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Visite de la secrétaire générale du COMESA : vers une intégration économique renforcée

Lors de sa visite en Tunisie, la secrétaire générale du COMESA, Chileshe Mpundu Kapwepwe, a ouvert son allocution par un proverbe de son pays, s’adressant aux jeunes diplomates présents, à l’académie diplomatique qu’elle considère comme l’avenir : « Les arbres qui grandissent forment la forêt de demain. » Elle a ajouté qu’il fallait prendre soin de ces jeunes pousses, car ce sont elles qui bâtiront la forêt de demain. « Je suis très heureuse d’être ici et de m’adresser à ces jeunes diplomates prometteurs », a-t-elle déclaré.

Rappelant la portée du COMESA, elle a expliqué : « Le COMESA est le Marché commun de l’Afrique orientale et australe. Il compte 21 États membres, de la Tunisie au sud de l’Afrique, et inclut plusieurs îles de l’océan Indien. Son territoire est vastement étendu : son PIB cumulé atteint 1 000 milliards de dollars et sa population s’élève à 680 millions d’habitants. » Elle a souligné l’importance de ce bloc régional sur le continent. »

La secrétaire générale a insisté sur le caractère unique du COMESA, qui a créé dès l’origine des institutions chargées d’opérer directement au sein des différents secteurs. Certaines sont déjà opérationnelles, d’autres jouent un rôle de régulation.  » Nous disposons notamment du Fonds pour le commerce et le développement, devenu un acteur majeur du continent et soutenant de nombreux projets d’infrastructure. Ce fonds, d’une ampleur considérable, a connu une croissance rapide et présente aujourd’hui un bilan solide de plus de 10 milliards de dollars. Nous en sommes très fiers. Nous avons également des institutions spécialisées dans l’assurance, basées à Nairobi », a-t-elle précisé.

Elle a également évoqué les dispositifs de gestion des risques commerciaux et des organes de régulation, citant la Commission de la concurrence du COMESA, chargée d’encadrer la concurrence et de protéger les consommateurs. En matière de politiques publiques, l’Institut monétaire du COMESA collabore avec les banques centrales pour harmoniser les politiques monétaires et œuvrer en faveur de l’intégration économique régionale.

Parmi les acteurs civils du COMESA, Chileshe Mpundu Kapwepwe a mis en avant la Fédération des femmes entrepreneures, qui regroupe les sections féminines des 21 États membres. Présentes en Tunisie cette semaine, elles participent à des réunions et organisent un salon professionnel afin de rencontrer le secteur privé tunisien et présenter leurs activités. L’objectif est de concrétiser l’adhésion de la Tunisie au COMESA et de montrer comment les entreprises tunisiennes peuvent s’impliquer et développer leur marché au sein de la région.

Elle a remercié chaleureusement le gouvernement tunisien pour son accueil et rappelé que les deux premiers jours avaient été consacrés au Forum de sensibilisation des institutions du COMESA. Les différentes institutions représentées ont pu présenter leurs missions et échanger afin de mieux faire connaître le COMESA et de renforcer l’intérêt et l’implication de la Tunisie.
La secrétaire générale a aussi souligné le rôle du Conseil des entreprises du COMESA, qui fédère les chambres de commerce des États membres et facilite le dialogue entre le secteur privé, les autorités publiques et les décideurs. Ce Conseil rend compte au sommet des chefs d’État et permet de porter les préoccupations du secteur privé au plus haut niveau.

Évoquant le plan stratégique à moyen terme du COMESA pour 2026-2030, elle a indiqué qu’il reposait sur cinq piliers et permettrait de mieux cibler les objectifs pour les cinq années à venir. Ce cycle quinquennal offre l’occasion d’évaluer les actions passées et de préparer le cycle suivant. « Le contexte mondial a connu de nombreux changements, défis et incertitudes, notamment dans le domaine du commerce. Nous avons donc dû revoir notre stratégie pour préserver notre agilité, notre concentration et notre impact au service de nos États membres », a-t-elle expliqué.

Enfin, elle a insisté sur la nécessité de valoriser davantage les matières premières africaines et de renforcer les capacités de production et d’industrialisation au sein du COMESA. « Certains pays doivent encore progresser dans ce domaine ; la Tunisie peut servir d’exemple en matière de production et d’industrie. C’est la raison pour laquelle nous devons agir collectivement et non isolément », a-t-elle déclaré. « Aucun pays ne détient toutes les réponses ni toutes les ressources. Nous sommes plus forts unis — c’est le message que porte le COMESA aux États membres pour avancer ensemble. Nos aspirations communes sont pleinement alignées sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine et sur notre plan stratégique. »

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Pourquoi la Tunisie doit investir dans le gaming?

Le gaming dispose d’atouts réels, un vivier créatif, des prototypes prometteurs et des expériences d’incubation, mais reste toutefois  fragile et insuffisamment structuré pour se transformer en filière industrielle durable et exportatrice. 

Les témoignages de Chahira Mehouachi, ingénieure de recherche à l’École polytechnique (projet européen GAME-ER) et CEO de Makers Factory, et de Samia Chelbi, architecte d’écosystèmes d’innovation, dressent un diagnostic partagé : talent et idées existent, mais financement, accompagnement spécialisé et accès aux marchés font défaut. Sans dispositifs dédiés et volonté politique, l’élan risque de stagner face à des pays voisins qui ont déjà structuré une filière.

Un vivier créatif mais fragmenté

Depuis la fin des années 2010, la Tunisie a vu émerger des studios et des équipes capables de produire des prototypes techniquement aboutis et culturellement originaux. Des incubateurs et accélérateurs ont permis à des créateurs multidisciplinaires,  développeurs, graphistes 3D, scénaristes  de se former et de prototyper dans un environnement collaboratif. Ces initiatives ont généré une forte émulation créative et des projets qui ont parfois surpris par leur qualité. Cependant, la plupart des studios peinent à franchir la barrière du prototype vers l’entreprise économiquement viable : le passage à l’échelle reste le point faible.

Trois obstacles structurent la fragilité du gaming: 

Pour commencer, le financement : les acteurs financiers et investisseurs hésitent à s’engager dans une industrie qui exige du temps, de la R&D et une orientation exportatrice. L’absence d’un fonds dédié aux industries créatives et au jeu vidéo rend difficile le soutien aux cycles longs du développement de jeux.

L’accompagnement spécialisé : la plupart des incubateurs sont multisectoriels et manquent d’expertise en game design, narration interactive, publishing, et business development international. Sans mentorat sectoriel, les équipes ne parviennent pas toujours à adapter leur production aux exigences commerciales mondiales.

L’accès au marché : un studio a besoin d’éditeurs, de salons, de réseaux commerciaux et de dispositifs de soft-landing pour s’implanter à l’étranger. Ces mécanismes sont encore peu développés en Tunisie, ce qui freine la commercialisation et l’exportation des œuvres locales.

À cela s’ajoutent des difficultés spécifiques : intégrer des références culturelles tunisiennes, arabes, africaines ou berbères dans des récits commercialisables et conformes aux standards internationaux est complexe. Il faut des histoires fluides, accessibles et monétisables pour séduire un public global.

Comparaisons européennes et modèles inspirants

Dans le cadre du projet européen GAME-ER, l’analyse de clusters en France, Écosse, Portugal, Italie et République tchèque met en lumière l’importance d’un alignement entre universités, formations, financements, politiques publiques et accès aux marchés. Les succès écossais (attraction de grands studios), tchèques (sous-traitance comme tremplin) ou portugais montrent que la structuration territoriale et la coopération inter-entreprises favorisent l’innovation, la mutualisation des ressources et la compétitivité internationale. Ces exemples démontrent que la réussite ne repose pas seulement sur le talent mais sur un écosystème coordonné.

Le paradoxe tunisien

Il faut dire que la Tunisie a connu des initiatives soutenues par des partenaires comme l’Institut français et Smart Capital qui ont permis de lancer des studios et des programmes d’incubation. Néanmoins, un incubateur ou un accélérateur seul ne crée pas une industrie. Sans fonds d’investissement sectoriel ni relais publics pour accompagner la montée en puissance, la dynamique s’essouffle. 

À l’inverse, des voisins comme le Maroc ont commencé à récolter les fruits de ces choix, via la création des événements de grande taille. 

Le gaming  n’est pas uniquement un produit culturel : il a un fort potentiel dans d’autres secteurs (santé, éducation, formation professionnelle, architecture, cartographie). Les compétences en UX, IA, simulation et gamification sont transférables, et l’essor du gaming peut accélérer l’adoption de technologies en Tunisie. L’émergence d’outils d’intelligence artificielle transforme aussi les processus de création, rendant certaines étapes plus rapides et accessibles.

Données manquantes et étude nationale

L’absence de statistiques fiables sur l’impact économique réel du gaming en Tunisie freine la reconnaissance du secteur comme filière stratégique. La plupart des études regroupent le gaming dans l’ensemble des industries culturelles et créatives, empêchant une mesure fine de sa contribution au PIB, de l’emploi généré ou de la valeur exportée. Pour combler ce vide, Samia Chelbi annonce le lancement prochain d’une étude nationale destinée à évaluer l’employabilité, la création de startups, la valeur créée et le freelancing, afin de fournir un benchmarking exploitable par les acteurs et investisseurs.

E-sport, développeurs, formation

Le gaming repose sur trois piliers : les joueurs, les développeurs et les structures de formation. L’e-sport progresse, soutenu par la Fédération des sports électroniques qui a désormais un « espace maison du gaming » et voit des équipes tunisiennes se distinguer en Afrique et dans le monde arabe. Côté création, la chaîne de valeur comprend freelances, écoles, laboratoires de recherche, studios et entreprises spécialisées.

Les solutions proposées par les intervenantes mêlent court terme et long terme :

Court terme : créer des passerelles de soft-landing, faciliter la participation des studios tunisiens à des incubateurs partenaires à l’étranger, multiplier les programmes de mentorat sectoriel (narration, design, publishing), organiser des événements B2B ciblés pour rapprocher investisseurs, banques, éditeurs et studios, et sensibiliser les financeurs aux spécificités du secteur.

 

Long terme : établir un fonds d’investissement dédié aux industries créatives et au jeu vidéo, mobiliser des mécanismes public-privé adaptés aux cycles longs, offrir des incitations fiscales, équiper les universités et développer des formations spécialisées (game design, programmation, production, ), et définir un cadre législatif protégeant le statut des freelances et facilitant l’autonomie des startups.

Le développement du gaming relève aussi d’une volonté politique. Il s’agit d’un instrument de soft power capable de valoriser le patrimoine tunisien et régional et d’accroître l’attractivité culturelle du pays. Si la Tunisie parvient, dans les cinq prochaines années, à aligner politiques publiques, financements et offre de formation, elle pourrait devenir une porte d’entrée vers le marché africain et un hub régional. Sans cette coordination, les talents risquent de partir à l’étranger.

Risques et opportunités

Le principal risque est la fuite des talents et l’essoufflement des initiatives actuelles faute de relais financiers et d’une stratégie industrielle. Les opportunités résident dans la jeunesse connectée, la diversité des compétences, l’impact transversal du secteur et la demande croissante. Une stratégie bien conçue pourrait transformer le secteur en un moteur d’emplois qualifiés, d’innovation technologique et d’exportations culturelles.

De la passion à la pérennité

En définitive, le gaming n’en est qu’à ses débuts, mais il montre des signes prometteurs : prototypes de qualité, communautés engagées, essor de l’esport et premiers acteurs structurants. Pour transformer cette énergie en filière, il faut des instruments financiers dédiés, un accompagnement spécialisé, un cadre législatif adapté, des statistiques fiables et des politiques publiques volontaristes. Les acteurs locaux, studios, fédérations, incubateurs, universités avancent déjà dans ce sens, mais l’accélération dépendra d’une action coordonnée et d’une volonté politique forte. Comme le résume Samia Chelbi : passion, métier, carrière,  trois mots qui peuvent devenir la base d’un modèle durable si la Tunisie saisit l’opportunité.

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La Tunisie vise 4,2 % de croissance et moins de 15 % de pauvreté

Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a indiqué, mardi, que le Plan de développement 2026-2030 ambitionne d’atteindre un taux de croissance annuel moyen de 4,2 % en prix constants. Et ce, tout en ramenant le taux de pauvreté à moins de 15 % et en hissant la Tunisie parmi les pays à très haut niveau de développement humain.

S’exprimant lors d’une séance d’audition conjointe des commissions permanentes de l’Assemblée des représentants du peuple, le ministre a précisé que le plan prévoit également d’améliorer l’indice national de développement régional pour le porter à 0,6 point à l’horizon 2030. Tout en réduisant de 0,1 point l’écart entre les gouvernorats les mieux et les moins classés.

Les grandes orientations du plan

Selon Samir Abdelhafidh, le Plan de développement 2026-2030 repose sur plusieurs axes stratégiques, notamment la modernisation du tissu économique, le développement des infrastructures, le renforcement de la sécurité énergétique, hydrique et alimentaire, ainsi que la préservation de l’environnement.

Le document prévoit également de promouvoir un développement territorial plus équilibré, de moderniser le cadre institutionnel, d’améliorer l’efficacité des services publics et de garantir un développement social plus juste et inclusif.

Accent sur la transition énergétique

Dans le domaine de l’énergie, le plan fixe pour objectif de porter la part des énergies renouvelables à 35 % du mix énergétique d’ici à 2030. Il vise également une amélioration de l’efficacité énergétique à travers une réduction de 30 % de la consommation nationale d’énergie primaire.

Le programme prévoit, en outre, la modernisation des réseaux et l’augmentation du taux de valorisation des eaux usées traitées.

Plus de 40 000 projets proposés

Le ministre a également annoncé que son département a reçu 40 748 propositions de projets dans le cadre de l’élaboration du Plan de développement 2026-2030.

Parmi ces propositions, 34 715 projets, soit 85 % du total, ont été soumis par les conseils locaux. Les conseils régionaux ont présenté 5 375 projets (13 %). Tandis que les conseils des régions ont proposé 658 projets, représentant 2 % de l’ensemble.

Selon le ministre, cette démarche s’inscrit dans la mise en place d’un système de gouvernance publique plus efficace et plus souple, destiné à soutenir le développement économique et social. Tout en renforçant les droits des citoyens et des acteurs économiques.

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Le gaming made in Tunisia, une fenêtre sur la Méditerranée

Le gaming dispose d’atouts réels : des talents créatifs, des prototypes prometteurs et des expériences d’incubation qui ont déjà montré leur utilité. Mais sans financements dédiés et dispositifs d’accompagnement adaptés, cet élan risque de rester limité face à des pays qui, eux, ont déjà structuré une véritable filière industrielle.

 

« Il est aujourd’hui un secteur d’avant-garde, précurseur et porteur, mais encore sous-exploité », souligne par téléphone Chahira Mehouachi, ingénieure de recherche à l’École polytechnique à Paris dans le cadre du projet européen GAME-ER, CEO et cofondatrice de Makers Factory. A cet égard, elle estime que le pays dispose d’un vivier créatif remarquable. Cependant l’écosystème institutionnel et financier reste encore insuffisant pour transformer ce potentiel en industrie durable et exportatrice.

En outre, elle rappelle que les premières initiatives tunisiennes ont pourtant permis de faire émerger des studios pionniers et des programmes d’incubation dédiés aux industries culturelles et créatives. « On a vu naître des équipes capables de produire des prototypes techniquement aboutis et culturellement originaux », explique-t-elle. Mais malgré ces réussites, la fragilité du financement local, l’absence de politiques publiques ciblées et la prépondérance d’un accompagnement généraliste freinent encore la montée en puissance des studios locaux.

Un vivier de talents sous-exploité

En effet, depuis la fin des années 2010, la Tunisie a vu émerger des équipes et des studios capables de développer des jeux et des prototypes de qualité. « Il y avait déjà un bassin de talents très intéressant, malgré l’absence de formation structurée au départ »,  ajoute Chahira Mehouachi. Des initiatives d’incubation et d’accélération ont permis à plusieurs créateurs de se former, de prototyper et de travailler dans un environnement collaboratif.

Et d’ajouter que ces programmes ont souvent réuni des profils venus d’horizons divers, générant une forte émulation créative. « On a eu des prototypes extraordinaires, des projets qui ont bluffé les partenaires par leur qualité », dit-elle. Le problème, en revanche, survient au moment du passage à l’échelle. Les studios peinent à franchir le cap entre prototype prometteur et entreprise économiquement viable.

Pour elle, la Tunisie ne manque pas d’idées ni de compétences. Ce qui manque, c’est le cadre permettant de transformer ces compétences en filière organisée, capable de produire, commercialiser et exporter dans la durée.

Des obstacles encore d’actualité 

Trois obstacles majeurs freinent aujourd’hui l’essor du gaming en Tunisie, souligne-t-elle. Le premier concerne le financement. « Les fonds locaux et les investisseurs généralistes hésitent encore à prendre des risques sectoriels. Alors que le jeu vidéo est une industrie qui demande du temps, de la R&D et une stratégie d’export », précise-t-elle. 

Le second obstacle est lié à l’accompagnement : beaucoup d’incubateurs sont multisectoriels et ne disposent pas toujours de l’expertise nécessaire en game design, narration interactive, publishing ou business development international.

Le troisième obstacle touche à l’accès au marché. « Un studio ne vit pas seulement de sa capacité à créer un jeu ; il lui faut aussi des relais commerciaux, des éditeurs, des salons, des réseaux et des dispositifs de soft-landing », martèle-t-elle. Or ces mécanismes restent encore trop faibles dans l’écosystème du pays. 

À cela s’ajoute un autre enjeu : la difficulté de développer des contenus culturellement ancrés dans le patrimoine tunisien, arabe, musulman, africain et berbère, tout en répondant aux standards internationaux. « Il faut construire des histoires fluides, commercialisables, qui parlent aux joueurs et qui génèrent des revenus », insiste-t-elle.

La comparaison avec l’Europe

En tant qu’ingénieure de recherche à l’École polytechnique, Chahira Mehouachi participe à un projet européen consacré aux clusters créatifs dans le secteur du jeu vidéo. L’objectif est d’analyser comment des pôles géographiques d’entreprises peuvent coopérer pour innover, mutualiser leurs ressources et renforcer leur compétitivité. “L’Union européenne s’intéresse beaucoup à cette logique de cluster, parce qu’elle permet de structurer un territoire autour d’une spécialisation forte”,  explique-t-elle.

Le projet qu’elle évoque étudie plusieurs clusters en Europe, notamment en France, en Écosse, au Portugal, en Italie et en République tchèque. Ces exemples montrent, selon elle, que la réussite d’un secteur ne dépend pas seulement du talent individuel, mais d’un alignement entre universités, formation, financement, politique publique et accès aux marchés.

Elle cite notamment le cas écossais, où un grand studio comme Rockstar a pu s’implanter grâce à un environnement favorable, ou encore celui de la République tchèque, où la sous-traitance pour de grands studios a servi de tremplin vers une montée en compétence progressive. « Ce sont des modèles qui ont permis d’apprendre, de se structurer et ensuite de produire des jeux compétitifs à l’international », souligne-t-elle.

Le paradoxe tunisien

Face à ces exemples, la Tunisie apparaît encore en retard sur le plan de la structuration. « On a soutenu plusieurs initiatives avec l’Institut français et Smart Capital, et cela a permis de lancer des choses intéressantes », rappelle encore notre interlocutrice. Mais, précise-t-elle, un incubateur ou un accélérateur ne peut pas, à lui seul, créer une industrie. « S’il n’y a pas derrière un fonds d’investissement ou une politique publique de relais, la dynamique s’essouffle », dit-elle.

Elle cite le Maroc qui a mis en place des dispositifs pour attirer les investissements étrangers et cela a commencé à porter ses fruits », explique-t-elle. À ses yeux, la Tunisie doit aller dans le même sens si elle veut transformer son potentiel créatif en véritable industrie.

Le jeu vidéo, rappelle-t-elle, a aussi un fort potentiel de spillover, c’est-à-dire de retombées sur d’autres secteurs. « On peut l’utiliser dans la santé, l’éducation, la cartographie, l’architecture ou même la formation professionnelle », note-t-elle. Le secteur ne doit donc pas être perçu uniquement comme culturel, mais aussi comme un levier technologique et économique transversal.

Quelles solutions mettre en place

À court terme, Chahira Mehouachi plaide pour des actions très concrètes. « Il faut créer des passerelles de soft-landing pour les studios tunisiens, faciliter leur présence dans des incubateurs partenaires à l’étranger et leur ouvrir des portes commerciales », propose-t-elle. Elle suggère aussi de multiplier les programmes de mentorat sectoriels, avec des experts en narration, en design et en publishing, afin d’aider les studios à mieux préparer leurs jeux au marché.

Autre piste : organiser des événements B2B ciblés pour faire se rencontrer investisseurs, banques, éditeurs et studios. « Il faut sensibiliser les financeurs, leur expliquer que le jeu vidéo n’est pas un secteur marginal, mais un secteur porteur qui peut créer des emplois et des revenus », souligne-t-elle. Elle estime également nécessaire de spécialiser certains incubateurs autour des industries culturelles et créatives, au lieu de rester dans des modèles trop généralistes.

À plus long terme, elle appelle à la création d’un fonds d’investissement dédié aux industries créatives et au jeu vidéo, avec des mécanismes publics-privés adaptés aux cycles longs du secteur. « Les outils existent, il suffit d’avoir la volonté de les adapter », dit-elle. Elle plaide aussi pour des incitations fiscales, un meilleur équipement des universités et la mise en place de formations spécialisées en game design, programmation, production etc.

Un enjeu culturel et stratégique

Chahira Mehouachi assure que le jeu vidéo est aussi un instrument de soft power. « C’est un secteur culturel, mais aussi un vecteur de rayonnement international », souligne-t-elle. Développer des contenus inspirés du patrimoine tunisien et régional permettrait, poursuit-elle, de renforcer l’image du pays tout en séduisant des publics africains, méditerranéens et internationaux.

Elle estime enfin que la Tunisie pourrait devenir, dans cinq ans, une porte d’entrée vers le marché africain si les conditions sont réunies.  « Si tous les alignements se mettent en place, on peut imaginer une vraie position stratégique pour le pays , assure-t-elle. Mais cela suppose un effort collectif, une vision claire et surtout une politique publique cohérente.

Les solutions existent, insiste-t-elle. Il faut maintenant une volonté politique pour créer les cadres adaptés et permettre à ce secteur de révéler tout son potentiel. 

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Le ministre de l’Économie mise sur une croissance au-delà de 4%

Dans un contexte économique encore marqué par des tensions sur les prix et une inflation persistante qui continue de peser sur le pouvoir d’achat, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a cherché à projeter une perspective plus expansive de la trajectoire économique nationale, misant sur un potentiel de croissance jugé supérieur...

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Baromètre EY : la grande consommation en Afrique francophone confirme son optimisme

Les entreprises du secteur de la grande consommation en Afrique francophone affichent un niveau d’optimisme particulièrement élevé concernant leurs perspectives de croissance et d’investissement. C’est ce que révèlent les résultats d’un baromètre présenté lors de la cinquième édition des Digital Mornings, organisée autour du thème Secteur de la grande consommation en Afrique, bilan, perspectives et opportunités liées à l’intelligence artificielle.

L’événement a été organisé par EY en partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie Tunisie Côte d’Ivoire. Il s’est tenu le 30 juin 2026 de manière simultanée à la EY Tower de Tunis et dans un hôtel à Abidjan. Les résultats ont été présentés successivement par Amira Jamoussi et Rabeb Boudhrioua, toutes deux associées chez EY.

Le baromètre met en évidence en premier lieu une forte dynamique d’investissement. Une proportion de 96 % des dirigeants interrogés déclare avoir l’intention de maintenir ou d’augmenter sa stratégie d’investissement dans son pays sur la période 2025 et 2026. Cette tendance apparaît encore plus marquée au Maghreb où 74 % des répondants anticipent une hausse de leurs investissements. Cette orientation est notamment liée au développement démographique et à l’expansion urbaine de la région, deux facteurs qui encouragent les entreprises à renforcer leurs capacités de production et à diversifier leur offre.

Cet optimisme se traduit également dans les stratégies de développement des entreprises. Une part de 84 % des organisations privilégie la croissance interne, notamment à travers la création de nouveaux points de vente ou de nouvelles lignes de production. Par ailleurs, 64 % des entreprises envisagent la recherche de partenariats à l’international. Une option particulièrement répandue en Afrique de l’Ouest, afin de répondre à des besoins de financement, d’acquisition de compétences ou d’accès à de nouvelles technologies. Les programmes de réduction des coûts sont envisagés par 41 % des entreprises. Tandis que seulement 22 % privilégient la croissance externe par le biais de rachats de réseaux de franchise ou de création de joint ventures.

La dynamique commerciale apparaît également positive. Selon le baromètre, 69 % des entreprises interrogées anticipent une hausse ou une forte hausse de leur chiffre d’affaires dans les années à venir. À l’inverse, 11 % seulement prévoient une baisse ou une contraction de leur activité. Cette évolution repose sur trois principaux leviers identifiés dans l’étude.

Le premier levier concerne le digital. Même si la part du commerce électronique reste encore limitée dans ces marchés, les consommateurs sont aujourd’hui fortement connectés. En Côte d’Ivoire, l’usage des paiements via les applications de mobile money s’est largement développé. Alors que ce phénomène reste encore moins répandu en Tunisie, avec une tendance attendue à la progression. Les consommateurs utilisent également de plus en plus des outils d’intelligence artificielle générative tels que ChatGPT ou Claude pour s’informer sur les produits et les marques. Ce qui fait du digital un point central de contact entre entreprises et clients.

Le deuxième levier repose sur la montée en puissance des produits locaux. Après une période durant laquelle les produits importés, notamment européens, étaient perçus comme une référence en matière de qualité, le développement de l’industrie agroalimentaire locale et les efforts d’innovation ont permis de structurer une offre nationale plus solide. Cette évolution favorise un intérêt croissant pour les produits fabriqués localement, notamment en Tunisie et en Côte d’Ivoire.

Le troisième levier est lié à la sensibilité accrue des consommateurs aux prix. Dans un contexte économique sous pression, les ménages sont de plus en plus attentifs aux mécanismes promotionnels et ajustent leurs comportements d’achat en fonction des opportunités. Cette évolution constitue à la fois une contrainte et un levier stratégique pour les entreprises.

Du côté des priorités commerciales et marketing, le renforcement des circuits de distribution arrive en tête. Dans des pays comme la Côte d’Ivoire et plus largement en Afrique subsaharienne, le marché traditionnel représente encore environ 90 % de l’activité. Cela place la distribution au centre des enjeux concurrentiels, notamment à travers le travail avec les grossistes, semi grossistes et détaillants ainsi que le développement de la distribution numérique. La présence renforcée sur les canaux digitaux constitue également une priorité, tout comme la diversification et le lancement de nouveaux produits. Cette dernière orientation est jugée particulièrement pertinente en raison de la relative faible densité des assortiments dans la grande distribution malgré une disponibilité accrue de l’espace en rayon. L’amélioration de la compétitivité prix vient compléter ces axes stratégiques.

L’adoption des technologies constitue un autre enseignement majeur du baromètre. Une proportion de 79 % des répondants prévoit d’adopter une ou plusieurs technologies dans les années à venir. L’intelligence artificielle arrive en première position avec 40 % des réponses, portée par sa notoriété et la diversité de ses applications. La robotisation des processus représente 27 % des réponses au niveau régional et constitue la technologie la plus citée au Maghreb avec 31 %, notamment pour automatiser des tâches répétitives. L’intelligence artificielle générative est citée par 20 % des répondants. Tandis que l’internet des objets recueille 12 % des réponses, avec des usages plus spécifiques mais à fort potentiel.

Les domaines d’application de ces technologies sont principalement l’amélioration de l’expérience client, citée par 24 % des répondants, ainsi que l’analyse du comportement des consommateurs, mentionnée par 20 %. Ces deux axes permettent d’ajuster les stratégies commerciales et marketing dans un environnement de plus en plus concurrentiel. La prévision de la demande est citée par 15 % des entreprises, traduisant un intérêt croissant pour l’optimisation des chaînes d’approvisionnement et de la gestion des stocks. Enfin, 14 % des répondants mettent en avant le suivi en temps réel de l’activité, notamment dans l’industrie agroalimentaire.

Sur le plan opérationnel, le baromètre observe une amélioration globale des processus d’approvisionnement, de production et de distribution, particulièrement au Maghreb et en Afrique de l’Ouest. Dans le Maghreb, 38 % des répondants déclarent une stabilité de leurs processus opérationnels et 44 % une amélioration, soutenues par des investissements dans des projets d’industrie et de transformation digitale. En Afrique de l’Ouest, 86 % des entreprises interrogées indiquent une stabilité ou une amélioration de leurs processus, dans un contexte de développement des infrastructures. En revanche, en Afrique centrale et australe, 24 % des répondants signalent une dégradation de leurs processus opérationnels, une situation attribuée aux conditions économiques et politiques ainsi qu’à des difficultés d’accès aux devises.

L’étude qui sert de base à ces résultats couvre 22 pays de la région Afrique francophone. Elle est structurée autour de trois zones géographiques comprenant le Maghreb, dont la Tunisie, l’Afrique de l’Ouest, dont la Côte d’Ivoire, ainsi que l’Afrique centrale et australe. Elle analyse également trois sous secteurs de la grande consommation. Le premier concerne l’agroalimentaire avec l’agriculture, l’élevage, la pêche et les industries agroalimentaires. Le deuxième porte sur la distribution avec la grande distribution, le commerce de détail, la distribution sélective, les grossistes ainsi que les cafés et restaurants. Le troisième enfin regroupe les autres biens de consommation incluant les cosmétiques, les détergents, les équipements domestiques, les jouets et l’électronique.

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192 nouveaux inspecteurs en formation pour renforcer le contrôle économique

L’École nationale d’administration (ENA) a entamé la mise en œuvre d’un programme de formation qualifiante au profit des 192 nouveaux inspecteurs des services économiques. Leur recrutement se fera au profit du ministère du Commerce et du Développement des exportations. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la convention conclue entre les deux institutions le 23 juin 2026.

Ce programme de l’ENA comprend un tronc commun composé de plusieurs modules transversaux à destination des nouveaux inspecteurs. Ils portent notamment sur l’organisation administrative, les achats et les marchés publics, les principes fondamentaux des finances publiques, la gestion budgétaire par objectifs, ainsi que la rédaction et l’élaboration des textes juridiques.

La formation intègre également des modules de formation spécialisés, adaptés aux différents corps et grades des nouveaux agents recrutés.

En outre, la mise en œuvre de ce programme s’inscrit dans le cadre des mesures à court terme prévues par le projet de réforme structurelle et globale du système de formation de l’École nationale d’administration.

L’ENA indique, par ailleurs, que ce programme de formation qualifiante s’étendra progressivement aux nouveaux recrutés d’autres départements ministériels. A avoir ceux ayant sollicité son intervention, notamment le ministère de l’Intérieur pour les corps administratifs ainsi que le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche.

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L’Économiste Maghrébin lance « L’Éco en Clair », le nouveau rendez-vous pour décrypter l’économie tunisienne

Dans un contexte marqué par des mutations économiques rapides, des tensions budgétaires persistantes et un environnement international de plus en plus incertain, L’Économiste Maghrébin lance un nouveau talkshow :  « L’Éco en Clair ». Pensé comme un espace régulier de débat et d’analyse, cette émission-débat ambitionne de rendre accessibles les grands enjeux économiques qui structurent l’actualité tunisienne, en donnant la parole à des experts, économistes et décideurs.

Le premier épisode, intitulé « Réformes en Tunisie : les solutions existent. Qu’est-ce qui bloque vraiment ? », pose une question centrale : quels sont les véritables freins structurels à la mise en œuvre des réformes en Tunisie ? Au-delà des diagnostics techniques, les échanges mettent en lumière des blocages plus profonds, liés à la gouvernance, aux choix politiques et à l’efficacité de l’action publique.

Pour Majdi Hassen, directeur exécutif de l’IACE, l’obstacle principal est d’ordre institutionnel et politique. Il souligne que « sans volonté politique ni bonne gouvernance, les réformes resteront lettre morte ». Dans sa lecture, la réussite des transformations dépend avant tout de la capacité à définir une vision claire, cohérente et surtout exécutable, capable de dépasser les lenteurs administratives et les arbitrages hésitants.

De son côté, Racem Mehdi, docteur en économie et enseignant-chercheur, adopte une approche plus structurelle du modèle économique tunisien. Il estime que « l’État-providence en Tunisie ne peut être décrété par la seule loi ; il doit s’appuyer sur des fondamentaux économiques solides ». Il insiste ainsi sur la nécessité de renforcer l’efficacité de l’action publique et de générer de réels gains de productivité au service des citoyens.

Malgré la différence des angles d’analyse, un point de convergence s’impose : l’urgence de renforcer l’efficacité de la décision publique. Pour le premier intervenant, cela passe par une meilleure maîtrise de l’administration et des arbitrages politiques assumés. Pour le second, il s’agit avant tout d’améliorer la performance globale de l’État afin d’en maximiser l’impact économique et social.

Dans cette perspective, plusieurs chantiers structurants sont revenus au centre du débat : la réforme des caisses sociales, la restructuration des entreprises publiques, le renforcement de l’efficacité gouvernementale et l’accélération de la transition numérique de l’administration.

Avec « L’Éco en Clair », L’Économiste Maghrébin propose ainsi un format à la fois pédagogique et analytique, destiné à éclairer des sujets souvent complexes. L’objectif est clair : offrir un espace de compréhension et de débat ouvert sur les réformes et les transformations en cours en Tunisie, afin de mieux en saisir les enjeux et les blocages réels.

L’intégralité de ce premier épisode de « L’Éco en Clair » est à retrouver sur la chaîne YouTube de L’Économiste Maghrébin, pour aller plus loin dans l’analyse des réformes et des défis économiques en Tunisie.

Voir l’épisode — Réformes en Tunisie : les solutions existent. Qu’est-ce qui bloque vraiment ?

Cet article a été produit dans le cadre de « On en parle ! Tunisie 360° », un projet financé par l’Union Européenne, cofinancé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement et mis en œuvre par le consortium DW Akademie et AMAJ.
Son contenu relève de la seule responsabilité de L’Économiste Maghrébin et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position des bailleurs et du consortium susmentionnés.

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Le Plan de développement 2026-2030 veut réduire les disparités entre les régions

La Commission de la planification stratégique, du développement durable, des transports, des infrastructures et de l’aménagement du territoire tenait, lundi 29 juin 2026, une séance préliminaire consacrée à l’examen du projet de Plan de développement 2026-2030.

Au cours des débats, les députés ont estimé que cette nouvelle version du plan marque une rupture avec les approches antérieures, qu’ils ont qualifiées de centralisées et fondées sur des modèles préétablis. Ils relèvent que ces méthodes favorisaient parfois certaines régions au détriment d’autres, contribuant ainsi à accentuer les déséquilibres du développement territorial.

Les parlementaires ont également considéré que les précédents plans de développement faisaient souvent l’objet de discussions essentiellement formelles, sans reposer sur une légitimité reflétant réellement les attentes des différentes régions. Ils ont estimé que cette méthodologie avait contribué à creuser les disparités régionales et à freiner la mise en œuvre d’un développement équilibré et inclusif.

Les membres de la commission ont salué la nouvelle démarche retenue pour l’élaboration du Plan de développement 2026-2030, qui accorde un rôle accru aux structures élues aux niveaux local, régional et territorial dans la définition des priorités et des choix de développement. Ils ont souligné que cette orientation s’inscrit dans le cadre du nouveau dispositif institutionnel et du rôle attribué à la deuxième chambre parlementaire dans la définition des politiques de développement.

Plusieurs députés ont, par ailleurs, estimé que les projets inscrits dans le plan traduisent les attentes des citoyens et les priorités exprimées par les différentes régions. Ils ont indiqué que le processus d’élaboration du document s’est appuyé sur une démarche ascendante, depuis les structures locales jusqu’aux différentes institutions concernées, avant son examen par la deuxième chambre du Parlement.

De son côté, le président de la commission, Saber Jlassi, a souligné l’importance stratégique du Plan de développement 2026-2030, qu’il a présenté comme le document de référence définissant les orientations économiques, sociales et environnementales du pays pour les cinq prochaines années.

Il a précisé que ce plan repose sur une méthodologie de planification ascendante, élaborée à partir des niveaux local, régional et territorial, avant d’être consolidée au niveau national par le ministère de l’Économie et de la Planification, en rupture avec les approches adoptées lors des précédents exercices de planification.

Selon le président de la commission, le cadre général du plan s’articule autour de politiques économiques et sociales visant à développer les infrastructures, renforcer la justice sociale, orienter les investissements, améliorer la qualité de vie et garantir l’accès des citoyens aux services essentiels.

Saber Jlassi a enfin réaffirmé que le Plan de développement 2026-2030 constitue un levier pour promouvoir la justice sociale et réduire les disparités entre les régions. Il a indiqué que l’examen du projet se poursuivra lors des auditions programmées à partir du 30 juin 2026, afin d’approfondir l’étude des différents axes du document et de formuler les recommandations nécessaires à la réalisation de ses objectifs et au suivi de la mise en œuvre de ses programmes.

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L’Égypte ouvre le capital de 4 entreprises publiques, dont trois du secteur pétrolier

Le gouvernement a approuvé l’introduction en Bourse de quatre entreprises publiques, dont trois opérant dans le secteur pétrolier, une décision qui marque une nouvelle étape dans l’ouverture de pans stratégiques de son économie au capital privé. L’information a été annoncée par le gouvernement égyptien et relayée par Reuters.

Les entreprises concernées sont Engineering for Petroleum & Process Industries (ENPPI), Egyptian Linear Alkyl Benzene (ELAB) et Petroleum Marine Services (PMS), trois acteurs principaux de l’industrie pétrolière et parapétrolière. Elles seront rejointes par Maamoura for Reconstruction and Tourism Development, spécialisée dans le développement immobilier et touristique. Selon Reuters, ces sociétés feront d’abord l’objet d’une cotation avant une ouverture progressive de leur capital aux investisseurs.

Cette opération s’inscrit dans un programme de privatisation beaucoup plus vaste. D’après Ahram Online, Le Caire prévoit d’introduire en Bourse 30 entreprises publiques, dont 10 relevant du secteur pétrolier, afin de renforcer la participation du secteur privé dans l’économie.

L’objectif est autant financier que structurel. Selon Reuters, cette stratégie répond aux engagements pris par l’Égypte dans le cadre de son programme avec le Fonds monétaire international (FMI), qui encourage le pays à réduire le poids de l’État dans l’activité économique, attirer davantage d’investissements privés et améliorer l’efficacité des entreprises publiques.

En ouvrant progressivement le capital d’entreprises opérant dans un secteur aussi stratégique que l’énergie, l’Égypte adresse également un signal aux marchés : celui d’une économie qui mise davantage sur les investisseurs pour financer sa croissance, dans un contexte de fortes pressions sur les finances publiques et de besoin accru en devises.

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La BM prolonge son plan climat, mais renonce à son objectif

La Banque mondiale (BM) a annoncé hier, lundi 29 juin, qu’elle prolongeait indéfiniment le Plan d’action pour le changement climatique (PACC) qu’elle avait élaboré, mais qu’elle abandonnait en même temps les objectifs qu’elle s’était fixés en matière de niveau de financement de son action, « pour répondre aux besoins et aux demandes de ses clients ».

Le programme PACC (Plan d’action pour le changement climatique) de l’institution de Bretton Woods a jusqu’à présent été renouvelé tous les cinq ans et vise à atteindre des objectifs précis, notamment en consacrant 35 % de son financement à des programmes ayant un « impact positif sur le climat », selon son site web.

Le nouveau plan, ratifié par le conseil d’administration de la Banque nationale, ne mentionne cependant plus d’objectif précis quant au pourcentage de financement, estimant que la dimension climatique doit être prise en compte dans toutes les subventions. « Nous continuerons à suivre et à publier nos indicateurs sur les émissions de gaz à effet de serre et sur les améliorations de la résilience des bénéficiaires » du financement, précise l’institution dans son communiqué.

Autrement dit, au lieu de se concentrer sur le financement qu’elle fournit, la Banque entend désormais mesurer l’efficacité de ses programmes sur cette question en fonction des résultats obtenus.

A rappeler que le PACC a été initié et annoncé en 2016, suite à la signature de l’Accord de Paris sur le climat en 2015, et a été renouvelé en 2021.

Au cours de l’exercice 2025, qui s’est terminé le 30 juin de l’année dernière, la Banque mondiale a fourni 50,8 milliards de dollars à des programmes de développement comportant une dimension climatique, soit près de 50 % du financement de l’institution pendant cette période.

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ARTES annonce un dividende de 0,400 dinar par action

Le concessionnaire officiel de Renault et Dacia en Tunisie, ARTES versera un dividende de 0,400 dinar par action à ses actionnaires. C’est ce qu’annonce l’entreprise à l’issue de son Assemblée Générale Ordinaire qui se tenait le 24 juin 2026. 

La date de détachement du coupon est fixée au 22 juillet 2026. Le paiement du dividende versé par ARTES interviendra le 24 juillet 2026.

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Impôt sur la fortune : dernier jour pour déposer la déclaration en Tunisie

Les personnes physiques concernées par l’impôt sur la fortune ont jusqu’au mardi 30 juin 2026 pour déposer leur déclaration et s’acquitter de la taxe. Et ce, conformément aux dispositions de l’article 88 de la loi de finances 2026.

À cette occasion, la Direction générale des impôts (DGI), relevant du ministère des Finances, rappelle l’échéance fixée dans l’agenda fiscal de juin et publie la note générale n°13 de l’année 2026. Laquelle précise les modalités d’application de ce nouvel impôt.

Une réforme qui remplace l’impôt sur la fortune immobilière

Entré en vigueur au début de l’année 2026, l’impôt sur la fortune remplace officiellement l’impôt sur la fortune immobilière instauré par la législation de 2022 et confirmé par la loi de finances 2023.

Cette réforme élargit considérablement le champ d’application de la fiscalité patrimoniale. Désormais, la taxation ne se limite plus aux biens immobiliers, mais couvre l’ensemble du patrimoine net, y compris les actifs mobiliers et financiers.

Lire aussi : Tunisie – Le 30 juin 2026, premier paiement du nouvel impôt sur la fortune!

Les patrimoines supérieurs à 3 millions de dinars concernés

L’impôt s’applique aux personnes physiques dont la valeur nette totale des biens et actifs atteint ou dépasse 3 millions de dinars, sur la base de leur valeur réelle au 1er janvier de l’année d’imposition.

Le barème retenu est progressif :

  • 0,5 % pour un patrimoine net compris entre 3 et 5 millions de dinars ;
  • 1 % pour un patrimoine net supérieur à 5 millions de dinars.

La déclaration doit également inclure les biens appartenant aux enfants mineurs à la charge du contribuable. En revanche, les enfants majeurs sont tenus de déposer leur propre déclaration pour leurs biens personnels.

En cas d’indivision ou de copropriété, chaque titulaire doit déclarer la valeur correspondant à ses droits dans le bien concerné.

Un champ d’application élargi

Contrairement à l’ancien dispositif, le nouvel impôt couvre aussi bien les biens immobiliers que les biens mobiliers.

Sont notamment concernés les immeubles bâtis, les terrains, les droits réels immobiliers, ainsi que les véhicules, les équipements, les actions, les obligations, les titres financiers et les participations dans les sociétés. Pour les valeurs mobilières cotées en Bourse, l’évaluation s’effectue sur la base du cours de clôture au 31 décembre précédant l’année d’imposition.

Plusieurs exonérations prévues

La loi de finances 2026 prévoit plusieurs exonérations.

La résidence principale est entièrement exclue de l’assiette de l’impôt, quels que soient sa valeur ou sa superficie. Cette exonération couvre également les dépendances et le mobilier utilisé dans cette habitation.

Les biens affectés à une activité professionnelle sont également exonérés, sous certaines conditions, notamment lorsqu’ils figurent dans les états comptables ou sont déclarés dans le cadre des revenus professionnels.

Les participations dans les sociétés peuvent aussi bénéficier d’une exonération lorsque le contribuable, seul ou avec ses enfants mineurs, détient directement au moins 50 % du capital de la société. Les sociétés de personnes et les sociétés communautaires sont également concernées par cette mesure.

Par ailleurs, les dépôts bancaires et postaux, les différents comptes d’épargne, les comptes d’épargne en actions, les comptes destinés à l’investissement ainsi que les contrats d’assurance-vie ou de takaful sont exclus de l’assiette de l’impôt.

Lire également : Omar Rekik : l’impôt sur la fortune taxe le patrimoine, pas le revenu

 

Les véhicules de tourisme dont la puissance fiscale est inférieure ou égale à 12 chevaux fiscaux sont également exonérés. Au-delà de ce seuil, ils deviennent imposables, sauf lorsqu’ils sont affectés à un usage professionnel dûment comptabilisé.

Patrimoine situé à l’étranger et modalités de déclaration

Pour les personnes résidentes en Tunisie, l’impôt porte sur l’ensemble de leur patrimoine, qu’il soit situé sur le territoire national ou à l’étranger. En revanche, les personnes non résidentes ne sont imposables que sur les biens situés en Tunisie.

La déclaration annuelle ainsi que le paiement de l’impôt doivent être effectués au plus tard le 30 juin auprès de la recette des finances territorialement compétente. Le ministère des Finances précise également que ces formalités peuvent être accomplies via les plateformes électroniques mises à la disposition des contribuables.

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COMESA : la Tunisie confirme son ancrage africain

La Tunisie a réitéré, lundi à l’ouverture du troisième forum sur les institutions du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), son engagement à soutenir le processus d’intégration économique africaine, conformément aux engagements pris depuis son adhésion à l’organisation en 2018.

S’exprimant lors de cet événement organisé dans le cadre de la « Semaine COMESA 2026 », le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a souligné que les mutations économiques et géopolitiques mondiales imposent un renforcement de l’intégration continentale et une modernisation des mécanismes de coopération régionale. Il a notamment insisté sur le rôle central de l’innovation numérique, qualifiée de « pilier fondamental » pour améliorer la compétitivité du commerce africain à travers la numérisation des procédures, le développement des infrastructures digitales et la facilitation des échanges.

La secrétaire générale du COMESA, Chileshe Mpundu Kapwepwe, a pour sa part fait état d’une volonté partagée par l’ensemble des États membres de faire progresser l’intégration économique. Elle a appelé à l’élaboration de programmes axés sur la modernisation agricole, le renforcement industriel, le développement des infrastructures transfrontalières, l’utilisation durable des ressources ainsi que l’autonomisation des femmes et des jeunes. La responsable a également plaidé pour un renforcement des partenariats entre États, secteur privé et bailleurs de fonds afin d’atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 et du développement durable. Tout en rappelant que la transition numérique constitue un levier essentiel pour un commerce fructueux et une croissance inclusive.

Placé sur le thème « Élargir les horizons du commerce intra-africain : l’innovation numérique comme moteur d’un accès inclusif et durable aux marchés du COMESA », ce forum vise à renforcer la coopération économique et commerciale ainsi qu’à explorer les opportunités d’investissement au sein de la région, contribuant ainsi au développement du commerce intra-africain.

A noter qu’avec plus de 655 millions d’habitants et un PIB global estimé à près de 1 000 milliards de dollars, le COMESA constitue l’une des principales organisations d’intégration régionale du continent africain.

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Risque d’investissement : la Tunisie au 14e rang africain en 2026

La mise à jour de mai 2026 du Global Investment Risk and Resilience Index, publiée par Henley & Partners et AlphaGeo, révèle une amélioration significative de la perception du risque en Afrique. Neuf économies africaines intègrent désormais le Top 100 mondial, contre seulement trois lors de l’édition précédente d’octobre 2025. Une progression remarquable dans un contexte international pourtant marqué par un ralentissement économique, des tensions géopolitiques et une volatilité financière persistante.

Maurice domine le classement continental à la 61ᵉ place mondiale, devançant la Tanzanie (62ᵉ) et le Botswana (63ᵉ). Les Seychelles (79ᵉ), le Cap-Vert (88ᵉ), la Namibie (90ᵉ), l’Afrique du Sud (95ᵉ), le Maroc (98ᵉ) et le Rwanda (100ᵉ) complètent ce groupe d’économies désormais mieux perçues par les investisseurs internationaux.

La Tunisie, quant à elle, se positionne au 14ᵉ rang africain et à la 111ᵉ place mondiale. Un classement qui la place dans le peloton de tête des économies émergentes du continent, aux côtés de l’Algérie (10ᵉ, 102ᵉ mondial) et de la Côte d’Ivoire (12ᵉ, 108ᵉ). Ce rang témoigne d’une reconnaissance mesurée mais réelle des progrès accomplis. Même si le pays reste en retrait par rapport aux nations du Top 100.

A cet égard, le rapport innove en évaluant non seulement le niveau de risque, mais également la résilience des économies, c’est-à-dire leur capacité à absorber les chocs tout en préservant leur attractivité. Cette résilience repose sur des facteurs tels que la stabilité macroéconomique, la gouvernance, la solidité financière ou encore l’adaptation climatique. Les économies les mieux classées partagent des caractéristiques communes : institutions relativement stables, diversification économique et dépendance limitée aux matières premières.

Le Maroc, huitième africain et 98ᵉ mondial, illustre cette dynamique avec un score de risque de 37,2 sur 100 et un indice de résilience de 48,03. Ses atouts résident dans l’investissement, ses comptes extérieurs et sa marge de manœuvre fiscale. Même si l’innovation et la complexité économique offrent encore des marges de progression.

Malgré ces avancées, l’Afrique demeure marquée par de profondes disparités. La Côte d’Ivoire (108ᵉ), le Sénégal (128ᵉ), le Ghana (140ᵉ) et le Nigeria (147ᵉ) subissent encore des vulnérabilités structurelles : infrastructures insuffisantes, endettement élevé, instabilité politique et forte exposition aux chocs extérieurs. La position de la Tunisie, bien qu’honorable, s’inscrit dans ce contexte contrasté où les réformes structurelles restent déterminantes pour améliorer durablement son profil de risque.

Le rapport souligne que l’avenir de l’attractivité du continent dépendra moins de ses ressources naturelles que de sa capacité à renforcer sa gouvernance, son environnement réglementaire et sa résilience face aux crises, plaçant les réformes de long terme au cœur des stratégies d’investissement.

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