Nouveau rendez-vous judiciaire pour Khayam Turki : La Chambre pénale spécialisée dans l’examen des affaires de corruption financière près le tribunal de première instance de Tunis a fixé le prononcé du jugement au 2 juillet prochain.
La justice a décidé, ce jeudi, de mettre en délibéré plusieurs dossiers impliquant l’homme d’affaires Khayam Turki, qui rappelons-le, est condamné à 14 ans de prison pour des accusations de blanchiment et d’escroquerie.
Notons par ailleurs que Khayam Turki est également détenu dans le cadre de l’affaire de complot contre la sûreté de l’État, dans laquelle il a été condamné à 45 ans de prison et à 100.000 dinars d’amende.
La Cour d’appel de Tunis a confirmé la condamnation à huit ans de prison de Saâdia Mosbah, la militante tunisienne pour les droits des personnes migrantes. Amnesty International et SOS Racisme dénoncent des accusations qu’elles jugent infondées et une procédure…
«J’encourage les entrepreneurs italiens à faire confiance à la Tunisie, à y investir et à s’intéresser de près au pays ; le gouvernement mettra tout en œuvre pour faciliter cette démarche», tout comme «nous aiderons les entrepreneurs tunisiens souhaitant investir en Italie à surmonter les obstacles afin que cette collaboration puisse prospérer», a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, lors de son intervention au Forum d’affaires Tunisie-Italie qui s’est ouvert ce mercredi 25 juin 2026, à Tunis.
«Nous sommes là pour vous soutenir, pour affirmer que l’Italie et la Tunisie sont deux rives d’une même mer — des rives que nous rapprocherons toujours davantage au nom de la croissance, de la compétitivité et de la prospérité», a-t-il lancé aux responsables et aux hommes d’affaires présents dans la salle, estimant que les entreprises des deux pays «ne doivent pas manquer cette opportunité d’alliance stratégique.»«Une belle voie de croissance s’ouvre devant nous, et nous voulons la parcourir ensemble», a-t-il insisté. Et de poursuivre : «C’est dans cet esprit que nous participons à ce forum d’affaires, et nous sommes convaincus qu’il sera une réussite tant pour les entreprises tunisiennes qu’italiennes. Nous nous réjouissons de vous accueillir [en Italie] pour renouveler l’expérience de ce forum d’affaires avec d’autres entreprises tunisiennes et italiennes.»
Ces propos très volontaristes ont été tenus par le responsable italien «à un moment particulièrement difficile : nous avons des guerres à nos portes et des questions liées aux droits de douane», a-t-il averti, en rappelant également la crise dans le détroit d’Ormuz. «Pourtant, malgré tout cela, les entrepreneurs italiens et tunisiens veulent aller de l’avant, bâtir, œuvrer pour la croissance et collaborer ; ils ne veulent pas manquer l’occasion d’une alliance stratégique (..) De nombreux entrepreneurs italiens trouvent attrayant, rentable et bénéfique d’investir, d’opérer et d’exporter en Tunisie, car le pays est devenu un partenaire de plus en plus important pour une croissance partagée, et les chiffres confirment la force de ce lien : la solidité de notre relation se reflète dans le volume des échanges commerciaux, qui a atteint 6,5 milliards en 2025 et a continué de croître au cours des deux premiers mois de 2026. Ce sont des chiffres significatifs qui nous encouragent à viser encore plus haut et à poursuivre dans cette voie», a encore déclaré M. Tajani.
«Nous croyons en la Tunisie», dans le cadre de ce qu’il appelle une «diplomatie de la croissance», en favorisant les coentreprises, les exportations et l’attraction des investissements. «Lorsqu’on décide de se développer à l’international, la réussite passe par la collaboration. Ce n’est pas un hasard si nous avons décidé de publier un ouvrage — en collaboration avec notre ambassade — spécifiquement consacré à la Tunisie en tant que destination pour nos intérêts économiques et ceux de notre communauté d’affaires. Nos entreprises emploient 85 000 collaborateurs tunisiens qui font partie intégrante de nos activités ; les entreprises choisissent la Tunisie parce qu’elles croient au potentiel immense du pays. De son côté, la Tunisie aspire à être toujours plus accueillante, non seulement pour les touristes, mais aussi pour les entreprises italiennes. Un environnement favorable, la sécurité juridique, un gouvernement stable et une atmosphère accueillante facilitent notre présence. Je crois que ce partenariat doit se tourner de plus en plus vers l’avenir», a insisté M. Tajani.
Ensemble face au défi de l’Afrique
«Nous sommes également confrontés à un défi commun majeur : l’Afrique, un continent voué à la croissance, avec une explosion démographique attendue dans les années à venir. C’est un continent riche, même s’il subsiste des poches de pauvreté. J’estime qu’il serait juste et opportun d’organiser des coentreprises italo-tunisiennes pour explorer de nouveaux marchés ou initiatives à travers le continent africain», a poursuivi le chef de la diplomatie italienne. Et d’ajouter : «Si nous voulons miser sur la croissance — si nous souhaitons mener une politique industrielle moderne favorisant le développement et la compétitivité des systèmes tunisien et italien (un sujet que nous avons longuement abordé avec le Chef du gouvernement) — alors la formation est capitale. En tant que gouvernement et entreprises italiens, nous sommes prêts à collaborer avec vous sur des initiatives de formation permettant aux nombreux Tunisiens travaillant en Italie de rentrer au pays et de contribuer à la stratégie de croissance industrielle de la Tunisie.»
«Nous étendons également notre partenariat et notre collaboration à l’échelle européenne ; fidèles à notre amitié séculaire, nous voulons nous faire vos porte-parole à Bruxelles, en agissant comme des ambassadeurs de la Tunisie auprès des institutions de l’UE», a conclu le vice-Premier ministre italien.
Dans un communiqué publié le 24 juin 2026, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) commente la condamnation en appel de la militante antiraciste Saadia Mosbah, à 8 ans de prison et à une lourde amende et dénonce ce qu’il qualifie de «criminalisation de l’antiracisme», qui «franchit un nouveau seuil en Tunisie », selon ses termes.
Tout en exprimant sa «profonde indignation» à la suite de la confirmation en appel de la condamnation de Mme Mosbah, présidente de l’association Mnemty, à 8 ans d’emprisonnement et à une amende de plus de 120 000 dinars, le CRLDHT affirme que «cette décision intervient après plus de deux années de détention, de stigmatisation et de campagnes de diffamation» et qu’«elle constitue une nouvelle étape dans une affaire devenue emblématique des reculs que connaît la Tunisie en matière d’État de droit, d’indépendance de la justice et de protection des défenseurs des droits humains.»
L’Ong rappelle que Saadia Mosbah, incarcérée depuis le 6 mai 2024, est une femme noire qui a elle-même subi les discriminations et les préjugés qui touchent encore de nombreux Tunisiens noirs, et ajoute que cette figure importante de la lutte contre le racisme en Tunisie a choisi de transformer sa douloureuse expérience personnelle en un combat pour l’égalité, la dignité et la justice.
«Son engagement a contribué à faire reconnaître l’existence du racisme en Tunisie et à l’adoption de la loi de 2018 contre les discriminations raciales», rappelle l’Ong tunisienne basée à Paris, qui considère que «cette affaire porte toutes les marques d’un ciblage politique.»
«La solidarité est criminalisée, les défenseurs des droits humains sont poursuivis et les discours les actes et crimes racistes (impunis) se banalisent», dénoncent le CRLDHT, qui s’en prend, également, aux autorités européennes. «En faisant de la Tunisie un partenaire privilégié dans le contrôle des migrations et un gardien des frontières européennes (un pays sûr), l’Union européenne et ses États membres ont trop souvent fermé les yeux sur la régression des libertés publiques, la répression de la société civile et la montée du racisme», note l’Ong, qui dénonce, également, «le silence et la complaisance de nombreux responsables européens face à la criminalisation de la solidarité contribuent à renforcer l’impunité de ceux qui portent atteinte aux droits fondamentaux.»
Enfin, le CRLDHT demande la libération de Saadia Mosbah et appelle à mettre fin à la criminalisation du travail citoyen, de l’humanisme et de la solidarité.
Saadia Mosbah : condamnée à 8 ans de prison et à une amende de plus de 120 000 dinars.
Ghofrane Binous : condamnée par contumace à 3 ans de prison.
Zied Rouine, Amina Boukamcha, Farès Gueblaoui et Hiba Abassi ont bénéficié d’un sursis à l’exécution des peines d’emprisonnement prononcées en première instance (3 ans de prison).
Zied Rouine a été condamné à une amende de 34 113 dinars et 500 millimes.
Farès Gueblaoui a été condamné à une amende de 23 665 dinars.
Les non-lieux totaux prononcés en faveur d’Ilhem Kaâouachi, Slim Soukni et Rabii Al-Garfi ont été confirmés.
Les non-lieux partiels accordés à Hiba Abassi et Amina Boukamcha ont également été maintenus.
Cette décision confirme la peine prononcée contre Saadia Mosbah tout en aménageant ou en allégeant certaines condamnations prononcées à l’encontre des autres prévenus..
L’armée nationale tunisienne célèbre le 70e anniversaire de sa création en 1956, quelques mois après l’indépendance, acquise le 20 mars 1956. Devenue l’une des institutions piliers de l’État tunisien, engagée dans la lutte pour la pleine souveraineté nationale ainsi que dans les défis de sécurité, de développement et de coopération internationale, elle s’est toujours gardée, à la différence de la plupart des armées arabes et africaines, de se mêler directement à la politique, et c’est ce qui fait sa spécificité et sa différence, malgré les tentatives visant à l’impliquer davantage dans la gestion des conflits internes.
Latif Belhedi
Selon l’agence de presse officielle Tap, cet anniversaire rappelle le rôle des forces armées dans la consolidation de la souveraineté nationale en prenant part aux événements de Sakiet Sidi Youssef en février 1958, à la bataille de Remada en mai de la même année et à la bataille de l’évacuation de Bizerte en juillet 1961, qui s’est achevée le 15 octobre 1963 avec le départ du dernier soldat français du pays.
Aujourd’hui, l’armée tunisienne est engagée non seulement dans la défense du territoire et la protection des frontières, mais aussi dans la lutte contre le terrorisme, la lutte contre l’immigration irrégulière, la réponse aux catastrophes naturelles et le soutien logistique à l’État.
Pour marquer cet anniversaire, le ministère de la Défense organise, du 20 au 26 juin, une exposition documentaire sur l’avenue Habib Bourguiba à Tunis, consacrée à l’histoire, aux missions et à l’évolution de l’institution militaire. L’exposition met également en lumière la contribution de l’armée à la formation professionnelle, au développement des régions intérieures et sahariennes, ainsi qu’aux missions internationales de maintien de la paix.
Un contexte régional marqué par l’instabilité
Cette célébration intervient dans un contexte régional marqué par l’instabilité en Libye, les flux migratoires et les tensions en Méditerranée et au Sahel.
Dans ce contexte, le 70e anniversaire revêt également une importance politique : il réaffirme le rôle de l’armée comme institution républicaine centrale, garante de la souveraineté et de la stabilité tunisiennes. Sa mission ne se limite pas à la protection de l’intégrité territoriale, elle consiste aussi au soutien au développement du pays.
La création de l’armée tunisienne s’inscrivait dans le cadre du processus de consolidation de l’indépendance. Les forces armées furent appelées à combattre les derniers bastions de la présence coloniale française, notamment lors des événements de Sakiet Sidi Youssef en février 1958, de la bataille de Remada en mai de la même année et de la bataille de Bizerte en juillet 1961, qui s’achèvera par le retrait définitif des troupes françaises le 15 octobre 1963.
Aujourd’hui, l’armée continue de jouer un rôle central dans la sécurité nationale, contribuant à la lutte contre le terrorisme, le crime organisé, la contrebande, le trafic d’êtres humains et l’immigration clandestine. Elle participe également aux opérations de protection civile, à la lutte contre les incendies et apporte son aide lors de situations d’urgence et de catastrophes naturelles.
Sur le plan international, la Tunisie peut se targuer de plus de soixante ans de participation aux missions de maintien de la paix des Nations Unies. En 1960, le président Habib Bourguiba décida d’envoyer 3 000 soldats au Congo, inaugurant une collaboration avec l’Onu qui a permis, à ce jour, la participation à 26 missions internationales et le déploiement de contingents de soldats tunisiens. Actuellement, plus de 800 personnes sont engagées dans la mission de l’Onu en République centrafricaine.
Ces dernières années, la Tunisie a investi dans la production militaire nationale afin de réduire sa dépendance aux importations et de maîtriser ses dépenses de défense. Parmi les réalisations les plus significatives figurent le véhicule blindé résistant aux mines «Barb», conçu et construit par des techniciens militaires tunisiens, et la construction de navires de guerre de fabrication locale, dont le patrouilleur «Istiqlal B201». Un nouveau patrouilleur de 52 mètres pour la Marine tunisienne est également en construction, avec une mise en service prévue pour fin 2026.
Cette stratégie de production militaire répond non seulement aux besoins de sécurité, mais constitue également un moteur de croissance industrielle, d’innovation technologique, de formation professionnelle et de création d’emplois.
A l’écart des manœuvres politiciennes pour le pouvoir
L’armée tunisienne a certes souvent été entraînée à gérer des situations extrêmes et a fait face à de nombreuses tentatives du pouvoir politique de l’entraîner dans le sillage de ses conflits internes, mais elle a toujours su résister, jusque-là, à la tentation de s’y impliquer. Sous Bourguiba, comme sous Ben Ali et même après, elle s’est toujours tenue à l’écart des manœuvres politiciennes pour le pouvoir. Ce fut le cas après la fuite de Ben Ali le 14 janvier 2011. Ce soir-là, lors d’une réunion de crise au ministère de l’Intérieur, le chef d’état-major de l’époque, le général Rachid Ammar, avait répondu vertement au Premier ministre Mohamed Ghannouchi qui lui demandait de prendre les commandes du pays. «Ce sont les politiciens qui ont créé cette situation. Et c’est à eux de la gérer de la meilleure façon possible. Le rôle de l’armée consiste à protéger le pays et à garder ses frontières».
Le pouvoir était à prendre, mais l’armée s’était gardée de faire le pas, et cela mérite d’être souligné.
Très récemment, et en réaction à des appels politiques interpellant l’armée tunisienne sur la situation politique intérieure dans le pays, relayés par certains médias, le ministère de la Défense nationale a rompu son silence habituel pour rappeler, dans un communiqué au ton ferme, diffusé le 21 mai 2026, les fondements républicains de l’armée tunisienne : sa neutralité, son refus d’être impliquée dans des «tiraillements politiques» et son attachement aux lois de l’État.
Une vague trumpiste déferle sur l’Amérique latine, préfigurant un bouleversement majeur du paysage politique régional. La Colombie est la dernière en date à s’inscrire dans cette tendance et ce, suite à l’annonce de la victoire d’Abelardo de la Espriella, avocat américano-colombien populiste de droite soutenu par le locataire de la Maison Blanche, à l’élection présidentielle.
Imed Bahri
Selon le Wall Street Journal (WSJ), Donald Trump a atteint son objectif lors des élections latino-américaines successives. Les candidats de tendance droite populiste, proches de l’Américain, ont vaincu leurs rivaux de gauche dans toute la région, tandis que l’administration américaine actuelle poursuit son interventionnisme le plus agressif en Amérique centrale et du Sud depuis des décennies.
L’Argentine, le Honduras, le Costa Rica, le Chili, la Bolivie et l’Équateur ont tous vu leurs gouvernements basculer à droite et devenir pro-Trump ou lui être favorables. La Colombie rejoint désormais cette tendance après l’annonce des résultats de l’élection présidentielle.
Un populiste atypique
De la Espriella, 47 ans, également citoyen américain et qui n’hésite pas à afficher sa richesse, est une figure populiste extérieure à l’establishment politique traditionnel. Il n’a jamais occupé de fonction publique et a fait carrière comme avocat, défendant des chefs paramilitaires et des personnalités controversées.
Son programme repose sur une répression sécuritaire sévère contre le crime organisé et les trafiquants de cocaïne. Cette approche est similaire à celle du président salvadorien Nayib Bukele qui a emprisonné plus de 85 000 personnes dans le cadre de sa campagne sécuritaire, sans que nombre d’entre elles n’aient bénéficié d’un procès équitable.
Le président élu s’est engagé à construire d’immenses prisons et camps de concentration pour ceux qu’il qualifie de terroristes narcotrafiquants.
Il a également annoncé l’abandon du plan de paix global et des efforts de négociation initiés par le président de gauche sortant Gustavo Petro avec les groupes armés afin de les persuader de déposer les armes.
De la Espriella a déclaré lors d’une interview à la radio et à la télévision locales : «Notre gouvernement fera vivre les hors-la-loi et les criminels dans la peur. Nous avons vaincu le système, l’establishment politique et les élites habituelles. Nous avons gagné sur tous les plans et contre toute attente».
L’ascension de De la Espriella avait été favorisée par le soutien public de Trump qui l’a décrit comme un dirigeant intelligent, fort et déterminé. Trump s’en est pris à son rival Cepeda, le qualifiant de marxiste d’extrême gauche et affirmant que la Colombie «bénéficiera du soutien total des États-Unis si le Tigre l’emporte».
Des alliés de Trump, comme le consultant politique conservateur Roger Jason, avaient exprimé leur soutien à la vague populiste en Colombie. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a rapidement félicité le nouveau président via la plateforme X, affirmant que des jours meilleurs attendaient la Colombie sous sa nouvelle direction.
L’ingérence américaine dans les élections a suscité de vives critiques de la part de onze membres démocrates du Congrès américain. Ces parlementaires ont signé une lettre dénonçant l’ingérence flagrante de responsables américains en faveur d’un candidat au passé trouble, en contradiction avec les intérêts et les lois des États-Unis.
La lettre accuse De la Espriella d’avoir fait l’éloge de chefs paramilitaires et d’avoir profité de fonds prétendument destinés à corrompre des hauts responsables judiciaires.
Le président sortant Gustavo Petro avait auparavant condamné la détention aux États-Unis d’un militant colombien qui le soutenait, accusant De la Espriella d’y avoir contribué.
Le déclin de la droite traditionnelle
Les partisans du nouveau président ont défendu son style trumpien et sa rhétorique simple et passionnée, qu’il a utilisée pour rallier des sympathisants et lancer une marque de vêtements et d’alcool. Cette rhétorique lui a permis de se démarquer du parti conservateur (droite traditionnelle) de l’ancien président Álvaro Uribe Vélez.
Selon les analystes politiques locaux, la popularité déclinante d’Uribe et les allégations de corruption ont conduit les dirigeants de droite à abandonner la droite traditionnelle et à apporter leur soutien à De la Espriella. Ce soutien témoigne de la frustration généralisée de la population face à une augmentation de 55% de la production de cocaïne par rapport à 2000 et au doublement des effectifs des milices.
Inquiétudes économiques et politiques
L’arrivée au pouvoir de Abelardo de la Espriella soulève des inquiétudes économiques et politiques, étant donné que son parti ne détient que quatre sièges au Sénat et un seul au Congrès colombien. Cette faiblesse parlementaire entrave son plan économique visant à réduire les dépenses de 40%, à fermer neuf ministères et à licencier 700 000 employés.
De plus, des experts internationaux en surveillance des conflits ont averti que le recours à la force militaire plutôt qu’à la négociation risque d’aggraver les abus de pouvoir et de raviver les conflits armés.
Ce nouveau discours politique imite les opérations militaires américaines dans les Caraïbes, fondées sur le principe de tirer d’abord et d’enquêter ensuite.
Avec ces pays ayant basculés successivement dans la droite populiste et ayant pour modèle Trump mais également avec le changement de régime au Venezuela en janvier dernier avec le kidnapping de Nicolás Maduro et le blocus imposé à Cuba visant à faire tomber le régime, l’administration américaine actuelle qui a subi un camouflet au Moyen-Orient avec la guerre d’Iran est par contre en train de réussir son pari en Amérique latine en se débarrassant de la gauche et en ayant à sa place des dirigeants qui lui sont dociles.
Amnesty International a publié le communiqué de presse suivant, daté du 24 juin 2026 et intitulé «Le procès de Saadia Mosbah et de ses collègues n’est pas une affaire financière… mais un message d’intimidation», appelant la Tunisie à libérer la militante antiraciste et à annuler les condamnations prononcées à son encontre ainsi qu’à celles de ses collègues de l’association Mnemty.
« Amnesty International condamne avec la plus grande fermeté la décision rendue le 23 juin 2026 par la Cour d’appel de Tunis, qui a confirmé le verdict initial injuste prononcé contre la célèbre militante tunisienne antiraciste Saadia Mosbah — présidente de l’association Mnemty — ainsi que les peines infligées aux membres et collaborateurs de l’association.
La confirmation de la peine de huit ans de prison et des sanctions financières prononcées à l’encontre de Saadia Mosbah constitue un grave revers pour la justice et le droit à un procès équitable. Ce verdict envoie un message clair d’intimidation à tous les défenseurs des droits humains, en particulier à ceux qui luttent contre le racisme et défendent les droits des migrants et des personnes noires en Tunisie.
L’organisation souligne que ce verdict ne peut être dissocié du contexte plus large marqué par les restrictions imposées à la société civile, le recours à des accusations financières vagues et dénuées de preuves crédibles pour cibler associations et militants, ainsi que la criminalisation de la solidarité et du travail légitime en faveur des droits humains.
Amnesty International condamne également la décision de la Tunisie d’interdire aux représentants de l’organisation et d’autres groupes de la société civile d’assister aux audiences des 19 et 23 juin, y voyant une violation du principe de publicité des audiences ainsi qu’une source de vive inquiétude quant aux garanties d’un procès équitable et à la transparence des procédures judiciaires.
Par conséquent, Amnesty International appelle les autorités tunisiennes à :
– libérer immédiatement et sans condition Saadia Mosbah ;
– annuler sa condamnation ainsi que celles de ses collègues de l’association Mnemty ;
– garantir le plein respect de leur droit à un procès équitable ;
– mener une enquête sérieuse et indépendante sur toutes les allégations de racisme et de mauvais traitements en détention ;
– et mettre fin à l’instrumentalisation de la justice pour criminaliser le travail en faveur des droits humains et restreindre la société civile.»