Le ministère des Affaires culturelles entend renforcer le cadre réglementaire des spectacles organisés sur le site archéologique de Carthage en dehors du festival international. Une séance de travail a été consacrée à la mise en place de règles plus strictes pour l’initiative Carthage OFF. L’objectif affiché est de concilier valorisation culturelle et protection du patrimoine.
Selon les échanges tenus lors de cette réunion, la ministre des Affaires culturelles a insisté sur la nécessité d’un dispositif organisationnel clair pour les manifestations accueillies sur le site archéologique de Carthage. L’enjeu central concerne la multiplication d’événements hors du cadre du festival officiel, qui soulève des questions de gestion, de préservation et de coordination.
Une logique d’autorisations encadrées
Le dispositif envisagé repose sur une logique d’autorisations encadrées, avec des critères plus rigoureux pour l’octroi des permis aux organisateurs. Les discussions ont également porté sur l’élaboration de cahiers des charges de référence, censés harmoniser les pratiques et clarifier les responsabilités des différents intervenants dans la gestion des événements culturels sur ce site sensible.
Au-delà de la dimension administrative, cette orientation traduit une tension structurelle entre deux impératifs : l’exploitation culturelle et économique des sites patrimoniaux d’une part, et la préservation de leur intégrité archéologique et symbolique d’autre part. Le site archéologique de Carthage, déjà fortement sollicité par des usages culturels, devient ainsi un espace où se redéfinit l’équilibre entre animation artistique et conservation.
Efficacité réelle des futurs mécanismes
Dans cette perspective, la question de l’efficacité réelle des futurs mécanismes de contrôle reste ouverte. L’expérience de gestion des sites patrimoniaux en Tunisie montre que la multiplication des cadres réglementaires ne garantit pas toujours leur application sur le terrain, notamment en matière de surveillance, de logistique et de respect des contraintes techniques liées aux monuments historiques.
Le ministère de l’Équipement et de l’Habitat a annoncé l’allocation d’un budget de 18,2 millions de dinars pour l’année 2026 afin d’assurer des opérations de nettoyage et d’entretien sur le réseau des routes classées. Cette enveloppe s’inscrit dans le cadre des efforts visant à améliorer l’environnement routier et à garantir un cadre plus sain aux usagers.
Selon le ministère, des interventions sont programmées sur près de 1400 kilomètres de routes pour un coût estimé à 10 millions de dinars. Parallèlement, 82 petites entreprises ont été mobilisées dans le cadre du programme d’encouragement à l’emploi des jeunes dans les activités de nettoyage et d’entretien des abords routiers, pour un montant de 8,2 millions de dinars.
Elimination des herbes sauvages
Les travaux concernent notamment l’élimination des herbes sauvages, l’élagage des arbres, le curage manuel et mécanique des canalisations d’évacuation des eaux, l’enlèvement des déchets de construction ainsi que l’entretien des espaces verts situés le long des axes routiers.
Cette annonce coïncide avec la célébration de la Journée nationale de la propreté et de la protection de l’environnement, organisée le 11 juin de chaque année. À cette occasion, une campagne de nettoyage a été menée sur plusieurs axes routiers et sites relevant du ministère, en coordination avec les municipalités et différents services techniques régionaux.
Le ministère affirme que cette mobilisation vise à ancrer une culture de la propreté comme responsabilité collective, à travers une implication directe des directions régionales et des agents des services publics.
Au-delà de l’opération de nettoyage, cette campagne met aussi en lumière un problème structurel de plus en plus visible sur les routes tunisiennes : la multiplication des dépôts anarchiques de gravats et de déchets sur les accotements. Dans plusieurs régions, les abords des routes nationales et régionales se transforment progressivement en décharges sauvages, altérant le paysage mais aussi le fonctionnement des infrastructures hydrauliques.
Ouvrages de drainage
Le curage des ouvrages de drainage apparaît d’ailleurs comme un enjeu crucial à l’approche des épisodes pluvieux. Ces dernières années, plusieurs inondations localisées ont été aggravées par l’obstruction des canalisations par des déchets ménagers ou des résidus de chantier. La question dépasse ainsi le simple aspect esthétique : elle touche directement à la sécurité routière et à la résilience des infrastructures face aux aléas climatiques.
Cette situation pose également la question du coût indirect de l’incivisme environnemental. Une partie importante des budgets publics consacrés à l’entretien routier est aujourd’hui absorbée par des opérations de nettoyage répétitives, alors que ces ressources pourraient être orientées vers la modernisation ou l’extension des infrastructures.
C’est une figure majeure de la culture tunisienne qui fut rattrapée hier par une affaire foncière. L’émission d’un mandat de dépôt contre l’ancien ministre de la Culture Ezzeddine Bach Chaouch a provoqué une vive émotion dans les milieux intellectuels et…
Les travaux de protection de Sidi Bou Saïd contre les glissements de terrain devraient débuter dans les prochaines semaines. Mondialement connue pour son architecture emblématique blanche et bleue et ses vues spectaculaires sur la mer Méditerranée, Sidi Bou Saïd est située sur un promontoire à environ 20 km au nord-est de Tunis et à proximité des ruines de l’ancienne Carthage.
La protection de la colline de Sidi Bou Saïd «s’inscrit dans le cadre des efforts nationaux visant à préserver l’un des sites les plus emblématiques de Tunisie et à transmettre son patrimoine naturel et architectural aux générations futures», a déclaré Salah Zouari, ministre de l’Equipement et de l’Habitat et ministre de l’Industrie par intérim, en présidant, mercredi 10 juin 2026, le comité de pilotage chargé de superviser le projet de protection du plateau sur lequel ce village est érigé. «Ce projet est particulièrement important car il permettra de réduire les risques de glissements de terrain, garantissant ainsi une plus grande sécurité aux habitants et la protection des biens et des infrastructures», a souligné M. Zouari, en mettant en avant la valeur historique, culturelle et architecturale de Sidi Bou Saïd.
Le chef d’état-major des armées et de nombreux responsables et représentants des institutions impliquées dans cette initiative ont assisté à la réunion, qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la décision n° 11 du Premier ministre du 26 janvier 2026, qui a confié au ministère de l’Equipement et de l’Habitat la tâche de superviser l’achèvement des études et des travaux visant à protéger Sidi Bou Saïd des glissements de terrain, dans le cadre du programme national de protection des zones urbaines et de la bande côtière et de surveillance des infrastructures.
En flânant dans les ruelles pavées de Sidi Bou Saïd, on est entouré de bâtiments aux façades d’un blanc immaculé, contrastant fortement avec les portes, les fenêtres et les grilles en bois finement ouvragées, peintes d’un bleu profond. Les portes sont souvent ornées de décorations géométriques et symboliques réalisées à l’aide de grands clous noirs. Ce style architectural harmonieux est protégé par la législation locale afin de préserver le charme andalou et mauresque du village. Le risque de glissements de terrain à Sidi Bou Saïd est actuellement très élevé et constitue une urgence nationale, notamment après les intempéries du début d’année.
Fin janvier, des pluies exceptionnelles ont déversé près de 300 mm d’eau en 48 heures. Cette violente tempête, qui a coûté la vie à cinq personnes en Tunisie, a saturé les sols de Sidi Bou Saïd. Le sol s’est effondré à plusieurs endroits, ouvrant de profondes fissures et provoquant des glissements de terrain sur les pentes descendant vers la mer. La fragilité du site a contraint les autorités à prendre des mesures drastiques.
Huit bâtiments, considérés comme menaçant de s’effondrer, ont été évacués, forçant certaines familles à quitter leurs maisons ancestrales. L’accès à la colline a été interdit aux bus et camions touristiques, car les vibrations et le poids aggravaient l’instabilité du terrain, provoquant la ruine de certains vendeurs de souvenirs et d’artisanat. Plusieurs routes ont été bouclées, et même des sites historiques d’une valeur inestimable, comme les abords du palais Ennejma Ezzahra (la villa construite par le baron Rodolphe d’Erlanger), sont considérés comme des zones à haut risque.
La réunion de mercredi a permis d’examiner l’avancement de la première phase de l’étude, axée sur le diagnostic de la situation actuelle sur le plateau et la collecte des données techniques et scientifiques nécessaires à la définition des interventions les plus appropriées.
Les autorités ont également annoncé la signature d’une convention avec le Centre national de télédétection pour les levés topographiques et les photographies aériennes indispensables au projet, ainsi qu’une convention avec l’Office national des mines pour l’élaboration de cartes géologiques et géophysiques afin d’identifier les zones les plus exposées aux risques et de prioriser les interventions urgentes.
Candidature à la liste du patrimoine mondial de l’Unesco
Le ministre Zouari a insisté sur la nécessité de respecter le calendrier prévu et de «mobiliser toutes les ressources techniques et logistiques pour permettre le démarrage des travaux dans les prochaines semaines». «Ce projet a été inscrit parmi les grands travaux publics stratégiques du pays précisément pour accélérer sa mise en œuvre», a-t-il souligné
Le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco examinera la candidature du village de Sidi Bou Saïd, à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial lors de sa 48e session, qui se tiendra à Busan, en Corée du Sud, du 20 au 29 juillet 2026.
La candidature tunisienne figure parmi les 30 nouvelles candidatures qui seront soumises au vote des États membres du Comité entre le 24 et le 26 juillet. Intitulée «Village de Sidi Bou Saïd : un centre d’inspiration culturelle et spirituelle en Méditerranée», la candidature vise à obtenir une reconnaissance internationale indépendante pour ce site archéologique de Carthage, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial depuis 1979. Elle est actuellement évaluée par des experts du Conseil international des monuments et des sites (Icomos), chargés d’évaluer l’état de conservation du site, sa sécurité et l’efficacité du plan de gestion mis en place pour répondre aux enjeux du tourisme et aux risques d’instabilité du sol.