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Au sommet de l’Otan, Trump mélange le miel et le fiel !

Arrivé au sommet annuel de l’Otan à Ankara animé de ressentiment et n’épargnant pas plusieurs pays européens de ses griefs habituels, le message d’adieu de Donald Trump, mercredi 8 juillet 2026, offrait pourtant un contraste saisissant entre optimisme et pessimisme.

Imed Bahri

The Guardian rapporte qu’en s’adressant aux journalistes en présence de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, le président américain a surpris tout le monde en témoignant de son affection pour une alliance qu’il avait pourtant fustigée la veille, évoquant notamment la sempiternelle querelle concernant le Groenland.

«Nous venons de terminer notre réunion de l’Otan et ce fut une excellente réunion ! Il y avait beaucoup d’affection et d’unité dans cette salle aujourd’hui. On ne pouvait pas espérer mieux», a déclaré Trump.

Un revirement de situation frappant par rapport à la veille, lorsque le président américain, assis aux côtés du secrétaire général de l’Otan Mark Rutte avait débité une litanie de griefs bien rodée, notamment un manque de soutien perçu dans la guerre contre l’Iran et le refus de l’Espagne de se conformer aux nouveaux objectifs de dépenses de défense.

Une concorde inespérée

Même Zelensky, autrefois la cible de violentes réprimandes publiques dans le Bureau ovale, semblait avoir gagné en estime auprès de Trump. «Nous avons de bonnes nouvelles à nous dire», a-t-il déclaré, évoquant les perspectives d’un accord pour mettre fin à la guerre de quatre ans et demi entre l’Ukraine et la Russie. Il ajouté concernant son homologue ukrainien : «Il a fait un travail remarquable».

Cette concorde inattendue s’expliquait en partie par Scott Bessent, le secrétaire au Trésor américain, qui, invité par Trump à décrire cette réunion harmonieuse, a déclaré : «Monsieur, tous les Européens vous attribuent le mérite d’avoir sauvé l’Otan et ils veulent faire ce qu’ils ont à faire et vous êtes là pour ça».

L’atmosphère s’est assombrie lorsque la conversation a porté sur l’Iran, avec lequel Trump avait récemment signé un fragile mémorandum d’entente instaurant un hypothétique cessez-le-feu de 60 jours, que Washington ne s’est pas gêné de rompre à plusieurs reprises.

Le président américain a d’ailleurs lui-même déclaré mercredi que le cessez-le-feu était pratiquement rompu, après que les forces américaines ont frappé des cibles iraniennes la veille. Il a affirmé que l’Iran avait violé les termes de l’accord en attaquant trois navires dont un pétrolier qatari (pays intermédiaire dans les négociations) dans le détroit d’Ormuz, voie de passage stratégique vitale, censément rouvert en vertu du récent accord.

Des comptes à régler avec l’Iran

«Nous avons des comptes à régler», a-t-il déclaré au cours d’un long monologue évoquant les soi-disant transgressions iraniennes passées, notamment la fabrication d’engins explosifs improvisés qui ont tué et blessé de nombreux soldats américains en Irak et en Afghanistan.

Alors qu’il y a à peine deux semaines, il avait salué son propre accord comme étant nécessaire pour éviter une catastrophe économique comparable à la Grande Dépression* si le détroit d’Ormuz restait fermé, Trump a désormais écarté toute possibilité d’accord avec les dirigeants iraniens qu’il avait pourtant récemment qualifiés de plus raisonnables après l’assassinat de personnalités clés.

«Ils violent l’accord chaque jour. Ils mentent, ils trichent, ils tuent. Ils tuent depuis 47 ans. Ils ont coulé l’USS Cole», a déclaré le président américain, faisant référence au rôle présumé de l’Iran dans l’attentat d’Al-Qaïda contre un navire de guerre américain en octobre 2000. Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de rage !

S’étant déjà contenté de la réouverture du détroit d’Ormuz – par lequel transite 20% des approvisionnements mondiaux en carburant –, Trump a affirmé que l’objectif était désormais la «dénucléarisation», une allusion à la capacité de l’Iran à se doter de l’arme nucléaire et un objectif censé être atteint par la négociation durant le cessez-le-feu de 60 jours.

«Nous allons conclure un accord. Nous pourrions même nous en passer, car, vous savez quoi, c’est plus simple», a-t-il déclaré d’un ton menaçant.

Les circonstances ne semblaient pas propices à la négociation, malgré un bref hommage rendu à Steve Witkoff, son principal émissaire, à Jared Kushner, son gendre, et à JD Vance, qui ont joué un rôle déterminant dans le cessez-le-feu.

«J’ai toujours été un négociateur mais je ne crois pas à une telle approche avec eux. Peut-être une attaque d’envergure, qui ferait des ravages», a-t-il déclaré. 

À plusieurs reprises, son discours a dérapé dans des lapsus et des erreurs d’appellation vaguement comiques.

À un moment donné, évoquant des missiles censés viser le porte-avions USS Abraham Lincoln, il a déclaré qu’ils avaient été tirés par «la République islamique du Japon».

Il confond les noms des pays et des dirigeants

Au beau milieu d’un discours enflammé sur la destruction des forces armées iraniennes, il a brusquement changé de sujet pour affirmer : «L’un des sujets que nous allons aborder aujourd’hui, c’est que nous allons leur donner le droit de fabriquer des missiles Patriot», il parlait bien sûr de l’Ukraine.

À une autre occasion, après une série de questions sur la guerre russo-ukrainienne, il a demandé aux journalistes s’ils avaient une question pour le «président Poutine», tandis que Zelensky, l’adversaire acharné du dirigeant russe, était assis à quelques mètres de lui. Ce moment rappelait une gaffe similaire de Joe Biden lors du sommet annuel de l’Otan à Washington en 2024, peu après le débat télévisé désastreux avec Trump à Atlanta qui a finalement mis fin à sa candidature à la présidence.

Sans doute conscient de cela, Trump a eu une tentative de dissimulation maladroite, persistant et insistant sur le fait qu’il voulait dire Poutine, car il avait un appel téléphonique prévu avec lui plus tard.

Pourtant, son erreur la plus révélatrice a sans doute été sa méprise sur le nom du défunt guide suprême iranien, Ali Khamenei, inhumé cette semaine lors de funérailles nationales, quatre mois après avoir été tué dans une frappe israélienne au début de la guerre.

«Ils voulaient aller aux funérailles de Khomeini», a déclaré Trump, écorchant le nom de Khamenei et le confondant avec celui de l’ayatollah Rouhollah Khomeini, le guide suprême de la révolution iranienne de 1979, qui a instauré des décennies d’hostilité envers Washington après le siège de 444 jours de l’ambassade américaine à Téhéran et la prise d’otages de 52 Américains.

* La Grande Dépression est la plus grave crise économique mondiale du XXe siècle, déclenchée par le krach boursier de Wall Street en octobre 1929 et s’est étendu jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale.

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Mondial Fifa 2026 | Le FBI lance une enquête pour corruption contre l’Argentine 

En pleine Coupe du Monde Fifa 2026, le FBI, principal service fédéral de police judiciaire et de renseignement intérieur américain, enquête sur les finances de la Fédération argentine de football au lendemain de la qualification de l’Albiceleste face à l’Egypte. Alors que les polémiques arbitrales explosent déjà autour de Lionel Messi et de ses coéquipiers, cette affaire pourrait provoquer un véritable séisme. (Photo: Lionel Messi et Claudio Tapia : une trop grande proximité entre le football, l’argent et les trafics de toute sortes).

Habib Glenza, Lodz, Pologne.

La qualification de l’Argentine pour les quarts de finale de la Coupe du Monde 2026 aurait dû rester comme l’un des plus grands scénarios de ce tournoi. Menée de deux buts par une Égypte héroïque, l’Albiceleste semblait au bord de l’élimination avant de renverser complètement la rencontre grâce à Cristian Romero, Lionel Messi puis Enzo Fernández, dans des circonstances douteuses qui ont suscité plus que de simples suspicions. Aussi, quelques minutes après le coup de sifflet final, le football est-il passé au second plan.

L’Argentine suscite davantage la suspicion que l’admiration  

Les décisions arbitrales du François Letexier ont immédiatement déclenché une vague de critiques d’une ampleur exceptionnelle. Le sélectionneur Hossam Hassan a dénoncé un match influencé, tandis que plusieurs joueurs égyptiens ont affirmé que leur équipe avait été privée d’une qualification historique sous l’impulsion d’une Fifa corrompue et à la botte de l’Argentine. Sur les réseaux sociaux comme dans les médias internationaux, les accusations de favoritisme se sont propagées à une vitesse impressionnante. Pour une partie des observateurs, cette rencontre est devenue le symbole d’une Coupe du Monde 2026 où chaque décision concernant l’Argentine est désormais scrutée avec une suspicion permanente.

Cette polémique ne tombe pas dans un contexte neutre. Depuis le début de cette Coupe du Monde 2026, la Fifa fait déjà l’objet de nombreuses critiques concernant sa gouvernance, ses relations avec plusieurs dirigeants politiques dont Donald Trump et la gestion globale de la compétition. Les liens affichés entre Gianni Infantino et plusieurs responsables argentins alimentent depuis des mois les soupçons de certains observateurs, tandis que les théories complotistes se multiplient après chaque match de l’Albiceleste. Plusieurs voix en Europe réclament désormais davantage de transparence sur le fonctionnement de l’instance mondiale et des élus de l’Union européenne ont demandé qu’une enquête soit menée sur les relations et les méthodes de gouvernance d’Infantino après l’intervention de Trump pour faire annuler le carton rouge de Folarin Balogun.

Dans cette atmosphère déjà extrêmement tendue, chaque décision arbitrale favorable à l’Argentine est immédiatement interprétée comme une preuve supplémentaire par les détracteurs de la Fifa, à l’heure où les fédérations multiplient les appels et les plaintes après certaines rencontres. Même si aucune preuve ne vient confirmer ces accusations sur le terrain, le climat devient de plus en plus explosif au moment où la compétition entre dans sa phase décisive.

Le FBI enquête sur d’éventels trafics de la Fédération argentine

Comme si cette immense polémique sportive ne suffisait pas, une révélation venue des États-Unis a jeté une ombre encore plus importante sur le football argentin. Selon les informations diffusées par Fox et La Nacion, des agents du FBI et des procureurs fédéraux américains ont lancé une vaste enquête portant sur les opérations financières de la Fédération argentine de football, dirigée par Claudio Tapia.

Les investigations visent à comprendre comment plusieurs centaines de millions de dollars liés aux contrats commerciaux de l’AFA ont circulé par le système bancaire américain par le biais d’entités financières telles que Citibank, Synovus, Bank of America, JP Morgan et PNC Bank. Les autorités américaines cherchent désormais à déterminer si certaines opérations pourraient relever de délits financiers relevant de la justice fédérale.

L’affaire dépasse donc largement le cadre sportif puisque le département de la Justice américain s’est directement saisi du dossier au moment même où l’Argentine dispute la Coupe du Monde 2026 sur le sol américain, ce qui renforce considérablement l’impact médiatique de cette révélation. Toujours d’après Fox et La Nacion, plusieurs témoins ont déjà commencé à être entendus par les enquêteurs américains. Parmi eux figure notamment l’homme d’affaires Guillermo Tofoni, qui aurait participé à une longue audition en visioconférence avec des procureurs et des agents du FBI spécialisés dans les crimes financiers.

Les investigations portent notamment sur TourProdEnter LLC, société qui gérait une partie des contrats internationaux de l’AFA.

Les enquêteurs cherchent à reconstituer précisément les flux financiers transitant par plusieurs banques américaines afin d’identifier d’éventuelles irrégularités.

Les procureurs envisageraient également d’entendre d’anciens responsables du gouvernement argentin de Javier Milei susceptibles d’avoir eu accès à des informations sensibles concernant ces opérations.

Pour les autorités américaines, il s’agit de vérifier si certaines transactions peuvent constituer des infractions financières relevant de leur juridiction. La Nacion précise que les procédures judiciaires concernant l’AFA avancent désormais beaucoup plus lentement en Argentine, notamment en raison de plusieurs recours déposés par les personnes visées afin de contester les éléments transmis par les autorités américaines.

L’un des principaux enjeux consiste à tenter d’empêcher que les documents bancaires obtenus aux États-Unis puissent être pleinement utilisés dans les procédures pénales argentines.

Une partie de la bataille se joue également sur le terrain de la compétence des tribunaux, plusieurs demandes ayant été déposées pour déplacer les dossiers vers d’autres juridictions. Cette stratégie judiciaire pourrait encore repousser l’avancée de l’enquête pendant plusieurs mois, alors que les investigations du FBI et du département de la Justice américain continuent parallèlement à progresser.

Un Mondial éclaboussé par des scandales en série

Les documents révélés par La Nacion évoquent des montants particulièrement impressionnants qui alimentent la gravité du dossier. TourProdEnter LLC aurait géré au moins 260 millions de dollars provenant des activités commerciales internationales de l’AFA. Les enquêteurs s’intéressent surtout à plusieurs dizaines de millions de dollars dont la destination finale ne serait pas clairement justifiée dans les documents bancaires consultés. Des virements vers différentes sociétés font également partie des éléments actuellement examinés par le département de la Justice et le FBI afin de déterminer si une enquête pénale complète doit être ouverte pour corruption et blanchiment d’argent.

Aucune culpabilité n’est établie à ce stade et la présomption d’innocence demeure entière. Malgré cela, le simple fait que le FBI mène des investigations pendant la Coupe du Monde provoque un séisme dans le monde du football, à l’heure où la délégation argentine est présente aux Etats-Unis.

Au moment où l’Argentine se retrouve déjà au centre des polémiques arbitrales, cette affaire financière donne encore davantage de poids aux critiques visant la gouvernance de son football et renforce un climat de défiance qui ne cesse de grandir autour de cette édition 2026 qui n’est pas à un scandale près.

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