Lese-Ansicht

Emprunt intérieur : le gouvernement face au défi de l’équilibre entre Trésor et crédit privé

Comment continuer à financer l’État sans étrangler le crédit aux entreprises ? C’est en substance la question posée mardi dernier au siège du ministère des Finances, lorsque Méchket Slama Khaldi a réuni les dirigeants des principaux établissements bancaires du pays. Au cœur des échanges : la place grandissante prise par l’emprunt intérieur dans le financement des dépenses publiques et le risque que cette dynamique fasse peser sur le financement de l’économie réelle.

La cheffe du département des Finances a demandé aux banques et institutions financières de maintenir leur mobilisation en faveur du Trésor, en participant aux prochaines émissions de bons prévues jusqu’à la fin de l’année, sans toutefois s’écarter des règles prudentielles ni des seuils de solidité financière qui encadrent leur activité. En réponse, selon un communiqué diffusé par le ministère, les représentants du secteur ont confirmé leur volonté d’accompagner l’État dans la préservation des équilibres financiers du pays.

Un exercice d’équilibriste, soulignent les experts

Contacté par l’agence TAP, l’analyste financier Arbi Ben Bouhali, spécialiste de la gestion d’actifs, situe cette rencontre dans une stratégie plus large : celle d’un exécutif cherchant à sécuriser davantage de souscriptions aux titres publics pour couvrir ses besoins des prochains mois. Alors que les marges de manœuvre en matière de financement restent étroites et que les dépenses de l’État continuent de progresser.

Il rappelle que cette initiative intervient peu après une autre réunion, entre le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie et les patrons des banques commerciales, au cours de laquelle il avait au contraire plaidé pour davantage de crédits vers le secteur privé, jugés indispensables à l’investissement et à la croissance. Les banques se retrouvent ainsi tiraillées entre deux priorités difficilement conciliables : soutenir les finances de l’État et continuer d’irriguer le tissu économique.

Un déficit chronique nourri par plusieurs facteurs

D’après l’expert, ces tensions budgétaires trouvent leur origine dans plusieurs éléments cumulés : un déficit qui perdure depuis des années, une facture de subventions – énergie et produits de base – toujours plus lourde, et des rentrées fiscales insuffisantes, conséquence directe du poids de l’économie informelle, évaluée à près de 40 % de l’activité nationale. Ce phénomène priverait, selon ses calculs, le budget de l’État d’environ 12 milliards de dinars de recettes fiscales chaque année.

Sur le financement monétaire, il relève que la Banque centrale a injecté environ 25 milliards de dinars dans l’économie sur les trois dernières années, au rythme de 7 milliards, puis 7 milliards, puis 11 milliards, afin de répondre aux besoins de l’État. Une pratique que plusieurs institutions financières internationales ont régulièrement critiquée, y voyant un facteur de risque inflationniste.

Des banques déjà sous tension

Le secteur bancaire commercial n’aborde pas cette période dans une position confortable. M. Ben Bouhali souligne qu’il a déjà consenti plus de 33 milliards de dinars de financements à l’État sur la seule année 2025, tout en portant un stock de créances douteuses avoisinant les 19 milliards de dinars, soit 16 % de l’encours total des crédits. À cela s’ajoute une masse de liquidités estimée à 28 milliards de dinars circulant en dehors du circuit bancaire formel.

L’expert estime donc que si les liquidités disponibles continuent d’être massivement absorbées par les bons du Trésor, les banques verront leur capacité à prêter aux entreprises privées se réduire davantage – un mécanisme que les économistes désignent sous le terme d’« effet d’éviction ». Les conséquences pourraient se traduire par un ralentissement de l’investissement, de la production, et in fine de la création d’emplois.

La piste des réformes structurelles

Face à ce constat, Arbi Ben Bouhali estime que seules des réformes de fond permettraient de desserrer cet étau : maîtrise des dépenses publiques, révision du système de subventions, élargissement de l’assiette fiscale et intégration progressive de l’économie parallèle dans le circuit formel. Ces chantiers, précise-t-il, sont la condition pour alléger le recours de l’État à l’emprunt intérieur et redonner aux banques une marge de manœuvre en faveur du financement des entreprises.

En attendant, le gouvernement poursuit la mobilisation des ressources nécessaires à l’exécution de son budget, tandis qu’investisseurs et acteurs bancaires observent avec attention l’évolution de la politique budgétaire dans les mois à venir. Et ce, dans un climat marqué par des difficultés économiques persistantes à l’échelle nationale et une conjoncture internationale toujours incertaine.

Au final, l’enjeu central reste le même : trouver le point d’équilibre entre les impératifs de financement du Trésor et la préservation du financement de l’économie réelle.

L’article Emprunt intérieur : le gouvernement face au défi de l’équilibre entre Trésor et crédit privé est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Afrique : appel à intégrer le climat dans les politiques de prévention au travail

Face à la multiplication des sécheresses, inondations et vagues de chaleur qui fragilisent le continent, le professeur béninois de médecine du travail, Dr Paul Ayelo, plaide pour une intégration urgente des enjeux climatiques dans les politiques de santé et sécurité au travail (SST) en Afrique. Il s’exprimait lors de la première édition du Forum africain des innovations en santé, sécurité et bien-être au travail (AFRISST), qui se tient à Ouagadougou au Burkina Faso les 2, 3 et 4 juillet.

D’emblée, le spécialiste de l’université d’Abomey-Calavi a remis en question la durabilité des modèles de prévention actuels, rapporte lefaso.net. « Je ne sais pas si la prévention est vraiment durable », a-t-il lancé, soulignant l’impérieuse nécessité de considérer le climat comme un déterminant majeur des risques professionnels. Pour lui, il n’est plus possible de concevoir un environnement de travail sain sans tenir compte des transformations profondes de l’écosystème.

Le Dr Ayelo a illustré son propos par des exemples concrets : stress hydrique menaçant les activités agro-pastorales, prolifération de maladies vectorielles (paludisme) liée à l’humidité, ou encore érosion côtière détruisant les  infrastructures et les zones habitées. Il a appelé à une évaluation rigoureuse des risques climatiques, à leur classement et à une planification stratégique de l’adaptation, en intégrant les notions de vulnérabilité, de résilience et de genre.

Toujours selon le site burkinabé, l’intervention du chercheur a suscité de vives réactions, à commencer par celle du Dr Sounkalo Djibo, consultant, qui a alerté sur la pénibilité de la chaleur en milieu industriel ; ou bien celle de la consultante Sylvie Rolande Zongo qui a lancé un cri du cœur sur la disparition d’espèces végétales utiles, plaidant pour une approche plus responsable des politiques de reboisement. De son côté, le Pr Cyriaque Paré, enseignant-chercheur à l’INSS, a mis en garde contre l’écart entre les discours et les actions concrètes des États africains.

In fine, le Dr Ayelo a insisté sur une idée-force : une prévention véritablement durable exige une refonte profonde des politiques publiques et privées. Dans un contexte africain particulièrement vulnérable, cette transformation est non seulement une exigence stratégique mais elle est aussi un impératif de survie.

L’article Afrique : appel à intégrer le climat dans les politiques de prévention au travail est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Clément Sénéchal : « La canicule aggrave les inégalités »

Ancien chargé de campagne climat de Greenpeace France et auteur de Pourquoi l’écologie perd toujours, le sociologue, Clément Sénéchal analyse les propositions des candidats à l’élection présidentielle de 2027 face au réchauffement climatique. Pour lui, la canicule révèle avant tout…

L’article Clément Sénéchal : « La canicule aggrave les inégalités » est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

Deux députés rappelés à l’ordre pour des propos sur le racisme

Le Bureau de l’Assemblée nationale a infligé un rappel à l’ordre aux députés Élise Leboucher et Benjamin Lucas-Lundy après avoir qualifié de « racistes » et de « xénophobes » des élus soutenant une proposition de loi sur les mariages…

L’article Deux députés rappelés à l’ordre pour des propos sur le racisme est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

UIB: une nouvelle reconnaissance de l’excellence en “cash management”

L’Union internationale de banques annonce l’obtention d’une nouvelle distinction “Global Finance Treasury & Cash Management Awards 2026” qui vient consacrer l’engagement de la banque en faveur de l’excellence opérationnelle, de l’innovation et de l’accompagnement durable de ses clients.

La banque a été honorée par le prestigieux magazine financier international “Global Finance” à travers l’attribution d’un Award en Cash Management, récompensant la pertinence de son offre, la qualité de ses solutions transactionnelles et sa capacité à répondre aux besoins évolutifs des entreprises. Au-delà de cette distinction, cet Award reflète une ambition constante: être un partenaire financier de référence, en apportant à ses clients des solutions innovantes, sécurisées et créatrices de valeur.

L’article UIB: une nouvelle reconnaissance de l’excellence en “cash management” est apparu en premier sur Managers.

  •  
❌