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Mondial 2026 (Finale) – Espagne vs Argentine (20h00) : une affiche de rêve inédite

La Coupe du Monde 2026 atteint son dénouement ce soir au MetLife Stadium de New York, la plus grande finale que le football pouvait offrir. L’Espagne, championne d’Europe en titre, affronte l’Argentine, championne du monde en titre et double championne d’Amérique du Sud. Deux profils de sélection parmi les plus solides de l’histoire récente du football se retrouvent pour le match le plus attendu de l’année.
C’est une affiche de rêve et également inédite en finale de la Coupe du monde. L’occasion pour la Roja de décrocher sa deuxième étoile. Mais en face, un homme a rendez-vous avec l’Histoire : Lionel Messi. S’il gagne cette seconde finale mondiale de suite, le génie argentin pourrait bien clore les débats une bonne fois pour toutes et devenir le meilleur joueur de l’histoire.
L’Espagne arrive avec la défense la plus hermétique du tournoi -un seul but concédé en sept matchs- et une série de trente-sept matchs sans défaite. L’Argentine, invaincue depuis le début de la compétition, porte la marque de son capitaine Lionel Messi -huit buts, vingt-et-un en carrière en Coupes du Monde, recordman de but en coupe du monde- et une identité fondée sur la résilience dans les moments les plus difficiles.

La campagne la plus solide contre la plus dramatique
L’Espagne de Luis de la Fuente a construit la campagne la plus stable de cette Coupe du Monde. Sans grandes oscillations, la Roja a contrôlé les espaces, réduit les risques et appris à gagner des matchs tendus avec des scores serrés. La série de trente-sept matchs sans défaite, entamée après la défaite contre la Colombie en mars 2024, a traversé l’Euro 2024 (titre contre l’Angleterre 2-1 en finale à Berlin) et cette Coupe du Monde.
La phase de groupes avait commencé par une alerte avec (0-0) contre le Cap-Vert, mais la large victoire (4-0) sur l’Arabie saoudite et le (1-0) contre l’Uruguay avaient rapidement repositionné l’Espagne sur le bon chemin. En phases éliminatoires, le niveau de jeu avait été constant : (3-0) contre l’Autriche, (1-0) contre le Portugal (but de Merino dans les arrêts de jeu), (2-1) contre la Belgique (Fabián Ruiz, égalisation de de Ketelaere, Merino 88e), puis la demi-finale la plus maîtrisée de ce Mondial (2-0) contre la France, en contenant Mbappé, Dembélé et Olise, le trio qui avait brillé durant toute la compétition. Un seul but encaissé en sept matchs : la meilleure marque défensive de ce tournoi, et l’une des plus remarquables de l’histoire des Coupes du Monde.
Argentine : onze buts après la 75e minute, un record historique
La campagne de l’Argentine a suivi un scénario radicalement différent mais tout aussi puissant. La phase de groupes avait été maîtrisée -(3-0) Algérie (hat-trick Messi), (2-0) Autriche (doublé Messi), (3-1) Jordanie- avant que la seconde phase n’installe un suspense permanent.
Contre le Cap-Vert en seizième, la prolongation avait été nécessaire (3-2). Contre l’Égypte en huitième, l’Albiceleste avait renversé un (0-2) à la 75e minute avec trois buts en onze minutes avant la fin du temps réglementaire. En quart contre la Suisse, la qualification était venue en prolongation sur une frappe enroulée d’Álvarez (3-1). En demi-finale contre l’Angleterre, l’Argentine était encore revenue de loin, avec des buts dans les dernières minutes d’Enzo Fernández et Lautaro Martínez sur des actions initiées par Messi (2-1). Ce schéma récurrent a produit un record absolu dans l’histoire des Coupes du Monde : onze buts inscrits après la 75e minute dans une seule édition. L’Argentine arrive en finale avec la conviction d’un groupe qui a déjà traversé tous les scénarios extrêmes, mais aussi avec une journée de récupération de moins que l’Espagne et deux prolongations supplémentaires dans les jambes.

Confrontations directes entre l’Espagne et l’Argentine
Espagne et Argentine comptent quatorze confrontations dans leur histoire, avec un bilan parfaitement équilibré : six victoires de chaque côté et deux nuls. Le seul précédent en Coupe du Monde remonte à la phase de groupes de l’édition 1966 en Angleterre, remportée (2-1) par l’Argentine.
Les confrontations récentes illustrent le caractère imprévisible de la rivalité : l’Espagne, quelques mois après avoir été championne du monde en 2010, avait perdu (4-1) à Buenos Aires. En 2018 à Madrid, elle avait écrasé l’Argentine sans Messi (6-1). Cette finale était censée trouver un avant-goût lors de la Finalissima 2026 -qui devait opposer le champion d’Europe (Espagne) et le champion d’Amérique du Sud (Argentine) au Lusail Stadium le 27 mars à Doha- mais le match avait été annulé en raison du conflit au Moyen-Orient. Le destin a réservé la première confrontation entre Lamine Yamal et Lionel Messi pour le plus grand des théâtres.

Absences et incertitudes
De la Fuente arrive en finale sans forfait confirmé. Le staff médical n’a déploré aucun problème physique à l’issue de la demi-finale contre la France, et l’Espagne a bénéficié de cinq jours complets pour préparer la finale. La principale gestion concerne le physique de Rodri, le capitaine ayant disputé les 90 minutes contre la France et restant indispensable à l’équilibre du milieu de terrain, avec sa condition physique suivie de près depuis le début du tournoi.
Lamine Yamal, revenu d’une blessure musculaire de la cuisse contractée au Barça en avril, a été titulaire lors de six des sept matchs de la campagne et arrive en finale comme la principale force de déséquilibre par la droite. La question offensive tourne autour du couloir gauche : Álex Baena apporte davantage de contrôle et de circulation, tandis que Nico Williams est une option de vitesse pour changer le jeu en deuxième période.
Même cas pour Scaloni qui n’a signalé aucune blessure après la demi-finale contre l’Angleterre, mais la fatigue accumulée est la principale préoccupation. L’Argentine a disputé deux prolongations et dispose d’une journée de récupération de moins que l’Espagne. Messi, 39 ans, avait connu une gestion de minutes contrôlée en phase de groupes et sort des matchs les plus exigeants du tournoi, mais reste le principal générateur de grandes occasions de l’équipe.
La décision tactique la plus importante concerne la pointe : Lautaro Martínez a marqué le but de la qualification contre l’Angleterre et monte en puissance dans la compétition pour une place de titulaire, même si Julián Álvarez est l’option la plus probable par sa mobilité et sa capacité à presser. Enzo Fernández arrive en grande forme après ses buts décisifs contre l’Égypte et l’Angleterre. Mac Allister et Paredes complètent un milieu efficace dans la protection et la relance.

Aperçu tactique
L’Espagne maintiendra son 4-2-3-1 avec Rodri et Fabián Ruiz comme pivots, Dani Olmo entre les lignes, Yamal déséquilibrant par la droite, Baena en aide à la circulation par la gauche et Oyarzabal comme référence offensive mobile. Le défi principal espagnol sera de contrôler les zones de réception de Messi -le capitaine argentin tend à décrocher pour recevoir entre le milieu et la défense, cherchant des passes longues et diagonales. Rodri et Fabián devront bloquer cet espace sans désorganiser la couverture des couloirs.
L’Argentine répondra dans un 4-4-2 compact, avec Messi et Álvarez (ou Lautaro) devant. Giuliano Simeone et Mac Allister auront un rôle crucial dans la recomposition, pendant qu’Enzo Fernández sera le milieu le plus agressif pour conduire et frapper de moyenne distance -comme il l’avait fait contre l’Angleterre. Si les Ibériques évitent les pertes de balle en zones centrales et empêchent Messi de recevoir librement, ils maximiseront leur avantage en termes de possession. Si l’Argentine obtient des occasions en contre et en phases arrêtées -domaine où Mac Allister a montré son efficacité (but de la tête contre la Suisse)- la décision peut basculer tardivement, comme dans tous les matchs à élimination directe de cette Argentine.
Composition probable de l’Espagne (4-2-3-1) : Unai Simón ; Pedro Porro, Pau Cubarsí, Aymeric Laporte, Marc Cucurella ; Rodri, Fabián Ruiz ; Lamine Yamal, Dani Olmo, ÁlexBaena ; Mikel Oyarzabal.
Entraîneur : Luis de la Fuente.
Composition probable de l’Argentine (4-4-2) : Emiliano Martínez ; Nahuel Molina, Cristian Romero, Lisandro Martínez, NicolásTagliafico ; Giuliano Simeone, Alexis Mac Allister, Leandro Paredes, Enzo Fernández ; Julián Álvarez, Lionel Messi.
Entraîneur : Lionel Scaloni.

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Mondial Fifa | L’Angleterre de Tuchel, championne du monde des perdants

Fallait-il suivre la finale des battus de la Coupe du Monde instaurée par la Fifa comme un rituel et refusant absolument d’y renoncer en dépit des calendriers plus que surchargés auxquels sont soumis les joueurs de football désormais exténués et souvent blessés ?

Dr Mounir Hanablia *

Au vu du score digne d’une rencontre de handball 6-4 entre l’Angleterre et la France, hier soir, samedi 18 juillet 2026, à Miami, les absents dont je fais partie ont eu tort en se contentant de consulter The Guardian pour apprendre que la formation du Coq était menée 4-0 à la mi-temps, que Bukayo Saka a marqué trois buts, lui qui ne marque presque jamais, et que Kylian Mbappé a fait un peu moins bien avec deux buts, ce qui le maintient dans la course du meilleur buteur de Coupe du Monde de tous les temps.

Il est vrai que depuis les batailles d’Hastings en 1066, et celle de Waterloo en 1815, les rencontres France-Angleterre ont toujours un caractère disputé que l’accession de Thomas Tuchel, un Allemand, à la tête de l’équipe de la Rose, n’a rendu que plus étrange.

Le parlement anglais au début du XVIIIe siècle n’avait rien trouvé de mieux à faire pour mettre un terme à la subversion catholique des Stuarts, que de faire épouser à l’héritière du trône un membre luthérien de la maison allemande des Hanovre, qui pour ne pas parler anglais, passait le plus clair de son temps sur le continent dans son duché, ce qui permit au parlement anglais d’assumer les charges de la gestion du royaume sans opposition, et de perpétuer la situation en instaurant le parlementarisme.

Sursis pour l’un, fin de partie pour l’autre

On ne peut pas dire que Tuchel, lui, ne se soit pas impliqué dans les affaires de l’équipe d’Angleterre. Tout le monde ou presque, y compris Donald Trump qui s’y connaît en défaite, lui attribue la paternité de celle contre l’Argentine, par la retraite générale ordonnée après le premier but de Anthony Gordon. Il a assumé. Peut-être cela valait-il mieux que dire qu’en fait, les joueurs n’auraient pas pu en faire plus. Tuchel, contrairement à Charles Ier Stuart, a réussi à sauver sa tête malgré la défaite. Et cette victoire contre la France, pour ne pas dire qu’elle redore son blason terni, lui apporte quand même un sursis. Mais fallait-il un match sans enjeu pour cela ?  

Pour Didier Deschamps, son adversaire du jour, en revanche, la situation était claire avant le match : ce serait son dernier sur le banc des Bleus, qui seront bientôt conduits par une autre gloire du football français : Zinedine Zidane.

* Médecin de libre pratique.

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Mondial 2026 – France vs Angleterre (22h00) : une petite finale que personne n’a envie de jouer

Boudé par les joueurs et souvent jugé sans intérêt, le match pour la troisième place de la Coupe du monde oppose la France à l’Angleterre. De la course au Soulier d’Or de Kylian Mbappé aux adieux de Didier Deschamps, en passant par l’envie de terminer sur une bonne note, cette «petite finale» recèle pourtant bien plus d’enjeux qu’il n’y paraît.
Qui se souvient du vainqueur du match pour la troisième place de la dernière Coupe du Monde au Qatar en 2022 ? Pas grand monde… La «petite finale» avait été remportée par la Croatie face au Maroc (2-1).
Quatre ans plus tard, ce match symbolique va opposer, ce soir, la France à l’Angleterre, toutes deux éliminées aux portes de la grande finale, qui sera disputée par l’Espagne et l’Argentine.

«Ils sont dégoûtés de devoir jouer»
Pour le préparer, les Bleus ont retrouvé mercredi leur camp d’entraînement à l’université de Bentley, près de Boston. Mais, la motivation n’est pas vraiment présente. «Ce match, vous pensez qu’ils ont envie de le jouer ?», lâchait-on dans la nuit de mardi à mercredi dans l’entourage d’un des joueurs. «Bien sûr que non. Ce groupe était là pour autre chose. Ils sont dégoûtés de devoir jouer», affirmait un autre proche, selon des propos rapportés par le quotidien sportif.
Juste après la demi-finale, Kylian Mbappé parlait déjà de «vacances pour repartir sur autre chose» sans évoquer ce match pour la troisième place.
Du côté des Anglais, c’est le même son de cloche. Le sélectionneur Thomas Tuchel ne montre guère d’enthousiasme à l’idée de disputer cette rencontre. «Aucun de nos joueurs ni des joueurs français ne souhaite disputer ce match», a expliqué le technicien allemand après l’amère défaire contre l’Argentine. «Ils veulent jouer la finale. Nous avons tout donné pour y parvenir. Tout le monde joue pour gagner la Coupe du monde, mais c’est ainsi. Nous avons un jour de récupération de moins que la France, mais nous le ferons avec professionnalisme».

La course au Soulier d’Or
Malgré tout, ce duel n’est pas dénué d’enjeux pour les deux nations. Il va compter pour la course au Soulier d’Or. L’attaquant vedette des Bleus Kylian Mbappé est actuellement co-meilleur buteur du Mondial à égalité avec Lionel Messi (huit réalisations). Avec la petite finale, il a encore une chance de dépasser la légende argentine. Deux joueurs de l’Angleterre sont aussi toujours en lice : Harry Kane et Jude Bellingham ne sont qu’à deux buts du Français et de l’Argentin.
Pour la France, cette rencontre aura aussi une saveur particulière puisque ce sera la dernière de Didier Deschamps en tant que sélectionneur. Le technicien de 57 ans, arrivé en 2012, mettra alors un terme à 14 années de présence sur le banc des Tricolores et ses joueurs seront forcément motivés pour fêter dignement son départ.
S’il n’a pas réussi à décrocher un troisième sacre après 1998 et 2018, Deschamps aura tout de même à cœur de boucler son ère sur une note positive avant de transmettre le témoin -probablement à Zinedine Zidane- et de basculer vers d’autres horizons.
Son bilan restera prodigieux puisqu’il aura atteint au moins cinq fois le dernier carré au cours des sept phases finales vécues sur le banc des Bleus. Une médaille de bronze ne consolera pas une équipe et un technicien qui se disaient en mission pour remporter la compétition, mais elle pourrait panser quelque peu leurs plaies.

«Il y a un match»
Les Anglais ont aussi la même ambition. Une troisième place signifierait pour eux leur meilleur résultat dans un Mondial depuis soixante ans et le titre remporté en 1966. Comme le rappelle la BBC, les deux précédentes petites finales en Coupe du Monde jouées par les Three Lions se sont soldées par deux défaites -contre l’Italie en 1990 et contre la Belgique en 2018.
Cette affiche de prestige entre deux nations qui adorent se détester est aussi une dernière opportunité de briller pour les remplaçants au faible temps de jeu durant le tournoi. Thomas Tuchel comme Didier Deschamps pourraient être tentés de maintenir cette tradition, histoire de récompenser des remplaçants exemplaires durant plus d’un mois et qui n’ont jamais étalé leurs états d’âme.
Le jeune milieu de terrain de Manchester United, Kobbie Mainoo, qui n’a pas encore joué une seule minute, mais avec moins de pression sur lui cette fois-ci, pourrait faire ses débuts sous le maillot anglais lors d’un Mondial.
Dans le camp adverse, N’Golo Kanté, champion du Monde en 2018, qui est resté sur le banc depuis le début de la compétition, pourrait aussi faire sa dernière apparition en Coupe du Monde du haut de ses 35 ans. Didier Deschamps pourrait aussi choisir de donner du temps de jeu à des jeunes comme Warren Zaïre-Emery et Rayan Cherki.
À défaut d’aligner une équipe B, les deux sélectionneurs pourraient tout simplement faire plaisir à leurs suppléants tout en maintenant une base de cadres pour préserver les chances de victoire. Petite finale ou pas, un France-Angleterre, cela se gagne.
«Il y a un match. Quand on porte ce maillot, quel que soit le match de l’équipe de France, notre devoir à tous, c’est de tout faire samedi parce que c’est le dernier de la compétition», a ainsi insisté Didier Deschamps dans une vidéo publiée jeudi sur le compte Instagram des Bleus.
Composition probable de la France (4-2-3-1) : Mike Maignan ; Malo Gusto, Dayot Upamecano, Ibrahima Konaté, Théo Hernandez ; Adrien Rabiot, N’Golo Kanté ; Michael Olise, Rayan Cherki, Désiré Doué ; Kylian Mbappé
Entraîneur : Didier Deschamps
Composition probable de l’Angleterre (4-2-3-1) : Jordan Pickford ; Djed Spence, Ezri Konsa, Marc Guéhi, Nico O’Reilly ; Jude Bellingham, Elliot Anderson ; Bukayo Saka, Morgan Rogers, Anthony Gordon ; Harry Kane
Entraîneur : Thomas Tuchel

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