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Startups tunisiennes, où les investisseurs placent-ils leur argent?

La finance numérique garde son statut de secteur vedette, mais les investisseurs commencent à regarder ailleurs. Logistique, intelligence artificielle et solutions destinées aux entreprises gagnent progressivement du terrain.

Une tendance déjà visible en 2025 se confirme en 2026! Pendant longtemps, la fintech a été la grande gagnante de la scène startup dans la région MENA. Paiements digitaux, plateformes financières, solutions de crédit ou d’inclusion financière ont attiré une grande partie des investisseurs. Mais les dernières tendances montrent que le marché commence à élargir son horizon.

Selon le rapport de Wamda H1 2026 sur les levées de fonds du premier semestre 2026, la fintech reste en tête des secteurs financés. Mais derrière ce poids lourd régional, d’autres activités avancent rapidement et captent l’attention des fonds.

La logistique fait partie des secteurs qui montent. Le sujet est devenu stratégique avec l’évolution du commerce en ligne et la nécessité pour les entreprises d’améliorer leurs chaînes d’approvisionnement. Les startups qui travaillent sur la livraison, la gestion des stocks ou l’optimisation des flux répondent à des besoins très concrets du marché.

L’immobilier connaît également sa transformation numérique. La proptech poursuit son développement en proposant de nouveaux outils pour gérer, vendre ou exploiter les actifs immobiliers. Dans une région où le secteur immobilier occupe une place importante, ces solutions trouvent naturellement leur public auprès des entreprises comme des particuliers.

Mais le véritable nouveau venu dans le radar des investisseurs reste l’intelligence artificielle appliquée aux entreprises. Loin des usages grand public, les solutions d’Enterprise AI cherchent surtout à automatiser certaines tâches, améliorer la prise de décision et réduire les coûts opérationnels.

Cette orientation traduit une évolution dans les attentes du marché. Les investisseurs regardent moins les technologies uniquement capables de séduire rapidement des utilisateurs. Ils cherchent davantage des solutions qui répondent à un problème économique précis et qui peuvent avoir un impact mesurable.

C’est aussi ce qui explique l’intérêt pour les modèles B2B. Les startups qui travaillent directement avec les entreprises disposent souvent de revenus plus réguliers et de relations commerciales plus longues. Un avantage important dans un environnement où les fonds veulent davantage de visibilité.

La prochaine vague startup dans la région pourrait donc se jouer dans les coulisses des entreprises. Après les applications financières qui ont accompagné la digitalisation des usages, place aux technologies qui promettent de rendre les organisations plus rapides, plus efficaces et mieux connectées.

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Startups: pourquoi les investisseurs regardent-ils désormais vers les Émirats?

En 6 mois, un seul marché a concentré l’essentiel des financements startups de la région. Les Émirats arabes unis confirment leur place de destination privilégiée du capital-risque, pendant que les autres grands écosystèmes cherchent encore leur vitesse de croisière.

Le paysage startup de la région MENA semble changer de centre de gravité. Au premier semestre 2026, les capitaux ont massivement pris la direction des Émirats arabes unis. Sur les 1,7 milliard de dollars levés par les startups de la région, 1,2 milliard ont été captés par les entreprises installées dans le pays, selon le dernier rapport de Wamda.

Le chiffre est marquant. Il signifie qu’environ 7 dollars sur 10 investis dans les jeunes entreprises de la région ont trouvé preneur aux Émirats. Selon la même source, une performance d’autant plus remarquable que le marché régional traverse une période de ralentissement, avec un recul de 18% des montants levés et une baisse de 28% du nombre d’opérations.

Loin d’être un simple effet de volume, cette domination révèle une évolution dans la manière dont les investisseurs choisissent leurs terrains de jeu. Les grands fonds cherchent désormais des environnements capables d’accompagner une startup après ses premiers succès, au moment où elle doit accélérer, recruter, conquérir de nouveaux marchés et lever des tickets plus importants.

C’est précisément sur ce segment que les Émirats creusent l’écart. Le pays a accueilli 8 des 11 opérations de financement de phase avancée enregistrées dans la région durant le semestre. Autrement dit, les startups les plus capables de changer d’échelle trouvent aujourd’hui davantage de moyens pour grandir depuis Dubaï ou Abou Dhabi.

Cette position n’est pas née en quelques mois. Elle est le résultat de plusieurs années d’investissements dans l’attractivité financière et technologique du pays. La présence de fonds internationaux, la multiplication des acteurs de l’innovation et un cadre facilitant l’installation d’entreprises étrangères ont progressivement renforcé le rôle des Émirats comme plateforme régionale.

La comparaison avec les autres marchés montre cependant des trajectoires différentes.

L’Arabie saoudite, longtemps considérée comme l’un des moteurs du financement startup régional, affiche une baisse de 81% des montants levés, à 259 millions de dollars. Le recul est spectaculaire, mais il intervient après une année 2025 exceptionnelle. Le marché saoudien continue d’être actif avec 80 transactions, mais l’essentiel de la dynamique se situe encore au stade des jeunes entreprises.

L’Égypte suit une autre voie. Malgré un contexte économique plus difficile, le pays conserve son attractivité auprès des investisseurs. Les startups égyptiennes ont levé 158,9 millions de dollars au premier semestre, dont 53 millions à travers deux opérations de grande taille.

Derrière ces écarts, une nouvelle réalité apparaît. Dans la région MENA, le défi n’est plus seulement de faire émerger des startups. Le véritable enjeu est de construire un environnement capable de les accompagner jusqu’aux grandes levées, celles qui transforment une entreprise locale en acteur régional.

Les Émirats semblent aujourd’hui avoir pris une longueur d’avance dans cette course. Pour les autres marchés, apparemment la prochaine étape sera moins de créer davantage de startups que de permettre aux meilleures d’entre elles de rester, grandir et changer d’échelle sur leur propre territoire.

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Le temps de la sélection est-il arrivé pour les startups Mena?

Les startups de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena) ont levé 1,7 milliard de dollars au premier semestre 2026 à travers 242 opérations, selon le dernier rapport de Wamda. Les montants investis reculent de 18% par rapport à la même période de 2025, tandis que le nombre de transactions diminue de 28%. 

Ce repli ne touche pas toutes les catégories de financement de la même manière. Les investisseurs continuent de soutenir les entreprises les plus matures, alors que les levées intermédiaires restent plus limitées. Les tours de financement de grande taille se concentrent également sur un nombre réduit de sociétés. 

Par ailleurs, la structure des financements évolue également. La dette ne représente plus que 29% des capitaux levés contre 44% un an plus tôt. Les levées en fonds propres reprennent ainsi une place plus importante dans les opérations réalisées au cours du semestre.

Les startups B2B restent les principales bénéficiaires de cette dynamique avec 763,5 millions de dollars levés, devant les modèles orientés vers le grand public. Les investisseurs continuent de privilégier les entreprises disposant de revenus récurrents et de perspectives de rentabilité mieux établies.

Par secteur, la fintech conserve sa première place avec 708 millions de dollars levés répartis sur 51 opérations. La logistique arrive en deuxième position avec 315 millions de dollars, portée essentiellement par deux importantes levées de fonds réalisées au deuxième trimestre. La proptech complète le podium avec 241 millions de dollars.

Autre évolution notable: l’intelligence artificielle appliquée aux entreprises commence à gagner du terrain. Les startups spécialisées dans l’Enterprise AI ont levé 67 millions de dollars au deuxième trimestre, un niveau qui en fait l’un des segments les plus suivis pour la seconde moitié de l’année.

Au-delà du recul des investissements, le premier semestre confirme surtout une évolution du marché. Les fonds restent présents, mais concentrent désormais leurs investissements sur un nombre plus limité d’entreprises, dans des secteurs jugés plus résilients et sur des modèles économiques déjà validés.

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