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Chroniques du Mondial : 2002, le blackout en pleine finale et l’ombre d’un coup de Ben Ali

Nous sommes le 30 juin 2002. En Tunisie, des milliers de foyers sont installés devant les écrans pour suivre la finale de la Coupe du monde entre le Brésil et l’Allemagne. Un rendez-vous rare, presque rituel, dans un pays où le football concentre les attentions collectives. Mais en pleine première mi-temps, l’image se fige. Puis tout s’éteint.

Une panne d’électricité généralisée touche une partie importante du réseau national. Dans plusieurs régions, les téléviseurs s’éteignent brutalement et la finale devient soudain inaccessible pour une large partie du public. Le moment, déjà frustrant, va rapidement dépasser le simple incident technique pour entrer dans le registre des récits politiques et des rumeurs persistantes.

Une lecture officielle contestée

Du côté des autorités et de la société nationale de l’électricité, la lecture officielle est claire : il s’agit d’un incident technique lié à une surcharge du réseau, aggravée par la chaleur et une consommation exceptionnelle liée à la forte mobilisation des téléviseurs et des systèmes de climatisation. Cette explication sera reprise dans plusieurs comptes rendus de l’époque et plus tard par des analyses techniques évoquant un effondrement du système électrique sous tension simultanée.

Mais très vite, un autre récit s’installe dans l’espace public. Dans les cafés, les conversations, puis dans certains médias étrangers et témoignages rétrospectifs, une hypothèse circule : la panne n’aurait pas été seulement accidentelle. Elle aurait pu être liée à une volonté de contrôle de l’information à un moment politiquement sensible.

Selon ces lectures, la coupure serait intervenue alors qu’une programmation télévisée critique du pouvoir devait être diffusée, notamment sur une chaîne étrangère, à savoir Aljazeera. Dans ce cadre, certains évoquent des contenus liés à des enquêtes sur la corruption ou les réseaux proches du pouvoir de l’époque et notamment le clan Trabelsi. Ces affirmations restent cependant du registre du soupçon et de la rumeur, sans preuve documentée établissant une intervention politique dans la panne.

Entre incident technique et interprétation politique

Ce glissement entre incident technique et interprétation politique s’explique aussi par le contexte de l’époque : une forte centralisation du pouvoir, une méfiance envers les médias, et une circulation limitée de l’information indépendante. Dans ce type d’environnement, le moindre événement massif et inexplicable alimente rapidement des scénarios alternatifs.

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Les autorités finissent par ordonner une enquête pour déterminer les causes exactes de la coupure. Le débat public, lui, ne s’éteint pas avec le retour du courant. Il se prolonge dans le temps, transformant cet épisode en un marqueur mémoriel : celui d’une après midi de Mondial interrompue, mais aussi d’un pays confronté à ses fragilités techniques et à ses zones d’ombre politiques supposées.

Avec le recul, les analyses techniques privilégient l’hypothèse d’une défaillance du réseau électrique sous forte contrainte de consommation. Les récits de type politique, eux, restent dans le champ des interprétations et des suspicions, sans confirmation factuelle établie.

Ce “blackout du Mondial” demeure ainsi un événement double : un incident électrique avéré, et un objet de mémoire collective où s’entremêlent technique, émotion et lecture politique.

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Tunisie – Marché auto : Les prix de l’occasion s’effritent sous la pression des hybrides chinoises

Le marché automobile tunisien connaît depuis plusieurs mois une recomposition profonde, marquée par une baisse notable des prix des voitures d’occasion, en particulier des modèles thermiques. Dans les souks automobiles et chez les revendeurs, plusieurs professionnels et acheteurs confirment une tendance baissière plus visible qu’au cours des années précédentes, dans un contexte de mutation accélérée du secteur.

Selon les données récentes disponibles, le marché global des véhicules en Tunisie reste pourtant en croissance. En 2025, environ 93 095 véhicules ont été vendus, contre 79 369 en 2024, soit une hausse de 17,3 %. Mais cette dynamique cache des déséquilibres entre les segments, notamment entre le neuf et l’occasion, ainsi qu’entre motorisations thermiques et alternatives.

Un effet de pression sur la demande

La baisse des prix sur le marché de l’occasion s’explique d’abord par un effet de pression sur la demande des véhicules thermiques. Plusieurs facteurs structurels convergent. D’une part, les politiques fiscales récentes favorisent clairement les véhicules hybrides et électriques, via des incitations et des avantages à l’importation ou à l’achat, ce qui oriente progressivement les acheteurs vers des motorisations plus récentes et plus “avantageuses” fiscalement. D’autre part, l’offre de véhicules neufs évolue rapidement avec l’arrivée de nouveaux modèles hybrides et électriques à des prix de plus en plus compétitifs, réduisant l’attrait relatif des voitures thermiques d’occasion.

L’invasion des voitures chinoises

Un deuxième facteur déterminant est l’arrivée massive des marques chinoises sur le marché tunisien. Ces constructeurs, positionnés sur des segments de prix intermédiaires et accessibles, ont profondément modifié la structure concurrentielle. Leur montée en puissance est rapide : les marques asiatiques représentent désormais près d’un cinquième des ventes et atteignent environ 22,5 % de parts de marché sur certains segments récents, avec une progression continue depuis 2025 . Cette offre nouvelle exerce un effet de substitution direct sur les véhicules d’occasion, notamment les modèles thermiques européens ou japonais plus anciens.

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Dans ce contexte, le marché parallèle et l’occasion jouent un rôle d’amplificateur de la baisse des prix. Le segment parallèle, qui inclut notamment les véhicules d’occasion et les importations hors circuits classiques, représente près de 28 % des ventes totales et a connu une forte expansion ces dernières années . Mais cette croissance s’accompagne d’une saturation progressive de l’offre sur certains modèles thermiques, ce qui exerce une pression à la baisse sur les prix.

Les professionnels du secteur évoquent également un changement de comportement des acheteurs. De plus en plus de consommateurs privilégient soit des véhicules récents hybrides, soit des modèles neufs bénéficiant d’avantages fiscaux, ce qui réduit la liquidité du marché de l’occasion thermique. Résultat : les délais de vente s’allongent et les prix sont ajustés à la baisse pour maintenir les transactions.

Une transition structurelle

La baisse des prix des voitures d’occasion thermiques en Tunisie apparaît moins comme un phénomène conjoncturel que comme une transition structurelle. Entre incitations fiscales en faveur de l’électrification, montée en puissance des marques chinoises et recomposition des préférences des consommateurs, le marché automobile tunisien entre dans une phase de rééquilibrage où l’occasion thermique perd progressivement de sa valeur relative.

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