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Balance commerciale alimentaire : l’excédent dépasse 943 millions de dinars à fin mai 2026

La balance commerciale alimentaire de la Tunisie a enregistré un excédent de 943,4 millions de dinars à fin mai 2026, contre 745,7 millions de dinars durant la même période de 2025. Cette amélioration s’accompagne d’un taux de couverture de 127,1 %, ce qui signifie que les exportations alimentaires ont largement dépassé les importations.

Selon les données publiées par l’Institut national de la statistique (INS), les exportations de produits alimentaires ont atteint 4.426,7 millions de dinars sur les cinq premiers mois de l’année, en hausse par rapport aux 3.645,1 millions de dinars enregistrés à fin mai 2025. Dans le même temps, les importations alimentaires se sont élevées à 3.483,3 millions de dinars, contre 2.899,3 millions de dinars un an auparavant.

L’excédent commercial du secteur alimentaire s’est ainsi renforcé de près de 198 millions de dinars sur un an. Cette évolution traduit une progression des exportations plus rapide que celle des importations, permettant au secteur de consolider sa contribution positive à la balance commerciale du pays.

Avec un taux de couverture de 127,1 %, le secteur alimentaire demeure l’un des rares secteurs à dégager un excédent commercial significatif, les recettes des exportations couvrant largement les dépenses liées aux importations alimentaires.

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IA, textile technique, durabilité : la feuille de route du textile tunisien pour gagner en valeur d’ici 2036

« Nous avons besoin de changer avant de nous faire changer » C’est par ce constat qu’Abdelaziz Sifaoui, membre de la Fédération Tunisienne du Textile et de l’Habillement (FTTH), a résumé l’ambition de la nouvelle stratégie sectorielle présentée le 19 juin à Tunis. Face à un marché mondial en pleine mutation, la profession mise sur l’innovation, l’intelligence artificielle, les textiles techniques et la durabilité pour renforcer la position de la Tunisie dans les chaînes de valeur internationales.

Selon Rym Zariat, membre du bureau de la FTTH chargée de la communication, cette vision est le résultat d’une analyse approfondie du marché et des attentes des donneurs d’ordres internationaux. Aujourd’hui, plus de 80 % de la production textile tunisienne est destinée à l’exportation, principalement vers l’Europe, un marché devenu plus volatil, plus exigeant et plus sensible aux enjeux de proximité et de durabilité.

« les marques recherchent désormais des chaînes d’approvisionnement plus courtes afin de réduire les risques logistiques et leur empreinte environnementale» a souligné Zariat. Dans cette optique, la proximité géographique de la Tunisie avec l’Europe constitue un avantage stratégique. « Nous sommes le pays le plus proche de l’Europe », a-t-elle rappelé, estimant que cette position répond aux nouvelles attentes des donneurs d’ordres. Autre évolution majeure : la montée de la complexité des commandes. Les grandes séries standardisées laissent progressivement place à des productions plus fragmentées, nécessitant davantage de flexibilité et de réactivité. Pour Rym Zariat, le tissu tunisien de PME et de TPE constitue un atout important pour répondre à cette demande.

La durabilité est également devenue un critère incontournable. Avec l’entrée en vigueur progressive de nouvelles exigences environnementales en Europe, les industriels devront démontrer l’impact environnemental de leurs produits tout au long de leur cycle de vie. « Ce n’est plus une tendance, c’est devenu une condition», a-t-elle affirmé, rappelant que plusieurs entreprises tunisiennes sont déjà engagées dans cette transformation. Pour accompagner cette évolution, la FTTH a structuré sa feuille de route autour d’un premier cycle d’actions à court terme couvrant la période 2026-2027. L’un des projets phares concerne le développement d’une intelligence artificielle souveraine dédiée au secteur.

« Soit nous contrôlons l’IA, soit nous la subissons », a déclaré Abdelaziz Sifaoui. L’objectif est de construire progressivement une plateforme d’intelligence artificielle capable de protéger les données des entreprises tunisiennes tout en mutualisant les connaissances du secteur. Le projet débutera par la démocratisation de l’usage de l’IA dans les fonctions transversales des entreprises avant d’évoluer vers le développement d’outils plus avancés.

La fédération prévoit également la création d’un hub d’innovation destiné à partager les bonnes pratiques industrielles et à diffuser les expériences réussies en matière de digitalisation, d’automatisation et de développement produit. Parmi les priorités figurent aussi l’amélioration de l’image du secteur auprès des jeunes et le développement des compétences liées à l’industrie 4.0. Les responsables de la FTTH estiment que le manque d’attractivité du textile constitue aujourd’hui un défi majeur pour le recrutement de talents et la montée en gamme des entreprises.

La stratégie mise également sur les textiles techniques et médicaux, considérés comme l’un des principaux relais de croissance de la prochaine décennie. L’objectif est de faire émerger un véritable pôle euro-méditerranéen dans ce domaine en s’appuyant sur les industriels déjà présents et sur l’attraction de nouveaux investisseurs.

À moyen terme, entre 2028 et 2030, la transformation passera par une meilleure intégration de la chaîne de valeur, la diversification des marchés d’exportation et l’accélération de la transition durable. La FTTH souhaite notamment réduire la dépendance du secteur aux approvisionnements asiatiques et renforcer sa présence sur de nouveaux marchés européens, africains et moyen-orientaux.

Pour Rym Zariat, la compétitivité future du textile tunisien ne se jouera ni sur la taille ni sur les volumes de production. Elle reposera davantage sur la valeur ajoutée, la spécialisation et la capacité des entreprises à devenir des partenaires stratégiques des marques internationales plutôt que de simples sous-traitants. Une évolution que la fédération considère comme indispensable pour permettre au secteur de franchir une nouvelle étape de son développement.

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Capital-investissement: redéfinit le sourcing et la due diligence

Dans le cadre de la conférence annuelle de l’Association tunisienne des investisseurs en capital (ATIC), le panel “Sourcing & Due Diligence 2.0” a exploré la transformation profonde des métiers de l’investissement sous l’effet de l’intelligence artificielle. Entre exploitation des données, détection des signaux faibles et automatisation des processus, les experts ont dessiné les contours d’un nouveau paradigme où la décision devient plus prédictive, continue et augmentée.

Après plusieurs années d’absence, l’ATIC a consacré un panel central aux mutations du capital-investissement, marqué par l’essor de l’IA dans les processus de sourcing et de due diligence.

La donnée, nouvel actif stratégique de l’investissement

Pour Louay Salti, Head of Product chez Axe Finance, les modèles traditionnels de décision atteignent aujourd’hui leurs limites face à la complexité et au volume croissant des données. La donnée n’est plus uniquement interne aux institutions financières : elle provient désormais de multiples sources externes, souvent non structurées, issues d’écosystèmes digitaux variés. Cette évolution impose un travail de structuration et de normalisation afin de transformer ces flux en signaux exploitables. Ces signaux alimentent ensuite les systèmes de scoring et les outils d’aide à la décision, permettant de passer d’une analyse descriptive à une logique prédictive. L’intelligence artificielle générative accélère ce mouvement en automatisant l’extraction, l’analyse et la synthèse des informations financières et non financières.

Dans un contexte économique instable et face à des modèles d’entreprises de plus en plus complexes, Nejla Mejri Ep Hedriche, associée chez Deloitte, souligne que la due diligence est devenue un exercice stratégique central. Elle ne se limite plus à l’analyse financière et fiscale, mais intègre désormais des dimensions juridiques, sociales, environnementales et technologiques, notamment la cybersécurité.

L’intelligence artificielle permet aujourd’hui une analyse plus exhaustive des données, notamment issues des data rooms, tout en améliorant la détection d’incohérences et le benchmarking sectoriel. Elle contribue ainsi à renforcer la rapidité et la précision des analyses. Cependant, cette transformation s’accompagne d’une exigence de transparence: la majorité des investisseurs soutient l’usage de l’IA, à condition que la décision finale reste humaine et pleinement responsable. Pour Anis Laadhar, associé chez EY Parthenon, le capital-investissement vit une transformation structurelle profonde. Le sourcing ne repose plus uniquement sur les réseaux relationnels, mais sur des systmes d’agents intelligents capables d’analyser en continu des volumes massifs de données. Le rôle du conseil évolue également : il ne s’agit plus seulement de mettre en relation, mais de concevoir des cadres d’analyse et des “règles d’investissement” permettant d’industrialiser la détection d’opportunités.

Dans ce modèle, les signaux faibles deviennent centraux: recrutements accélérés, changements de gouvernance ou arrivée de profils seniors sont interprétés comme des indicateurs avancés de transformation. L’IA permet aussi une personnalisation des approches commerciales en fonction des profils identifiés.

Vers une vigilance continue des investissements

Pour Haikel Drine, CEO d’Afrikanda, l’intelligence artificielle marque le passage d’une logique de due diligence ponctuelle à une “continuous diligence”.

Le suivi des entreprises devient permanent, automatisé et basé sur des flux de données en temps réel. Cette évolution permet d’identifier plus tôt les opportunités et de mieux anticiper les dynamiques de marché.

Mais cette transformation s’accompagne de défis majeurs: sécurité des données, formation des équipes et responsabilité éthique. Si l’IA automatise de nombreuses tâches, la décision finale et la contextualisation stratégique restent humaines.

Toutefois, l’adoption de l’IA dans le capital-investissement reste encore limitée, freinée par des contraintes budgétaires et une gouvernance encore peu structurée. La plupart des acteurs ne constatent pas encore de valeur immédiate, même si les usages se concentrent sur l’optimisation des processus et l’analyse de données. Au-delà des outils, les intervenants soulignent un changement profond : l’IA transforme le métier sans remplacer l’humain, qui reste responsable des décisions. L’enjeu n’est plus la technologie elle-même, mais sa bonne intégration dans les stratégies d’investissement.

 

 

 

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Tunis : changement de circulation sur la RN22 pour la poursuite des travaux du pont de La Cagna

Des modifications temporaires de circulation seront mises en place sur la route régionale n°22, dans le cadre des travaux d’aménagement de l’entrée sud de la capitale. Le changement concerne la zone du pont de La Cagna, avec la mise en œuvre d’une nouvelle phase de déviation à partir du samedi 20 juin 2026, à 10h.

Selon le dispositif annoncé par le Ministère de l’Équipement et de l’Habitat, les règles de circulation seront les suivantes :

Les usagers venant de Mornag, Hammamet et des zones du sud et se dirigeant vers le centre-ville de Tunis, l’aéroport ou Bizerte devront rester sur la voie de gauche au niveau du pont de La Cagna, puis continuer sur la route principale. Ceux qui se dirigent vers La Cagna ou Bab Alioua devront, eux, se placer sur la voie de droite au niveau du même pont.

Les autorités appellent les conducteurs à suivre la signalisation en place, à réduire la vitesse et à rester attentifs tout au long de la zone de travaux, afin d’éviter les accidents et de fluidifier le trafic.

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Sfax : une nouvelle station de dessalement entre en service pour renforcer l’accès à l’eau

Une nouvelle station de dessalement d’eau de mer est désormais en service à Sfax. Elle renforce l’approvisionnement en eau potable pour environ 900 000 habitants dans la région et ses environs.

L’installation produit près de 100 000 m³ d’eau potable par jour. Elle permet de soutenir le réseau existant dans une zone soumise à une forte pression sur les ressources en eau. Le projet a été financé par un prêt de la JICA, d’un montant d’environ 800 millions de dinars tunisiens. Cette station vise à sécuriser l’approvisionnement en eau, surtout pendant les périodes de forte demande. Elle contribue aussi à alléger la pression sur les ressources conventionnelles et à mieux répartir l’eau vers d’autres régions, notamment le Sahel. Pour les habitants de Sfax, cette infrastructure arrive dans un contexte marqué par des tensions sur l’eau, notamment en été. Le projet s’inscrit dans les efforts de la Sonede pour renforcer la sécurité hydrique en Tunisie.

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«De la visibilité plus que des avantages»… Ce que demande le textile tunisien à l’État

Face à des représentants des secteurs public et privé, des institutions financières et des bailleurs de fonds, le président de la FTTH, Haithem Bouagila, a lancé un appel à des réformes «précises et urgentes» pour éviter un décrochage du textile tunisien. Réduction du coût du crédit, modernisation du code des changes, simplification des procédures douanières et amélioration du climat d’investissement figurent parmi les priorités défendues par la profession, qui a présenté vendredi 19 juin sa feuille de route 2026-2036 visant une progression de 50% des exportations du secteur.

Aujourd’hui, avec un environnement international de plus en plus concurrentiel, la profession estime que l’avenir du textile tunisien dépend désormais autant des efforts des industriels que de la capacité de l’État à accélérer plusieurs réformes jugées prioritaires. Au nom du secteur, la FTTH a formulé six demandes urgentes: réduire le coût du financement, instaurer un cadre fiscal favorable aux investissements technologiques et durables, optimiser les procédures douanières et logistiques, moderniser le code des changes, adapter le droit du travail aux spécificités de l’industrie et simplifier le parcours de l’investisseur. Selon Haithem Bouagila, la réactivité constitue aujourd’hui le principal avantage compétitif de la Tunisie face aux pays asiatiques à bas coûts. Or, cet atout est affaibli par les lenteurs administratives et logistiques. «Chaque jour perdu en formalités douanières et logistiques est très concrètement un client perdu au profit d’un concurrent plus rapide», a-t-il déclaré.

Le président de la FTTH a également insisté sur la nécessité d’accélérer la réforme du code des changes afin de permettre aux entreprises tunisiennes «d’acheter et de vendre à la vitesse du commerce mondial». Il a plaidé pour davantage de visibilité et de stabilité réglementaire, estimant que les investisseurs ont besoin «de visibilité plus encore que d’avantages». Ces revendications accompagnent le lancement du nouveau plan d’action sectoriel 2026-2036. La fédération considère que le secteur souffre moins d’un problème de production que d’un problème de modèle économique. «Nous n’avons pas un problème de travail, nous avons un problème de modèle. Et un modèle, ça se change», a affirmé Haithem Bouagila. La stratégie présentée vise à sortir de la concurrence basée sur les prix pour miser davantage sur la valeur ajoutée, les textiles techniques, l’innovation et la durabilité. L’objectif est de positionner la Tunisie comme une plateforme textile premium de proximité pour l’Europe et comme une référence régionale dans les textiles techniques, médicaux et professionnels.

Le plan fixe plusieurs objectifs à l’horizon 2036: une hausse de 50% des exportations, une augmentation de 25% de la valeur ajoutée locale, une part des textiles techniques portée à 45% de l’activité du secteur, une progression de 30% des emplois qualifiés et un programme d’investissement de 1,35 milliard d’euros. Pour accompagner cette transformation, la FTTH propose également la création d’un Fonds national de modernisation industrielle réunissant l’État, les institutions financières et les partenaires internationaux.

Selon Haithem Bouagila, le secteur représente aujourd’hui plus de 4,5 milliards de dinars d’exportations lorsqu’on inclut les textiles techniques destinés notamment aux industries automobile, aéronautique et médicale. Une fenêtre d’opportunité s’ouvre pour la Tunisie grâce aux nouvelles attentes des donneurs d’ordre européens en matière de proximité, de traçabilité et de durabilité. «Le vent tourne pour une fois en notre sens», a-t-il estimé, tout en avertissant que cette opportunité pourrait rapidement profiter à d’autres pays si les réformes attendues tardent à se concrétiser.

 

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Slim Laghmani élu, dès le premier tour, juge au Tribunal international du droit de la mer pour 9 ans

Source: permanent mission of Tunisia to United Nations NY

Dans une salle feutrée du siège des Nations unies à New York, où se décident rarement des équilibres juridiques aussi sensibles sans négociations prolongées, un vote s’est clos dès le premier tour. Le professeur Slim Laghmani a été élu juge au Tribunal international du droit de la mer, pour la période 2026-2035. Et ce, à l’occasion de la 36e réunion des États parties à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

“Ce résultat constitue un succès diplomatique notable pour la Tunisie et coïncide avec le 70e anniversaire du ministère des Affaires étrangères”, précise le MAE. Il traduit, selon des sources diplomatiques, la reconnaissance de l’expertise juridique tunisienne et réaffirme l’engagement du pays en faveur du droit international, du règlement pacifique des différends et d’une meilleure représentation africaine et arabe au sein des juridictions internationales, lit-on dans le communiqué.

Le Tribunal international du droit de la mer (TIDM), basé à Hambourg, est l’une des pierres angulaires du système juridique créé par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. Il est composé de 21 juges élus pour 9 ans par les États parties. Sa mission couvre des contentieux stratégiques allant des frontières maritimes à la pêche, en passant par les détentions de navires, la protection du milieu marin et les différends liés à l’exploitation des fonds océaniques. Il dispose également de procédures rapides, notamment les demandes de libération immédiate de navires et d’équipages, ce qui en fait une juridiction à la fois technique et opérationnelle dans le droit international contemporain.

 

 

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