Lese-Ansicht

Plan iranien visant à assassiner Trump : à qui profiterait le crime ?

Le renseignement israélien aurait informé Washington d’un nouveau complot iranien visant à assassiner Donald Trump. Menace réelle ou manœuvre destinée à pousser le président américain à poursuivre ses frappes contre la République islamique ?

 

Donald Trump est-il réellement confronté à une menace réelle contre sa sécurité, ou s’agit-il d’une sournoise manœuvre israélienne destinée à torpiller l’accord de paix laborieusement négocié entre Washington et Téhéran mais jugé par le gouvernement Netanyahou contraire aux « intérêts vitaux de l’Etat hébreu ? Et ce, dans l’espoir d’entraîner encore une fois le président américain dans une nouvelle aventure militaire contre le régime des mollahs.

Lire aussi : Netanyahu échoue à saboter l’accord de paix irano-américain

Scepticisme

Toujours est-il que selon la presse américaine, Tel-Aviv aurait transmis à Washington des informations émanant de ses services de renseignement et qui « prouvent » que le pouvoir iranien a ourdi un nouveau plan visant à assassiner le milliardaire républicain pour venger l’assassinat de plusieurs hauts responsables iraniens, dont l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors d’une frappe israélienne le 28 février. Sachant que depuis des années, l’Iran a ouvertement juré de venger l’assassinat de Qassem Soleimani, un haut général du Corps des gardiens de la révolution tué par Washington en 2020, sous le premier mandat de Donald Trump.

D’autre part, des appels à la mort de Trump ont été scandés lors des grandioses funérailles d’Ali Khamenei, qui se sont déroulées du 4 au 9 juillet où de nombreux participants ont brandi des pancartes appelant à la mort de Donald Trump et du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Toutefois, ces informations sont à prendre avec des pincettes. Selon CNN, citant des sources proches des renseignements américains, le rapport israélien a été accueilli avec scepticisme à Washington, car perçu « comme un élément d’une stratégie israélienne plus large visant à influencer les décisions de Donald Trump concernant l’Iran ».

Ce scepticisme quant à la véracité des sources israéliennes est justifié par la méfiance du président octogénaire envers Benyamin Netanyahou sur fond de divergences majeures quant à la poursuite de la guerre contre l’Iran.

Réactions en arc-en-ciel

Comment le locataire de la Maison Blanche a-t-il réagi à ces menaces supposées qui pèsent sur son auguste personne ?

D’abord, en relativisant dans un premier temps la portée de ces révélations : « Non, non. Israël n’a rien trouvé de tel. Je suis en tête de liste depuis longtemps. C’est la vie, vous savez », a-t-il confié au quotidien conservateur le New York Post.

Ensuite, en exhibant son statut de victime patentée : « Ils veulent éliminer le dirigeant américain, c’est-à-dire moi. Je figure sur toutes les listes. J’ai vu ce matin que je suis sur chacune de leurs listes. Jusqu’ici, j’ai eu un peu de chance, je suppose, mais cela ne durera peut-être pas très longtemps », a-t-il encore ajouté.

Enfin, en ayant recours à l’unique logique qu’il connaît : la loi de Talion. Ainsi, a-t-il menacé de « détruire complètement » l’Iran en cas de tentative d’assassinat contre lui, affirmant que « Mille missiles sont prêts à être tirés et braqués sur la République islamique d’Iran, et des milliers d’autres suivront immédiatement si le gouvernement iranien met sa menace à exécution », a-t-il écrit dans un message publié sur son réseau Truth Social.

Et ce n’est pas tout. Dans une nouvelle mise en garde à Téhéran, Trump a affirmé que les États-Unis « anéantiraient et détruiraient complètement l’ensemble du territoire iranien », s’il était visé.

Rien de surprenant de la part d’un homme qui a déjà menacé d’effacer de la carte la civilisation iranienne. En effet, le 7 avril dernier, Donald Trump lançait cette mise en garde glaçante : « Une civilisation entière va disparaître ce soir, pour ne plus jamais renaître ». Une déclaration d’autant plus saisissante qu’elle émanait du dirigeant d’un pays qui s’apprêtait à célébrer les 250 ans de son indépendance, et qui évoque sans détour l’anéantissement d’une civilisation vieille de plus de 5 000 ans !

Faut-il pour autant prendre l’imprévisible président américain au sérieux ? Dans une énième volte-face, il a déclaré vendredi 10 juillet avoir accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en affirmant que le cessez-le-feu prévu par l’« accord-cadre » conclu entre les deux pays en juin « avait désormais pris fin ».

Un accord fragile

Pour rappel, les deux pays belligérants étaient à deux doigts de conclure un accord de paix historique susceptible de mettre fin aux hostilités. En effet, cet accord-cadre prévoyait une cessation des hostilités entre Washington et Téhéran. Les États-Unis s’engageaient à lever leur blocus naval de l’Iran, tandis que Téhéran devait rouvrir le détroit d’Ormuz et réaffirmer qu’il « ne cherchera pas à se procurer ni à développer des armes nucléaires ». Le mémorandum accordait par ailleurs aux deux parties un délai de 60 jours pour parvenir à un accord définitif. Mais une série de frappes de représailles menées cette semaine par les deux camps menace désormais de compromettre les efforts en vue de conclure un accord final.

Pour quelle raison ? Au cœur du bras de fer entre Washington et Téhéran, le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le transport mondial de pétrole et de gaz, a été de facto fermé par les autorités iraniennes provoquant ainsi de fortes perturbations sur les marchés de l’énergie et entraînant une nouvelle riposte militaire américaine.

Retour à la case départ. Au Proche-Orient, la paix n’est manifestement pas pour demain.

L’article Plan iranien visant à assassiner Trump : à qui profiterait le crime ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Révélations | Comment le Mossad a-t-il recruté Mahmoud Ahmadinejad ?

C’est une bombe. Le New York Times a révélé ce lundi 13 juillet 2026 que l’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad a été recruté par le Mossad ! Les Israéliens ont commencé à s’intéresser à lui quand ses relations se sont dégradées avec le défunt Guide suprême Ali Khamenei. Ahmadinejad a été empêché à trois reprises de se présenter de nouveau à l’élection présidentielle ce qui a nourri chez lui un profond ressentiment contre le régime et a forgé sa conviction que son retour au pouvoir ne pourrait avoir lieu qu’avec la chute de ce régime. 

Imed Bahri

Dans une enquête intitulée «Dans les coulisses de l’opération secrète d’Israël pour recruter Ahmadinejad» et menée par quatre journalistes Mark Mazzetti, Julian E. Barnes, Farnaz Fassihi et Ronen Bergman, le New York Times a révélé, lundi 13 juillet 2026, que l’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad est assigné à résidence par les services de renseignement des Gardiens de la révolution après que les autorités iraniennes ont découvert ses contacts avec Israël. 

Selon le journal américain, Israël a mené pendant des années une opération secrète visant à recruter Ahmadinejad dans le but de l’installer à la tête de l’Iran après la chute du régime. L’enquête s’appuie sur des sources américaines, israéliennes et iraniennes connaissant les détails de l’opération.

Début 2024, un haut responsable du gouvernement hongrois de l’époque a demandé au professeur Gergely Deli, président de la Ludovika University of Public Service (Université Ludovica de l’administration publique) à Budapest, d’inviter Ahmadinejad à une conférence sur le changement climatique. Selon Deli, on lui a indiqué que cette conférence servirait en réalité de couverture à des discussions secrètes entre Ahmadinejad et des responsables des services de renseignement israéliens.

Malgré ses craintes de nuire à sa propre réputation et à celle de l’université, il accepta, estimant que si les deux parties étaient disposées à dialoguer, il fallait leur en donner l’occasion.

L’enquête rapporte que les gardes du corps d’Ahmadinejad ont déclaré qu’il avait réussi à disparaître au moins deux fois durant sa visite pour assister à de longues réunions. Interrogé, il affirma rencontrer des professeurs d’université. Lors de la conférence, Ahmadinejad prononça un discours en anglais, évoquant «l’humanité commune» et un «ordre mondial en mutation». Il surprit l’auditoire en ne commençant pas son discours par un verset du Coran. Comme il l’avait fait tout au long de sa présidence, il offrit même au recteur de l’université un exemplaire du ‘‘Livre des Rois’’ * du grand poète persan du Xe siècle Ferdowsi et reçut de sa main l’emblème de l’université.

La mue d’Ahmadinejad

Deli admet avoir servi d’intermédiaire pour faciliter des réunions secrètes. Selon des sources américaines, l’ancien chef du Mossad David Barnea s’était personnellement rendu à Budapest pour rencontrer Ahmadinejad. Le Mossad a ensuite informé la CIA qu’Israël avait financé ses frais d’hébergement et de voyage ces dernières années et que des responsables du renseignement israélien l’avaient rencontré à plusieurs reprises hors d’Iran. Selon l’enquête, Ahmadinejad, qui a été président de l’Iran de 2005 à 2013 et considéré à l’époque comme l’une des figures les plus importantes de la ligne dure –partisan du programme nucléaire iranien, appelant régulièrement à la destruction d’Israël– a progressivement modifié son image après avoir quitté ses fonctions.

L’enquête indique qu’Ahmadinejad a commencé à adoucir son discours anti-israélien, critiquant l’appareil sécuritaire et la corruption gouvernementale. Il a adopté une apparence plus occidentalisée, appris l’anglais, rencontré fréquemment des civils et s’est présenté comme un homme politique plus modéré. Selon l’un de ses anciens conseillers, Abdolreza Davari, la motivation d’Ahmadinejad n’était pas l’argent mais plutôt le désir de revenir au pouvoir. Un proche collaborateur a déclaré au journal qu’après avoir été disqualifié de la course présidentielle à trois reprises, Ahmadinejad avait conclu qu’il ne pouvait pas revenir au pouvoir tant que le régime en place resterait en fonction.

Renverser le régime

Selon la même source, Ahmadinejad craignait qu’en cas de guerre et de renversement du régime, les États-Unis et Israël choisissent d’installer un opposant exilé depuis l’étranger. C’est pourquoi il s’est présenté comme quelqu’un capable de diriger le pays de l’intérieur, à l’instar de Boris Eltsine en Russie au lendemain de la chute de l’URSS. La même source a affirmé qu’Ahmadinejad avait déclaré à ses conseillers que s’il dirigeait de nouveau l’Iran, le pays reconnaîtrait Israël et normaliserait ses relations avec ce pays dans le cadre des accords d’Abraham négociés par le président Donald Trump. 

Selon deux sources sécuritaires israéliennes, les services de renseignement israéliens ont suivi de près l’escalade des tensions entre Ahmadinejad et le Guide suprême Ali Khamenei, ainsi que de hauts responsables du régime, notamment après son inéligibilité répétée à la présidence. Parallèlement, selon des sources iraniennes, les services de renseignement des Gardiens de la révolution ont commencé à douter de sa loyauté bien avant ses contacts avec les Israéliens, précisément quand il a adressé des messages publics à Trump en 2017 puis au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

Visite au Guatemala

D’après l’enquête, les premiers contacts entre Ahmadinejad et Israël auraient eu lieu lors de sa visite au Guatemala en 2023, où il était invité à participer à une conférence sur l’environnement. Les autorités iraniennes ont tenté de l’empêcher de quitter le pays mais après qu’il se soit barricadé à l’aéroport pendant des heures et ait rendu l’incident public, il a finalement été autorisé à partir.

Selon l’enquête, l’opération a culminé fin février de cette année, au début du conflit israélo-iranien. Ce récit journalistique indique qu’une attaque israélienne a endommagé la résidence d’Ahmadinejad à Téhéran, précisément le bâtiment de sécurité et son véhicule blindé. Peu après, une Peugeot noire est arrivée sur les lieux, Ahmadinejad y est monté et a pris la fuite.

Des sources américaines et iraniennes ont affirmé que la voiture transportait des agents du Mossad qui l’ont conduit vers un lieu secret en Iran. Cependant, selon ces mêmes sources, Ahmadinejad aurait été déçu par l’opération de sauvetage et le plan visant à le réinstaller au pouvoir. Il a ensuite quitté les lieux dans des circonstances mystérieuses.

Suite à cela, il est allégué que les services de renseignement iraniens ont commencé à enquêter sur ses liens avec Israël et ont recueilli de nombreux renseignements sur ses activités. Selon quatre sources iraniennes de haut rang citées dans l’enquête, Ahmadinejad a été retrouvé et il est actuellement assigné à résidence par les services de renseignement des Gardiens de la révolution, après que les autorités ont rassemblé des preuves de ses contacts avec Israël.

Depuis son arrestation, il n’était pas apparu en public jusqu’à la semaine dernière, lorsqu’il a brièvement assisté aux funérailles du Guide suprême Ali Khamenei. Des vidéos de la cérémonie le montrent debout, la tête baissée, entouré de gardes du corps. Les anciens présidents iraniens Hassan Rouhani et Mohammad Khatami n’ont pas assisté aux obsèques. Le Mossad n’a pas répondu aux questions du NYT à ce sujet, de même qu’un porte-parole d’Ahmadinejad.

* Le Livre des Rois ou Shâhnâmeh est une épopée retraçant l’histoire de l’Iran depuis la création du monde jusqu’à l’arrivée de l’Islam.

L’article Révélations | Comment le Mossad a-t-il recruté Mahmoud Ahmadinejad ? est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  
❌