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Orientation universitaire: le mirage des diplômes face à l’emploi

En cette période où les familles tunisiennes vivent au rythme de l’orientation universitaire des nouveaux bacheliers, le choix d’un parcours académique doit résulter d’une réflexion lucide qui tient compte de la réalité du marché de l’emploi. Il y a une minorité d’excellents qui s’orientera vers la médecine ou les classes préparatoires, des voies aux débouchés historiquement sécurisés, et une majorité dont la trajectoire reste suspendue à des filières aux perspectives d’insertion beaucoup moins garanties.

Les derniers chiffres de l’INS mettent en lumière l’inefficience de l’appareil productif à intégrer le capital humain. Le chômage global baisse (15% fin mars 2026) tandis que le chômage des diplômés de l’enseignement supérieur explose, prenant +1,7% en trois mois pour atteindre 24,2%. Cette divergence démontre que la création nette d’emplois s’est faite essentiellement par des postes à faible qualification. L’économie tunisienne ne parvient pas à absorber les cohortes de diplômés sortant des universités.

L’asymétrie de genre est exacerbée. L’emploi des femmes a progressé en volume mais leur taux de chômage a culminé à 32%, contre seulement 14,2% pour les hommes diplômés. Les femmes accèdent donc à l’emploi en masse, vraisemblablement dans des segments moins qualifiés ou plus précaires. Une bonne partie des profils féminins qualifiés, et dont les conditions socioéconomiques le permettent, quitte le pays.

Cette inadéquation structurelle fait que l’offre de capital humain s’amplifie par de nouveaux diplômés alors que la demande des entreprises reste cantonnée à un modèle de croissance low-cost et faiblement productif. Tenez compte de ces réalités lorsque vous choisissez votre orientation. Un cycle court qui permet l’accès rapide au marché du travail est mieux qu’un parcours, plus prestigieux sur le papier, mais qui ne fait qu’augmenter le nombre des sans-emploi.

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La souveraineté numérique africaine entre dépendance et opportunité

Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, plus de 70% du trafic de données mondial est contrôlé par une poignée d’entreprises basées aux États-Unis et en Chine. Cette concentration du pouvoir numérique redessine les rapports de force à l’échelle planétaire.

Face à cette hégémonie, l’Union européenne tente de réduire l’écart avec les géants du numérique. Des dispositifs comme le Règlement général sur la protection des données lui ont permis de mieux encadrer les flux de données, de renforcer la responsabilité des plateformes et de garantir la vie privée des citoyens.

Dans ce paysage mondial, la place de l’Afrique interroge. Le continent ne disposerait que de moins de 2% de la capacité mondiale des centres de données. Structurellement désavantagé, il demeure largement dépendant de services cloud étrangers. Les données générées sur ses marchés sont souvent stockées, traitées et monétisées hors de ses frontières, privant ainsi l’Afrique d’une part substantielle de la valeur créée.

Pourtant, le potentiel est immense. La Société financière internationale estime que l’économie numérique africaine pourrait atteindre 712 milliards de dollars d’ici 2050, à condition que le continent ne se contente pas d’être un fournisseur de données brutes.

Les États africains disposent de leviers d’action. Ils peuvent légiférer, renforcer la coordination régionale et soutenir l’émergence de champions locaux. Le véritable risque réside dans la fragmentation des réponses nationales, trop isolées pour peser face aux géants mondiaux. La souveraineté numérique de l’Afrique ne pourra se construire que dans une dynamique collective, à l’échelle continentale.

 

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