Lese-Ansicht

Détroit d’Ormuz : la flambée des tarifs du fret maritime s’accélère

La guerre et la crainte d’une hausse des droits de douane américains poussent le marché du conteneur à poursuivre sa tendance haussière. Les expéditeurs s’empressant d’anticiper ces nouvelles charges sur le fret maritime.

Sur les liaisons Asie-Côte Ouest des États-Unis, les tarifs de fret ont dépassé 6 000 $ par FEU, enregistrant une hausse de 25 % depuis le 15 juin. Parallèlement, les prix sur la liaison Asie-Côte Est des États-Unis ont augmenté de 1 400 $, atteignant 8 000 $ par FEU. C’est ce que révèle un rapport de Capital publié dimanche 21 juin sur la base de l’indice Freightos Baltic.

Depuis le début de la guerre le 28 février, les tarifs de fret sur les deux principaux axes routiers ont augmenté respectivement de 192 % et 158 ​​%. Une évolution dont les effets devraient continuer à affecter le marché pendant longtemps, indique la plateforme de marché du fret Xeneta.

L’analyste principal de la plateforme, Peter Sand, a déclaré que les expéditeurs accélèrent leurs importations en prévision des augmentations de la surcharge sur le carburant de soute prévues en juillet; mais aussi en raison de préoccupations concernant la disponibilité des capacités. « Nombreux sont ceux qui constatent que les navires empruntant les routes de sortie d’Asie affichent déjà complet pour les semaines à venir. Ceux qui parviennent à obtenir de l’espace pour leurs conteneurs doivent payer des surcoûts importants ».

Il a estimé que les pressions exercées par les surcharges sur les carburants pourraient bientôt s’atténuer. Car les prix du carburant marin et du pétrole en général ont chuté d’environ 20 % au cours des dix derniers jours.

Au moins quatre semaines d’incertitude supplémentaires

À ce stade, l’accord de paix initial entre les États-Unis et l’Iran ne devrait pas entraîner une réouverture immédiate du détroit d’Ormuz, Peter Sand déclarant que la zone doit d’abord être déminée, et que ce processus pourrait prendre encore environ quatre semaines. « Les taux de fret au comptant continueront d’augmenter tant que le détroit d’Ormuz n’aura pas retrouvé son fonctionnement normal », a-t-il déclaré. « Cela pourrait prendre encore quatre semaines, voire plus, selon la complexité de l’opération de déminage. Les transporteurs maritimes doivent se préparer à un pic du marché à l’approche de la réouverture officielle du détroit, suivi d’une décrue progressive ».

La forte dynamique du marché a permis à l’indice Drewry World Container de progresser de 12 % la semaine dernière pour atteindre 3 969 dollars par EVP, son plus haut niveau en 18 mois. Cette hausse s’explique principalement par l’augmentation des tarifs sur les liaisons Pacifique et Asie-Europe.

Toujours selon l’indice Drewry, la forte demande saisonnière, combinée à l’accélération des expéditions avant l’ajustement de la surcharge carburant prévu le 1er juillet, a permis aux compagnies maritimes d’imposer avec succès de nouvelles surcharges.

Les transporteurs ont déjà annoncé des surtaxes supplémentaires pour la haute saison (PSS) et des augmentations des tarifs de fret tous types (FAK) depuis juillet. Drewry estimant que ces mesures continueront d’exercer une pression à la hausse sur le marché spot dans les mois à venir.

L’article Détroit d’Ormuz : la flambée des tarifs du fret maritime s’accélère est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

L’impuissance de la puissance des Etats-Unis

Au terme de la guerre illégale déclenchée contre l’Iran par l’axe israélo-américain, la signature du protocole d’accord marque une défaite stratégique et politique du couple Trump-Netanyahou. Certes, ils jouissent d’un rapport de force militaire très largement favorable. Toutefois, la résistance-résilience de l’Iran et la démonstration de sa capacité à frapper les monarchies du Golfe et à bloquer le détroit d’Ormuz ont placé l’offensive israélo-américaine dans une impasse. Résultat, le président Trump s’est résigné à négocier et à signer un accord par lequel les Iraniens ont atteint leurs principaux objectifs. Alors que les États-Unis n’en ont atteint aucun (ni la chute du régime ni la fin du programme nucléaire).

Si les tensions demeurent (à cause de la poursuite des bombardements israéliens contre le Liban) et que l’accord n’est pas certain d’être respecté, cette guerre illustre combien la puissance militaire peut connaître des limites stratégiques et politiques. Une réalité que les Etats-Unis ont déjà pu constater en Irak et en Afghanistan, mais qu’ils semblent avoir oublié…

 

L’interventionnisme de Trump

La réélection de Donald Trump (2024) a été soutenue par un mouvement populaire favorable au désengagement des Etats-Unis des affaires internationales, remettant ainsi en cause sa traditionnelle fonction de « gendarme du monde ». Motif : mieux se concentrer sur les affaires nationales au nom du principe à connotation nationaliste : America first, « l’Amérique d’abord ». La victoire du milliardaire américain et son entrée en fonction à la Maison Blanche devaient ainsi sonner la fin des « aventures extérieures ».

Finalement, depuis son second mandat, Donald Trump s’avère très interventionniste. Les Etats-Unis n’ont pas hésité à recourir à la force. Et ce, en violation du droit international : actes d’agression contre des Etats (Iran, Venezuela), « assassinats ciblés » ou extrajudiciaires (contre des narco-traficants vénézuéliens ou des responsables iraniens).

Des chefs d’Etats eux-mêmes n’échappent pas à cette violence, comme l’illustrent l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro (janvier 2026) et l’assassinat du Guide suprême iranien Ali Khamenei (février 2026). Des opérations qui confirment le caractère imprévisible de la présidence Trump …

L’impuissance de Trump

Des interventions qui mobilisent la force, mais qui amènent à souligner l’impuissance de la première puissance mondiale. C’est en particulier le cas de la guerre contre l’Iran (février-juin 2026), déclenchée en dehors de toute légalité internationale et qui s’est conclue sur un accord dont les termes témoignent d’une défaite stratégique des Etats-Unis. La stratégie des frappes aériennes qui n’ont pas fait plier le régime iranien. Une impasse qui tend à affaiblir la crédibilité et l’efficacité de cette stratégie.

Derrière une capacité militaire toujours inégalée, les Etats-Unis sont confrontés à ce paradoxe : les frappes militaires décidées unilatéralement par Donald Trump sont révélatrices de sa propre impuissance politique dans un Moyen-Orient en recomposition.

En effet, l’opération « Fureur épique » déclenchée contre l’Iran a de nouveau montré les limites de la puissance militaire des Etats-Unis, en général, et de sa stratégie basée sur sa supériorité aérienne, en particulier. Elle a porté un coup à l’image de puissance irrésistible que Donald Trump voulait donner de son pays.

C’est la crédibilité internationale des Etats-Unis qui s’en trouve affectée par la guerre contre l’Iran. La première puissance mondiale n’arrive à imposer sa volonté ni à son ennemi l’Iran ni à son allié Israël (qui continue son agression contre le Liban, malgré les appels de Trump au respect du cessez-le-feu).

Quant à Gaza, derrière son plan et la mise en place du « Conseil de la paix », la réalité est cruelle : depuis l’instauration de cette organisation internationale et du cessez-le-feu, le bilan des bombardements israéliens atteint plus de 1 000 morts civils… Ici la responsabilité est partagée avec l’allié israélien : la politique israélienne au Moyen-Orient relève moins de la rationalité et de la sécurité du pays que de la volonté d’hégémonie qui anime ses dirigeants soutenus par leur opinion publique.

Enfin, le comportement des Etats-Unis comme d’Israël souligne un point : si le droit international est affaibli, ineffectif, c’est d’abord de la responsabilité des puissances qui le violent en toute impunité …

L’article L’impuissance de la puissance des Etats-Unis est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  
❌