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Ramadanes Paroles d’experts: réfléchir sur la sincérité de la marque alors que l’IA devient incontournable

«Ramadan 2026 était différent. Il l’était par ses campagnes, ses messages, sa proximité, sa charge émotionnelle. Il l’était aussi par son retour à l’essentiel alors que chacun devait se démarquer», attestait Fatma Abbès, responsable marketing IAT. Elle faisait partie des experts qui s’étaient attardés sur les stratégies, performances et le décryptage des campagnes du ramadan 2026 à l’occasion d’un panel modéré par Sana Mouldi, consultante et enseignante marketing, à la faveur de la 2e édition des ‘Ramadanes’Comm’, le 2 avril 2026.

C’était le consommateur et les chiffres qui décidaient

Selon Fatma Abbès, la nouveauté résidait dans le fait que l’IA était désormais dans la prod et le contenu et que ‘demander à GPT’ était aussi de la proximité. Et c’est pour cela que les campagnes pub avaient été très créatives, surtout les campagnes sur insight produit.
Mohamed-Salah Ben Slamia, CEO de Muse Agency, explorait les apports de la contradiction: «On pouvait marquer les esprits aussi bien avec un bon spot qu’avec un spot qui avait mal tourné! C’était le consommateur et les chiffres qui en décidaient. Et les estimations prouvaient que le Tunisien n’était pas le même selon sa situation en Tunisie. Et donc, réaliser un spot était génial mais il fallait constamment prendre en compte la personne à laquelle vous vous adressiez».

Ce qui faisait dire à Sawssen Toumi, responsable marketing Lloyd Assurances, que les campagnes étaient assez engageantes mais qu’il fallait prendre le temps de les décortiquer, réfléchir sur le fait de communiquer: «D’une année à l’autre, il fallait innover, être créatif, déployer de la réflexion et de l’audace en même temps. Réfléchir à l’après-ramadan».

Mohamed-Salah Ben Slamia rétorquait que la différentiation et l’audace devaient être accompagnées d’un retour vers l’essentiel: «Pourquoi, pour qui, faisait-on de la pub? Qu’est-ce que le consommateur avait envie d’apprendre? Nous devions comprendre ses besoins et proposer quelque chose qui lui ressemblait, où il ressentait de l’émotion. Il devait sentir que la marque était sincère. Et les nouvelles générations avaient besoin d’un autre message».

Plus on utilisait l’IA, plus on avait de l’expertise

Sendy Zardy, CEO de ComGuru, revenait sur l’outil devenu de plus en plus omniprésent dans la com et la pub: «L’évolution ne s’était jamais arrêtée et l’IA s’était imposée dans la production de contenu, à tel point que le consommateur ne pouvait plus faire la différence. Tout le monde devait s’adapter à l’IA comme outil et partenaire».

Fatma Abbès ajoutait un autre facteur: «L’efficacité d’un spot ne résidait pas seulement dans la visibilité, mais dans la création de résonance et la provocation de l’émotion. Nous avions fait l’exercice avec l’IA mais j’avais senti que la différence était dans les détails lors de ce ramadan, car l’IA seule tendait à donner des spots standard».

Sendy Zardy citait l’exemple de la campagne ‘Malla Makrouna’ qui était la troisième à être réalisée avec l’IA: «J’avais constaté l’évolution d’une année à l’autre. Le tout était de toucher un nouveau public, rajeunir la marque avec des outils tendance. Il était clair que plus on utilisait l’IA, plus on avait de l’expertise, plus on comprenait, plus on contrôlait».

Sawssen Toumi parlait également d’évolution: «Le choix des textes était risqué. Question de dosage. On pouvait faire de l’humour mais on ne devait pas toucher à la marque. On constatait que la notoriété de l’image s’améliorait d’année en année mais il y avait une part du spot que nous devions réaliser avec l’IA».

Mohamed-Salah Ben Slamia soulignait cependant que l’utilisation de l’IA s’imposait dès que le budget/timing était limité: «L’IA était un outil qui permettait indéniablement de gagner du temps mais, pour moi, l’humain restait au centre des choses; surtout de la perspective régionale».

Pour Sendy Zardy, il ne faisait aucun doute que l’IA s’installait durablement et qu’elle allait faire plus de bien que de mal. Et pour Fatma Abbès, la tendance IA était là et il fallait doser, choisir et savoir exploiter son potentiel.

 

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Ramadanes parcours inspirants: hommage aux 7 mousquetaires de l’écosystème marques/agences/médias

«C’était un moment symbolique au cours duquel nous avons honoré des parcours inspirants par leur conviction et la qualité de leur travail; des personnalités qui ont brillé au sein de la communauté. Nous avons célébré leurs trajectoires et leur avons exprimé toute notre gratitude pour leur contribution marquante à l’évolution de notre secteur», avait déclaré Lamia Tritar, CEO d’Iceberg Agency, présidente de l’ATPMC et organisatrice de la 2e édition des «Ramadanes’Comm», tenue le 2 avril 2026. L’événement avait été l’occasion de rendre hommage à sept personnalités de l’écosystème marques-agences-médias en Tunisie.

Sept parcours, sept sources d’inspiration

La remise des distinctions avait été ponctuée des témoignages des personnalités honorées.

Salah Attia, professeur de toute une génération et passeur de savoir, était revenu sur son parcours: «J’ai commencé à 21 ans dans la formation professionnelle, puis j’ai lancé des marques, organisé des milliers de séminaires et accompagné de nombreuses entreprises dans tous les secteurs. Parmi toutes ces réalisations, la transmission du savoir est ce à quoi j’ai le plus tenu».

Fondateur d’Emrhod, membre de l’INS et président de chambre nationale, Nabil Belaam avait, pour sa part, évoqué «un parcours de plusieurs décennies de travail entamé en 1986», consacré à mieux connaître les Tunisiens à travers les études et les enquêtes, tout en observant l’évolution d’un pays qu’il juge de plus en plus passionnant.

Mawaheb Ben Amor, directrice marketing forte de 26 ans d’expérience, avait rappelé sa passion constante pour le marketing, la communication et la créativité, soulignant avoir toujours considéré que ce métier allait au-delà des marques et devait avant tout donner du sens aux actions entreprises.

Hosni Krid-Gargouri, enseignante et experte en marketing et communication, avait estimé qu’un parcours inspirant se construit souvent à travers les difficultés. Forte de 25 années d’expérience, elle avait insisté sur l’importance de s’entourer des bonnes personnes, qu’elle considère comme la plus grande richesse.

Expert en marketing et communication, Mohamed-Salah Ben Slamia avait rappelé que «le travail finit toujours par payer». Passionné de publicité depuis son plus jeune âge, il avait évoqué la création de son agence Muse à Sousse en 2009, malgré les préjugés selon lesquels il fallait être installé à Tunis pour réussir dans le secteur.

Pionnier de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et de la communication interne, Tarek Chabir était revenu sur ses débuts dans ce domaine dès 2006 au sein d’une entreprise de 200 collaborateurs, à une époque où ce type de fonction était encore peu développé en Tunisie. Il avait profité de l’occasion pour appeler à une meilleure reconnaissance de ce métier.

Enfin, Sahar Mechri, directrice exécutive de Managers, créatrice du premier réseau d’affaires féminin et enseignante, avait tenu à souligner que son parcours était avant tout le fruit d’un travail collectif, mené avec son équipe et de nombreux partenaires ayant contribué à concrétiser cette vision.

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Ramadanes’Comm2026: le phénomène de la consommation du ramadan, raconté et décrypté

Les marques, agences et médias formant l’écosystème de la publicité en Tunisie se sont rencontrés à l’occasion de la 2e édition des « Ramadanes’Comm », organisée le 2 avril 2026, pour raconter et décrypter ce mois où le phénomène de la consommation nécessite intelligence et ouverture d’esprit. Les éclairages apportés lors de cette rencontre ont permis d’affiner la compréhension des comportements des consommateurs et des tendances qui ont marqué le Ramadan 2026.

« Ramadan est une période unique et cette seconde édition du Ramadanes’Comm 2026 a été l’occasion d’échanges entre les acteurs de l’écosystème pour un passage en revue et un décryptage », avait déclaré Lamia Tritar, CEO d’Iceberg Agency, présidente de l’ATPMC et organisatrice de l’événement.

Même pic, différents comportements

Dès la première conférence, il est clair que l’approche des ‘Ramadanes’Comm’ est foncièrement critique. Car Hassen Zargouni, CEO Sigma Conseil, choisit d’exposer les paradoxes télévisuels et publicitaires du mois de ramadan en Tunisie pour un media planning stratégique plus équilibré.

« Il faut établir un media planning stratégique avant de commencer à acheter. Pendant le ramadan, le comportement d’audience est différent des autres mois. On regarde la télévision en famille lors du ramadan et chacun des son côté les autres mois. Pourtant, le pic est le même : 40%. Ceux qui communiquent toute l’année ont compris ce pic tout en saisissant les différences. Par exemple, pour la radio, l’écoute matinale domine pendant le ramadan alors que c’est l’après-midi pour les autres mois », a commenté Zargouni.

Il a estimé que la pub a changé de statut alors que 40 spots de 30 secondes font 20 minutes d’audience ; ce qui en fait une émission à part entière. Et qui dit émission, dit attention, commentaire, socialisation. Quant au coût, la minute en est à près du double lors du ramadan où le spot revient à un million de dinars.

Il soulève également la question de la concurrence où le peloton de tête est constitué de l’alimentaire, la distribution et les télécoms : « La construction de la marque nécessite la continuité et, alors que l’effet ramadan retombe, il faut comprendre que la mémoire publicitaire est cumulative. L’enjeu étant de passer d’un modèle à pics vers un modèle à continuum où les médias doivent travailler simultanément sur la télévision, la radio et le digital. »

Une guerre où les télés font la loi

Regrettant que le storytelling cède le pas à la pression commerciale, Mohamed-Salah Ben Slamia, CEO Muse Agency, a recommandé qu’il faut faire attention à la manière de parler au consommateur qui n’est pas le même à Tunis et à l’intérieur du pays. « C’est une guerre publicitaire. Qui fera mieux que les autres ? Qui fera le plus de partages ? Ce sont les télés qui profitent de la situation avec 50% du marché pub de 150 MD dominé par 5 boîtes et les marques n’ont pas le choix. Le digital n’est est qu’à 20% mais il peut rapporter beaucoup plus. Il faut y travailler », a-t-il souligné.

Le secteur est également fragilisé par la pauvreté des profils capables d’amener de la pub : « Ce n’est que dernièrement que des sociétés ont commencé à faire du casting car il était clair que, pendant le ramadan, ce qui reste en mémoire ce n’est pas la marque qui tape plus fort mais celle qui touche le cœur de l’audience, qui marque les esprits. Et là, le storytelling est très important. Les trois premières secondes doivent frapper fort. »

Orchestrez l’humain et laissez l’IA gérer les workouts

Un autre dilemme attend les agences et studios en cette ère d’IA générative : se réinventer ou disparaitre ! C’est Kais Ben Sedrine, Fondateur Wuser Agency, qui sonne l’alarme : « Nous sommes tous sur la ligne de départ d’une nouvelle course et si nous ne prenons pas le virage rapidement, nous serons hors jeu. Dans un time-to-market très court, l’IA générative est une expérience exponentielle. Sa capacité à apprendre est extraordinaire et de nouveaux outils sont en train de remplacer les anciens. L’IA redéfinit les métiers créatifs. »

Est-ce que c’est donc fini pour les agences ? Selon Ben Sedrine, l’IA exacerbe, au contraire, notre créativité ; elle nous permet d’affiner une idée et augmente notre capacité à la vendre : « Orchestrez l’humain et laissez l’IA gérer les workouts. Au départ nous avons peur puis on comprend que tout un monde d’opportunités s’ouvre à nous. Cependant, il y a un savoir critique à maîtriser : prompt engineering, quality control, vision créative, storytelling… avant de répondre aux attentes des marques en matière d’idées, de stratégie, d’excellence. L’IA générative va créer une avalanche de contenu générique et les marques paieront très cher pour sortir du lot. Mais est-ce que l’IA va devenir, elle-même, l’agence ? Ce qui reste, c’est notre connexion sociale, notre connaissance du marché, notre concentration sur l’idée. Et ceux qui ne font que de la prod vont disparaître. »

La pub influe sur notre culture culinaire

Côté performances des spots publicitaires des marques sur les réseaux sociaux pendant le mois de ramadan 2026, Mohamed Ben Ahmed, Fondateur CloudySP ‘Data&AI Company’, a abordé l’impact de la notoriété : « L’annonceur prépare sa stratégie et l’agence cherche l’indicateur de mémorisation pour se rencontrer sur les performances des spots sur les réseaux, le ranking et l’encombrement. Nous en sortons avec de nombreux insights ; notamment que les ‘views’ sont en montée selon l’enveloppe dépensée. Par exemple, sur facebook, Orange/Oodidoo/TT sont en tête en termes de live ; sur Instagram, Ooridoo/Saida/Orange en termes de commentaires ; et sur Youtube, TT/Croustina/Boga. Nous glanons les données sur les réseaux et nous connectons les sites des annonceurs. Sur l’étendue de l’expérience, l’annonceur fait ses analyses ; et la multiplication des sites rend l’analyse extrêmement affinée. »

Ces données sont à croiser avec les habitudes alimentaires des Tunisiens durant le mois de ramadan entre héritage culturel et influence publicitaire. C’est l’approche de Nabil Belaam, CEO Emrhod Consulting : « Notre observatoire braque les lumières sur la consommation alimentaire des Tunisiens pendant le ramadan et il est évident que la pub influe sur notre culture culinaire alors que 72% de la population monitorée l’affirme. » Les stars de cette influence sont couscous, pâtes, chorba frik, bick et… lasagne.

L’influence du ramadan est également manifeste dans les campagnes publicitaires des marques sur les médias affichage urbain. Ikbel Khammour, CEO Univers Media Consulting est revenu sur les performances en 2026 Vs ramadan 2025 : « L’affichage urbain reste un média stratégique pendant le ramadan même si l’enveloppe n’a que légèrement augmenté, passant de 2,2 MD en 2025 à 2,3 MD en 2026. En 2025, les secteurs de tête ont été l’agroalimentaire, l’hygiène & beauté, les télécoms, la banque & assurance, l’automobile, les boissons ; et en 2026 l’agroalimentaire, les télécoms, l’automobile, l’hygiène & beauté, les boissons. Nous avons eu 203 annonceurs en 2025 contre 212 en 2026.

Kick, un nouveau média pour la GenZ

Le ramadan 2026 a été aussi le moment de découverte d’un nouveau venu dans la nébuleuse des réseaux sociaux en Tunisie qui semble propice à attirer les jeunes dans la consommation ramadanesque. Il s’agit de ‘Kick’ que Mohamed-Kais Khenine, CEO E2Business Consulting, a décrit comme le nouveau média de masse de la Génération Z avant d’en compulser les données pour en dégager les opportunités et les stratégies pour le marché tunisien : « Kick a apporté le nouveau métier de Streamer pour les jeunes qui peuvent aller jusqu’à gagner 80 mille dinars par mois. Il est aussi ouvert à la création de communautés comme ‘errakcha’ ; une ‘houma’ virtuelle. Avec une population à 75% masculine et à moins de 34 ans, Kick observe la plus grande croissance en région MENA. En Tunisie, les annonceurs peuvent y découvrir les nouvelles tendances au moment où la GenZ a totalement abandonné la TV et les canaux classiques. Ses streameurs offrent des opportunités pour les marques avec création de contenu, sponsoring d’events, jeux… car ils ont indéniablement de l’influence. »

Pour y parvenir, il faut tester de nouveaux formats, construire des plates-formes pour les connecter, et le contenu Kick peut être très intéressant au moment où le terrain est encore vierge.

La 2è édition des ‘Ramadanes’Comm’ a également organisé un panel sur les stratégies, performances et décryptage des campagnes du ramadan 2026 modéré par Sana Mouldi, consultante et enseignante marketing. Elle a aussi rendu hommage à 7 parcours inspirants et a manifesté sa reconnaissance à ses sponsors et partenaires.

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