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Financement du terrorisme : 69 dossiers devant la justice, la CTAF passe au crible 104 alertes

La Commission Tunisienne des Analyses Financières a publié son rapport stratégique sur le financement du terrorisme pour la période 2020-2025, document basé sur l’exploitation de 104 déclarations de soupçon et de 69 rapports transmis à la justice.

Ce bilan montre que l’activité déclarative globale a connu une forte progression, le nombre total de déclarations de soupçon étant passé de 446 en 2020 à 1334 en 2025. Toutefois, la part spécifique des dossiers liés au financement du terrorisme demeure très minoritaire, représentant entre 1 et 2 pour cent des notifications annuelles. Après un creux en 2023 et 2024, l’année 2025 a enregistré une recrudescence avec 24 déclarations ayant donné lieu à 18 rapports judiciaires.

Les banques et l’Office National des Postes constituent les principaux contributeurs à la détection des flux suspects, représentant la quasi-totalité des transmissions. Les motifs d’alerte les plus fréquemment invoqués sont l’existence d’un lien avec une personne suspecte, des mouvements inhabituels sur les comptes, l’usage excessif d’espèces et l’incapacité des clients à justifier la provenance des fonds. Le rapport souligne également une forte corrélation entre les réseaux de financement du terrorisme et la criminalité de droit commun, les infractions fiscales et le trafic illicite de migrants étant les deux principaux délits associés.

L’analyse des instruments financiers révèle une évolution sensible des méthodes sur la période. Entre 2020 et 2022, les virements depuis l’étranger et les transactions en espèces dominaient à parts égales. Entre 2023 et 2025, si l’usage des espèces reste prépondérant, on observe une montée en puissance des transferts interbancaires locaux et l’apparition des portefeuilles électroniques, signe d’une mutation technologique des vecteurs de transfert. Le rapport identifie par ailleurs des profils types parmi les personnes suspectées : il s’agit majoritairement d’hommes âgés de 31 à 40 ans, de nationalité tunisienne et résidant en Tunisie. Sur le plan professionnel, les ouvriers, les Tunisiens résidents à l’étranger et les chômeurs sont les catégories les plus représentées.

Du côté des personnes morales, deux secteurs d’activité concentrent à eux seuls plus de la moitié des cas : le commerce international et les associations caritatives, suivis par le bâtiment et les travaux publics. La grande majorité de ces structures sont des entités résidentes tunisiennes et leurs gérants sont presque exclusivement de nationalité tunisienne. Le rapport met en garde contre les associations dont les dépenses, notamment en voyages et en hôtels dans des pays à risque, ne correspondent pas à leur objet social, ainsi que contre les sociétés récemment créées ou inactives qui enregistrent soudainement d’importants mouvements financiers.

Enfin, la CTAF a illustré son analyse par trois études de cas concrets, décrivant notamment l’utilisation de mandats internationaux par un président d’association pour alimenter son compte personnel, le détournement d’une structure caritative à des fins de financement d’agences de voyages dans des zones sensibles, et l’exploitation de transferts de faible montant émanant de pays à risque vers des bénéficiaires sans lien de parenté avec les émetteurs. Parmi les signaux d’alerte à surveiller, la commission insiste sur l’absence de justificatifs économiques, la réception de fonds en provenance de juridictions sensibles, la réticence des clients à fournir les documents requis, ainsi que le recours croissant aux portefeuilles électroniques et aux transferts interbancaires de faible montant. Environ seize pour cent des personnes signalées étaient déjà inscrites sur une liste de sanctions financières, ce qui souligne l’importance de la coopération interinstitutionnelle et de la vigilance des établissements financiers dans la lutte contre ces circuits opaques.

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Crise minière à Gafsa : salaires, sécurité, accords bloqués… Le ras-le-bol de l’UGTT

Le Conseil sectoriel des mines de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a demandé, à l’issue d’une réunion tenue le 30 juin 2026 à Gafsa, l’application des accords sociaux conclus avec les entreprises minières publiques et le versement des salaires dans les délais légaux. Cette réunion s’est tenue au lendemain d’un accident survenu à la Société tunisienne de transport des produits miniers (SNTM), dans lequel deux employés sont morts.

La réunion, organisée au siège de l’Union régionale du travail de Gafsa sous la présidence de Wajih Zidi, secrétaire général adjoint de l’UGTT chargé des offices et des entreprises publiques, a débuté par une minute de silence en hommage à Hatem Henchiri et Lassaad Sediri, décédés dans cet accident survenu dans la délégation de Mdhilla. Le Conseil a présenté ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’un message de soutien aux personnes blessées.

Selon le Conseil, cet accident s’inscrit dans une série de défaillances liées à la sécurité et aux conditions de production dans le secteur minier. Il a demandé que la santé et la sécurité au travail soient traitées en priorité.

La réunion intervient dans un contexte de tensions sociales que le Conseil décrit comme prolongées au sein des entreprises minières de la région de Gafsa, notamment la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et la SNTM. Le Conseil affirme que ces entreprises font face à des blocages dans l’application d’accords déjà signés, ainsi qu’à des retards de versement des salaires.

Le Conseil sectoriel des mines a formulé cinq revendications. Il demande l’application intégrale et immédiate des accords et procès-verbaux signés, le versement des salaires sans retard, l’accélération du traitement des dossiers professionnels et sociaux en suspens, la mise en place d’un dispositif de santé et de sécurité au travail, ainsi qu’une intervention de l’autorité de tutelle sur les causes structurelles de la situation. Le Conseil a indiqué maintenir son attachement au dialogue social. Et ce, tout en appelant les travailleurs et les structures syndicales à l’unité en cas de persistance des blocages.

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Médias absents du plan 2026-2030 : le SNJT interpelle les députés

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a appelé les députés de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) à intégrer une vision pour le secteur de la presse et des médias dans le projet de plan de développement 2026-2030, actuellement en discussion au Parlement, dont il déplore l’absence totale dans le texte.

Dans un communiqué, l’organisation professionnelle indique suivre avec intérêt les débats parlementaires sur ce plan, censé fixer les priorités économiques et sociales de l’État pour les cinq prochaines années. Elle affirme toutefois avoir constaté qu’aucune des composantes du projet n’aborde ce secteur, alors que celui-ci ne se limite plus, selon elle, à un simple domaine professionnel mais fait désormais partie intégrante de l’environnement institutionnel nécessaire à tout développement réussi.

Le syndicat justifie sa demande par plusieurs arguments. Il rappelle d’abord que le développement ne se réduit pas à des projets, des investissements et des indicateurs de croissance, mais repose aussi sur la transparence, la circulation de l’information, la reddition des comptes et la participation citoyenne au suivi des affaires publiques, autant de fonctions qu’il juge impossibles à assurer sans des médias professionnels, libres et indépendants. Il cite ensuite l’expérience d’autres pays où un secteur médiatique solide et autonome ne constitue pas une charge pour l’État mais contribue au contraire à la réussite des politiques publiques : il instaure la confiance, freine la propagation de rumeurs et permet de détecter les dysfonctionnements avant qu’ils ne s’aggravent. Le SNJT met enfin en avant la dimension économique du secteur, qu’il présente comme un domaine prometteur lié à l’économie numérique et aux industries culturelles et créatives, générateur d’emplois et d’investissements.

Pour combler cette lacune, le syndicat propose sept axes à intégrer au projet de plan. Il demande en premier lieu la reconnaissance des médias comme secteur productif relevant de l’économie culturelle et numérique, ainsi que la mise en place de politiques garantissant la pérennité des entreprises de médias et soutenant leur transition numérique. Il réclame par ailleurs une consolidation du cadre législatif et institutionnel afin de garantir l’indépendance des médias, le pluralisme et la liberté de la presse, de même qu’un meilleur accès à l’information et aux données publiques, gage de transparence dans le suivi de l’action publique.

Le syndicat plaide aussi pour une politique nationale d’éducation aux médias et de lutte contre la désinformation, intégrée au système éducatif, pour l’implication des médias comme partenaires dans le suivi de l’exécution du plan de développement grâce à un accès aux données sur les projets publics, et souhaite enfin un programme national de modernisation des médias publics.

Le SNJT précise que cette demande ne relève pas d’une revendication corporatiste ni de la défense d’intérêts professionnels, mais vise à compléter les fondements mêmes du développement, qui suppose selon lui des institutions solides, une administration transparente et une opinion publique en mesure de suivre et d’évaluer l’action des pouvoirs publics. Le syndicat invite les députés à profiter du débat en cours pour enrichir le texte dans ce sens, avant l’adoption définitive du plan de développement 2026-2030.

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Tunisie : décision de libération de Wadii Jari en attente

La Cour d’appel de Tunis ordonne la libération de Wadii Jari et renvoie l’affaire au 6 octobre 2026

La chambre criminelle de la Cour d’appel de Tunis a ordonné, ce mardi à l’issue de l’audience, la libération de Wadii Jari dans une affaire liée à une condamnation en première instance à six mois de prison pour exploitation par un agent public de sa fonction.

La cour a également fixé la prochaine audience au 6 octobre 2026, selon une source judiciaire citée par l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP).

L’affaire porte sur l’appel du jugement rendu le 26 mai 2026 par le tribunal de première instance de Tunis, qui avait condamné Wadii Jari, ancien président de la Fédération tunisienne de football, et Slim Zouita, ancien directeur technique de la Fédération, à six mois de prison pour exploitation par un agent public de sa fonction afin d’obtenir un avantage indu pour lui-même ou pour autrui, préjudice causé à l’administration, violation des réglementations en vigueur et complicité.

Wadii Jari est détenu depuis le 25 octobre 2023 et purge par ailleurs une peine de trois ans de prison dans une autre affaire.

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Tunisie : rejet des demandes de libération de Zied El Héni

La Chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Tunis a rejeté les demandes de mise en liberté du journaliste Zied El Héni ainsi que de plusieurs anciens responsables de la délégation spéciale de la municipalité de Carthage. Le tribunal a également décidé de reporter le procès à une date ultérieure.

Les accusés sont poursuivis dans une affaire liée à leur gestion des affaires municipales durant la période concernée. Ils font face à plusieurs chefs d’accusation, notamment l’exploitation par un agent public de sa fonction afin d’obtenir un avantage indu pour lui-même ou pour autrui, le préjudice causé à l’administration, la violation des réglementations applicables à ces opérations en vue d’obtenir un avantage ou de causer un préjudice, ainsi que le faux et usage de faux.

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Plan 2026-2030 : les députés doutent de la faisabilité des objectifs

Les hypothèses économiques et financières retenues dans le Plan de développement 2026-2030 suscitent des interrogations au sein de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Les députés ont notamment exprimé des doutes sur la possibilité d’atteindre les objectifs fixés en matière de croissance, d’investissement, d’emploi et d’équilibres financiers. Et ce, dans un contexte marqué par la pression sur les finances publiques, l’alourdissement du service de la dette et l’augmentation des besoins de financement. Ces observations ont été formulées lundi 30 juin 2026, lors d’une séance préliminaire consacrée à l’examen du projet de plan.

À cette occasion, les parlementaires ont estimé que sa concrétisation dépend largement de l’achèvement de plusieurs réformes législatives. Ils ont cité la révision du cadre juridique de l’investissement, du Code des changes ainsi que de la législation encadrant le développement local et régional. Ils ont également insisté sur la nécessité d’harmoniser les différents textes législatifs afin de simplifier l’exécution des projets et de réduire les contraintes administratives.

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Les membres de la commission ont, par ailleurs, relevé que les projets inscrits dans le document ne s’intègrent pas dans une vision nationale globale capable d’accompagner une transformation structurelle de l’économie.

De ce fait, ils ont appelé à une meilleure articulation entre les projets locaux, régionaux et nationaux, dans le but de renforcer l’intégration entre les régions et d’assurer une utilisation plus efficace des ressources publiques.

Des retards qui freinent l’investissement

Au cours des débats, les députés ont également attiré l’attention sur les retards enregistrés dans la réalisation des projets publics. Ils les attribuent aux délais de règlement des entreprises chargées de leur exécution. Une situation qui, selon eux, ralentit l’investissement et affecte l’activité économique.

Les députés ont, en outre, plaidé pour une approche davantage adaptée aux spécificités des différentes régions. Et ce, en tenant compte de leurs ressources naturelles, de leur capital humain et de leurs atouts concurrentiels. Ils ont également appelé à développer des systèmes économiques intégrés favorisant l’investissement, la création d’emplois et le renforcement de l’intégration économique entre les territoires.

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Un suivi renforcé de la mise en œuvre

Ainsi, les députés ont recommandé une révision des priorités du projet de plan à travers une classification des projets fondée sur leur rentabilité économique et sociale. Ils ont également demandé la mise en place d’indicateurs de performance clairement définis, accompagnés de mécanismes de suivi et d’évaluation destinés à faciliter la mise en œuvre du plan.

Enfin, ils ont estimé que le rapport de la Commission des finances et du budget devrait comporter des recommandations opérationnelles assorties d’un calendrier précis, afin de permettre à l’Assemblée des représentants du peuple de mesurer le niveau d’engagement du gouvernement dans l’application des programmes et des réformes prévus par le Plan de développement 2026-2030.

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