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Tribune – Après le sursaut souverain et l’alerte RH : L’IMIB comme boussole de la performance

Dans nos récentes contributions ici même, nous appelions d’abord à faire des banques publiques le levier de notre souveraineté numérique, avant de démontrer comment l’immobilisme RH menaçait de faire dérailler le bras armé financier de l’État dans le cadre du Plan 2026-2030. Il convient aujourd’hui de dépasser le stade du diagnostic. Face à l’acquisition frénétique de briques technologiques exogènes et au déni persistant du capital humain, le secteur financier tunisien doit opérer une rupture opérationnelle. L’Indice de Maturité IA Bancaire (IMIB) s’impose désormais comme une boussole capable de traduire nos alertes en un outil de pilotage de notre performance et de notre autonomie réelle.

 

Comme nous l’affirmions récemment, l’un des plus grands dangers qui guettent nos structures publiques est leur propension à s’enfermer elles-mêmes dans des logiques bureaucratiques d’auto-préservation. Dans le secteur bancaire, cet enfermement prend une forme particulièrement insidieuse : celle du fétichisme de l’infrastructure. Pour s’auto-convaincre de leur modernisation, nos institutions affichent des budgets d’investissement spectaculaires : migration vers le Cloud, refonte des Core Banking Systems (CBS) ou déploiement de modules d’IA générative.

 

Lire aussi : Tribune – Banques publiques tunisiennes à l’horizon 2030 : le levier de la souveraineté numérique

 

Pourtant, un examen approfondi de l’efficience opérationnelle post-intégration révèle un paradoxe flagrant. Les coûts d’exploitation augmentent, les circuits décisionnels s’allongent et la valeur ajoutée réelle peine à se matérialiser. Ce dysfonctionnement structurel démontre que l’on ne brise pas l’immobilisme en achetant simplement de la technologie « Plug-and-Play ». Superposer des couches logicielles de pointe sur des processus organisationnels obsolètes et des architectures silotées ne fait qu’automatiser la bureaucratie existante. La technologie ne crée pas de la performance par sa seule présence ; elle ne fait qu’amplifier l’efficacité (ou l’inefficacité) de la structure qui l’accueille. Prétendre que l’urgence opérationnelle ou le manque de temps nous imposent d’installer ces outils à la hâte, sans audit préalable de notre réceptivité, revient à justifier le financement à fonds perdus d’une modernisation de façade.

 

Du mythe du rattrapage à la réalité de la maturité : qu’est-ce que l’IMIB ?

C’est précisément ici que se dissipe l’« illusion du rattrapage » que nous dénoncions il y a quelques jours. Vouloir enfermer le secteur financier tunisien dans une course effrénée pour combler un « retard numérique » théorique est une erreur stratégique. Cette vision pousse nos banques à acquérir des solutions exogènes standardisées à un rythme qu’elles ne peuvent absorber. Tout en occultant la seule question qui vaille : celle de notre capacité réelle d’assimilation. C’est pour rompre avec cette logique de consommation passive qu’intervient l’IMIB (Maturity Index for Banking Intelligence).

Que l’on ne s’y trompe pas : l’IMIB n’est pas une contrainte bureaucratique ou réglementaire de plus venant alourdir un secteur financier déjà sur-audité. Bien au contraire, il s’agit d’une police d’assurance contre le gaspillage de nos capitaux. Délaissant le contrôle de conformité formel pour une véritable culture de la preuve, l’IMIB est une matrice de diagnostic sectoriel qui évalue la viabilité d’une institution financière à travers quatre axes fondamentaux. A savoir :

La Maturité des Données (Data Readiness) : l’indice mesure l’intégrité, la traçabilité et la centralisation des données de la banque. Si les données sont silotées ou non qualifiées, l’IA la plus avancée ne produira que des prévisions erronées.

L’Autonomie Technologique (Vendor Lock-in Risk) : il jauge le degré de dépendance de la banque vis-à-vis des éditeurs étrangers. Une banque mature doit pouvoir auditer, paramétrer et faire évoluer ses modèles sans dépendre du bon vouloir technique ou tarifaire d’un tiers.

L’Agilité Managériale (Operational Agility) : il évalue la perméabilité des structures d’exécution. L’indice sanctionne la lourdeur des circuits de décision et valide la capacité de l’organisation à déployer des innovations en cycles courts.

La Rétention du Capital Humain (Talent Sustainability) : il audite la capacité de l’institution à intégrer, valoriser et stabiliser ses compétences critiques (Data Scientists, architectes Cloud, experts en cybersécurité) au sein de ses grilles managériales.

En mesurant ces dimensions, l’IMIB ne s’intéresse plus à ce qu’une banque dépense pour « rattraper » ses concurrents, mais à sa capacité structurelle et humaine à transformer un investissement technologique en levier de performance net.

 

Lire également — Plan de développement 2026-2030 : pourquoi l’immobilisme RH va faire dérailler le bras armé financier de l’État

 

La gouvernance des données et le risque de subordination algorithmique

Le cœur de la souveraineté financière nationale se joue désormais dans la couche invisible des flux de données. À l’ère de l’intelligence artificielle, se contenter d’un rattrapage de façade en externalisant aveuglément le stockage ou le traitement de ces informations critiques équivaut à une cession de souveraineté opérationnelle. Il ne s’agit pas ici de prôner une autarcie technologique ou un protectionnisme rétrograde – aucune institution au monde ne développe ses infrastructures de zéro -, mais bien de refuser une vassalisation algorithmique totale vis-vis des intégrateurs et géants de la Tech étrangers.

Si les modèles qui évaluent le risque de crédit, détectent la fraude ou modélisent le comportement des agents économiques tunisiens, sont des boîtes noires dont nous ne maîtrisons ni le code source, ni la logique décisionnelle, nos banques s’exposent à une vulnérabilité majeure. La maturité exige une maîtrise absolue de la chaîne de valeur de la donnée. L’IMIB permet d’auditer cette étanchéité en mesurant la capacité d’une banque à concevoir des modèles d’apprentissage adaptés aux spécificités de l’économie locale. Sans cette autonomie technique, le secteur financier national s’expose à un risque de subordination où les décisions de financement stratégiques seront dictées par des biais importés, totalement déconnectés des réalités de notre tissu entrepreneurial régional.

 

Le capital humain comme actif technologique n°1

L’indicateur le plus critique de l’IMIB, et le véritable point de convergence de toutes nos analyses précédentes, reste le facteur humain. Ici surgit souvent l’objection de la prudence administrative : face à l’argent public et aux risques de fraude, les structures pyramidales et les comités pléthoriques seraient des remparts nécessaires. C’est confondre le contrôle et la paralysie. La dilution généralisée de la responsabilité à travers des comités redondants n’a jamais protégé une institution ; elle protège simplement le gestionnaire contre le risque d’exercer sa signature, tout en étouffant l’innovation.

Il existe une contradiction intenable à vouloir introduire des technologies de rupture en maintenant ces circuits paralysés par la méfiance systémique. Les experts de la Tech, les architectes Cloud et les Data Scientists exigent de l’agilité, de l’autonomie et une trajectoire d’évolution dynamique. Face à l’exode massif de cette élite vers l’Europe ou le Golfe, invoquer le fatalisme macroéconomique du différentiel salarial est une capitulation managériale commode. Le salaire est souvent le prétexte du départ, mais le manque de considération, la lourdeur des processus et le sentiment d’inutilité professionnelle en sont les déclencheurs réels. En refusant de moderniser notre gouvernance des talents sous prétexte que nous ne pouvons pas rivaliser avec les devises étrangères, nous acceptons passivement de subventionner à fonds perdus la transformation numérique de l’Occident avec l’argent du contribuable tunisien.

L’heure n’est plus aux indignations stériles sur le conservatisme des structures, ni aux investissements cosmétiques dictés par les effets de mode. Les conseils d’administration de nos institutions financières doivent urgemment intégrer la maturité technologique et algorithmique au cœur de leurs rapports de gestion annuels, non pas comme un indicateur technique secondaire, mais comme le pilier central de leur viabilité économique à long terme.

 

Continuer à ignorer le diagnostic de vérité de l’IMIB, c’est condamner nos banques à financer à fonds perdus une modernisation de façade. Tout en acceptant passivement une dépendance technologique et managériale qui hypothèque notre souveraineté économique nationale.

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Les opinions exprimées dans cette tribune reflètent une analyse économique et technique personnelle et n’engagent que leur auteur. 

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Netanyahu échoue à saboter l’accord de paix irano-américain

Alors qu’une petite lumière a commencé à briller au bout du tunnel dans lequel la guerre contre l’Iran a plongé le monde, le premier ministre israélien se démène comme un diable pour l’éteindre. En d’autres termes, au moment où les Etats-Unis et l’Iran s’apprêtaient à signer un protocole d’accord qui mettrait fin aux hostilités, Netanyahu, désespéré de voir un apaisement dans les relations entre Téhéran et Washington, a eu recours au sabotage en bombardant la banlieue-sud de Beyrouth, la fameuse ‘Dhahya’.

Il semble acquis que Netanyahu a échoué dans ses tentatives de maintenir en l’état les hostilités entre Washington et Téhéran. Son échec de saboter la paix que le monde entier réclame, l’a plongé dans le désespoir. Il ne peut rien faire d’autre que ruminer, la mort dans l’âme, la peine et la haine qui le rongent.

En effet, les dernières informations, confirmées à Washington et Téhéran, indiquent que les deux partie sont arrivées à un Mémorandum d’accord qui sera signé le vendredi 19 juin à Genève. L’effet immédiat de ce Mémorandum sera l’arrêt de la guerre, la levée du blocus sur l’Iran et l’ouverture du détroit d’Ormuz à la navigation. Le Mémorandum prévoit également que les deux parties auront 60 jours pour arriver à un accord final concernant tous les problèmes en suspens : les sanctions contre l’Iran, les avoirs gelés de l’Iran, la question nucléaire et la paix dans la région.

Il serait instructif de passer en revue les événements qui ont précédé l’annonce officielle du Mémorandum d’accord entre les Etats-Unis et l’Iran.

La semaine dernière l’Iran a menacé de riposter contre Israël, si ce dernier s’attaque à la ‘Dhahya’. Trump, soucieux de signer un accord qui le sortirait du piège où il se débat depuis le 28 février, ordonna à Netanyahu de ne pas s’approcher de la capitale libanaise.

Mais Netanyahu ignora l’ordre de Trump et s’attaqua à la banlieue-sud de Beyrouth. L’Iran, comme il a menacé de le faire, a répliqué par une attaque directe contre Israël. Une première pour Téhéran, qui a lancé ses missiles contre Israël non pas parce que celui-ci a attaqué l’Iran, mais parce qu’il a attaqué Beyrouth.

Israël a de nouveau défié Trump et riposté contre l’Iran. Celui-ci a riposté de nouveau contre des cibles en Israël. A la suite de ces échanges, Israël a limité ses frappes au sud du Liban.

Ce cycle inédit dans la région a mis en évidence la volonté de l’Iran d’instaurer une nouvelle dynamique régionale. Le message iranien était clair : les attaques contre le Liban ne seraient plus sans conséquences pour Israël. Pour la première fois, un pays de la région tente d’imposer des contraintes militaires à Israël au-delà de ses frontières.

Sans surprise, Israël a perçu cela comme une atteinte directe à sa liberté de manœuvre imposée depuis longtemps à la région entière. Une perspective très inquiétante pour Israël qui considère la nouvelle équation que l’Iran est déterminé à mettre en place comme un danger à la pérennité de l’impunité dont ont toujours bénéficié les gouvernements successifs israéliens.

Pendant plusieurs jours, alors même que le Hezbollah et Israël continuaient d’échanger des tirs, Netanyahu s’est abstenu de frapper la banlieue sud de Beyrouth et de tester la nouvelle ligne rouge de l’Iran.

Mais dimanche 14 juin, à quelques heures seulement de« la signature électronique » par Washington et Téhéran d’un mémorandum mettant fin à la guerre et permettant le retour à la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, Netanyahu, pris d’hystérie face à ces développements, a tenté encore une fois de recourir au sabotage en bombardant de nouveau la banlieue-sud de Beyrouth.

Un diplomate américain impliqué dans les négociations a déclaré dimanche à Fox News : « Il s’agit d’une tentative manifeste d’Israël de saboter l’accord du président et de replonger les États-Unis dans la guerre. »

Cette « tentative manifeste » a manifestement échoué. Netanyahu qui a entrainé son ami Trump dans une guerre désastreuse, se trouve au pied du mur. Il est désormais incapable de forcer Washington à poursuivre la guerre, ni de la poursuivre tout seul.

L’Iran est le grand gagnant de la désastreuse mésaventure de Trump et Netanyahu. Sans doute, le pays a subi de grandes destructions et des milliers de morts, dont le guide Ali Khamnei. Mais il a montré aux Etats-Unis, à Israël et au monde le prix qu’aurait à payer quiconque tenterait de déstabiliser l’Iran ou de porter atteinte à sa souveraineté.

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Cinq choses à savoir sur Ayyoub Bouaddi, le surdoué des Lions de l’Atlas

Dans le football moderne, les prodiges sont partout. Mais les prodiges capables de parler avec aisance devant un jury, de décrocher leur bac avant l’âge habituel ou de faire l’unanimité des deux côtés de la Méditerranée sont plus rares. À…

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Est-ce la fin du conflit au Moyen-Orient ?

Washington et Téhéran ont finalisé, dimanche 14 juin, un protocole d’accord devant mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris au Liban. Toutefois, le dossier le plus épineux, notamment le programme nucléaire iranien, sera examiné ultérieurement. 

 Pouvait-il rêver d’un aussi beau cadeau pour fêter ses 80 ans ? Dimanche 14 juin, qui s’avère être le jour de son anniversaire, le président américain Donald Trump a enfin arraché à la dernière minute un accord historique avec l’Iran. Et ce, en dépit de la frappe israélienne menée sans avertissement le jour même contre un centre de commandement du Hezbollah, dans la banlieue sud de Beyrouth.

Sabotage

Pour les responsables iraniens, cette attaque démontre soit l’incapacité des États-Unis à contenir leur allié israélien; soit leur absence de volonté de faire respecter les engagements pris dans le cadre des discussions. Mais il est clair que le choix du timing démontre la volonté du gouvernement Netanyahou de torpiller tout rapprochement entre Washington et Téhéran sur le dos d’Israël.

Selon le site Axios, Donald Trump aurait adopté un ton sévère lors d’un entretien téléphonique avec Benjamin Netanyahou. Il aurait reproché au Premier ministre israélien son « manque de discernement » après la frappe menée à Beyrouth, estimant que cette opération avait perturbé les derniers préparatifs de l’accord en cours de négociation avec Téhéran et retardé sa signature.

La médiation pakistanaise à l’honneur

C’est le Pakistan, médiateur du conflit, qui a été le premier à annoncer officiellement la nouvelle, par la voix de son Premier ministre, Shehbaz Sharif, que les États-Unis et l’Iran étaient parvenus à un « accord de paix » mettant immédiatement fin à toutes les opérations militaires au Moyen-Orient, y compris au Liban.

« Maintenant que l’accord est conclu, les médiateurs faciliteront une série de réunions cette semaine. Ces discussions préalables à la mise en œuvre de l’accord jetteront les bases des pourparlers techniques et de la cérémonie officielle de signature ». Laquelle se tiendra selon lui à Genève, en Suisse, le 19 juin.

Pour sa part, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré dans la nuit de dimanche à lundi que l’accord avec les Etats-Unis mettait « fin immédiatement et définitivement à la guerre et aux opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban ».

Quelques minutes plus tard, Trump confirma sur son réseau Truth Social que « L’accord avec la République islamique d’Iran est désormais finalisé. J’autorise pleinement la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots ! », a ajouté le président américain, euphorique.

Quid de la « déclaration d’Islamabad » ?

Mais que contient le protocole d’accord ou le « mémorandum d’entente » qui porte le nom de « déclaration d’Islamabad », un geste de reconnaissance envers le Pakistan, pays médiateur du conflit entre les deux pays  et dont la signature se tiendra à Genève le 19 juin à 45 kilomètres d’Evian-les-Bains en France, ville où se déroulera un sommet du G7 en présence de Donald Trump et d’une délégation américaine du 15 au 17 juin ?

Selon la chaine américaine CNN, ce sera le vice-président américain, JD Vance, qui représentera les États-Unis et qui signera le texte. Lequel prévoit un cessez-le-feu de 60 jours sur « tous les fronts », y compris le Liban, le déblocage du détroit d’Ormuz « sans que l’Iran ne demande des taxes de passage » aux navires empruntant le corridor.

En échange, le blocus opéré par la Navy américaine depuis le 13 avril sera levé. Un allégement des sanctions à l’encontre de l’Iran est prévu, « selon l’avancement d’un accord et l’engagement continu et de bonne foi » de l’Iran.

Sur le sujet du nucléaire, l’accord devra « satisfaire toutes les exigences américaines ». Toujours selon CNN, Téhéran devra donc s’engager à ne pas chercher à obtenir l’arme nucléaire. Il devrait également renoncer à son stock d’uranium enrichi.

Reste la question du dégel ou non des milliards de dollars d’actifs iraniens qui demeurent en suspens. Toutefois, un haut responsable américain cité par l’agence de presse britannique Reuters a affirmé que l’accord en élaboration est « fondé sur les résultats ». Téhéran ne récupérerait pas ses avoirs gelés s’il ne remplit pas sa part de l’accord.

Quelles garanties ?

Au final, faut-il se réjouir de la conclusion de cet accord qui mettra fin à un conflit déclenché par les États-Unis et Israël le 28 février et qui a déjà fait plus de 7 000 morts, fragilisé les alliances régionales et porté un coup dur à l’économie mondiale ?

La réponse est suggérée par la BBC qui souligne que des questions subsistent sur plusieurs “points cruciaux, notamment la nature des restrictions imposées à l’enrichissement et le sort à réserver au stock d’uranium hautement enrichi que détient actuellement l’Iran.

« Certains de ces aspects seront sans doute réglés lors de négociations ultérieures et de discussions “techniques” menées durant la prolongation de 60 jours de la trêve actuelle. Mais s’il est une chose qui ressort clairement de décennies d’efforts pour tenter d’amadouer l’Iran et le contraindre à renoncer à ses ambitions nucléaires, c’est qu’il n’existe aucune garantie, n’en déplaise aux États-Unis », conclut le média britannique.

Des garanties pour prouver sa bonne foi ? « Le meilleur moyen de savoir si vous pouvez faire confiance à quelqu’un, c’est de lui faire confiance », dixit Ernest Hemingway.

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ZOOM – « J’adore l’inflation » – Quand le pyromane se déclare amoureux du feu

Lorsque le président Donald Trump déclare : « J’adore l’inflation », il ne livre pas seulement une provocation supplémentaire destinée à alimenter les chaînes d’information et les réseaux sociaux. Il offre, peut-être malgré lui, un condensé saisissant de l’époque que nous vivons : une époque où la souffrance économique des populations devient un objet de communication politique, où les chiffres remplacent les êtres humains et où les difficultés quotidiennes sont transformées en slogans.

L’inflation, dans les manuels d’économie, est un phénomène monétaire et macroéconomique. Dans la vraie vie, elle est une facture qui augmente, un panier de courses qui se vide, un salaire qui perd de sa valeur, une retraite qui s’effrite et une angoisse qui s’installe. Elle n’a rien d’un objet d’amour. Personne n’aime payer son pain plus cher. Personne n’aime voir le prix du logement s’envoler. Personne n’aime découvrir que ses économies valent moins aujourd’hui qu’hier. Mais il faut croire que certains responsables politiques contemplent l’inflation depuis les hauteurs climatisées des tours de verre, là où les hausses de prix ressemblent davantage à une ligne sur un graphique qu’à une épreuve quotidienne.

Cette déclaration possède quelque chose d’extraordinairement révélateur. Elle rappelle ces aristocrates d’un autre temps qui observaient les mauvaises récoltes depuis leurs salons dorés sans jamais apercevoir les visages de ceux qui souffraient de la faim. L’inflation est une taxe invisible qui frappe d’abord les plus modestes. Les ménages aisés peuvent absorber une hausse des prix. Les classes populaires, elles, la subissent de plein fouet. Dire que l’on « adore » l’inflation revient donc à déclarer son affection pour l’érosion silencieuse du pouvoir d’achat.

Le mot mérite qu’on s’y attarde : adorer

On peut adorer un paysage, une œuvre d’art, un enfant, un idéal ou un pays. Mais adorer l’inflation relève d’une étrange passion. C’est un peu comme si un médecin déclarait son amour pour les épidémies ou un pompier son admiration pour les incendies.

Le plus fascinant demeure cependant la logique qui sous-tend cette affirmation. Dans certains cercles financiers, l’inflation est parfois perçue comme un allié. Elle peut réduire le poids réel des dettes, soutenir certains actifs financiers et gonfler artificiellement les revenus nominaux des entreprises. Les marchés boursiers peuvent même, pendant un temps, s’en accommoder. Mais ce qui est bénéfique pour un portefeuille n’est pas forcément bénéfique pour une société.

Le drame de notre époque réside précisément dans cette confusion permanente entre la prospérité financière et le bien-être collectif. Lorsque Wall Street sourit, Main Street n’est pas toujours heureuse. Les indices boursiers peuvent battre des records pendant que les ménages comptent les centimes.

L’inflation est d’ailleurs une « créature » particulièrement ironique. Elle enrichit certains tout en appauvrissant d’autres. Elle récompense souvent ceux qui possèdent déjà des actifs et pénalise ceux qui vivent uniquement de leur travail. Elle agit comme une gigantesque machine de redistribution inversée, aspirant une partie de la richesse des plus vulnérables vers ceux qui sont les mieux protégés. Dans ce contexte, proclamer son amour pour l’inflation ressemble moins à une analyse économique qu’à une déclaration de classe.

Et pourtant, cette phrase s’inscrit parfaitement dans l’air du temps. Nous vivons dans une époque où l’outrance est devenue une stratégie de communication. L’objectif n’est plus de convaincre mais de provoquer. Il ne s’agit plus de construire un raisonnement mais de produire un choc médiatique. Chaque déclaration est conçue comme une grenade lancée dans l’espace public. Le problème est que les grenades verbales finissent parfois par exploser dans les mains de ceux qui les lancent.

Car l’inflation n’est pas une abstraction académique. Elle est un facteur de déstabilisation sociale. L’histoire économique regorge d’exemples montrant que les flambées de prix nourrissent la colère, l’instabilité et les fractures politiques. Les citoyens acceptent difficilement que leur niveau de vie recule pendant qu’on leur explique que tout va bien.

L’inflation possède un pouvoir corrosif que les statistiques peinent à mesurer. Elle détruit progressivement la confiance. Elle sape le contrat social. Elle crée le sentiment que les efforts ne paient plus. Elle nourrit l’impression que le système fonctionne pour quelques-uns et contre le plus grand nombre. Or une société peut survivre à un ralentissement économique. Elle peut traverser une récession. Elle peut même supporter un chômage temporairement élevé. Mais elle survit beaucoup plus difficilement à la disparition de la confiance.

C’est pourquoi cette déclaration dépasse largement la personne de Donald Trump. Elle révèle une dérive plus profonde : celle d’une élite politique mondiale qui parle de plus en plus souvent la langue des indicateurs et de moins en moins celle des citoyens.

Les prix augmentent ? On parle de statistiques.

Les ménages souffrent ? On évoque des ajustements.

Le pouvoir d’achat s’effondre ? On répond par des modèles économiques.

Et lorsque la colère monte, on produit une nouvelle formule choc destinée à occuper l’espace médiatique.

Pendant ce temps, les réalités demeurent têtues.

La mère de famille qui remplit son chariot ne se nourrit pas de slogans.

Le retraité qui voit sa pension perdre de sa valeur ne vit pas dans un tableau Excel.

Le salarié dont le revenu réel diminue ne consulte pas les indices boursiers avant de payer ses factures.

L’économie réelle possède cette particularité désagréable : elle finit toujours par rappeler aux théoriciens, aux financiers et aux communicants qu’elle concerne avant tout des êtres humains. Au fond, la phrase « J’adore l’inflation » restera peut-être comme l’une de ces petites formules qui résument une grande époque. Une époque où les responsables politiques rivalisent d’excentricité verbale pendant que les populations réclament simplement davantage de stabilité, de visibilité et de dignité économique.

L’histoire retiendra peut-être moins la provocation elle-même que ce qu’elle révèle : une inquiétante déconnexion entre ceux qui parlent de l’économie et ceux qui la vivent. Car lorsqu’un dirigeant en vient à déclarer son amour pour l’inflation, ce n’est peut-être pas l’inflation qui constitue le principal problème. C’est le regard qu’il porte sur ceux qui la subissent.

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* Dr. Tahar EL ALMI,

Economiste-Economètre.

Ancien Enseignant-Chercheur à l’ISG-TUNIS,

Psd-Fondateur de l’Institut Africain

D’Economie Financière (IAEF-ONG)

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