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Énergie, numérique et capitaux : comment la Tunisie peut devenir le tiers de confiance de l’axe euro-africain

La récente publication du World Ultra Wealth Report 2026 faisant état d’une hausse de 23,7 % des très hauts patrimoines (UHNWI) en Afrique met en lumière un paradoxe frappant : le continent déborde de capitaux privés, mais ces derniers s’exilent ou s’endorment faute d’infrastructures de confiance pour les capter et les orienter vers l’économie réelle. Au même moment, l’Europe et l’Afrique font face à un défi historique interdépendant : la double transition énergétique et numérique.

Dans cette reconfiguration profonde des flux mondiaux, la Tunisie, à l’aube de son Plan de développement 2026-2030, détient une carte maîtresse. Elle ne doit plus seulement chercher à attirer des investissements passifs, elle doit s’affirmer comme le hub normatif, technologique et logistique interconnectant l’Europe, le Maghreb et le marché unique africain.

 

Le hub numérique : au-delà des câbles, la bataille des normes et des certifications

Devenir un hub digital à l’horizon 2030 ne se résume pas à aligner des infrastructures physiques ou à servir de pépinière de talents destinée à l’exportation. La véritable souveraineté immatérielle repose sur la capacité à dicter ou à certifier les règles du jeu.

La Tunisie doit se positionner comme le laboratoire des normes de conformité et des certifications numériques pour l’Afrique :

Souveraineté des données et tiers de confiance : face à l’extraterritorialité des législations étrangères (comme le CLOUD Act américain) et aux exigences strictes du RGPD européen, la Tunisie peut devenir le sanctuaire de données hautement sécurisé pour les capitaux et les institutions africaines.

Standardisation de l’IA et de la FinTech : en certifiant la transparence algorithmique et la sécurité des services financiers automatisés (visant le « Zéro Subjectivité »), nos institutions créent l’écosystème de confiance indispensable pour que les grandes fortunes africaines investissent massivement à travers nos canaux formels.

Le hub énergétique : certifier la molécule et l’électron verts

Le numérique est un gouffre énergétique, et l’Europe est en quête désespérée de décarbonation. À l’intersection des corridors électriques et des futurs pipelines d’hydrogène propre, la Tunisie a l’opportunité historique de devenir la plateforme de certification de l’énergie verte euro-africaine.

L’attraction des capitaux par la conformité : les fonds d’investissement et les très hauts patrimoines africains cherchent des projets d’infrastructure durables, labellisés selon les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance).

La douane carbone aux portes de l’Europe : en développant des mécanismes souverains de certification carbone et d’audit énergétique aux normes européennes sur le sol tunisien, nous offrons aux producteurs d’énergie africains le sésame indispensable pour exporter vers le marché européen. Nous transformons ainsi notre position géographique en levier de négociation macroéconomique pur.

Le choix de la rupture systémique

La Tunisie ne résoudra pas ses équations budgétaires par de vieilles méthodes ou en subissant passivement l’exode de son capital humain et financier. L’assainissement de nos perspectives économiques exige une rupture systémique : devenir la frontière normative où l’énergie et le numérique africains obtiennent leur légitimité internationale.

 

Le World Ultra Wealth Report 2026 nous montre que l’argent est là ; le Plan 2026-2030 nous donne le cadre opérationnel. Il ne nous reste plus qu’à imposer notre code – notre « Software » de gouvernance – pour devenir le pivot incontournable de ce nouvel ordre économique mondial.

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Les analyses et propos contenus dans cette tribune n’engagent que l’auteur.

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Supercell mise jusqu’à 200 000 dollars sur les studios de jeux vidéo africains

Le géant finlandais du jeu vidéo Supercell veut accélérer l’émergence des studios africains en lançant un programme de financement pouvant atteindre 200 000 dollars par studio. L’objectif: aider les entreprises africaines de gaming à passer un cap, sans prendre de participation dans leur capital.

Baptisé Supercell Developer Grants Program, ce dispositif propose des subventions comprises entre 20 000 et 200 000 dollars aux studios de développement de jeux vidéo basés en Afrique. Contrairement à un investissement classique, ce financement est non dilutif: les bénéficiaires conservent la propriété de leur entreprise, leurs jeux et leur propriété intellectuelle. Supercell cible les studios déjà structurés, et non les développeurs indépendants ou les équipes informelles. Pour être éligibles, les candidats doivent être des sociétés légalement enregistrées, avec leurs principales activités et la majorité de leurs équipes situées en Afrique.

Le programme accepte des candidatures issues de différents segments du marché: jeux mobiles, PC, consoles, modèles gratuits («free-to-play»), jeux premium ou hybrides. Le groupe précise toutefois rechercher avant tout des équipes capables de construire des entreprises de jeux durables. Les fonds pourront notamment servir à renforcer les équipes, recruter des talents, financer la création artistique, l’ingénierie, le son, les outils de développement, l’assurance qualité ou encore les opérations marketing.

Pour les startups africaines du secteur, souvent confrontées à un manque de financement pour industrialiser leurs productions, cette enveloppe représente un levier pour accélérer la commercialisation de jeux capables de toucher un marché mondial. Avec une population jeune, une croissance rapide de l’usage du mobile et une scène créative en développement, l’Afrique attire de plus en plus les acteurs internationaux du gaming. Supercell estime que le continent regorge de nouvelles narratives culturelles et de talents capables de contribuer à l’évolution du jeu vidéo mondial.

Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 9 août 2026 à 23h59 UTC. Après une phase d’évaluation prévue entre août et octobre, les studios sélectionnés devraient recevoir leur financement à partir de décembre.

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Le chiffre de la semaine : 23,4 millions

Jusqu’à 23,4 millions d’enfants supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté d’ici à la fin de l’année. C’est l’alerte lancée par l’UNICEF dans une récente analyse portant sur plus de 167 pays, qui mesure les effets économiques du conflit au Moyen-Orient.…

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La Chine s’intéresse davantage à la Tunisie: un fonds d’investissement cible les PME

La Tunisie cherche à transformer l’intérêt des investisseurs chinois en projets concrets. L’ambassade de Tunisie à Pékin a annoncé qu’une réunion s’est tenue le 14 juillet entre ses représentants et le Fonds de développement Chine-Afrique (CADFund) afin d’accélérer les investissements chinois dans le pays et de renforcer le soutien aux petites et moyennes entreprises tunisiennes.

Cette rencontre a permis de faire le point sur la participation du bureau régional africain du fonds au Tunisia Investment Forum 2026, organisé les 25 et 26 juin à Tunis, ainsi que sur les échanges menés avec les autorités tunisiennes et les représentants du secteur privé à cette occasion.

Au-delà du bilan, les discussions ont porté sur les moyens de rendre plus opérationnelle la coopération entre la Tunisie et le CADFund. L’objectif affiché est double: encourager davantage d’entreprises chinoises à investir en Tunisie et mobiliser un appui financier et technique au profit des PME tunisiennes, notamment dans des secteurs considérés comme prioritaires pour le développement économique du pays.

Pour l’écosystème entrepreneurial tunisien, cette démarche ouvre la perspective d’un accès à de nouvelles sources de financement, mais aussi à des partenariats industriels et technologiques avec des entreprises chinoises, dans un contexte où la Tunisie cherche à attirer des investissements à forte valeur ajoutée et à renforcer son intégration dans les chaînes de valeur internationales.

Le Fonds de développement Chine-Afrique est l’un des principaux instruments financiers de Pékin dédiés aux investissements sur le continent africain. Son intervention privilégie généralement des projets présentant un potentiel de développement économique durable, en partenariat avec les acteurs locaux.

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