des différends. Elle contribue à la diffusion des bonnes pratiques, à la prévention des risques, à l’amélioration continue des organisations et au renforcement de la confiance entre les acteurs économiques, institutionnels et judiciaires ce qui constitue une base fondamentale pour la création d’un environnement favorable au développement des investissements et la création de la richesse
Cette évolution s’inscrit dans les principes des référentiels internationaux, notamment la norme ISO/IEC 17024, qui fait de l’impartialité, de la compétence et de l’indépendance les fondements d’une certification des personnes dotée d’une fiabilité, cohérence et reconnaissance à l’international.
L’expertise indépendante apparaît ainsi comme un levier majeur de gouvernance, de performance et de développement durable.
Les fondements de l’expertise indépendante :
La crédibilité d’un expert tiers indépendant repose sur trois principes complémentaires : la compétence technique, le respect des règles déontologiques et l’impartialité.
L’expertise technique : l’expert fonde son intervention sur une connaissance approfondie de son domaine d’activité, acquise grâce à une formation spécialisée, une expérience significative, une veille permanente des évolutions scientifiques, techniques et réglementaires ainsi qu’une maîtrise des référentiels applicables.
Cette expertise lui permet de produire des analyses objectives, argumentées et vérifiables, indispensables à la prise de décision ;
Déontologie, impartialité et neutralité :l’expertise indépendante ne peut produire ses effets que si elle s’exerce dans le respect de principes éthiques rigoureux. L’impartialité, l’intégrité, la confidentialité, l’absence de conflit d’intérêts et la transparence constituent les fondements de la crédibilité de l’expert.
Contrairement au conseil qui défend les intérêts d’une partie, l’expert tiers intervient exclusivement au service des faits. Sa mission consiste à analyser objectivement une situation, à identifier les causes d’un problème, à proposer des solutions techniquement fondées et à éclairer la décision du donneur d’ordre, du juge ou des parties concernées.
Cette posture renforce la confiance dans les conclusions de l’expertise et favorise des décisions plus justes, plus transparentes et plus durables.
Expert tiers indépendant et développement des compétences:
L’expertise indépendante ne se limite pas à l’évaluation ou au règlement des différends. Chaque mission constitue également une opportunité de transfert de connaissances et de diffusion des bonnes pratiques.
Par ses observations et ses recommandations, il contribue à corriger les écarts techniques, à prévenir la répétition des erreurs, à renforcer la culture qualité et à améliorer les compétences individuelles et collectives. Son intervention favorise ainsi l’apprentissage organisationnel et l’amélioration continue.
Dans les organismes de certification, les retours d’expérience des experts permettent d’actualiser les référentiels d’évaluation, d’adapter les programmes de formation aux évolutions des métiers et de garantir une meilleure adéquation entre les compétences certifiées et les besoins du terrain.
Au-delà de son rôle d’évaluateur, l’expert tiers indépendant devient ainsi un véritable partenaire de la performance durable des organisations. En favorisant la montée en compétences, la maîtrise des risques et la diffusion d’une culture d’excellence, il contribue directement à la compétitivité, à l’innovation et à la confiance des parties prenantes.
Contribution de l’expert tiers à la certification des personnes :
La certification des personnes repose sur un principe fondamental : la confiance dans l’évaluation. Cette confiance ne peut être garantie que si les évaluateurs disposent des compétences requises, exercent leurs missions en toute indépendance et appliquent des méthodes d’évaluation impartiales et transparentes.
Dans ce cadre, l’expert tiers indépendant joue un rôle déterminant. Il veille à l’égalité de traitement entre les candidats, à la cohérence des évaluations et à la crédibilité des certifications délivrées. Son intervention favorise la reconnaissance des compétences par les employeurs, facilite la mobilité professionnelle et renforce la confiance des autorités réglementaires ainsi que des parties prenantes.
Par ailleurs et conformément aux principes de la norme ISO/IEC 17024, qui est la norme de référence pour la certification des compétences des personnes, la valeur d’une certification dépend autant de la compétence du candidat que de la qualité, de l’impartialité et de la compétence de l’expert chargé de son évaluation. L’expertise indépendante constitue ainsi un élément essentiel de la fiabilité des dispositifs de certification garantissant que les professionnels certifiés ont été évalués selon un processus rigoureux, impartial et conforme aux bonnes pratiques internationales ce qui résulte d’une part pour les personnes certifiées une reconnaissance des compétences et une meilleure employabilité et d’autre part ,pour les organismes employeurs une réduction des risques liés aux qualifications du personnel et un renforcement de la crédibilité et de la confiance auprès des clients.
Principaux domaines d’intervention de l’expertise indépendante :
L’expertise indépendante intervient dans de nombreux secteurs où la qualité des décisions repose sur une évaluation objective et impartiale.
En médiation, l’expert ou le médiateur indépendant facilite le dialogue entre les parties, identifie les intérêts communs et contribue à la recherche de solutions équilibrées, limitant ainsi le recours à des procédures contentieuses longues et coûteuses.
Dans le domaine de l’assurance, son intervention permet d’évaluer objectivement les dommages, d’analyser les causes d’un sinistre et de contribuer à une indemnisation équitable, tout en réduisant les risques de contestation.
Le développement des échanges numériques a également renforcé le rôle du tiers de confiance, chargé de garantir l’identité des signataires, l’intégrité des documents, leur horodatage et leur valeur juridique. Cette fonction participe à la sécurisation des transactions électroniques et à la prévention des risques de fraude.
Enfin, dans le domaine judiciaire, l’expert apporte au juge les éléments techniques nécessaires à l’appréciation des situations complexes. Son rapport, fondé sur des méthodes reconnues et des données vérifiables, constitue un outil essentiel d’aide à la prise de décision.
Par ailleurs, la transformation numérique des procédures d’expertise impose désormais des nouvelles exigences en matière de traçabilité, de sécurité des données, de confidentialité, d’archivage et de respect des délais, ce qui renforce la fiabilité et la qualité des missions engagées.
Bénéfices économiques et organisationnels de l’expertise indépendante :
Le recours précoce à un expert tiers indépendant constitue un investissement stratégique pour la gestion et le suivi des projets. En apportant une évaluation objective et des recommandations fondées sur des éléments techniques, il contribue à améliorer la qualité des décisions et à réduire les incertitudes, les budgets complémentaires et les délais de mise en service.
Cette démarche permet notamment de maîtriser les risques techniques, de limiter les coûts liés aux contentieux et aux non-conformités, de réduire les délais de traitement des différends et d’améliorer la performance globale des projets. Elle favorise également la confiance des clients, des investisseurs, des partenaires et des autorités de contrôle.
Les travaux récents consacrés à la gouvernance, à la certification et au règlement des différends convergent vers une même conclusion : la compétence, l’impartialité, la transparence et la responsabilité constituent les fondements de la confiance accordée aux experts et aux organismes tiers. L’expertise indépendante apparaît ainsi comme un levier de création de valeur, de maîtrise des risques et d’amélioration durable de la performance des organisations.
Dans un environnement marqué par la complexité, la transformation numérique et des exigences croissantes en matière de transparence, l’expert tiers indépendant s’impose comme un acteur majeur dans la gestion moderne des projets.
Par son expertise, son indépendance et son respect des principes déontologiques, il contribue à sécuriser les décisions, à renforcer la confiance entre les parties prenantes et à accompagner le développement des compétences. Son intervention dépasse largement le cadre de la résolution des différends : elle participe à l’amélioration continue, à la qualité des processus d’évaluation et à la crédibilité des dispositifs de certification.
Au-delà de sa mission d’évaluation, l’expert tiers indépendant constitue aujourd’hui un véritable partenaire stratégique des organisations. En favorisant des décisions objectives, une meilleure maîtrise des risques et une culture de la qualité, il contribue durablement à la performance, à la compétitivité et à la création de valeur.
À l’heure où la confiance devient un actif stratégique des organisations, l’expertise indépendante s’affirme non seulement comme une garantie d’impartialité, mais aussi comme un facteur déterminant de bonne gouvernance, de performance durable et de création de valeur pour l’ensemble de la chaîne des parties prenantes.
En Tunisie, l’intégration progressive de ces missions au cœur de la gouvernance de nos organismes constitue désormais un enjeu stratégique. Leur appropriation par les responsables de gestion et leur intégration dans les processus académiques de formation permettront non seulement de renforcer notre efficacité et notre productivité, mais également de consolider durablement notre savoir-faire administratif et technique. Cette évolution représente ainsi un véritable levier de création de valeur, de modernisation et de performance institutionnelle.
* Conseillers du Doyen de l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens (OIT).