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Hammamet, capitale des musiques du monde pendant 34 jours

Le Festival International de Hammamet célébrera sa 60e édition du 11 juillet au 13 août 2026, sous le slogan «Endless Memories». Pendant 34 jours, l’amphithéâtre accueillera 32 spectacles réunissant des artistes venus de douze pays, à savoir la Tunisie, le Liban, la Palestine, les États-Unis, le Mali, l’Espagne, le Portugal, Cuba, la Turquie, le Maroc, l’Algérie et l’Italie.
Selon les chiffres présentés par le directeur de l’édition, Najib Kasraoui, la programmation se compose de 4 pièces de théâtre, d’une création chorégraphique et de 27 concerts. Sur cet ensemble, 14 participations sont tunisiennes, ce qui représente 43,8 % de la programmation totale, contre 34,4 % pour les spectacles arabes et 21,9 % pour les propositions internationales.
Lors d’une conférence de presse, Najib Kasraoui a salué le travail de son équipe et rendu hommage à la femme tunisienne, à qui reviennent l’ouverture et la clôture de cette édition. Il a rappelé que cette programmation anniversaire reste fidèle à l’esprit du festival, fondé en 1964, en conjuguant musique, théâtre et danse à travers le jazz, le blues, le fado, le rock alternatif, les musiques africaines, les sonorités cubaines, le Tarab et des créations arabes contemporaines.
Les préparatifs, entamés en novembre 2025, ont permis de réunir plusieurs figures internationales. Dhafer Youssef présentera son nouvel album « Shiraz », aux côtés du Palestinien Faraj Suleiman, de Marcel Khalife, de la Portugaise Mariza, référence du fado, et du Malien Salif Keïta. Le programme comprend également l’Italien Mario Biondi, l’Espagnole Bebe, l’orchestre cubain Buena Vista Orchestra, l’Américain Big Daddy Wilson, le groupe algérien Gnawa Diffusion, le groupe turc Dedublüman et la Marocaine Najat Aâtabou. Le spectacle « Aïta mon amour », porté par Widad Mjama et Khalil Epi, proposera une relecture du patrimoine populaire marocain. Le Liban sera particulièrement représenté, avec Yasmine Hamdan, Yara, Joseph Attieh, Ghassan Yammine, Melhem Zein, Cindy Latty et Adam.
La scène tunisienne occupera une large place dans cette édition. Le festival s’ouvrira le 11 juillet 2026 avec « Les Fugueuses », de Wafa Taboubi. Le volet théâtre proposera « Jacaranda », texte d’Abdelhalim Messaoudi mis en scène par Nizar Saidi, « Testostérone » de Cyrine Gannoun, et « Le Jardin des amants » de Moez Achouri. La danse sera représentée par « Labess », création chorégraphique de Selim Ben Safia accompagnée d’une scénographie signée Nadia Kaabi-Linke.
Le répertoire tunisien réunira par ailleurs Noor et Selim Arjoun, Outail Maaoui avec son projet « Sada d’Atlas », Mehdi Mouelhi avec « Nostaljica », et Bouthaina Nabouli avec « Doulicha ». Nordo et Chokri Bouzayen animeront la soirée du 25 juillet, à l’occasion de la Fête de la République, tandis que Sofia Sadok clôturera cette 60e édition le 13 août, jour de la Journée nationale de la Femme.

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Du Scalpel à l’art: le parcours de Sahar Bettaïeb

Chirurgienne cardiovasculaire spécialisée en chirurgie cardiaque adulte et pédiatrique, Sahar Bettaïeb suit depuis toujours un double parcours, à la fois scientifique et artistique. À la rigueur du geste médical s’ajoute un chemin intime nourri de peinture, d’écriture, de musique et d’émotions.

La musique occupe une place centrale dans sa vie. Ancienne pianiste, elle a initié ses filles très tôt à cet univers qu’elle considère comme une forme de soin intérieur. Plus récemment, la pratique de la batterie est devenue pour elle un espace de libération et d’expression instinctive.

Mais c’est dans la peinture que s’exprime le plus intensément la tension entre maîtrise et lâcher-prise. Elle ne peint pas dans une recherche esthétique décorative, mais comme une manière de « recoudre émotionnellement ce que la vie fragilise ». Son quotidien de médecin, confronté au corps, à la douleur et à la réparation, trouve ainsi un prolongement dans un espace intérieur fait d’imaginaire et d’introspection.

Ses œuvres naissent souvent dans des périodes de tension ou de transformation personnelle. Chaque toile devient un territoire émotionnel où se croisent féminité, mémoire, résilience, solitude et renaissance. Les figures qu’elle met en scène: femmes, animaux, créatures ou paysages intérieurs  évoluent dans un univers suspendu, entre figuration et symbolisme. La lumière y circule comme une énergie réparatrice, laissant entrevoir, même au cœur de la blessure, une possibilité de retour à soi.

Au fil du temps, Sahar Bettaïeb a également pris conscience de la dimension thérapeutique de l’art dans sa relation aux autres. À travers ses filles puis leurs amis adolescents confrontés à des fragilités émotionnelles, elle a observé que le dessin et la peinture permettaient souvent d’exprimer ce que les mots ne parviennent plus à dire. Cette expérience l’a amenée à s’intéresser à l’art-thérapie, qu’elle envisage comme un espace d’écoute et de reconstruction plutôt que comme une méthode figée.

Aujourd’hui, passée la quarantaine, elle assume pleinement cette dimension artistique, non comme une échappatoire, mais comme un prolongement du soin. Son travail devient ainsi une forme de thérapie, pour elle-même comme pour les autres.

Le titre de son exposition, It’s Probably Me, traduit une introspection assumée et une volonté de partir de l’intime pour atteindre l’universel. Selon elle, une œuvre naît d’une expérience personnelle mais prend véritablement vie lorsque le regard d’autrui s’y reconnaît. L’exposition se veut ainsi une invitation à prolonger ce dialogue avec le public, en posant une question ouverte : où chacun se situe-t-il dans cette histoire ?

Interrogée sur sa « botte secrète », elle met en avant la curiosité, qu’elle considère comme le fil conducteur de toute sa vie. Elle explique que cette curiosité s’est d’abord exprimée dans la compréhension du corps humain, avant de s’élargir aux émotions, à la résilience, à la création et aux relations humaines. Elle y voit une force qui l’incite à apprendre, à écouter et à remettre en question ses certitudes, tout en faisant dialoguer des disciplines en apparence opposées mais unies par une même quête : comprendre l’humain.

En guise de conclusion, elle souligne l’importance de prendre soin non seulement du corps, mais aussi de la vie intérieure. Elle rappelle que l’art n’est pas réservé aux artistes, mais constitue une ressource accessible à tous.

À travers la musique, la lecture, l’écriture ou la contemplation, l’expérience artistique permet de ralentir, de ressentir et de réfléchir. Dans un monde marqué par l’accélération, elle y voit un espace essentiel de liberté, d’équilibre et de croissance personnelle.

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