Lese-Ansicht

Mondial Fifa | La portée politique de la victoire de l’Espagne

La victoire de l’Espagne sur l’Argentine, lors de la finale de la Coupe du Monde Fifa, hier soir, dimanche 19 juillet 2026, au MetLife Stadium, officiellement renommé Stade de New York New Jersey par la Fifa pour la durée du tournoi, dépasse le monde du football pour revêtir une dimension politique. C’est la victoire de la justice contre l’arrogance…

Elyes Kasri *

Cette victoire amplement méritée par les Ibériques, qui se sont longtemps battus pour y parvenir lors des prolongations (116e minutes) impose un parallèle inévitable entre tout ce dont le sionisme international s’est avéré capable pour parvenir à ses fins pour se heurter en fin de compte au cran et à la volonté des peuples.

Ceux qui ont suivi le parcours de l’équipe argentine à la Coupe du monde ont été témoins de la mansuétude dont elle a bénéficié de la part des instances de la Fifa et du soutien fervent des dirigeants israéliens face à une équipe espagnole recueillant le soutien non seulement de ses supporters traditionnels à travers le monde mais également cette fois de tous ceux qui apprécient le courage politique du gouvernement et du peuple espagnols dans leur opposition au génocide à Gaza et à l’aventurisme militaire américano-israélien.

Sans exagérer et ôter quoi que ce soit au mérite légitime de l’équipe espagnole, on ne peut s’empêcher géopolitiquement de considérer la finale de la Coupe du monde de football 2026 dans la périphérie de la métropole newyorkaise, fief traditionnel du sionisme international, après l’élection d’un maire musulman propalestinien, Zohran Mamdani comme une nouvelle défaite des forces du mal augurant d’une victoire inéluctable des peuples palestinien, syrien, libanais, iranien et les autres qui ne cessent de subir le joug et les atrocités de la coalition internationale dirigée par Israël t soutenue par les Etats-Unis et quelques autres Etats sous l’influence du lobby sioniste mondial.

* Ancien ambassadeur.  

NB. La défaite de l’Argentine est aussi celle d’Israël que le gouvernement de droite en place à Buenos Aires ou encore sa star de football, Lionel Messi, soutiennent ouvertement, malgré ses crimes contre l’humanité condamnés par la CIJ et la CPI (NDLR).

L’article Mondial Fifa | La portée politique de la victoire de l’Espagne est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Mort subite d’un criminel de guerre

Les débats font toujours rage entre défenseurs et pourfendeurs autour de l’héritage laissé derrière lui par le sénateur de la Caroline du Sud, Lyndsay Graham, mort subitement le 11 juillet, quelques heures après son retour de son énième voyage en Ukraine.

Durant le quart du siècle de ses mandats de sénateur, Graham a été l’un des plus grands défenseurs d’Israël, ayant poussé avec toutes ses forces vers l’engagement des Etats-Unis dans toutes les guerres du Moyen-Orient et, plus récemment, en Ukraine.

A peine est-il entré au Sénat en 2003 qu’il s’engagea dans la campagne mensongère sur les armes de destruction massive avec lesquelles Saddam s’apprêtait à attaquer New York et Los Angeles !!! Il se tourna ensuite vers la Libye et la Syrie, exhortant dans ses discours Obama à renverser les régimes en place de Mouammar Kadhafi et Bachar al Asad.
Car pour ce sénateur, le soutien à la cause palestinienne et la contestation de la politique colonisatrice de l’Etat sioniste sont synonymes de terrorisme et d’antisémitisme.

En Amérique même, il s’en prenait avec virulence à toute voix qui critiquait l’engagement américain dans des guerres pour le compte d’Israël contre des pays lointains ne représentant aucune menace pour le peuple américain. Il qualifiait d’antisémites même les personnalités juives qui, à l’instar du Pr. Jeffrey Sacks, prônaient une politique étrangère qui servirait les intérêts des Etats-Unis et non ceux de l’Etat sioniste.

La nature abominable de ce sénateur a été mise à nu lors de la guerre de Gaza. Le génocide perpétré par l’Etat sioniste et la totale destruction de l’enclave palestinienne ne semblaient pas suffisants pour apaiser la haine, l’animosité et le bellicisme outranciers qui le rongeaient. Dans l’une de ses interventions sur Fox News, il affirma : « Je ne comprends pas pourquoi nous, nous avons lancé deux bombes nucléaires sur le Japon en 1945 pour terminer le travail, et Israël hésite aujourd’hui à terminer le travail. Je dis à Israël : termine ton travail. »
Oui, ce représentant que le peuple de la Caroline du sud élisait et réélisait depuis près d’un quart de siècle, a exhorté Israël à utiliser son arsenal nucléaire contre Gaza. Mais dans son extrême stupidité, il ne pouvait savoir qu’une bombe nucléaire sur Gaza, détruirait Israël aussi par son souffle, son syndrome d’irradiation aigu et ses retombées radioactives.

Lyndsay Graham ne prônait pas la mort et la destruction dans le monde arabe et musulman seulement. Il œuvrait à les semer en Russie aussi. Après avoir contribué avec son mentor, feu John MacCain, au coup d’état contre le président ukrainien Ianokovytch en février 2014, provoquant le chaos et la guerre en Ukraine, ce sénateur a poussé de toutes ses forces, durant les mandats de Joe Biden et de Donald Trump, pour les sanctions contre la Russie et l’armement de l’Ukraine.

La dernière photo prise un jour avant sa mort est celle qui le montre dans une usine d’armement ukrainienne, exhibant avec un large sourire le modèle de drones que Zelensky lance quotidiennement sur les civils russes…
A son retour d’Ukraine, le sénateur s’est senti mal et son entourage voulait l’hospitaliser. « Je dois m’adresser à la presse avant. J’irai à l’hôpital demain », telle était sa réponse. Face à l’insistance de la famille et des amis, il leur fit cette étrange réponse, rapportée par Barak Ravid, l’éditeur du journal Axios : « Je ne peux pas mourir maintenant. J’ai encore besoin d’alourdir les sanctions contre la Russie, de m’assurer de la défaite de l’Iran et de mener à bien la normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite. »
Il est mort quelques heures après de « dissection aortique ».

Les réactions sur les réseaux sociaux et les podcasts en Amérique et à l’étranger à la mort subite de ce criminel de guerre ont, dans leur majorité, exprimé un sentiment que la langue allemande appelle ‘’Schadenfreude’’, c’est-à-dire la joie exprimée face au malheur d’autrui. L’ami George Galloway a exprimé son schadenfreude à sa manière : « Je suis sûr que ce grand criminel de guerre est en train de brûler maintenant au 7ème cercle de l’enfer ».

Sans aller jusque-là, disons que le monde serait une meilleure place pour vivre sans Lyndsay Graham et ses semblables aux Etats-Unis et en Israël.

L’article Mort subite d’un criminel de guerre est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Etats-Unis – Israël | Vance fustige le gouvernement Netanyahu

Le 18 juin 2026 restera comme une date charnière dans l’histoire de l’alliance américano-israélienne. Ce jour-là, le vice-président américain J. D. Vance a lancé depuis la Maison-Blanche un avertissement d’une violence inédite aux dirigeants israéliens, les sommant de cesser leurs critiques contre l’accord signé entre Washington et Téhéran. En déclarant que Donald Trump était «le seul chef d’État au monde à être bienveillant envers la nation d’Israël», Vance a posé un ultimatum clair : le soutien américain n’est plus inconditionnel, et ceux qui s’opposent à la stratégie trumpienne en payeront le prix.

Habib Glenza

Le vice-président américain ne mâche pas ses mots. Il vise directement les membres du gouvernement israélien qui ont osé critiquer l’accord-cadre signé la veille entre les États-Unis et l’Iran. Sa déclaration eut l’effet d’une onde de choc à travers tout le Proche-Orient : «Donald Trump est le seul chef d’État au monde à être bienveillant envers la nation d’Israël en ce moment précis. Et il se trouve qu’il est le chef d’État de la superpuissance mondiale.»

La phrase est lâchée, nette, sans filet. Vance poursuit, le regard dur : «Si je faisais partie du cabinet du gouvernement israélien, je ne m’attaquerais pas au seul allié puissant qu’il vous reste dans ce monde.»  

Une charge violente et un ton direct inhabituellement dur pour un vice-président américain vis-à-vis d’Israël. En quelques secondes, les dépêches s’envolent. En Israël, les Unes des journaux du lendemain matin sont unanimes : l’Amérique de Trump a changé de logiciel. Le message de Vance a fait la une des journaux hébreux. 

Rappel brutal de la dépendance : les deux tiers de vos armes sont américaines

Vance ne s’arrête pas à une simple mise en garde diplomatique. Il sort l’artillerie lourde, chiffres à l’appui : «Lors des trois derniers mois, les deux tiers des armes défensives ayant protégé votre pays ont été fabriqués par des mains américaines et financés par l’argent des contribuables américains.»

La phrase est un coup de semonce. Elle ne dit pas explicitement que l’aide sera coupée, mais elle en dessine la menace.

Pour les dirigeants israéliens, le message est limpide : sans les États-Unis, la capacité de défense d’Israël s’effondre. Vance rappelle que cette dépendance n’est pas un simple détail technique, mais le principal levier de Washington. En choisissant de parler d’argent et d’armes plutôt que de valeurs partagées, le vice-président ancre le débat dans une logique transactionnelle, celle-là même qui caractérise la doctrine Trump depuis 2017.

L’avertissement de Vance n’est pas un coup de sang isolé. Il s’inscrit dans une continuité. Trump lui-même n’a jamais caché son mépris pour certains dirigeants israéliens. Selon des révélations d’Axios, il avait traité Benjamin Netanyahu de «effing crazy» en privé, avant d’ajouter : «Israël aurait été rayé de la carte depuis longtemps si je ne m’y étais mêlé.» Plus récemment, il a reproché à Israël ses frappes au Liban, estimant qu’elles nuisent à ses efforts de paix. La doctrine est claire : Trump considère qu’il a sauvé Israël, et que ce dernier lui doit obéissance en retour. Vance ne fait que traduire cette vision en langage diplomatique officiel.

Pour comprendre la violence de la sortie de Vance, il faut remonter à la veille. Le 17 juin, les États-Unis et l’Iran ont signé un protocole d’entente en 14 points, fruit de mois de négociations discrètes. Cet accord, qui prévoit une cessation immédiate des hostilités sur tous les fronts, dont le Liban, a provoqué la fureur des ministres israéliens d’extrême droite. Vance, qui s’est personnellement investi dans ce dossier, ne pouvait pas laisser ces critiques sans réponse.

L’accord-cadre prévoit la fin immédiate des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, ainsi que la dilution du stock d’uranium hautement enrichi de Téhéran. Une période de 60 jours est ouverte pour parvenir à un accord définitif visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Mais le texte ne mentionne pas le programme de missiles balistiques iraniens, ni l’influence de Téhéran dans la région via ses proxys. Pour les ministres israéliens, c’est une trahison. Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité intérieure, et Bezalel Smotrich, ministre des Finances, ont immédiatement dénoncé un accord qui laisse l’Iran libre de poursuivre son développement militaire conventionnel. Leur colère est d’autant plus vive que l’accord prévoit que l’Iran pourrait développer un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars financé par les investissements des États du Golfe, une manne qui pourrait renforcer son influence régionale.

Friction sur le dossier des missiles iraniens et sur l’occupation du Liban 

Israël a annoncé son intention de maintenir une zone tampon étendue au Sud-Liban, malgré l’accord signé entre Washington et Téhéran. Cette décision, officialisée dans une nouvelle version de la «zone tampon», est un défi direct à l’accord. Vance a répondu sans ambages : «Les attaques contre les civils à Beyrouth sont inacceptables.» Le message est clair : l’administration Trump ne tolérera pas qu’Israël sabote l’accord en poursuivant ses opérations militaires au Liban. C’est le deuxième point de friction concret, après le programme de missiles. 

Vance n’est pas un simple exécutant dans cette affaire. Le sénateur Lindsey Graham l’avait qualifié d’«architecte de l’accord» avec l’Iran. Son implication personnelle est totale. Si l’accord-cadre échoue, c’est lui qui en portera la responsabilité politique. Les critiques israéliennes ne sont donc pas seulement une offense diplomatique, elles menacent directement sa crédibilité et son avenir politique. D’où la violence de sa réaction. Vance n’a pas attaqué Israël dans son ensemble. Il a soigneusement choisi ses cibles : les deux ministres d’extrême droite du gouvernement Netanyahu. En les prenant pour cible, il cherche à isoler la frange la plus dure du cabinet israélien et à diviser l’opinion publique. Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich sont les deux figures de proue de l’extrême droite israélienne. Le premier est connu pour ses positions ultranationalistes et son passé de colon radical. Le second dirige le parti Sionisme religieux et milite pour l’annexion de la Cisjordanie. Tous deux ont critiqué avec virulence l’accord avec l’Iran, accusant Trump de trahir Israël. Vance les a spécifiquement pris pour cible dans une interview au New York Times, les qualifiant implicitement d’irresponsables. En s’en prenant à eux, le vice-président américain cherche à les discréditer aux yeux de l’opinion israélienne et internationale.

La phrase la plus cinglante de Vance est sans doute celle-ci : «Vous êtes un pays de 9 millions d’habitants. Vous ne pouvez pas simplement régler chacun de vos problèmes de sécurité nationale à coups de morts.» En rappelant à Israël sa vulnérabilité démographique face à ses voisins, et sa dépendance militaire vis-à-vis des États-Unis, Vance ne dit pas seulement qu’Israël a besoin des États-Unis ; il dit qu’Israël est trop petit et trop faible pour agir seul. Cette phrase, reprise en boucle par les médias israéliens, a provoqué une onde de choc dans la classe politique.

Netanyahu otage de son gouvernement et de la doctrine America First 

Face à cette tempête, Netanyahu a choisi la prudence. Dans une réponse soigneusement calibrée, il a appelé à préserver la «relation vitale» avec les États-Unis. «Le combat n’est pas terminé, et d’autres défis nous attendent. Ils exigent du discernement, une défense résolue des intérêts sécuritaires d’Israël et, dans le même temps, la préservation de notre relation vitale avec les États-Unis», a-t-il déclaré. Cette position contraste avec la virulence de ses ministres d’extrême droite.

Netanyahu est pris en tenaille : s’il soutient ses ministres, il s’aliène Washington ; s’il les désavoue, il fait voler en éclats sa coalition. Vance et Trump jouent précisément sur cette fracture interne pour imposer leur agenda. En isolant Ben Gvir et Smotrich, ils poussent Netanyahu à choisir son camp.

Le soutien à Israël n’apparaît plus inconditionnel sous l’ère Trump. C’est un changement majeur. Pendant des décennies, le soutien américain à Israël était un dogme bipartisan. Avec Trump, il devient conditionnel, transactionnel. La logique est simple : les contribuables américains paient environ 3,8 milliards de dollars par an à Israël via un protocole d’entente qui court jusqu’en 2028. Si Israël ne suit pas la ligne de Washington, pourquoi continuer à payer ? C’est le cœur de la doctrine «America First» appliquée à la diplomatie. Vance ne fait que mettre des mots sur cette réalité : l’amitié américaine a un prix, et ce prix est l’obéissance.

La menace de Vance n’est pas un simple exercice rhétorique. Elle repose sur des chiffres concrets et une réalité stratégique implacable.

Le prix de la bienveillance, c’est la soumission  

Selon le Council on Foreign Relations, les États-Unis ont fourni au moins 16,3 milliards de dollars d’aide militaire directe à Israël depuis les attaques du 7 octobre 2023. Depuis 1948, le montant total dépasse les 300 milliards de dollars, ajusté de l’inflation. Ces chiffres sont l’argument principal des opposants à l’aide inconditionnelle au Congrès. Chaque année, le débat sur le budget de l’aide étrangère est l’occasion de remettre en question cette manne. En rappelant ces chiffres, Vance donne des armes à ceux qui veulent conditionner l’aide à Israël. La menace est d’autant plus crédible que Trump a déjà montré par le passé qu’il n’hésitait pas à utiliser l’arme budgétaire.

Israël a annoncé son intention de maintenir une zone tampon étendue au Sud-Liban, malgré l’accord signé entre Washington et Téhéran. Vance a répondu que «les attaques contre les civils à Beyrouth sont inacceptables». C’est le test ultime : si Netanyahu continue l’occupation du Sud-Liban, il défie directement l’accord signé par Trump. La conséquence pourrait être un gel de l’aide militaire américaine. 

La phrase de Vance, «Trump est le seul bienveillant envers Israël», est un chantage affectif et politique. Si Israël ne se plie pas à la «bienveillance» de Trump, il se retrouve seul face à l’Iran et ses alliés. La menace est explicite : sans nous, vous êtes vulnérables. C’est un piège redoutable. En se présentant comme le seul ami d’Israël, Trump assure que toute critique israélienne sera perçue comme une ingratitude, et que toute velléité d’indépendance sera punie. Le «prix de la bienveillance», c’est la soumission.

L’article Etats-Unis – Israël | Vance fustige le gouvernement Netanyahu est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Le coton face au polyester: quelles perspectives pour l’Afrique?

L’été s’est déjà manifesté avec des vagues de chaleur sur le continent africain, y compris en Tunisie. Vivre ces températures n’est pas toujours facile, notamment en matière d’habillement : il est souvent conseillé de privilégier le coton. Des chercheurs ont ainsi étudié les effets de vêtements  en coton, polyester  dans une pièce maintenue à 30 °C et 50% d’humidité.

Le coton conserve une place importante dans l’industrie textile mondiale, mais il n’est plus dominant. Selon le chapitre « Coton » des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2025‑2034, le Brésil et les États‑Unis devraient être, en 2034, les deux premiers exportateurs mondiaux de coton brut, chacun représentant environ 30 % des exportations mondiales. Toutefois, les perspectives de croissance du marché sont désormais plus limitées.

Le principal défi pour le coton reste la concurrence du polyester. Le rapport conjoint OCDE‑FAO, publié fin juin, souligne que la consommation mondiale de coton dépend essentiellement de la demande textile et des arbitrages industriels entre fibres naturelles et fibres chimiques. Les fibres synthétiques ont pris l’avantage grâce à leur polyvalence, à leurs coûts inférieurs et à leur capacité à répondre rapidement aux besoins du secteur vestimentaire.

Le polyester joue un rôle central dans ce basculement. Depuis qu’il est devenu compétitif au début des années 1970, son prix a généralement évolué en parallèle avec celui du coton, mais l’écart s’est creusé depuis 2010 en raison de la baisse des coûts de production et de l’expansion des capacités industrielles. Entre 2020 et 2023, le coton a été en moyenne plus cher de plus de 77 % que le polyester en termes nominaux, avec des écarts parfois supérieurs à 100 %. Ce différentiel de prix, ainsi que la résistance et l’adaptabilité du polyester à de nombreux usages, continueront d’influencer les choix des filatures.

Les projections indiquent une légère baisse des prix réels du coton d’ici 2035. Pour les producteurs, cela signifie que la croissance des échanges mondiaux de coton brut ne se traduira pas nécessairement par une hausse durable des revenus. Le Brésil devrait conserver la première place parmi les exportateurs à l’horizon 2035, suivi des États‑Unis; ensemble. Ces deux pays représenteront environ les deux tiers des exportations mondiales.

Quelles perspectives pour l’Afrique ?

L’Afrique subsaharienne restera un acteur important, mais plus exposé aux variations de prix et à la concurrence des grands exportateurs. L’OCDE et la FAO estiment que les exportations régionales devraient rester globalement stables au cours de la décennie, avec plus de 80 % de la production destinée aux marchés extérieurs.

La décennie à venir représente à la fois un risque et une opportunité pour le continent. Face à des prix internationaux sous pression et à des préférences croissantes pour les matières synthétiques et recyclées, les pays africains ont intérêt à développer la transformation locale et à augmenter l’utilisation de fibres dans les filatures nationales. Cette stratégie permettrait de retenir davantage de valeur sur le continent et de réduire la vulnérabilité aux fluctuations du marché international.

Il convient de noter également que la Tunisie ne fait pas partie des principaux exportateurs mondiaux de coton brut dans ce classement. L’Observatory of Economic Complexity souligne que ses exportations de coton brut se sont élevées à seulement 324 dollars en 2022.  Ce qui la plaçait au 122e rang mondial.

L’article Le coton face au polyester: quelles perspectives pour l’Afrique? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  
❌