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Mohamed Ben Salem sera rejugé après son opposition à une condamnation de deux ans

L’ancien ministre de l’Agriculture et dirigeant du mouvement Ennahdha, Mohamed Ben Salem, a été arrêté mercredi 8 juillet 2026 dans un hôtel de la région du Cap Bon, avant d’être remis en liberté jeudi après avoir formé opposition à une condamnation rendue par défaut. Condamné à deux ans de prison dans une affaire liée à des soupçons d’infractions douanières, il comparaîtra de nouveau devant la Cour d’appel de Tunis le 21 juillet prochain pour un réexamen du dossier.

Une arrestation après une condamnation par défaut

Mohamed Ben Salem avait été interpellé en exécution d’un mandat de recherche émis par la Cour d’appel de Tunis. Cette mesure faisait suite à un jugement rendu par défaut par la chambre correctionnelle de cette juridiction, qui l’avait condamné à deux ans de prison dans une affaire portant sur des soupçons d’infractions à caractère douanier.

La condamnation ayant été prononcée en son absence, l’ancien responsable disposait de la possibilité de former opposition afin de demander un nouvel examen de l’affaire.

L’opposition entraîne sa remise en liberté

Après son arrestation, Mohamed Ben Salem a exercé son droit d’opposition contre le jugement rendu par défaut. Le parquet général près la Cour d’appel de Tunis a ordonné, jeudi 9 juillet, sa remise en liberté, conformément aux procédures prévues dans ce type de situation.

Une audience a été fixée au 21 juillet 2026 devant la chambre correctionnelle estivale de la Cour d’appel de Tunis. La juridiction devra alors réexaminer le dossier en présence de l’ancien ministre et statuer à nouveau sur cette affaire.

Un autre dossier judiciaire toujours en cours

Cette procédure est distincte d’un autre dossier judiciaire impliquant Mohamed Ben Salem avec plusieurs anciens responsables et figures proches d’Ennahdha.

Le 22 mai 2026, la chambre correctionnelle de la cour d’appel de Gabès l’avait condamné à six mois de prison dans une affaire liée à une tentative présumée de franchissement clandestin des frontières et à la détention de devises d’origine inconnue.

Cette décision avait réduit la peine initiale de trois ans de prison, prononcée en première instance en mars 2025.

Les faits à l’origine de ce dossier remontent à mars 2023, lorsque Mohamed Ben Salem avait été arrêté dans le sud du pays alors qu’il tentait, selon l’accusation, de rejoindre illégalement la Libye. Les enquêteurs avaient indiqué avoir retrouvé en sa possession 12.000 dinars tunisiens et 2100 euros lors de son interpellation.

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Fatma Mseddi relance la bataille pour classer Ennahdha comme « organisation terroriste »

Au cours de la journée du jeudi 9 juillet 2026, la députée Fatma Mseddi a déposé une proposition de loi composée de six articles, présentée comme visant à protéger la sécurité et la souveraineté nationales, ainsi que le régime républicain. Tout en empêchant l’utilisation des partis politiques et des associations comme couvertures pour des organisations terroristes.

L’article 2 du texte propose de qualifier le parti Ennahdha de « continuité politique et organisationnelle »  de l’organisation internationale des Frères musulmans en Tunisie et de le classer comme  « organisation terroriste ». La proposition de Fatma Mseddi prévoit également l’application de ces mesures à toute association ou structure dont le lien organisationnel, financier ou fonctionnel avec Ennahdha ou les Frères musulmans serait établi.

Le texte prévoit notamment la dissolution immédiate des organisations concernées, la perte du statut représentatif et parlementaire des dirigeants dont l’appartenance serait reconnue, ainsi que l’interdiction, pour les personnes visées, de se présenter aux élections ou d’exercer des fonctions publiques pendant une période de dix ans.

Cette initiative ne constitue toutefois pas une première pour Fatma Mseddi. La députée avait déjà porté cette revendication dans le débat public en 2023, dans le prolongement de ses positions sur le dossier des réseaux d’envoi de jeunes Tunisiens vers les zones de conflit. Avant elle, plusieurs figures de l’opposition avaient également appelé à des mesures contre Ennahdha, notamment après les assassinats politiques de 2013 et les débats liés au terrorisme et aux réseaux jihadistes.

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Lancement de «Dalil», la plateforme de modernisation de l’administration : la pratique fait défaut, à qui la faute ?

Ce qui est certain, c’est que la Tunisie franchira une nouvelle étape dans la modernisation de son administration avec le lancement, en septembre 2026, de la plateforme nationale des procédures administratives «Dalil». Une plateforme censée orienter le citoyen et lui faciliter toutes les procédures administratives, mais qui risque d’être peu connue ou rarement utilisée, comme c’est le cas pour les plateformes déjà existantes…

La nouvelle plateforme «Dalil» réunira l’ensemble des démarches administratives destinées aux citoyens et aux entreprises, tout en s’inscrivant dans un vaste chantier de simplification engagé par l’État.

Baptisée «Dalil», la plateforme nationale des procédures administratives (PNPA) sera officiellement mise en service en septembre 2026. Destinée aussi bien aux citoyens qu’aux entreprises et aux administrations, elle ambitionne de devenir la source de référence pour consulter les procédures administratives et les documents exigés par les différents organismes publics.

L’annonce a été faite par Olfa Souli Ouertani, directrice générale des réformes à la présidence du gouvernement, lors d’une journée d’information organisée la semaine passée. Si elle confirme cette date de lancement, c’est parce que le taux de réalisation de la plateforme «Dalil» aurait atteint, selon ses dires, 70%.

Souci de réforme et d’uniformisation

L’objectif est de permettre aux usagers d’accéder, à partir d’un portail unique, à des informations officielles, harmonisées et régulièrement actualisées sur l’ensemble des procédures administratives.

Au-delà de la centralisation des informations, «Dalil» s’inscrit dans une stratégie de réforme, d’uniformisation et de simplification des procédures administratives.

Cette plateforme constitue une référence officielle unique, regroupant l’ensemble des procédures administratives (3.197 recensées). Elle est censée garantir la transparence, la fiabilité et la mise à jour continue des données. Et ce, tout en reliant chaque démarche à l’organisme compétent et à sa localisation. Et ce n’est pas tout : elle offre aussi un espace de travail dédié à chaque ministère pour assurer l’exactitude des informations.

Dans le cadre du projet de réforme globale 2020-2027, cette initiative s’accompagne d’un inventaire approfondi : 50% des procédures concernent les entreprises, 25% les particuliers, alors que 25% sont mixtes. Parmi elles, 63% sont très demandées, 16% jugées complexes et 43% nécessitent l’intervention de structures publiques.

Grâce à une consultation en ligne, plus de 71% des procédures (2.255) auraient été simplifiées via une numérisation totale ou partielle, la réduction des pièces justificatives et le renforcement de la décentralisation. De plus, 177 procédures (6%) sans fondement juridique ou obsolètes ont été supprimées, explique la DG des réformes à la présidence du gouvernement.

De son côté, le ministre des Technologies de la communication, Sofiène Hemissi, a salué cette réalisation accélérée, axée sur les services les plus sollicités, notamment pour améliorer le climat des affaires. Il a souligné l’introduction de l’échange de données inter-administrations et des services à distance. Tout en rappelant que la numérisation est un processus continu. Cette plateforme incarne une vision de réforme au service du citoyen et de l’entreprise.

Pour une plus grande sensibilisation

Il ne s’agit pas d’une première en matière de plateformes destinées à améliorer les services de l’administration et à faciliter la tâche du citoyen. C’est que l’administration tunisienne centralise déjà ses services numériques sur plusieurs plateformes clés pour simplifier les démarches des citoyens et des professionnels : 

Portail National des Services Administratifs : plateforme centrale permettant de consulter et d’effectuer de nombreuses démarches gouvernementales en ligne. 

Idaraty : le guide officiel de l’administration publique. Il détaille les procédures, répertorie les institutions et met à disposition des informations sur plus de 3.500 procédures.

– SICAD : le Site d’Information et de Communication Administrative offrant une base de données exhaustive sur les formalités administratives et les services en ligne sectoriels (impôts, douanes, infractions).

Or, le citoyen lambda ne connaît pas ces plateformes et ne les utilise, au cas où il en serait informé, que très rarement. D’ailleurs, il suffit de faire le tour des services de l’état civil dans les municipalités pour s’en convaincre. Aujourd’hui, on peut retirer son extrait de naissance sans se déplacer, à travers une plateforme mise en place depuis quelque temps déjà. Or, elle est peu fréquentée et les citoyens, pas encore convaincus de cette procédure en ligne, préfèrent aller sur place et attendre des heures pour avoir le document en main.

C’est dire qu’une vaste campagne de sensibilisation est plus que nécessaire pour assurer plus d’efficacité et de rentabilité à la nouvelle plateforme «Dalil». Il faudrait insister sur le fait qu’elle est accessible à tout le monde et qu’elle est mise à disposition pour rendre vos procédures administratives plus claires et plus accessibles, optimiser son temps et ses efforts et garantir la transparence des démarches.

Ce qui est évident, c’est que la responsabilité de ce manque de pratique et d’usage fréquent de ces plateformes est partagée. Le citoyen, habitué aujourd’hui aux services en ligne (vente, achat, relations…), se doit d’être au courant de ce qui se fait au niveau de l’administration pour lui faciliter toutes les procédures administratives, d’autant que la plateforme est facilement accessible. Pour sa part, l’administration doit faire un effort supplémentaire pour sensibiliser les citoyens et les convaincre, à travers des campagnes périodiques de sensibilisation, d’opter pour ces pratiques de plus en plus fréquentes dans tous les domaines.

Kamel ZAIEM

 

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Kaïs Saïed met en garde contre des actions de déstabilisation

Le président de la République Kaïs Saïed a reçu, dans la journée du mercredi 8 juillet 2026 au palais de Carthage, Sarra Zaâfrani Zenzri, la cheffe du gouvernement. Il l’a chargée de présider le Conseil des ministres pour débattre d’un certain nombre de projets de lois et d’ordonnances.

Le chef de l’État a dénoncé des événements récurrents, qu’il a qualifiés d’actions organisées visant à nuire aux citoyens et à envenimer la situation. Tout en soulignant que le peuple tunisien mettra en échec les manœuvres internes et externes, comme il l’a déjà fait par le passé.

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Architecture : Sahbi Gorgi élu à la vice-présidence du CUIA

L’architecte tunisien Sahbi Gorgi a été élu vice-président de la région V (Afrique) de l’Union internationale des architectes (UIA). Le Conseil nouvellement constitué l’a également désigné au poste de deuxième vice-président de cette prestigieuse organisation internationale.

Le ministère des Affaires culturelles a salué cette distinction, obtenue lors de l’Assemblée générale de l’UIA, organisée du 2 au 5 juillet 2026 à Barcelone (Espagne). Représentant la région Afrique, Sahbi Gorgi s’est imposé en tête du scrutin avec 184 voix, comme le rapporte un confrère de la place.

Pour le ministère, cette élection illustre le rayonnement croissant de la Tunisie sur la scène internationale dans les domaines de l’architecture et de l’urbanisme. Tout en mettant en valeur les compétences tunisiennes au sein des instances professionnelles mondiales, ajoute notre source.

Ancien président de l’Ordre des architectes de Tunisie, Sahbi Gorgi est également reconnu pour son engagement dans la préservation du patrimoine. Il est notamment l’auteur de deux importants projets menés par le ministère des Affaires culturelles dans le gouvernorat de Kairouan : la restauration et la mise en valeur de la Grande Mosquée et de son environnement immédiat, ainsi que la restauration et la valorisation des Bassins des Aghlabides et de leurs abords, rappelle le média tunisien.

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Diplomatie : Mohamed Ali Nafti reçu par le président algérien

Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a reçu mercredi à Alger le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, à l’occasion de la réunion du Comité de suivi de la 23e session de la Grande commission mixte tuniso-algérienne.

Le chef de la diplomatie tunisienne a transmis au président algérien les salutations du président tunisien, Kaïs Saïed, ainsi que ses félicitations à l’occasion de la célébration de la fête de l’Indépendance de l’Algérie.

Il a réaffirmé la volonté de Tunis de renforcer les liens de fraternité, de coopération et de partenariat entre les deux pays, tout en poursuivant la concertation sur les questions régionales et internationales d’intérêt commun.

Selon un communiqué du ministère  des Affaires étrangères,Tebboune a chargé le ministre  de transmettre ses salutations à son homologue Kaïs Saïed, soulignant la convergence de vues entre les deux dirigeants et leur engagement à approfondir la coordination face aux défis communs.

Il a également insisté sur l’importance que les travaux du Comité de suivi reflètent le niveau des relations privilégiées entre les deux pays.

Coprésidée par Mohamed Ali Nafti et le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, la réunion a permis d’évaluer la mise en œuvre des décisions issues de la 23e Grande commission mixte et du Forum économique tuniso-algérien, tenus à Tunis en décembre 2025.

Les deux parties se sont félicitées des progrès enregistrés dans plusieurs secteurs, notamment la sécurité, les transports, les technologies de l’information, les affaires sociales, l’emploi, la formation, ainsi que la culture et le sport.

Elles ont également mis l’accent sur le renforcement de la coopération dans les domaines de l’eau, de l’énergie, de la sécurité alimentaire et du commerce, tout en réaffirmant leur ambition de faciliter l’accès conjoint des entreprises tunisiennes et algériennes aux marchés africains.

Les discussions ont aussi porté sur l’amélioration des conditions de résidence, de travail et d’investissement des ressortissants des deux pays, ainsi que sur le développement des régions frontalières.

Les travaux se sont achevés par la signature du procès-verbal de la réunion et l’adoption d’une feuille de route fixant le calendrier des prochaines échéances bilatérales.

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Le renouveau de l’action consulaire

Par Mondher AFI

Dans le cadre des orientations arrêtées par le Président de la République, Kaïs Saïed, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a présidé, le 1er juillet 2026, à l’Académie diplomatique internationale de Tunis, une session de formation consacrée aux services consulaires numériques. Organisée au profit des agents appelés à rejoindre les missions diplomatiques et consulaires à l’étranger, cette initiative traduit la volonté d’adapter l’action consulaire aux évolutions de l’administration publique, de la mobilité internationale et des attentes croissantes des citoyens.

La fonction consulaire occupe aujourd’hui une place centrale dans la diplomatie contemporaine. Si l’ambassade incarne la représentation politique de l’État, le consulat constitue son prolongement administratif, juridique et humain auprès des ressortissants établis à l’étranger. Il est l’espace où s’exerce quotidiennement la relation entre l’administration et le citoyen, faisant du service consulaire un indicateur essentiel de la qualité du service public.

La fonction consulaire constitue l’une des expressions les plus concrètes de la continuité de l’action de l’État au-delà de ses frontières. Son fondement juridique repose principalement sur la Convention de Vienne sur les relations consulaires, qui définit les droits, les obligations et les prérogatives des autorités consulaires dans leurs rapports avec les ressortissants de l’État d’envoi ainsi qu’avec les autorités de l’État de résidence. Ce cadre normatif confère à l’action consulaire une double légitimité : internationale, en raison de son inscription dans le droit des relations entre États, et nationale, puisqu’elle assure la continuité du service public auprès des citoyens établis à l’étranger.

Dans cette perspective, le consulat ne constitue pas une simple structure administrative délocalisée. Il représente une institution stratégique où s’articulent les exigences de protection des personnes, de sécurité juridique et de préservation de l’autorité de l’État. Les missions qui lui sont confiées couvrent un champ d’intervention particulièrement étendu : délivrance et renouvellement des documents officiels, gestion de l’état civil, légalisation et authentification des actes, assistance administrative et juridique aux ressortissants, protection des personnes vulnérables, accompagnement des citoyens confrontés à des procédures judiciaires ou à des situations de détresse, ainsi que coordination des opérations d’assistance et d’évacuation lors de crises sanitaires, sécuritaires ou de catastrophes naturelles. L’activité consulaire participe ainsi à la garantie de la sécurité juridique des citoyens tout en assurant la permanence de l’action publique en dehors du territoire national.

Toutefois, l’évolution des relations internationales et l’intensification des mobilités humaines ont profondément transformé la nature de la fonction consulaire. Celle-ci dépasse désormais le cadre traditionnel des prestations administratives pour devenir un véritable levier de diplomatie économique, sociale et culturelle. Les représentations consulaires accompagnent les opérateurs économiques dans leur implantation à l’étranger, facilitent les échanges commerciaux, identifient les opportunités d’investissement, contribuent à la promotion de l’attractivité du territoire national et participent à la diffusion d’informations économiques stratégiques. Elles deviennent ainsi des interfaces entre les politiques publiques nationales et les dynamiques économiques internationales.

Parallèlement, les consulats jouent un rôle essentiel dans le maintien des liens entre l’État et ses communautés établies à l’étranger. Ils accompagnent les initiatives associatives, soutiennent les activités culturelles, facilitent les démarches administratives des membres de la diaspora et contribuent à préserver les liens linguistiques, historiques et identitaires avec le pays d’origine. Cette dimension témoigne de l’élargissement progressif de la diplomatie contemporaine vers une diplomatie de proximité, où la qualité de la relation avec les citoyens devient un élément constitutif de l’action extérieure de l’État.

Les sciences administratives soulignent que la performance des institutions publiques ne se mesure plus uniquement à la conformité des procédures ou à la production d’actes administratifs, mais également à leur capacité à répondre efficacement aux besoins des usagers. À cet égard, les analyses de Max Weber relatives à la rationalisation de l’administration conservent une portée particulière : la légitimité de l’institution publique repose sur la compétence de ses agents, la prévisibilité de ses procédures, l’impartialité de ses décisions et l’efficacité du service rendu. La fonction consulaire constitue ainsi un espace privilégié d’observation de la qualité de la gouvernance publique, dans la mesure où elle place l’administration en interaction directe avec les citoyens et confronte quotidiennement les principes de l’État de droit aux réalités concrètes de l’action administrative.

 

La transformation numérique : un changement de gouvernance

Cette orientation a accordé une place centrale à la transformation numérique des services consulaires, illustrant une évolution qui dépasse largement l’introduction de nouveaux outils technologiques. Elle s’inscrit dans un processus plus large de modernisation de l’administration publique, où le numérique devient un levier de réforme des modes de gouvernance, de simplification des procédures et d’amélioration de la qualité du service public. Cette orientation traduit ainsi une mutation profonde des modes de gouvernance de l’administration publique, dans laquelle le numérique devient un facteur structurant de l’organisation institutionnelle, de la prise de décision et de la relation entre l’État et les usagers.

Le développement des services consulaires dématérialisés s’inscrit ainsi dans une stratégie de modernisation visant à renforcer l’efficacité, la transparence et la qualité du service public. La transformation numérique ne saurait être réduite à une simple substitution des supports papier par des plateformes électroniques. Elle constitue une recomposition des processus administratifs fondée sur la rationalisation des procédures, l’interopérabilité des systèmes d’information, la circulation sécurisée des données et l’amélioration continue de la qualité des prestations publiques. Elle conduit les administrations à repenser leur fonctionnement autour d’une logique de service, où la rapidité d’exécution, la fiabilité des informations, la traçabilité des opérations et la simplification des démarches deviennent des critères essentiels d’évaluation de la performance publique.

Dans le domaine consulaire, cette évolution revêt une importance particulière en raison de la dispersion géographique des communautés nationales et de la diversité des situations administratives auxquelles elles sont confrontées. La mise en place de services numériques permet de réduire les contraintes liées à la distance, de limiter les déplacements, d’accélérer le traitement des demandes et d’assurer une continuité du service public indépendamment des contraintes spatiales ou temporelles. L’administration consulaire évolue ainsi vers un modèle davantage centré sur l’accessibilité, la disponibilité permanente des services et la capacité d’offrir des réponses adaptées aux besoins des citoyens établis à l’étranger.

Cette modernisation s’inscrit également dans une conception renouvelée de la gouvernance publique, fondée sur l’exploitation stratégique des données, l’amélioration des capacités d’analyse et l’intégration progressive des technologies émergentes, notamment celles relevant de l’intelligence artificielle. L’utilisation raisonnée de ces instruments ouvre la voie à une gestion plus anticipative des flux administratifs, à une meilleure allocation des ressources humaines, à une personnalisation accrue des services et à une optimisation des délais de traitement. Dans cette approche, la donnée publique devient un véritable levier de pilotage de l’action administrative, permettant d’éclairer la décision, d’identifier les besoins des usagers et d’améliorer l’efficacité des politiques publiques.

Les recherches de Christopher Hood et de Christopher Pollitt montrent que les administrations contemporaines tendent à dépasser une logique exclusivement procédurale pour adopter une culture de la performance fondée sur les résultats, la qualité du service et la satisfaction des usagers. Cette évolution ne remet pas en cause les principes fondamentaux de légalité, d’égalité et de continuité du service public, elle vise au contraire à leur donner une traduction plus effective grâce à des organisations administratives plus réactives, plus transparentes et davantage orientées vers les besoins réels des citoyens.

La transformation numérique des services consulaires ne devrait pas être réduite à une simple opération de dématérialisation des procédures administratives. Une approche limitée à l’introduction d’outils numériques, sans révision des modes d’organisation ni adaptation des pratiques de gestion, risquerait de reproduire les mêmes lourdeurs administratives sous une forme électronique. La modernisation ne peut produire des résultats durables qu’à travers une refonte des processus, une meilleure coordination entre les services et l’instauration de mécanismes rigoureux de suivi, d’évaluation et de contrôle de la performance.

Par ailleurs, l’absence d’indicateurs objectifs permettant de mesurer la qualité des prestations, les délais de traitement ou le niveau de satisfaction des usagers constitue une limite importante à toute politique d’amélioration continue. Une administration numérique ne peut être performante sans dispositifs permanents d’audit, de traçabilité des opérations et d’évaluation des résultats, capables d’identifier les dysfonctionnements et d’orienter les décisions correctives.

Enfin, la modernisation des services consulaires devrait dépasser une logique strictement technologique pour s’inscrire dans une réforme plus globale de la gouvernance administrative. Cela implique de renforcer l’interopérabilité des systèmes d’information, de développer les compétences numériques des agents et de placer les besoins des citoyens au cœur de la conception des services. À défaut d’une telle approche intégrée, la transformation numérique risque de demeurer une évolution technique sans impact significatif sur l’efficacité, la transparence et la crédibilité de l’action consulaire.

 

Former pour moderniser l’action consulaire

L’organisation d’échanges professionnels entre les différents postes consulaires constitue un levier pour renforcer la formation des agents au contact des réalités du terrain. Toutefois, ces initiatives devraient être intégrées dans un dispositif permanent de formation continue reposant sur le partage des expériences, l’analyse de cas pratiques et l’évaluation régulière des compétences. Une telle approche permettrait d’améliorer l’adaptation des agents aux évolutions des missions consulaires, d’harmoniser les pratiques administratives et de renforcer durablement la qualité des services rendus aux usagers.

Dans cette perspective, l’expérience des usagers devrait être davantage mobilisée comme un levier d’amélioration des services consulaires. Les retours des citoyens pourraient être systématiquement recueillis, analysés et intégrés dans un processus d’évaluation continue afin d’identifier les dysfonctionnements, de simplifier les procédures administratives et de renforcer la qualité de l’accueil. Cette démarche favoriserait une administration davantage centrée sur les besoins des citoyens et fondée sur une logique d’amélioration permanente plutôt que sur la seule conformité procédurale.

Plus largement, l’évolution des fonctions consulaires impose une réflexion approfondie sur les modes d’organisation, les outils numériques et les compétences professionnelles requises. Les consulats sont appelés à devenir des espaces de services publics innovants, capables d’assurer une protection efficace des ressortissants, d’accompagner les communautés tunisiennes établies à l’étranger et de soutenir les échanges économiques, culturels et scientifiques. Atteindre cet objectif suppose d’investir davantage dans la transformation numérique, de développer une culture de l’évaluation de la performance, de renforcer la coordination entre les postes consulaires et d’instaurer une démarche de modernisation continue afin de répondre aux exigences croissantes de mobilité internationale, de proximité administrative et de qualité du service public.



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Kaïs Saïed reçoit Sara Zaâfrani Zenzri et évoque les défis auxquels fait face la Tunisie

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, dans l’après-midi du mercredi 8 juillet, au palais de Carthage, Sara Zaâfrani Zenzri, cheffe du gouvernement, qu’il a chargée de présider un Conseil des ministres consacré à l’examen de plusieurs projets de lois et de décrets.

Le chef de l’État est également revenu sur une série d’événements qui, selon lui, se succèdent de manière orchestrée afin de porter atteinte aux citoyens et d’attiser les tensions. Il a affirmé que le peuple tunisien, qui « a tracé son chemin dans le sang et la souffrance », saura déjouer les manœuvres, tant internes qu’externes, comme il l’a déjà fait par le passé grâce à sa profonde conscience nationale.

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