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La guerre Iran-USA a également touché les valeurs refuges (Morgan Stanley)

La guerre américano-israélienne contre l’Iran a, entre autres, ébranlé les valeurs refuges vers lesquelles les investisseurs se tournaient traditionnellement en période de conflits armés majeurs. Ni le dollar ni l’or et encore moins les obligations d’État, considérés comme des valeurs refuges, n’ont, cette fois-ci, confirmé leur réputation.

Alors que la guerre semble toucher à sa fin, Morgan Stanley a publié, samedi 20 juin, quelques conclusions sur l’évolution des marchés pendant le conflit. Ainsi, les marchés boursiers ont absorbé le choc relativement rapidement. Les craintes de droits de douane massifs annoncés par Trump en avril 2025 avaient provoqué une chute des actions d’environ 20 %. Cette fois-ci, cependant, malgré la guerre et les risques importants pesant sur la croissance mondiale, le repli a été plus modéré, se limitant à 9 %.

À la mi-avril, les marchés et la Bourse grecque avaient « déclaré » la fin de la guerre. Après tout, la plupart des chocs géopolitiques de ces dernières années n’ont pas eu d’impact durable sur les marchés boursiers. En effet, si de tels événements provoquent une volatilité immédiate et intense, les marchés ont tendance à se redresser relativement vite, souvent avant même la fin des conflits. Les événements géopolitiques engendrent des ventes massives à court terme, mais ils modifient rarement la tendance de fond des marchés.

Les marchés se concentrent en définitive sur les fondamentaux, tels que les bénéfices des entreprises, les taux d’intérêt et la croissance économique, plutôt que sur l’actualité. Les événements géopolitiques suscitent la peur (une hausse de l’indice de volatilité VIX), qui s’estompe une fois que la nouvelle réalité est intégrée aux prix.

Les investisseurs intègrent souvent le risque dans leurs cours avant même le début d’un conflit. Une fois l’événement survenu, l’incertitude diminue et les marchés se redressent avant même la fin du conflit.

Obligations d’État

De leur côté, les obligations d’État sont traditionnellement considérées comme une valeur refuge en période de conflit. Selon le modèle classique, elles servent de protection lorsque les marchés boursiers chutent. En mars, cette relation a été perturbée.

Face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient, qui a fait grimper les prix du pétrole et ravivé les craintes d’inflation, obligations et actions ont chuté de concert, ne parvenant pas à diversifier les portefeuilles au moment où les investisseurs en avaient le plus besoin. La conclusion est simple : un portefeuille fondé sur une seule corrélation « fixe » entre actifs peut s’avérer plus vulnérable qu’il n’y paraît.

Le dollar

Quant au dollar, il ne s’est pas comporté comme une valeur refuge classique. Normalement, il se renforce lorsque les investisseurs recherchent la sécurité ou lorsque les taux d’intérêt américains sont plus avantageux que ceux pratiqués à l’étranger. Cependant, pendant la majeure partie des six premières semaines du conflit, le dollar est apparu étroitement lié au pétrole, progressant souvent en même temps que le prix de cette matière première. Et même après la forte baisse des prix du pétrole suite à l’annonce du cessez-le-feu, le dollar a chuté davantage que ce que beaucoup auraient anticipé au regard des normes historiques.

L’or

Mais l’or n’a pas été non plus une valeur refuge. Traditionnellement, l’or est également considéré comme une « valeur refuge ». Cette fois-ci, cependant, il s’est comporté davantage comme un actif liquide à haut risque, chutant souvent au même rythme que les actions. De nombreux investisseurs s’en débarrassant pour accroître leurs liquidités dans un contexte de resserrement des conditions financières.

Il convient de noter que la part de l’or dans les réserves de change, détenues par les banques centrales pour soutenir la stabilité financière et gérer leurs monnaies en période de crise, a augmenté. Lorsque l’or représente une part importante de ces réserves, il peut devenir une source de liquidités en période de tensions.

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Quand l’Iran « ne prend plus au sérieux » les menaces de Trump…

Bien qu’on soit habitué à ses sorties extravagantes, à ses affirmations contradictoires et à ses gymnastiques mentales, Donald Trump ne cesse de surprendre.

Ces derniers jours, un soulagement général régnait après la signature du ‘’Memorandum of Understanding (MoU)’’ par les présidents américain et iranien. Trump a même réussi à surprendre agréablement le monde par des affirmations et des commentaires inédits que personne n’attendait de lui. Peut-être même lui-même était-il à mille lieues de penser qu’il les prononcerait un jour. Qu’on en juge.

Donald Trump s’en est pris avec virulence à Netanyahu, allant jusqu’à défendre le Liban contre Israël : « Ce n’est pas parce que vous voulez tuer une personne que vous pouvez vous permettre de bombarder tout un bloc d’habitations ». Tout en exigeant du Premier ministre israélien d’arrêter sa guerre contre le Liban. Une exigence exprimée, par ailleurs, clairement dans le premier des 14 points du MoU.

Plus inattendu encore. Trump, à la surprise générale, a affirmé dans un point de presse que « tout le monde possède des missiles, les Iraniens ont aussi le droit d’en posséder ».

C’en était trop pour Israël dont les éléments les plus extrémistes ne se réfèrent plus au président américain qu’avec les adjectifs de « maudit » et de « traitre ».

La tension entre Israël et les Etats-Unis a atteint des sommets sans précédent le 18 juin. Ce jour-là, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, le vice-président J.D. Vance a déclaré :« Les membres du gouvernement israélien devraient comprendre que le président Trump est le seul chef d’État au monde qui a encore de la sympathie envers Israël. Le message que je leur adresse est double. Premièrement, Donald J. Trump est le seul chef d’État au monde à avoir encore de la sympathie à la nation israélienne, et il se trouve qu’il est à la tête de la superpuissance mondiale. Si j’étais au gouvernement israélien, je ne m’en prendrais pas au seul allié puissant qui me reste dans le monde.

Deuxièmement, vous devez comprendre que pendant ces trois derniers mois, les deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre patrie ont été fabriquées par des Américains et financées par l’argent du contribuable américain. » C’est la première fois qu’un langage aussi sévère est utilisé par un haut responsable américain pour s’adresser à Israël.

Le même vice- président s’est envolé deux jours plus tard à Genève pour entamer des négociations avec le président du parlement iranien sur l’accord final qui devrait mettre fin à la guerre entre l’Iran et les Etats-Unis.

Mais alors que les deux délégations étaient en pleines négociations en présence des intermédiaires pakistanais et qatari, voilà Donald Trump qui revient à la charge et surprend le monde, mais cette fois très désagréablement.

Trump change encore une fois son fusil d’épaule. Il oublie Netanyahu, son occupation du Liban et les massacres perpétrés par l’armée israélienne contre les civils libanais, et s’en prend de nouveau à l’Iran qu’il menace de « frappes plus sévères encore que la dernière fois. » Pourquoi ? Parce que l’Iran a menacé de « refermer le détroit d’Ormuz, si Israël n’arrête pas ses attaques contre le Liban et ne se retire pas du sud du pays », comme il est expressément ordonné par le premier point du MoU, que Trump a signé à Versailles lors de la réunion du G-7…

Les nouvelles menaces de Trump contre l’Iran ne semblent pas avoir l’effet ardemment désiré par Israël, c’est-à-dire à l’arrêt des négociations et à l’abandon du MoU. Les Iraniens ne comptent plus le nombre de fois où Trump les a menacés de « ne plus avoir de pays ». C’est même devenu une source d’humour et d’inspiration de sketches conçus à l’aide de l’Intelligence Artificielle qui pullulent sur les réseaux sociaux.

Dans un message publié sur X, Ghalibaf, le chef de la délégation iranienne aux négociations de Genève a balayé d’un revers de main les menaces de Trump. « Quand comprendront-ils que leurs menaces n’ont aucun effet sur nous ? Nous ne prenons pas les menaces américaines au sérieux. »

Jusqu’à présent, l’accalmie irano-américaine n’a pas été affectée par les menaces, usées jusqu’à la corde à force d’être répétées. Les négociations continueront, en attendant la prochaine sortie de Trump dont nul ne peut prévoir le contenu, y compris l’intéressé lui-même.

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Iran–USA : un début de détente qui reconfigure le marché mondial du pétrole

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ismail Baghai, a déclaré que les discussions avec les États-Unis en Suisse avaient permis de réaliser des progrès sur la levée des sanctions et les exportations de pétrole.

« La vente du pétrole iranien, la délivrance des licences nécessaires aux exportations de pétrole et la levée des restrictions ou du gel des avoirs iraniens figuraient parmi les questions discutées en détail », a-t-il déclaré. Tout en poursuivant que ces questions « devraient, en règle générale, entrer bientôt dans la phase de mise en œuvre ».

A cet égard, notons que des négociations techniques entre l’Iran et les États-Unis se tiennent, lundi 22 juin, en Suisse, dans le but de discuter des mécanismes de mise en œuvre du Mémorandum d’Islamabad et de la mise en place des groupes techniques concernés, selon l’agence de presse iranienne Isna.

La délégation iranienne est dirigée par le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi. Des représentants du Pakistan et du Qatar participent également aux pourparlers. Tandis que la principale équipe de négociation iranienne, dirigée par Mohammad Baqer Qalibaf, est rentrée à Téhéran.

L’Iran relance ses exportations depuis Kharg

Dans le même temps, Bloomberg a rapporté que les vendeurs de pétrole brut iranien à la Chine ont considérablement baissé leurs prix depuis que la République islamique a recommencé à exporter des millions de barils de pétrole suite à un accord de paix intérimaire avec les États-Unis. Selon le média, citant des sources directement impliquées dans les transactions, les négociants et les courtiers proposent des cargaisons au comptant de pétrole brut iranien léger pour livraison en juillet avec une décote de 2,50 à 5 dollars par baril par rapport au Brent, le cours de référence international.

Avant l’accord, la réduction était d’environ 1 dollar par baril. Quant aux données de suivi maritime de Bloomberg, elles indiquent qu’au moins 11 pétroliers transportant un total de 20 millions de barils de pétrole ont quitté le port de Chabahar ces derniers jours.

L’Iran a également relancé ses expéditions depuis l’île de Kharg, son principal terminal d’exportation, après une interruption d’environ six semaines due au blocus naval américain, qui a été levé dans le cadre de l’accord intérimaire. Cette évolution marque une augmentation significative des exportations par rapport à il y a quelques semaines, lorsque le blocus empêchait Téhéran de vendre son pétrole sur les marchés internationaux, le privant ainsi de revenus cruciaux.

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L’impuissance de la puissance des Etats-Unis

Au terme de la guerre illégale déclenchée contre l’Iran par l’axe israélo-américain, la signature du protocole d’accord marque une défaite stratégique et politique du couple Trump-Netanyahou. Certes, ils jouissent d’un rapport de force militaire très largement favorable. Toutefois, la résistance-résilience de l’Iran et la démonstration de sa capacité à frapper les monarchies du Golfe et à bloquer le détroit d’Ormuz ont placé l’offensive israélo-américaine dans une impasse. Résultat, le président Trump s’est résigné à négocier et à signer un accord par lequel les Iraniens ont atteint leurs principaux objectifs. Alors que les États-Unis n’en ont atteint aucun (ni la chute du régime ni la fin du programme nucléaire).

Si les tensions demeurent (à cause de la poursuite des bombardements israéliens contre le Liban) et que l’accord n’est pas certain d’être respecté, cette guerre illustre combien la puissance militaire peut connaître des limites stratégiques et politiques. Une réalité que les Etats-Unis ont déjà pu constater en Irak et en Afghanistan, mais qu’ils semblent avoir oublié…

 

L’interventionnisme de Trump

La réélection de Donald Trump (2024) a été soutenue par un mouvement populaire favorable au désengagement des Etats-Unis des affaires internationales, remettant ainsi en cause sa traditionnelle fonction de « gendarme du monde ». Motif : mieux se concentrer sur les affaires nationales au nom du principe à connotation nationaliste : America first, « l’Amérique d’abord ». La victoire du milliardaire américain et son entrée en fonction à la Maison Blanche devaient ainsi sonner la fin des « aventures extérieures ».

Finalement, depuis son second mandat, Donald Trump s’avère très interventionniste. Les Etats-Unis n’ont pas hésité à recourir à la force. Et ce, en violation du droit international : actes d’agression contre des Etats (Iran, Venezuela), « assassinats ciblés » ou extrajudiciaires (contre des narco-traficants vénézuéliens ou des responsables iraniens).

Des chefs d’Etats eux-mêmes n’échappent pas à cette violence, comme l’illustrent l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro (janvier 2026) et l’assassinat du Guide suprême iranien Ali Khamenei (février 2026). Des opérations qui confirment le caractère imprévisible de la présidence Trump …

L’impuissance de Trump

Des interventions qui mobilisent la force, mais qui amènent à souligner l’impuissance de la première puissance mondiale. C’est en particulier le cas de la guerre contre l’Iran (février-juin 2026), déclenchée en dehors de toute légalité internationale et qui s’est conclue sur un accord dont les termes témoignent d’une défaite stratégique des Etats-Unis. La stratégie des frappes aériennes qui n’ont pas fait plier le régime iranien. Une impasse qui tend à affaiblir la crédibilité et l’efficacité de cette stratégie.

Derrière une capacité militaire toujours inégalée, les Etats-Unis sont confrontés à ce paradoxe : les frappes militaires décidées unilatéralement par Donald Trump sont révélatrices de sa propre impuissance politique dans un Moyen-Orient en recomposition.

En effet, l’opération « Fureur épique » déclenchée contre l’Iran a de nouveau montré les limites de la puissance militaire des Etats-Unis, en général, et de sa stratégie basée sur sa supériorité aérienne, en particulier. Elle a porté un coup à l’image de puissance irrésistible que Donald Trump voulait donner de son pays.

C’est la crédibilité internationale des Etats-Unis qui s’en trouve affectée par la guerre contre l’Iran. La première puissance mondiale n’arrive à imposer sa volonté ni à son ennemi l’Iran ni à son allié Israël (qui continue son agression contre le Liban, malgré les appels de Trump au respect du cessez-le-feu).

Quant à Gaza, derrière son plan et la mise en place du « Conseil de la paix », la réalité est cruelle : depuis l’instauration de cette organisation internationale et du cessez-le-feu, le bilan des bombardements israéliens atteint plus de 1 000 morts civils… Ici la responsabilité est partagée avec l’allié israélien : la politique israélienne au Moyen-Orient relève moins de la rationalité et de la sécurité du pays que de la volonté d’hégémonie qui anime ses dirigeants soutenus par leur opinion publique.

Enfin, le comportement des Etats-Unis comme d’Israël souligne un point : si le droit international est affaibli, ineffectif, c’est d’abord de la responsabilité des puissances qui le violent en toute impunité …

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