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La course au contrôle de l’IA est lancée: des risques désormais identifiés

Lors de l’ouverture de la conférence annuelle (2026) de l’Association Tunisienne des Investisseurs en Capital (ATIC), le ministère des TIC, lu par Tarak Triki, DG Smart Capital, a tenu à saluer la constance de l’engagement de l’association. Il a été souligné que l’ATIC s’impose désormais, année après année, comme un acteur structurant et essentiel de l’écosystème financier tunisien.

Le ministère a également mis en avant la pertinence du thème choisi pour cette édition 2026, à savoir l’intelligence artificielle (IA) et l’investissement durable. Selon les propos rapportés, ce choix s’inscrit parfaitement dans un contexte de transformation accélérée où l’IA n’est plus perçue comme une simple promesse théorique, mais comme une réalité professionnelle concrète transformant en profondeur la compétitivité des entreprises et les processus de décision.

Dans cette perspective, il a affirmé que le débat ne portait plus sur la nécessité d’adopter l’IA, celle-ci étant considérée comme acquise, mais plutôt sur la vitesse de son intégration, les modalités de sa gouvernance et les stratégies à déployer. L’allocution a insisté sur la volonté de la Tunisie de ne pas rester spectatrice de cette révolution technologique, mais de s’affirmer comme un acteur engagé, appelé à accélérer ses efforts pour s’aligner sur les mutations mondiales.

Enfin, l’intervention a souligné l’importance de renforcer la coordination entre tous les acteurs concernés et d’intensifier les actions déjà entreprises. Pour conclure, le ministère a annoncé qu’il rencontrerait les membres du bureau de l’ATIC à l’issue des travaux afin de leur transmettre les recommandations et conclusions issues de cette journée de réflexion.

L’intelligence artificielle à l’épreuve de la confiance

Lors de la conférence, la chercheuse et experte en intelligence artificielle Nozha Boujemaa est intervenue autour d’un thème central pour l’avenir des technologies; l’émergence d’une “IA de confiance”.

Dans une allocution dense et structurée, elle a appelé à un changement de paradigme dans la manière d’évaluer et de gouverner les systèmes d’intelligence artificielle, en soulignant le passage d’une logique d’éthique déclarative à une exigence de responsabilité objectivable et mesurable. Selon elle, les approches traditionnelles de l’éthique de l’IA, souvent fondées sur des principes généraux et contextuels, atteignent aujourd’hui leurs limites. L’enjeu n’est plus seulement d’afficher de bonnes intentions, mais de démontrer concrètement la maîtrise des systèmes déployés. La responsabilité est ainsi redéfinie comme une “capacité de rendre compte”, impliquant une compréhension complète des mécanismes internes des modèles et une capacité à en justifier les comportements. Au cœur de son intervention, une distinction structurante.

A dire vrai, la performance ne doit pas être confondue avec la confiance. La performance renvoie à l’efficacité d’un modèle dans des conditions contrôlées: rapidité, précision, taux de réussite. La confiance, elle, désigne la robustesse du système, c’est-à-dire sa capacité à maintenir un niveau de qualité stable dans des environnements variés, changeants et parfois imprévisibles. Un modèle peut ainsi afficher d’excellentes performances en phase de test tout en devenant instable une fois confronté à des usages réels. C’est pourquoi, selon l’experte, la robustesse doit désormais être considérée comme un indicateur quantifiable de la fiabilité.

Quels sont les risques réels? 

L’intervention a également mis en lumière les risques business associés à une IA insuffisamment maîtrisée. Une défaillance non anticipée peut rapidement devenir un risque réputationnel majeur, avec un impact direct sur la confiance des clients et, in fine, sur la viabilité économique des organisations. Dans cette perspective, la régulation n’est plus présentée comme une contrainte administrative, mais comme un levier de sécurisation et de compétitivité.

Elle a notamment alerté sur les effets possibles sur la santé mentale, lorsque les systèmes numériques comblent des “vides informationnels” par des contenus inadaptés ou nocifs. Elle a également rappelé que l’IA joue un rôle croissant dans la formation de l’opinion publique, posant ainsi des questions directes de souveraineté démocratique. Dans ce cadre, l’humain doit conserver le “dernier mot” dans les décisions critiques.

D’ailleurs, les risques associés aux systèmes d’intelligence artificielle insuffisamment fiables font aujourd’hui l’objet de cadres d’évaluation spécifiques. Parmi les références les plus reconnues figure celui élaboré par le National Institute of Standards and Technology, agence relevant du département du Commerce des États-Unis. Ce référentiel propose une approche structurée de la gestion des risques liés à l’IA en identifiant trois niveaux d’impact potentiels : les atteintes pouvant affecter les personnes, les préjudices susceptibles de toucher les entreprises, ainsi que les conséquences pouvant perturber les écosystèmes économiques, sociaux ou environnementaux. Cette classification illustre l’élargissement des enjeux de l’intelligence artificielle, dont les effets dépassent désormais le cadre strictement technologique pour toucher l’ensemble de la société.

Tester et anticiper les vulnérabilités

Parmi les outils évoqués figure le “red teaming”, une pratique issue de la cybersécurité qui consiste à tester activement les failles, biais et comportements indésirables des modèles avant leur déploiement.

Cette approche vise à anticiper les dérives potentielles des systèmes d’IA générative, plutôt que de les corriger a posteriori, dans un contexte où les risques liés aux biais et aux usages détournés sont de plus en plus documentés.

Enfin, l’experte a présenté l’approche “Value by Design”, qui consiste à intégrer les valeurs éthiques, sociales et économiques dès la phase de conception des algorithmes, sous forme de contraintes structurantes.

En un seul mot d’ordre! Maîtriser le cycle de vie de l’IA. 

 

 

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Capital-investissement en Tunisie: le grand retour de l’ATIC comme levier de la transformation économique

Après 8 ans d’absence, la conférence annuelle de l’Association tunisienne des investisseurs en capital (ATIC) a signé un retour remarqué en juin 2026 à Tunis. Sous la présidence de Selma Ben Hamida, l’événement ne s’est pas limité à une reprise de calendrier. Dans son intervention, la présidente a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’un “acte délibéré”, celui d’un secteur qui choisit de reprendre pleinement sa place dans le débat économique et institutionnel après une période de turbulences.

Elle a rappelé que le capital-investissement n’est pas un acteur financier comme les autres, mais un mécanisme de transformation économique reposant sur l’apport en fonds propres et un accompagnement stratégique des entreprises. Un rôle qui, selon elle, devient d’autant plus essentiel dans un contexte où les besoins de restructuration et de développement restent importants.

Les chiffres présentés lors de la conférence illustrent cette dynamique. En 2025, le secteur a mobilisé 709 MDT de fonds levés et investi 740 MDT dans l’économie tunisienne. Plus de 223 entreprises ont été financées, permettant la création ou le maintien de plus de 5 800 emplois. La présidente a également souligné la montée en puissance du capital-retournement, devenu un axe central du secteur, représentant près de 40% des investissements totaux, contre 30% trois ans auparavant, avec 204 MDT consacrés aux opérations de restructuration.

Mais ce tableau positif est accompagné d’une alerte claire. L’ATIC a mis en garde contre l’échéance, prévue fin 2026, des incitations fiscales mises en place par la loi de 2019. Ces dispositifs, qui facilitent l’orientation de capitaux privés vers les entreprises en difficulté, sont jugés essentiels pour la stabilité du financement de l’économie réelle. L’association plaide ainsi pour leur reconduction jusqu’en 2031 dans le cadre de la loi de finances 2027, afin de garantir la visibilité nécessaire à des cycles d’investissement longs, souvent compris entre 5 et 7 ans.

Au-delà des enjeux fiscaux, la vision portée lors de cette édition s’inscrit dans une logique de transformation plus large. L’ATIC met en avant trois priorités structurantes: renforcer l’attractivité de la Tunisie comme place de référence pour le capital-investissement, développer les fonds à impact notamment ESG afin d’aligner investissement et développement durable, et consolider le rôle des Sicar régionales pour mieux irriguer les territoires et répondre aux besoins des entreprises dans les régions intérieures.

La conférence a également été marquée par un moment de reconnaissance et de transmission. Les anciens présidents de l’ATIC ont été honorés par la remise de trophées, symbole d’une continuité institutionnelle et d’un travail de structuration construit sur le temps long. Dans cette séquence, l’association a voulu rappeler que le secteur s’est consolidé progressivement grâce à l’engagement de plusieurs générations d’acteurs.

Entre bilan économique, plaidoyer fiscal et hommage institutionnel, cette édition 2026 s’impose ainsi comme un tournant. Elle confirme la volonté du capital-investissement tunisien de se positionner comme un levier central de financement, mais aussi comme un acteur engagé dans la transformation durable de l’économie du pays.

 

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