Dans le cadre du projet TEC-Eau, financé par la FAO et mis en œuvre en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, une étude pilote a été lancée sur le lac collinaire de Kamech afin d’évaluer l’efficacité d’un film monomoléculaire sécurisé et conforme destiné à réduire les pertes d’eau […]
La Tunisie a fortement augmenté ses achats de pétrole en provenance d’Azerbaïdjan au cours des cinq premiers mois de 2026. Selon les données du Comité national des douanes d’Azerbaïdjan, rapportées par l’agence de presse Trend, les exportations azerbaïdjanaises de pétrole et de produits pétroliers vers le marché tunisien ont atteint 307.200 tonnes entre janvier et […]
Face à la dégradation du pouvoir d’achat et à la hausse persistante des prix alimentaires, l’analyse des causes profondes devient indispensable. À travers l’exemple de la filière de la viande rouge, Karim Amous, expert-comptable et fondateur de Smarteco, met en lumière les fragilités structurelles de l’économie tunisienne et plaide pour une nouvelle approche des politiques […]
L’Association tunisienne de défense des petits actionnaires (TADA) lance une campagne d’éducation financière. Tout en alertant sur la nécessité de mandater des intermédiaires agréés, les dirigeants expliquent comment défiscaliser ses revenus. Invités ce lundi 13 juillet 2026 sur les ondes de Jawhara FM, Abderrazak Hriz et Moncef Guitar, respectivement président et secrétaire général de la […]
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) alerte sur les risques de tension concernant les approvisionnements mondiaux en essence et en diesel.
Entre la reprise de la demande, les perturbations géopolitiques au Moyen-Orient, les contraintes de raffinage et la faiblesse de certains stocks, le marché des carburants pourrait connaître une période de volatilité accrue dans les prochains mois.
Après deux années marquées par les bouleversements du marché gazier, une nouvelle inquiétude apparaît dans le secteur énergétique mondial : celle des carburants raffinés.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que les marchés de l’essence et du diesel restent exposés à plusieurs facteurs de fragilité, alors que les capacités de raffinage mondiales évoluent dans un environnement complexe. Contrairement au pétrole brut, dont les échanges reposent sur un marché relativement liquide et diversifié, les produits raffinés dépendent fortement des capacités industrielles disponibles, des contraintes logistiques et de la localisation géographique des raffineries.
Cette situation pourrait entraîner des tensions régionales, voire une hausse des prix pour les consommateurs.
Un marché fragilisé par les tensions géopolitiques
La principale source d’incertitude demeure la situation au Moyen-Orient. Les tensions autour du détroit d’Ormuz, l’un des principaux corridors énergétiques mondiaux, font peser une prime de risque sur les marchés. Même en l’absence de fermeture du détroit, les opérateurs intègrent désormais un risque supplémentaire lié : aux coûts d’assurance maritime; aux détours éventuels des navires; aux délais de livraison et à la sécurité des infrastructures énergétiques.
Or, une partie importante du pétrole mondial destiné aux raffineries asiatiques et européennes transite par cette zone. Une perturbation durable pourrait donc affecter non seulement le prix du brut, mais aussi la disponibilité des carburants finis.
Le raffinage mondial sous pression
La tension actuelle ne provient pas uniquement de l’offre pétrolière. Le véritable enjeu concerne les capacités de transformation du pétrole brut en produits utilisables : essence, diesel, kérosène ou carburants industriels. Depuis plusieurs années, plusieurs raffineries anciennes ont été fermées en Europe et en Amérique du Nord en raison de coûts élevés et de normes environnementales plus strictes
Cette réduction des capacités intervient alors que la demande mondiale reste soutenue, notamment dans les économies émergentes. L’Asie, le Moyen-Orient et l’Afrique continuent d’afficher une croissance importante de leur consommation de carburants pour le transport routier, maritime et aérien.
Parmi les produits raffinés, le diesel constitue une source particulière d’inquiétude. Une hausse du prix du diesel se répercute rapidement sur l’ensemble de l’économie en augmentant les coûts de transport et de production. Pour l’Europe, cette question est particulièrement sensible. Malgré les progrès de l’électrification automobile, le continent demeure fortement dépendant du diesel pour son activité économique.
Les stocks mondiaux restent un indicateur surveillé
Les marchés suivent attentivement l’évolution des réserves commerciales. Des stocks faibles rendent les prix beaucoup plus sensibles au moindre incident : panne d’une raffinerie, tension géopolitique, problème logistique ou augmentation soudaine de la demande. Toute perturbation pourrait rapidement provoquer une hausse des marges de raffinage et des prix à la pompe.
Les États-Unis et la Chine au centre du marché
Les États-Unis jouent un rôle majeur dans l’équilibre mondial des carburants. Grâce à leur importante production pétrolière et à leurs capacités de raffinage, ils sont devenus un fournisseur stratégique pour plusieurs régions. La Chine représente également un acteur déterminant. Pékin ajuste régulièrement ses exportations de produits raffinés en fonction de sa demande intérieure et de ses objectifs industriels. Une réduction des exportations chinoises pourrait accentuer la pression sur certains marchés asiatiques et internationaux.
Quel impact pour le Maghreb et la Tunisie ?
Les pays du Maghreb seraient affectés de manière différente selon leur position énergétique. L’Algérie et la Libye pourraient bénéficier d’une hausse des prix internationaux, à même d’améliorer leurs recettes d’exportation. Mais une tension prolongée sur les carburants raffinés pourrait également augmenter leurs coûts d’importation de certains produits finis.
Pour les pays fortement dépendants des importations énergétiques, comme le Maroc et la Tunisie, une hausse durable des prix aurait un impact direct sur : les subventions ou mécanismes de compensation; les finances publiques; les coûts de transport; et l’inflation alimentaire.
Pour ces deux pays, où la facture énergétique constitue déjà un facteur important du déficit extérieur, une nouvelle flambée des carburants représenterait un défi supplémentaire pour l’équilibre macroéconomique, estime l’AIE.
Un pas décisif vient d’être franchi pour stabiliser le réseau électrique de la Tunisie centrale au cœur de la canicule. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) déploie cette l’infrastructure stratégique qu’est la station de transformation électrique de haute tension pour sécuriser le réseau régional face aux pics de consommation de l’été. Retardé […]
Attijari Assurance Tunisie, filiale du Groupe Wafa Assurance, annonce la nomination de M. Adil Chbani au poste de Directeur Général dont la prise de fonction est effective depuis le 1er juin 2026. M. Adil Chbani succède à M. Mohammed Amal Kaghat, dont l’action à la tête de la compagnie a contribué à consolider sa position […]
La commission consultative du programme de modernisation industrielle des entreprises s’est réunie ce lundi 13 juillet 2026 au siège du ministère de l’Industrie, des mines et de l’Energie, en présence du ministre de l’Équipement et de l’Habitat et chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie par intérim.
Ainsi la commission a approuvé trois dossiers d’entreprises industrielles opérant dans les secteurs de l’agroalimentaire, de l’électronique, de la mécanique, du textile et de l’habillement, représentant un montant total d’investissements d’ environ 97 millions de dinars et des subventions dépassant 8,9 millions de dinars.
Par ailleurs, les travaux de la commission restreinte réunie le mercredi 8 juillet, ont également été ratifiés : 26 dossiers de modernisation ont été validés, pour un investissement de 83,4 millions de dinars et des subventions proches de 12 millions de dinars. S’y ajoutent 55 dossiers d’investissements technologiques prioritaires d’un montant global supérieur à 4,5 millions de dinars et bénéficiant d’environ 1,76 million de subventions.
Dix millions de postes vacants en Europe d’ici 2030 : la Tunisie a une carte à jouer. C’est ce qu’a affirmé Fakher Zaîibi, directeur général de l’Observatoire national de l’emploi et des compétences, sur les ondes d’Express FM ce lundi 13 juillet 2026. Ce constat s’appuie sur une étude sectorielle consacrée au marché de l’emploi, […]
L’industrie tunisienne affiche de nouveaux signes de reprise. Les investissements industriels déclarés ont atteint 754,6 millions de dinars (MD) à fin avril 2026, enregistrant une progression de 18% par rapport à la même période de 2025, selon le dernier Bulletin de Conjoncture de l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII).
Cette dynamique s’est également traduite par un impact sur l’emploi. Les projets industriels déclarés devraient générer 12 934 nouveaux postes, soit une hausse de 32% sur un an, à travers 745 projets répartis sur le territoire.
Le bulletin montre que certaines branches industrielles tirent particulièrement la croissance vers le haut.
L’agroalimentaire en tête des investissements
Les industries agroalimentaires occupent la première place en matière d’investissements industriels déclarés durant les 4premiers mois de 2026. Le secteur a enregistré 313 MD d’investissements, soit une progression de 60% par rapport à la même période de 2025. Cette accélération confirme l’importance croissante de la transformation agroalimentaire dans l’écosystème industriel tunisien. Elle intervient alors que les entreprises cherchent davantage à valoriser la production agricole locale, développer des produits transformés et répondre aux opportunités offertes par les marchés extérieurs. L’agroalimentaire devient ainsi un des principaux leviers de la reprise industrielle, porté par des projets liés à la transformation, au conditionnement et à la valorisation des ressources locales.
Quid des industries mécaniques et électriques?
Les industries mécaniques et électriques arrivent en deuxième position avec 217,5 MD d’investissements déclarés, enregistrant une croissance de 10%. Ce secteur conserve une place stratégique dans l’industrie tunisienne, notamment grâce à son intégration dans les chaînes de valeur internationales et à son rôle dans les activités manufacturières à forte composante technologique. Les industries diverses affichent également une progression importante. Elles totalisent 128,5 MD d’investissements, soit une hausse de 90,4 % sur un an.
Les régions intérieures attirent davantage de projets! La dynamique d’investissement ne se limite pas aux zones industrielles traditionnelles. Les zones de développement régional (ZDR) ont attiré 377,8 MD d’investissements déclarés, contre 174,1 MD durant la même période de 2025, soit une progression de 117 %. Cette évolution traduit un intérêt croissant pour l’implantation de projets industriels dans les régions intérieures. Elle reste toutefois conditionnée par plusieurs facteurs comme la disponibilité des infrastructures, l’accès aux compétences, la qualité des services d’accompagnement et capacité à assurer la continuité des activités.
L’Agence tunisienne de coopération technique (ATCT) a annoncé l’ouverture des candidatures pour le recrutement d’un directeur général appelé à exercer en République de Djibouti. Et ce, dans le cadre d’un projet industriel stratégique spécialisé dans la transformation et la mouture des céréales (minoterie).
Cette opportunité s’adresse aux cadres et experts justifiant d’au moins 15 années d’expérience dans le secteur des minoteries industrielles. Les candidats doivent également démontrer une expérience confirmée dans le lancement et la gestion de nouveaux projets industriels, depuis leur phase de création jusqu’à leur mise en exploitation, ainsi que des compétences avérées en leadership stratégique et en gestion financière.
Le contrat proposé est d’une durée de trois ans. Il prévoit une rémunération mensuelle nette d’environ 5 000 dollars américains, soit près de 14 500 dinars tunisiens, ainsi qu’une couverture sociale assurée par la Caisse nationale de sécurité sociale de Djibouti. Le package comprend également un logement de fonction et un véhicule de service.
L’ATCT invite les candidats remplissant les conditions requises à déposer leur dossier de candidature au plus tard ce lundi 13 juillet 2026, via la plateforme électronique dédiée ou sur le site officiel de l’Agence tunisienne de coopération technique.
La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis a examiné, ce lundi 13 juillet 2026, une affaire de corruption financière et administrative impliquant l’ancien député et ancien président de l’Étoile sportive du Sahel (ESS), l’homme d’affaires Ridha Charfeddine, aux côtés de deux autres prévenus.
Lors de l’audience, la défense de M. Charfeddine a officiellement sollicité un report de l’audience, invoquant la volonté de son client de finaliser les procédures de réconciliation pénale, a rapporté Mosaique FM. Cette demande a été formulée dans l’attente de l’issue de la requête déposée par le fondateur et patron des laboratoires pharmaceutiques Unimed à Kalaa Kebira auprès des autorités judiciaires et des commissions spécialisées en vue de régulariser sa situation juridique, conformément au décret régissant la conciliation pénale (Décret-loi- n° 2022-13 du 20 mars 2022).
Il convient de noter que la chambre pénale spécialisée dans les affaires de corruption financière avait précédemment condamné Ridha Charfeddine à 11 ans de prison.
Il avait été reconnu coupable de blanchiment d’argent en tirant parti des facilités offertes par ses activités professionnelles, les fonds blanchis provenant d’infractions bancaires et d’évasion fiscale.
La chambre a également condamné le frère de M. Charfeddine à sept ans de prison et un ancien président de l’ESS à dix ans (avec exécution immédiate de la peine), tout en infligeant des sanctions financières à l’ensemble des accusés.
Rappelons que le prévenu a été condamné en appel, le 27 novembre 2025, dans une autre affaire, à deux ans de prison dans le cadre de l’affaire dite du «complot contre la sûreté de l’État» après une condamnation à seize ans prononcée en première instance.
Le comité consultatif du Programme de mise à niveau industrielle des entreprises a approuvé, lundi 13 juillet, une nouvelle série de projets représentant plus de 180 millions de dinars d’investissements, ainsi que plus de 22,6 millions de dinars de subventions, dans le cadre du renforcement de la compétitivité du tissu industriel tunisien. Réuni au siège […]
L’Agence tunisienne de coopération technique (ATCT) annonce quatre postes à pourvoir en Arabie saoudite pour des ingénieurs agricoles spécialisés dans les oliviers, les pistachiers et les arbres fruitiers, avec une date limite de candidature fixée au 15 juillet 2026. Ces offres s’inscrivent dans un marché saoudien de l’oléiculture en expansion, porté par de grands investissements, des projets mécanisés et une volonté de diversification agricole.
L’Arabie saoudite poursuit ses recrutements dans le secteur agricole à travers l’ATCT, avec quatre postes destinés à des ingénieurs agricoles spécialisés dans les oliviers, dont les variétés Arbequina et Arbosana en système SHD, les pistachiers et les arbres fruitiers en général. Quant à la date limite de dépôt des candidatures, elle est fixée au 15 juillet 2026.
Cette demande de compétences intervient dans un contexte où le royaume développe depuis plusieurs années une filière oléicole de plus en plus structurée. A cet égard, le Conseil oléicole international indique que l’Arabie saoudite a notamment installé une grande oliveraie biologique irriguée dans la région d’Al Jouf, avec une production mécanisée, des unités de stockage et de conditionnement, et des exportations vers plusieurs marchés régionaux et européens.
Le marché saoudien de l’huile d’olive reste encore modeste à l’échelle mondiale. Mais il est soutenu par des investissements agricoles, des besoins en expertise technique et la modernisation des exploitations. Cette dynamique explique la demande croissante pour des profils capables de gérer des vergers intensifs, d’optimiser l’irrigation, d’améliorer les rendements et d’accompagner des projets orientés vers l’exportation internationale d’huile d’olive.
Les investissements déclarés dans le secteur industriel ont atteint 754,6 MD à fin avril 2026, marquant une progression de 18 % par rapport à la même période de l’année précédente, d’après le Bulletin de Conjoncture de l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (APII). Cette dynamique s’accompagne d’une hausse des créations d’emplois déclarées, qui […]
Il y a une dissonance qui devrait faire tousser n’importe quel lecteur attentif du Plan de développement économique 2026-2030 : le discours officiel promet simultanément la «souveraineté économique», la «résilience aux chocs» et la «croissance durable» — et il organise, dans le même souffle, la fuite en avant vers un tertiaire de proximité, opportuniste pour l’investisseur privé, jetable au premier coup de vent. On ne bâtit pas une souveraineté sur des call centers et des applications de livraison. Une tertiarisation en trompe l’œil… (Photo : Que reste-t-il de l’industrie industrialisante du tandem Bourguiba-Ben Salah ?)
Moktar Lamari *
On ne construit pas de résilience avec des activités qui ferment en trois mois dès que la demande se contracte. Le Plan parle la langue de la solidité et finance la fragilité. C’est un texte qui se contredit lui-même, phrase après phrase, et qui ne le sait pas — ou pire, qui le sait très bien et préfère regarder ailleurs.
Le Plan 26-30 multiplie les pages sur l’écosystème numérique, le hub logistique, la destination touristique repositionnée. Il ne dit presque rien de l’industrie de transformation, de la valeur ajoutée manufacturière, de la R-D appliquée aux filières productives.
Ce n’est pas un oubli technocratique, c’est un choix de facilité budgétaire et politique : les services ne demandent ni patience, ni vision territoriale pensée sur vingt ans, ni bras de fer avec des intérêts installés. Ils demandent un local, une connexion internet et une story sur LinkedIn.
Résultat : on habille en stratégie ce qui n’est, au fond, qu’une gestion comptable du court terme — un pari opportuniste sur des activités à faible engagement de capital, faciles à ouvrir, encore plus faciles à fermer, et qui laissent l’économie nationale à la merci du moindre choc externe.
De l’industrie industrialisante à la rente de services
Il faut regarder les chiffres en face. Dans la décennie 1970, celle de Nouira et de l’ouverture au secteur privé après l’expérience collectiviste de Ben Salah, l’économie tunisienne se construisait encore autour de l’industrie manufacturière naissante — textile, habillement, cuir — qui concentrait, dès 1977, 54 % des investissements industriels et 87 % des emplois créés dans le secteur.
Les services pesaient alors une part modeste du PIB, de l’ordre de 35 à 40 % selon les séries de la Banque mondiale, une proportion cohérente avec une économie encore agricole et en cours d’industrialisation.
Cinquante ans plus tard, cette proportion a explosé : le tertiaire — commerce, tourisme, transport, administration, finance — représente aujourd’hui autour de 60 % du PIB tunisien, quand l’industrie manufacturière stagne, comme en témoignent les publications récentes de l’INS où le secteur recule en glissement annuel pendant que l’hôtellerie-restauration bondit de plus de 8 %.
Le Rapport annuel 2025 de la BCT confirme la tendance : ce sont l’agriculture et le tourisme qui «sauvent» la croissance, non l’appareil productif industriel. Ce basculement n’est pas une modernisation, c’est un vidage.
La Tunisie n’est pas devenue une économie de services sophistiqués comme l’Irlande ou l’Estonie ; elle est devenue une économie de services de rattrapage, qui comble par du commerce et de l’hôtellerie ce que l’industrie ne produit plus.
Un travail récent publié sur Les Échos, éclaire crûment ce piège : tous les services ne se valent pas. Il y a les services de connaissance — TIC, ingénierie, services professionnels exportables — capables de générer des devises et de s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales ; et il y a les services locaux — commerce, restauration, informel — qui créent de l’emploi sans transformer l’économie.
Ces services de connaissance ne pèsent qu’environ 6 % du PIB tunisien, contre 15 à 17 % dans les économies européennes avancées, et n’emploient qu’une fraction marginale de la population active — au Maroc, comparateur régional habituel, ils ne mobilisent qu’environ 1,5 % des actifs.
Même le tertiaire noble reste, chez nous, un village éphémère : brillant sur les réseaux sociaux, insignifiant dans la masse salariale et dans les recettes d’exportation.
Le reste — l’écrasante majorité du tertiaire tunisien — n’est que de la redistribution locale de revenus déjà créés ailleurs, essentiellement par les transferts de la diaspora, le tourisme de masse et une agriculture climato-dépendante.
Cinq dissonances que le Plan 26-30 préfère ne pas voir
Premièrement, le coût fixe d’entrée : un centre d’appel ou une plateforme de livraison s’ouvre avec quelques dizaines de milliers de dinars, quand une unité industrielle de taille moyenne — mécanique, agroalimentaire de transformation, chimie fine — exige des mises de fonds initiales dix à vingt fois supérieures.
Deuxièmement, la productivité : la valeur ajoutée par travailleur dans l’industrie manufacturière tunisienne dépasse structurellement celle des services locaux, précisément parce que l’industrie incorpore capital, machines et procédés, là où le service repose d’abord sur le geste humain répétitif.
Troisièmement, le délai de récupération de l’investissement : un commerce ou un service se rentabilise en quelques mois et se ferme tout aussi vite en cas de crise — d’où la vitesse de casse observée depuis 2011 dans le commerce de détail et l’informel, quand une usine, elle, engage un pari de dix à quinze ans.
Quatrièmement, la consommation intermédiaire en technologie de pointe : l’industrie tire la demande de machines-outils, d’automatisation, de recherche appliquée, alors que le service tertiaire local consomme surtout du loyer et de la main-d’œuvre peu qualifiée.
Cinquièmement, le risque : le capital investi dans les services locaux est mobile, liquidable, réversible — celui englouti dans une chaîne de production industrielle est immobilisé, spécifique, sans valeur de revente en cas d’échec.
L’intensité capitalistique — le capital par travailleur — reste ainsi infiniment plus faible dans le tertiaire banal que dans l’industrie, ce qui explique que la tertiarisation crée vite des emplois précaires, jamais des emplois qui durent.
Ces différences et leurs enjeux n’ont même pas été effleurés dans les débats parlementaires, fautes de de visions et de lectures économiques sérieuses et réfléchie.
Quatre conséquences stratégiques que le Plan devrait assumer et qu’il élude :
– primo, une économie qui mise sur le tertiaire de proximité gonfle son PIB à court terme sans construire de chaînes d’approvisionnement nationales — elle importe ce qu’elle consomme et exporte peu ;
– secundo, elle fabrique du chômage déguisé en activité : le vendeur ambulant et le livreur à moto sont statistiquement actifs, économiquement fragiles, et disparaissent des radars dès le premier choc — exactement le profil de vulnérabilité que rappelle la Direction générale du Trésor lorsqu’elle qualifie le modèle tunisien de «particulièrement exposé aux chocs externes» ;
– tertio, elle perd la capacité d’entraînement intersectorielle propre à l’industrie — un atelier textile ou mécanique tire fournisseurs, sous-traitants, transporteurs, formateurs ; un salon de coiffure ne tire rien, un centre d’appel encore moins ;
– quarto, elle expose le pays à une désindustrialisation précoce, avant même d’avoir tiré profit de l’industrialisation — exactement le scénario que documentent les économies en développement comparables, du Maroc à l’Égypte, où l’insertion dans les services mondiaux se fait sans apprentissage technologique durable.
De l’industrie industrialisante aux rentiers de la politique
Il fut un temps où la Tunisie avait une théorie. L’industrie industrialisante d’Ahmed Ben Salah, prolongée avec les nuances libérales d’Hédi Nouira sous Bourguiba, visait des pôles moteurs — sidérurgie, chimie, textile intégré — censés irriguer tout l’appareil productif et transformer une économie agricole en économie industrielle.
On pouvait critiquer la méthode, l’étatisme, les excès de concentration régionale ; on ne pouvait nier l’ambition stratégique ni la cohérence doctrinale.
Cette vision s’est éteinte sous Ben Ali (1987-2011), remplacée par une économie de rente, de façade exportatrice sans montée en gamme, et de capture progressive des filières porteuses par des cercles familiaux.
Depuis 2011, c’est pire encore : l’ère de l’islam politique et de ses alliances sommitales avec l’appareil d’État n’a produit aucune doctrine industrielle de substitution — seulement une gestion comptable de la pénurie, saupoudrée d’un discours sur le numérique et l’entrepreneuriat qui tient lieu, à moindres frais, de politique économique.
Le Plan 2026-2030 hérite de ce vide et choisit de l’habiller en vertu : plutôt que de reconstruire l’escalator manufacturier, il vend le tapis roulant du tertiaire, plus doux sous le pied, mais qui ne mène nulle part et se dérobe au premier ralentissement de la demande européenne ou du tourisme.
Comme le dit l’adage bien connu, on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif — et l’on ne peut prétendre construire une économie souveraine avec des activités dont la première vertu, vantée par leurs promoteurs eux-mêmes, est de pouvoir se replier sans dommage.
Ce n’est pas de la résilience, c’est de la précarité érigée en modèle. Tant que le Plan n’assumera pas des choix stratégiques clairs — pôles industriels ciblés, R-D appliquée, intégration technologique, financement patient du capital productif —, il continuera de gérer la vitrine pendant que l’arrière-boutique, seule à créer une richesse qui dure, se vide un peu plus chaque année.
La richesse mondiale est de plus en plus mobile. Les grandes fortunes changent de résidence en fonction de nouveaux critères : stabilité politique, sécurité, fiscalité, qualité de vie, opportunités d’investissement ou encore facilité d’accès aux marchés internationaux. Selon le Henley Private Wealth Migration Report 2026, publié le 16 juin 2026 par Henley & Partners, la compétition entre les pays pour attirer les millionnaires s’intensifie.
Le rapport analyse les mouvements des personnes disposant d’un patrimoine élevé et met en évidence une nouvelle géographie mondiale de la richesse. Au-delà des avantages fiscaux, les grandes fortunes recherchent désormais des environnements offrant une combinaison entre sécurité, stabilité institutionnelle, infrastructures performantes et perspectives économiques durables.
Singapour en tête des destinations privilégiées
Parmi les pays qui renforcent leur attractivité auprès des grandes fortunes, Singapour figure parmi les destinations les plus recherchées. La cité-État séduit grâce à son environnement économique stable, son rôle de centre financier mondial, son cadre réglementaire favorable aux entreprises et son niveau élevé de sécurité.
D’autres destinations confirment également leur position auprès des investisseurs fortunés, notamment l’Italie, la Suisse, la Grèce, Hong Kong et la Nouvelle-Zélande. Lesquelles attirent les millionnaires à la recherche d’un cadre de vie sécurisé et d’un environnement favorable à la préservation et au développement de leur patrimoine.
Les Émirats arabes unis, un nouveau pôle d’attraction
Les Émirats arabes unis, notamment grâce à l’attractivité de Dubaï, continuent également de renforcer leur position comme destination majeure pour les grandes fortunes internationales.
Le pays bénéficie d’une politique favorable aux investisseurs, d’une fiscalité attractive, d’infrastructures modernes et de programmes facilitant l’installation des entrepreneurs et des investisseurs étrangers.
Les États-Unis restent également une destination importante pour les grandes fortunes grâce à la profondeur de leur marché, leur capacité d’innovation et leur écosystème entrepreneurial.
Une nouvelle compétition mondiale pour la richesse
Le rapport souligne que les États ne se livrent plus uniquement une bataille pour attirer des capitaux, mais aussi pour attirer des entrepreneurs, des talents et des créateurs de valeur.
Les programmes de résidence par investissement, les politiques fiscales compétitives et l’amélioration du climat des affaires deviennent des leviers stratégiques pour séduire cette population internationale à fort pouvoir d’investissement.
Des pays confrontés à une perte d’attractivité
À l’inverse, certains pays développés rencontrent davantage de difficultés à retenir leurs grandes fortunes. Des facteurs comme l’évolution de la fiscalité, l’augmentation des coûts, les incertitudes réglementaires ou une perception de baisse de compétitivité peuvent encourager certains millionnaires à chercher de nouvelles destinations.
Le Royaume-Uni, la France ou encore l’Allemagne figurent parmi les pays qui doivent renforcer leur attractivité pour limiter les départs de contribuables fortunés.
L’attractivité ne se résume plus aux impôts
Le rapport met en avant une évolution majeure : les millionnaires ne choisissent plus leur destination uniquement en fonction de la fiscalité. Ils évaluent désormais un ensemble de critères comprenant la sécurité, la qualité des services publics, l’éducation, la santé, la stabilité politique, la protection des actifs et les opportunités économiques.
Dans cette nouvelle compétition mondiale, les pays capables de proposer un environnement complet, combinant stabilité, innovation et qualité de vie, seront les mieux placés pour attirer les grandes fortunes et les investissements internationaux.
Pour les économies émergentes, le défi est double : améliorer leur environnement des affaires et renforcer leur crédibilité internationale afin de devenir, à leur tour, des destinations capables de capter une partie de la richesse mondiale en mouvement.
La grève du secteur du transport public non régulier — taxis individuels, taxis collectifs, taxis touristiques, véhicules de transport interurbain (louages) — se poursuivra ce lundi 13 juillet 2026 jusqu’à 21 heures, pour protester contre ce que les grévistes qualifient de persistance de la politique de procrastination et de non-respect, par le ministère du Transport, des accords conclus avec les opérateurs du secteur.
Intervenant sur Diwan FM, Moez Sellami, vice-président de la Fédération nationale du transport, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), la principale centrale patronale, a expliqué que ce mouvement a été engagé parce que les autorités sont revenues, pour la deuxième fois, sur leurs engagements de résoudre les questions en suspens — notamment les engagements initialement formalisés dans le procès-verbal de la réunion du 22 janvier.
La Fédération avait précédemment suspendu une grève prévue pour le 27 avril dernier, suite à l’intervention de la direction de l’Utica et en vertu de promesses explicites de répondre à ses revendications.
Les principales revendications des professionnels portent sur la nécessité d’accélérer la modification de la loi n° 33 de 2004 et d’élaborer un cahier des charges pour l’utilisation des applications intelligentes, tout en finalisant la réglementation régissant les activités en station, a indiqué Sellami, ajoutant que l’autorité de tutelle avait également manqué à ses engagements concernant les ajustements tarifaires ; initialement prévus pour mars 2026, ces derniers avaient été reportés — avec la promesse d’une mise en œuvre pour le mois de juin dernier — sans qu’aucune mesure concrète n’ait été prise à ce jour.
Le vice-président de la Fédération nationale du transport a dénoncé ce qu’il a qualifié de politique de marginalisation et de négligence de la part du ministre des Transports, soulignant que ce dernier n’avait tenu aucune réunion avec le bureau exécutif de la Fédération depuis sa prise de fonctions pour aborder les préoccupations du secteur.
Le secteur du transport public non régulier compte plus de 55 000 opérateurs et génère plus de 150 000 emplois, a rappelé M. Sellami, tout en appelant à une «approche responsable de ce secteur vital.»
Selon l’Agenzia Nova citant des sources locales, des efforts de médiation sont en cours pour faire cesser les combats entre des groupes armés près d’une raffinerie à Zaouïa ou Zawiya, à l’ouest de la Libye. Une intervention des forces loyales au Gouvernement d’unité nationale (GUN) pour séparer les factions n’est pas exclue, ajoute-t-on.
Des affrontements sporadiques se poursuivent depuis l’aube de ce lundi 13 juillet 2026 à Zaouïa — ville côtière située à environ 45 kilomètres à l’ouest de Tripoli — entre le groupe armé Al-Kabwat et les forces dirigées par Mohammed Bahroun, surnommé Al-Far.
Les combats se concentrent le long de la route de la raffinerie, dans le nord de la ville, à la suite d’une tentative des forces de Bahroun de progresser dans cette zone. «Aucune information n’est disponible pour l’heure concernant d’éventuelles victimes ou blessés», note l’agence de presse italienne, ajoutant que «la route côtière — axe principal reliant Tripoli à l’ouest de la Libye et à la frontière tunisienne — reste ouverte, bien que la circulation soit réduite.»
La raffinerie de Zaouïa n’a pas déclaré d’état d’urgence et aucune perturbation opérationnelle n’a été signalée.
Mohammed Bahroun est l’un des chefs de groupes armés les plus influents de Zawiya. Il commande la Première force de soutien et occupe le poste de chef adjoint de l’Agence de lutte contre les menaces sécuritaires, un organisme lié aux autorités de l’ouest de la Libye. Ses forces sont actives dans la ville et le long du littoral à l’ouest de Tripoli depuis des années.
Bahroun a également été impliqué dans des affrontements répétés avec d’autres factions locales pour le contrôle de zones stratégiques et d’appareils de sécurité.
De son côté, le groupe armé Al Kabwat est lié à la famille Al Kabou. Parmi les figures clés de ce groupe figurent Abdulraouf al Kabou — surnommé «Zaza» — et son frère, Mohammed Al Kabou. Bien qu’il ait autrefois été allié à Bahroun, le groupe est par la suite entré en conflit avec les forces de ce dernier. En janvier, Mohammed Al Kabou a été brièvement détenu, en compagnie de deux associés, par des hommes liés à Al Far dans le quartier d’Al Dahman, situé dans la partie orientale de la ville voisine de Sabratha.
La route de la raffinerie a souvent été le théâtre d’affrontements entre les factions de Zawiya. Cet axe relie les quartiers urbains à la raffinerie et au terminal pétrolier situés sur la côte, des infrastructures stratégiques pour l’approvisionnement en carburant de l’ouest de la Libye.
La dernière flambée de violence majeure dans la zone remonte au mois de mai, lorsque des affrontements entre les forces de Bahroun et des groupes rivaux ont fait des victimes, entraîné la suspension temporaire des activités de la raffinerie et provoqué l’évacuation du port pétrolier.
Zaouïa constitue un pôle économique et militaire majeur à l’ouest de la capitale libyenne. Le contrôle de la ville et des axes environnants est disputé par de nombreux groupes armés ; bien que certains soient officiellement intégrés aux structures de sécurité de l’État, ils conservent leurs propres chaînes de commandement indépendantes.
En raison de sa proximité avec la raffinerie, la route côtière et les axes menant à la Tunisie, toute nouvelle escalade fait peser une menace potentielle sur les liaisons de transport et l’approvisionnement énergétique de la région.
Attijari Assurance Tunisie, filiale du Groupe Wafa Assurance, annonce la nomination de M. Adil Chbani au poste de Directeur Général avec une prise de fonction effective depuis le 1er juin 2026.
M. Adil Chbani succède à M. Mohammed Amal Kaghat, dont l’action à la tête de la compagnie a contribué à consolider sa position sur le marché tunisien. Sa nomination s’inscrit dans une dynamique de continuité et de renforcement du leadership de la filiale.
Fort de plus de vingt-cinq ans d’expérience dans la finance, l’assurance et le développement commercial, M. Adil Chbani a occupé des fonctions de direction générale au sein de grands groupes bancaires et d’assurance de référence.
Spécialiste reconnu de la bancassurance, il dispose également d’une solide expertise en asset management, en leasing et en gestion de patrimoine. Tout au long de son parcours, il a piloté des projets de restructuration, de lancement d’activités et de conquête de parts de marché, en s’appuyant sur un leadership stratégique et une réelle capacité à fédérer les équipes autour d’une vision claire.
Formé aux États-Unis, titulaire d’un diplôme d’Ingénieur et d’un MBA, il a développé une approche du leadership alliant rigueur analytique, vision stratégique et capacité d’exécution.
Dans ses nouvelles fonctions, M. Adil Chbani aura pour mission de poursuivre la dynamique de développement de la compagnie, de renforcer son positionnement sur le marché et d’accompagner ses ambitions de croissance et d’innovation, en cohérence avec la stratégie du groupe.