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Coup de poker menteur de Téhéran, le quitte ou double ?

Les échanges de frappes entre les Etats-Unis et la République islamique d’Iran prouvent que le cessez-le-feu ne tient plus qu’à un fil. Chronologie d’un regain de tension qui risque à nouveau d’embraser la région.

 

Nouvelle montée de fièvre au Moyen-Orient. Les États-Unis et l’Iran se sont engagés dans une inquiétante escalade militaire, la plus grave depuis la signature du protocole d’accord du 17 juin. Cette brusque détérioration ravive le spectre d’une reprise totale de la guerre entre les deux belligérants ; sachant que la reprise des hostilités intervient alors que l’Iran organise depuis samedi dernier des funérailles nationales pour son guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre par des frappes israélo-américaines, le 28 février dernier.

« Pour moi, c’est terminé. Je ne veux plus avoir affaire à eux. En ce qui me concerne, discuter avec eux est une pure perte de temps », a déclaré Donald Trump, mercredi 8 juillet, depuis la capitale turque, lors d’une conférence de presse depuis Ankara, capitale de la Turquie, en marge de sa participation au sommet de l’Otan. Ajoutant dans son langage habituel de charretier que les responsables iraniens « sont des ordures, […] des gens malades ». Toutefois, il a laissé la porte ouverte à la poursuite des pourparlers avec Téhéran en précisant que ses négociateurs pouvaient continuer à discuter s’ils le souhaitaient. Mais « ils doivent revenir vers moi ».

 

Lire aussi : Iran–États-Unis : le cessez-le-feu vole en éclats, Trump relance l’escalade militaire

Cercle infernal

Ces propos outranciers dans la bouche de l’imprévisible président américain traduisent son exaspération croissante face aux attaques des Gardiens de la révolution iranienne, mardi 7 juillet, contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Washington a riposté par « des frappes puissantes », ayant touché « plus de 80 cibles » en Iran, dont « des systèmes iraniens de défense antiaérienne ».

En Iran, les médias ont fait état de détonations près du stratégique détroit. L’agence de presse Mehr a également signalé une série d’explosions d’origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr, située au large de l’île de Kharg, principal terminal pétrolier par lequel transite en temps normal 90 % du brut iranien.

En représailles et dans un scénario répétitif, les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir frappé par des tirs de missiles et drones 85 installations sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, et abattu un drone MQ-9, selon la télévision d’État.

Pourtant, faut-il le rappeler, Washington et Téhéran ont fini par trouver un terrain d’entente le mois dernier et ont repris depuis leurs difficiles négociations en vue d’un règlement durable du conflit.

Un coup de poker « nécessaire »

Mais comment expliquer cette dangereuse spirale d’escalade qui risque de raviver le spectre d’une guerre ouverte au Moyen-Orient alors que les deux pays semblaient s’engager, malgré la fragilité du processus, sur la voie d’un cessez-le-feu susceptible d’ouvrir la perspective d’une paix durable ? Autrement dit, pourquoi Téhéran a-t-il pris le risque d’attaquer des navires commerciaux, quitte à mettre en péril le cessez-le-feu conclu dans la douleur avec le « Grand Satan » ?

C’était un coup de poker nécessaire, expliquent les analystes politiques. « Téhéran fait savoir qu’il n’entend pas lâcher le levier stratégique que constitue le détroit », abonde à juste titre The New York Times. L’explication est simple : le stratégique détroit d’Ormuz demeure au cœur des tensions. Or, en dépit de l’opposition des États-Unis qui exige le libre accès à ce passage vital pour l’économie mondiale, Téhéran menace désormais les navires qui emprunteraient une autre voie que l’unique corridor qu’il a autorisé le long de ses côtes.

En effet, le régime des mollahs s’est découvert un nouvel atout stratégique : la capacité de paralyser quasi totalement le trafic maritime dans cette voie navigable pendant la guerre confère à l’Iran son plus grand avantage stratégique ; alors que la hausse des prix de l’énergie, des engrais et des denrées alimentaires a poussé les États-Unis à conclure un accord.

Téhéran a ainsi entre les mains un redoutable levier de pression qu’il utilise habilement aussi bien dans les négociations avec Washington qu’en cas de reprise des hostilités. Et ce, d’autant que, la semaine dernière, Oman et l’Organisation maritime internationale des Nations unies (OMI) ont mis en place un nouvel itinéraire maritime empruntant exclusivement les eaux territoriales omanaises. Une initiative susceptible d’affaiblir le principal instrument de pression de Téhéran, dont toute la stratégie repose sur une idée simple : demeurer le seul acteur capable de contrôler, ou de menacer, la circulation dans le détroit d’Ormuz.

Reste à élucider un mystère. Qui trace dans l’ombre les grandes lignes de la politique étrangère de la République islamique ? Les faucons du régime qui cherchent à exercer un contrôle durable sur le détroit d’Ormuz devenu un levier essentiel dans la confrontation avec l’Occident ? Ou les modérés qui souhaitent par pragmatisme un accord de paix permanent avec les Etats-Unis afin de lever les sanctions internationales et d’apporter un soulagement économique dont le pays a désespérément besoin ?

A moins que ce soit le nouveau Guide suprême, Mojtaba Khamenei, l’Imam caché, le véritable maître du jeu dans ce bras de fer asymétrique opposant l’Iran à l’Amérique de Trump.

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Coup de poker menteur de Téhéran, le quitte ou double ? 

Les échanges de frappes entre les Etats-Unis et la République islamique d’Iran prouvent que cessez-le-feu ne tient plus qu’à un fil. Chronologie d’un regain de tension qui risque à nouveau d’embraser la région.

Nouvelle montée de fièvre au Moyen-Orient. Les États-Unis et l’Iran se sont engagés dans une inquiétante escalade militaire, la plus grave depuis la signature du protocole d’accord du 17 juin.

Cette brusque détérioration ravive le spectre d’une reprise totale de la guerre entre les deux belligérants. Sachant que la reprise des hostilités intervient alors que l’Iran organise depuis samedi dernier des funérailles nationales pour son guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre par des frappes israélo-américaines.

« Pour moi, c’est terminé. Je ne veux plus avoir affaire à eux. En ce qui me concerne, discuter avec eux est une pure perte de temps », a déclaré Donald Trump mercredi 8 juin depuis la capitale turque, lors d’une conférence de presse depuis Ankara, capitale de la Turquie. Et ce, en marge de sa participation au sommet de l’Otan. Ajoutant dans son langage habituel de charretier  que les responsables iraniens « sont des ordures, […] des gens malades  ». Toutefois, il a laissé la porte ouverte à la poursuite des pourparlers avec Téhéran en précisant que ses négociateurs pouvaient continuer à discuter s’ils le souhaitaient. Mais « ils doivent revenir vers moi ».

Cercle infernal

Ces propos outranciers dans la bouche de l’imprévisible président américain traduisent son exaspération croissante face aux attaques des Gardiens de la révolution iranienne mardi 7 juillet contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Washington a riposté par « des frappes puissantes », ayant touché « plus de 80 cibles » en Iran, dont « des systèmes iraniens de défense antiaérienne ».

En Iran, les médias ont fait état de détonations près du stratégique détroit. L’agence de presse Mehr a également signalé une série d’explosions d’origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr, située au large de l’île de Kharg. Il s’agit du principal terminal pétrolier par lequel transite en temps normal 90 % du brut iranien.

En représailles, et dans un scénario répétitif, les Gardiens de la Révolution ont ensuite annoncé avoir frappé par des tirs de missiles et drones 85 installations sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn. De même qu’ils affirment avoir abattu un drone MQ-9, selon la télévision d’État.

Pourtant, faut-il le rappeler, Washington et Téhéran ont fini par trouver un terrain d’entente le mois dernier et ont repris depuis leurs difficiles négociations en vue d’un règlement durable du conflit.

Un coup de poker « nécessaire »

Mais comment expliquer cette dangereuse spirale d’escalade qui risque de raviver le spectre d’une guerre ouverte au Moyen-Orient alors que les deux pays semblaient s’engager, malgré la fragilité du processus, sur la voie d’un cessez-le-feu susceptible d’ouvrir la perspective d’une paix durable ? Autrement dit, pourquoi Téhéran a-t-il pris le risque d’attaquer ces navires commerciaux quitte à mettre en péril le cessez-le-feu conclu dans la douleur avec le « Grand Satan » ?

C’était un coup de poker nécessaire, expliquent les analystes politiques. « Téhéran fait savoir qu’il n’entend pas lâcher le levier stratégique que constitue le détroit », abonde à juste titre The New York Times.

L’explication est simple : le stratégique détroit d’Ormuz demeure au cœur des tensions. Or, en dépit de l’opposition des États-Unis qui exige le libre accès à ce passage vital pour l’économie mondiale, Téhéran menace désormais les navires qui emprunteraient une autre voie que l’unique corridor qu’il a autorisé le long de ses côtes.

En effet, le régime des mollahs s’est découvert un nouvel atout stratégique : la capacité à paralyser quasi totalement le trafic maritime dans cette voie navigable pendant la guerre confère à l’Iran son plus grand avantage stratégique. Et ce, alors que la hausse des prix de l’énergie, des engrais et des denrées alimentaires a poussé les États-Unis à conclure un accord.

Téhéran a ainsi entre les mains un redoutable levier de pression qu’il utilise habilement aussi bien dans les négociations avec Washington qu’en cas de reprise des hostilités.

D’autant que, la semaine dernière, Oman et l’Organisation maritime internationale des Nations unies ont mis en place un nouvel itinéraire maritime empruntant exclusivement les eaux territoriales omanaises. Une initiative susceptible d’affaiblir le principal instrument de pression de Téhéran, dont toute la stratégie repose sur une idée simple : demeurer le seul acteur capable de contrôler, ou de menacer, la circulation dans le détroit d’Ormuz.

Reste à élucider un mystère. Qui trace dans l’ombre les grandes lignes de la politique étrangère de la République islamique ? Les faucons du régime qui cherchent à exercer un contrôle durable sur le détroit d’Ormuz devenu un levier essentiel dans la confrontation avec l’Occident ? Où les modérés qui souhaitent par pragmatisme un accord de paix permanent avec les Etats-Unis afin de lever les sanctions internationales et d’apporter un soulagement économique dont le pays a désespérément besoin ?

A moins que ce soit le nouveau Guide suprême, Mojtaba Khaminei, l’Imam caché, le véritable maître du jeu dans ce bras de fer asymétrique opposant l’Iran à l’Amérique de Trump.

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En dépit des scandales, Infantino tout-puissant et la Fifa se goinfre plus que jamais !

La Coupe du Monde 2026 a été critiquée de toutes parts : prix des billets exorbitants, restrictions injustes imposées à l’équipe nationale iranienne, exclusion d’un arbitre somalien, attribution du tout premier «Prix de la Paix de la Fifa» au président américain Donald Trump, au moment où ses troupes bombardent des cibles civiles en Iran et tuent des innocents, et évidemment les scandales d’arbitrage qui n’en finissent pas. En dépit de tout cela, le patron du football mondial Gianni Infantino est en roue libre pour briguer un troisième mandat -avec pour seul mantra de ne jamais se mettre à dos les États-Unis- et la Fifa n’a jamais généré autant de profits. (L’illustration de l’article est une caricature générée par l’IA).

Imed Bahri

Dans une enquête intitulée «La Fifa sort encore plus riche d’une Coupe du monde marquée par les controverses», Bloomberg indique que le ressentiment envers la Fifa a atteint son paroxysme après qu’elle a autorisé, sous la pression de Trump, un joueur américain suspendu à participer à la compétition, une décision largement condamnée par la communauté internationale. 

«La question n’est plus de savoir si le carton rouge était mérité, mais si la Fifa a porté atteinte à l’intégrité de la Coupe du Monde et à son autorité en tant qu’instance dirigeante du football mondial», selon Nick De Marco, avocat spécialisé dans le sport et basé au Royaume-Uni.

Il est à indiquer que Moez Nasri, président de la très décriée Fédération tunisienne de football (FTF), est membre de la commission de discipline de la Fifa ayant décidé de retirer le carton rouge au footballeur américain Folarin Balogun. 

Les revenus records de la Fifa

Ces critiques devraient toutefois s’effilocher une fois le tournoi terminé. Après la défaite 4-1 des États-Unis face à la Belgique, la polémique autour de l’attaquant américain Balogun s’est apaisée. Infantino, quant à lui, reste pleinement concentré sur ce qui est sa priorité absolue : générer des revenus, toujours plus de revenus !

La Fifa a toujours été confrontée au dilemme de concilier ses liens avec les milieux influents et fortunés et sa mission première : faire respecter les règles du football. Il semble que l’argent finira par l’emporter. Sous la direction de cet homme de 56 ans à la tête du sport le plus lucratif au monde, la Fifa devrait engranger environ 9 milliards de dollars directement grâce à la Coupe du Monde 2026, soit une augmentation de près de 2 milliards de dollars par rapport à l’édition 2022 au Qatar.

Il y a plus de dix ans, le nom de la Fifa est devenu synonyme de scandale suite à une affaire de corruption instruite par le parquet fédéral américain et basée sur enquête menée par le FBI après que la Coupe du monde 2022 ait été attribuée au Qatar au détriment des États-Unis. L’enquête du FBI avait prouvé que des pots-de-vin ont été versé à des membres de la Fifa pour l’attribution de cette compétition au Qatar. Le scandale a fini par emporter le président de la Fifa de l’époque Sepp Blatter acculé à démissionner ce qui a mis fin brutalement à son règne qui avait duré 17 ans.

Moins d’un an plus tard, Infantino était devenu le nouveau visage de l’organisation. Il a supervisé des réformes, instauré une certaine transparence et considérablement élargi l’envergure des tournois Fifa, notamment la très lucrative Coupe du Monde des Clubs. Mais il a également conduit l’instance dirigeante du football sur une voie familière où argent, pouvoir et politique s’entremêlent. Infantino a surtout retenu la leçon avec ce qui est arrivé à Blatter, il ne faut jamais se mettre à dos les États-Unis.

Les retombées économiques de la Coupe du Monde

La Coupe du Monde génère des revenus pour toutes les parties prenantes. Les grandes entreprises chargées de la vente de nourriture et de boissons dans les stades engrangent des profits substantiels. Dans certains stades, les supporters ont dépensé jusqu’à 100 dollars par personne et par match, soit près du double des dépenses moyennes lors des matchs de NFL, le championnat américain.

Les annonceurs ont également profité des pauses hydratation obligatoires, qui ont transformé un match traditionnel en deux mi-temps en un match en quatre mi-temps.

Même les villes hôtes, qui se plaignaient des coûts élevés avant le début du tournoi, constatent désormais une augmentation des dépenses. Les données de Bank of America pour la période du 10 au 21 juin montrent que les dépenses par carte bancaire dans les villes hôtes de la Coupe du Monde ont augmenté de 6,3% sur un an, tandis que les dépenses des visiteurs extérieurs à ces villes ont bondi de 16,7%.

Cette édition de la Coupe du Monde a vu le nombre d’équipes participantes passer de 32 à 48. Les prix ont également plus que doublé, atteignant le montant record de 871 millions de dollars. Chaque équipe participante est assurée de recevoir au moins 12,5 millions de dollars simplement en se qualifiant pour le tournoi.

Le Cap-Vert a engrangé plus de 21 millions de dollars grâce à son parcours historique dans le tournoi, soit environ 0,75 % du PIB de ce petit pays. Pour de nombreuses fédérations de football, les sommes distribuées par la Fifa constituent une ressource essentielle pour la majorité de leurs membres.

Infantino en roue libre pour un nouveau mandat

Infantino se prépare à briguer un nouveau mandat début 2027, lors du 77e Congrès de la Fifa qui se tiendra à Rabat, au Maroc, l’un des pays hôtes de la prochaine Coupe du Monde. Chacune des 211 associations membres dispose d’une voix.

L’issue de l’élection semble quasiment acquise, Infantino étant une fois de plus le seul candidat. Les fédérations d’Asie, d’Amérique du Sud et d’Afrique lui ont déjà apporté leur soutien. S’il est élu, ce sera son troisième mandat.

La Fifa pourra facilement présenter la Coupe du Monde actuelle comme un succès total, et à bien des égards, ce fut le cas. Malgré le prix élevé des billets, les stades étaient pleins et les plus grandes stars du football ont continué à marquer de nombreux buts. Le tournoi a également renforcé la représentation internationale, avec neuf équipes africaines qualifiées pour les phases finales. Les supporters ont été également chaleureusement accueillis dans les pays hôtes.

Appels à la démission infructueux 

On ignore encore comment les protestations de stars du football et de personnalités politiques affecteront Infantino suite à l’appel téléphonique qu’il a reçu de Trump après l’expulsion de Balogun.

Des personnalités politiques britanniques et belges ont réclamé sa démission. L’ancien entraîneur de Liverpool, Jürgen Klopp, a déclaré : «C’est notre sport, pas le leur. Si Donald Trump et Gianni Infantino ont réellement réglé cette affaire entre eux, c’est de la folie. Cela remet tout en question».

Cependant, pour la majorité des associations membres, le soutien à Infantino reste inébranlable. Le président de la Confédération asiatique de football, le bahreïni Cheikh Salman Al-Khalifa, a déclaré : «La Fifa ne s’est jamais mieux portée qu’aujourd’hui». Des pays du Koweït à l’Afrique du Sud ont également exprimé leur soutien indéfectible.

La Fédération royale marocaine de football a salué «l’excellent travail accompli par M. Gianni Infantino et son équipe pour développer le football africain et mondial».     

Tout cela pour dire qu’en dépit des controverses, des polémiques et des scandales, l’emprise de ce dernier sur le football mondial reste totale.

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