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Le diabète en Tunisie : quand le sucre devient une question nationale

Il y a des maladies qui entrent dans une société comme un accident, avec le bruit de l’urgence, la peur immédiate, les chiffres quotidiens et les discours officiels. Et puis il y a celles qui avancent lentement, presque poliment, sans fracas, sans images spectaculaires. Le diabète appartient à cette deuxième catégorie. Il ne fait pas toujours tomber brutalement, il s’installe. Il ne crie pas, il use. Il ne frappe pas seulement les corps, il révèle aussi une manière de vivre, de manger, de travailler, de se déplacer, de s’inquiéter et parfois de se négliger.
En Tunisie, le diabète n’est plus une affaire strictement médicale. Il est devenu un fait social. Il traverse les familles, les quartiers, les conversations de pharmacie, les laboratoires d’analyses, les régimes commencés le lundi et abandonnés le jeudi, les boîtes de médicaments rangées dans les cuisines. La Fédération internationale du diabète estime qu’en 2024, environ 1,39 million d’adultes vivaient avec le diabète en Tunisie, soit une prévalence proche de 16% chez les adultes. Ses projections évoquent près de 1,9 million d’adultes concernés à l’horizon 2050 si la tendance se poursuit.

Une maladie qui avance sans bruit
Ce qui rend le diabète particulièrement inquiétant, c’est précisément sa discrétion. Beaucoup de personnes peuvent vivre des années avec une glycémie élevée sans ressentir de douleur suffisante pour consulter. Le corps compense, s’adapte, puis finit par envoyer la facture : troubles de la vision, reins fragilisés, fatigue chronique, hypertension, atteintes cardiovasculaires, plaies qui cicatrisent mal. La maladie, que l’on croyait abstraite parce qu’elle se lit dans une analyse de sang, devient alors concrète, parfois brutale.
Il faut pourtant refuser deux erreurs symétriques. La première consiste à banaliser le diabète, comme s’il suffisait de «prendre un comprimé» et de continuer exactement la même vie. La seconde consiste à culpabiliser les malades, comme si chacun était seul responsable de son état. Entre ces deux simplifications, il existe une vérité plus exigeante : le diabète est à la fois une responsabilité individuelle et un problème collectif. Chacun peut agir sur ses choix, mais tous les choix ne sont pas également faciles quand le pouvoir d’achat baisse, que le temps manque et que les espaces de marche disparaissent.
Dans nos villes et nos villages, la transformation des habitudes est visible. On marche moins. On mange plus vite. On achète davantage de produits transformés. On boit trop souvent sucré. Le pain blanc, les pâtisseries, les boissons gazeuses et les repas trop riches ne sont pas seulement des plaisirs, ils deviennent, lorsqu’ils s’installent dans la répétition, une architecture silencieuse de la maladie. Les habitudes alimentaires sont aussi des habitudes économiques, culturelles et familiales.

Le prix invisible de nos habitudes
La Tunisie vit, comme beaucoup de pays, une transition sanitaire paradoxale. Nous avons gagné contre certaines maladies infectieuses, amélioré l’espérance de vie, développé un réseau de soins, formé des médecins compétents. Mais nous sommes entrés dans l’âge des maladies chroniques, celles qui ne se résolvent pas par une campagne ponctuelle ni par un traitement de quelques jours. L’Organisation mondiale de la santé a rappelé en 2024 que les cas de diabète dans le monde avaient fortement augmenté au cours des dernières décennies, dépassant les 800 millions d’adultes selon les nouvelles estimations publiées avec The Lancet.
Cette progression n’est pas seulement une question de médecine. Elle interroge notre modèle de vie. Que vaut une société qui soigne de plus en plus, mais qui prévient encore trop peu ? Que vaut un système qui rembourse le médicament, mais laisse souvent l’éducation nutritionnelle à la marge ? Que vaut une ville où l’on parle de santé publique, mais où marcher devient parfois difficile, dangereux ou simplement désagréable ? La prévention ne peut pas être réduite à des slogans affichés une fois par an. Elle doit devenir une politique de tous les jours.
Dans une famille tunisienne, le diabète modifie l’organisation de la vie. On adapte les repas, on surveille les analyses, on s’inquiète pour un parent qui refuse le contrôle, on découvre le prix des examens, on mesure le poids des rendez-vous. Les personnes âgées oscillent entre acceptation et lassitude. Les jeunes adultes, parfois déjà concernés par le surpoids, repoussent le dépistage parce qu’ils ne se sentent pas encore «malades».
Le grand danger est là : attendre les complications pour croire à la maladie. Or le diabète devrait être pensé comme une alerte précoce, non comme une condamnation. Dépister, ce n’est pas dramatiser, c’est gagner du temps. Marcher, bouger, réduire le sucre, dormir mieux, contrôler son poids, consulter régulièrement : ces gestes peuvent sembler modestes, mais ils constituent une véritable politique du corps.

Réapprendre à prévenir
Le ministère tunisien de la Santé a rappelé, à l’occasion de la Journée mondiale du diabète, l’importance du diagnostic, de la prévention, du traitement et du suivi pour éviter les complications. La stratégie nationale de prévention des maladies non transmissibles a également intégré des actions de dépistage du diabète, de l’hypertension et de l’obésité, ainsi que des initiatives de sensibilisation auprès de la population. Mais le défi dépasse les textes et les campagnes. Il s’agit de faire entrer la prévention dans l’école, l’entreprise, les municipalités, les médias, les familles.
Prévenir le diabète en Tunisie, ce n’est pas importer un discours froid, rempli d’interdictions. C’est parler aux gens dans leur langue quotidienne. C’est expliquer sans humilier. C’est montrer qu’un couscous peut être équilibré, qu’une marche après le dîner peut être un acte de santé, qu’un enfant qui bouge est un adulte que l’on protège, qu’un contrôle de glycémie n’est pas un signe de faiblesse mais de lucidité. Les médecins ne peuvent pas tout faire seuls. Une société qui produit des maladies chroniques doit apprendre à produire aussi des environnements favorables à la santé.
Il faudrait, pour cela, sortir de la logique de l’urgence permanente. Nous attendons souvent que le corps s’abîme pour le prendre au sérieux. Nous attendons la complication, l’hospitalisation, l’ordonnance lourde, la peur. Pourtant, la vraie modernité sanitaire n’est pas seulement dans les machines, les cliniques et les nouveaux traitements. Elle est dans cette capacité collective à éviter une partie de ce qui peut être évité.
Le diabète nous oblige donc à regarder la Tunisie autrement. Non pas seulement à travers ses hôpitaux, mais à travers ses cuisines, ses trottoirs, ses écoles, ses supermarchés, ses rythmes de travail et ses inégalités. Il nous rappelle que la santé n’est pas un secteur isolé, mais une manière d’organiser la vie commune. Et si cette maladie silencieuse mérite aujourd’hui un débat public plus fort, c’est parce qu’elle dit quelque chose de nous : de nos excès, de nos fragilités, mais aussi de notre capacité à changer. Le diabète n’est pas une fatalité nationale. Il peut devenir le point de départ d’une nouvelle culture de prévention, plus humaine, plus simple et plus proche des réalités tunisiennes.

Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

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Santé mentale : névrose sociale et crise de mal-être

Un rapport publié le 5 novembre 2025 par le fournisseur de données américain Country Cassette révèle que 4,9% des Tunisiens, soit plus de 586 mille personnes sur une population de 11,972 millions d’habitants selon le dernier recensement général de la population et de l’habitat (novembre 2024), souffrent de troubles dépressifs. Ce taux est bien plus élevé que la moyenne mondiale de 3,9%.
Toujours selon le même rapport, la Tunisie se classe ainsi au 48e rang à l’échelle mondiale en matière de prévalence de la dépression, bien loin des pays fortement exposés à cette maladie comme l’Ukraine qui occupe la première position mondiale, avec un taux de prévalence de 6,3% de la population, les Etats-Unis (5,9%), le Brésil (5,8%) et la Grèce (5,7%).

Des malades mentaux circulent dans le public
Pas mal de Tunisiens (hommes et femmes) atteints de troubles mentaux, parfois majeurs, circulent parmi les gens dans les artères de la capitale, en criant et en parlant seuls, parfois en riant à gorge déployée sans raison apparente. Ces scènes sont devenues courantes chez nous. Ce ne sont pas des voyous ni des clochards ni des vagabonds non plus, mais bel et bien des personnes souffrant d’un traumatisme psychique ou d’une quelconque névrose hystérique. On les voit chaque jour, du matin au soir, hiver comme été, faisant le va-et-vient tout le long de l’avenue Habib Bourguiba et ce, dans l’indifférence totale des piétons. Tantôt ils sont la risée de certains passants, tantôt ils inspirent la pitié et la compassion, mais ils alimentent souvent la peur, notamment chez les femmes et les enfants. L’on se demande pourquoi ce grand nombre d’individus atteints de maladies mentales ne sont pas pris en charge par les services psychiatriques. Pourtant, il existe une loi (n° 92-83 du 3 août 1992), relative à la santé mentale et aux conditions d’hospitalisation en raison de troubles mentaux.
Ces âmes errantes sont-elles plus nombreuses qu’avant ? Ce n’est pas difficile de le savoir, puisque leur nombre augmente chaque jour davantage, surtout durant ces dernières années, notamment après la Révolution de 2011. Si la Révolution a eu des apports substantiels, il n’en demeure pas moins vrai qu’elle a eu des effets négatifs sur la santé mentale de certaines gens. Ainsi, le nombre des personnes souffrant de troubles psychologiques est en croissance depuis janvier 2011. De tels cas se sont multipliés surtout avec la pandémie de la Covid-19 et la crise socio-économique qui s’est installée dans notre pays depuis quelques années. C’est à cause de ces évènements très marquants qu’on s’est aperçu que la santé mentale de pas mal de Tunisiens s’est dégradée.

Des chiffres inquiétants
En l’absence de chiffres officiels récents sur la santé mentale des gens en Tunisie, nous pouvons nous fier à une étude faite en 2022 dans les quartiers populaires de plusieurs villes tunisiennes par l’ONG International Alert, qui a révélé que les 18-29 ans crient leur mal-être, estimant que leur santé mentale est mauvaise, voire très mauvaise, plombés par une crise sanitaire et économique sans fin. Toujours selon la même étude, on apprend que plus d’un quart des hommes sondés estiment avoir besoin de consulter un spécialiste. 8% des personnes qui se sont exprimées souffrent de maladies chroniques, alors que la majorité d’entre eux ne dispose toujours pas d’une protection sociale.
Par ailleurs, les psychiatres de l’Hôpital Errazi constatent qu’après 2011, le nombre de consultations a augmenté de 25%. En effet, cet hôpital a accueilli depuis cette date des milliers de patients souffrant de troubles psychiques. Cela est sans doute relié aux déceptions et aux désillusions ressenties par une bonne part des citoyens à qui on avait promis monts et merveilles lors de la Révolution de 2011. Sûrement, les promesses trompeuses et creuses faites par les différents gouvernements «révolutionnaires» étaient à l’origine des déprimes et des maladies mentales de bon nombre de citoyens chez nous. Certains analystes expliquent la situation par la récurrence de la crise économique qui engendre des dépressions, des états de stress post-traumatique. Ajoutons à cela la paupérisation d’une bonne couche de la société qui a souffert et souffre encore de la cherté de la vie, du taux élevé de l’inflation et de la dégradation du pouvoir d’achat.

Prévenir vaut mieux que guérir
Ce phénomène n’est pas propre à la Tunisie. En effet, selon des études menées par l’Organisation mondiale de la santé, il s’avère que «pendant la première année de pandémie, les taux de dépression et d’anxiété ont augmenté d’un quart dans le monde». Des recherches approfondies ont aussi indiqué que les personnes, en particulier les hommes, connaissant chômage, paupérisation et difficultés familiales, courent un risque significativement plus élevé de subir des troubles mentaux, comme la dépression, l’alcoolisme et le suicide, que les personnes à l’abri de ces problèmes. La Tunisie ne peut pas être à l’abri de ces retombées de la crise sanitaire et économique connue par le monde. En effet, dans un pays où le taux de chômage des jeunes dépasse facilement les 15%, selon les dernières données publiées par l’Institut National de la Statistique (INS), où l’investissement n’a pas augmenté d’un iota et où la crise socio-économique s’exaspère, il est normal que les citoyens soient touchés dans leur santé mentale. Et dire que seulement 2% du budget de la santé est consacré à la santé mentale, si bien qu’il est difficile pour l’Etat de prendre en charge tous les cas des maladies mentales. Mais jusqu’à quand ?
Consciente de la gravité du phénomène, l’Association Tunisienne de la Promotion et Prévention en Santé Mentale a mené plusieurs fois des campagnes de sensibilisation au stress, rappelant que «le stress peut nous submerger, mais rappelez-vous que vous pouvez le gérer». Pour ce faire, l’Association a publié des astuces sur les façons de gérer les situations stressantes dans notre quotidien. De même, cette Association a entamé depuis 2021 un projet baptisé «SafeSpace» qui vise une diffusion et une vulgarisation de la culture de la santé mentale. Le reste revient au gouvernement qui doit prendre en charge un nombre de plus en plus important de Tunisiens souffrant de troubles mentaux. La santé mentale serait-elle encore mal en point en Tunisie ?

Hechmi KHALLADI

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Entre patriotisme, ambition et devoir national : porter haut les couleurs de la Tunisie

Par Ahmed NEMLAGHI

À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde de football, le Président de la République Kaïs Saïed a adressé un message fort de mobilisation et de confiance aux membres de l’équipe nationale tunisienne, appelés à défendre les couleurs du pays sur la scène internationale.
Recevant dimanche dernier au palais de Carthage l’ensemble des joueurs, du staff technique et des responsables de la délégation tunisienne avant leur départ pour la compétition mondiale, le Chef de l’État a insisté sur la portée nationale de cette participation et sur la responsabilité qui incombe à chaque joueur appelé à porter le maillot tunisien.

Dans une allocution empreinte de patriotisme et de détermination, Kaïs Saïed a rappelé que les sportifs tunisiens ne représentent pas uniquement une équipe de football, mais toute une nation, son histoire et les aspirations de son peuple.
Dès le début de son intervention, le Président de la République a tenu à rappeler aux joueurs l’importance symbolique de leur mission. «Vous représentez la Tunisie», a insisté le Chef de l’État, soulignant que chaque joueur doit garder à l’esprit qu’il porte le drapeau national et qu’il se bat pour le hisser haut «sur tous les cieux». À travers cette formule, Kaïs Saïed a voulu mettre l’accent sur la dimension patriotique du sport et sur le rôle fédérateur que joue l’équipe nationale dans l’imaginaire collectif tunisien. Pour lui, chaque apparition des «Aigles de Carthage» sur la scène mondiale engage l’image du pays tout entier et reflète la capacité des Tunisiens à relever les défis avec courage et persévérance. Le Chef de l’État a également appelé les joueurs à faire preuve d’abnégation, de discipline et d’esprit de sacrifice afin d’être à la hauteur des attentes du peuple tunisien, particulièrement attaché à son équipe nationale et à son parcours dans les grandes compétitions internationales.

Une compétition sous le signe du défi
Au cours de cette rencontre, Kaïs Saïed a insisté sur la nécessité de dépasser la logique de la simple participation symbolique. «Le temps de la participation pour la participation est révolu», a-t-il déclaré, appelant l’ensemble de la délégation tunisienne à adopter un véritable esprit de défi et une volonté constante de victoire.
Selon lui, la Tunisie doit désormais aborder les compétitions internationales avec ambition et confiance, loin de toute mentalité défaitiste ou résignée. Le Président de la République a ainsi exhorté les joueurs à entrer dans cette Coupe du monde avec la conviction qu’ils sont capables de rivaliser avec les meilleures sélections et d’écrire une nouvelle page de l’histoire du football tunisien.
Cette approche traduit une vision plus large fondée sur la valorisation de l’effort, de la persévérance et de la confiance dans les capacités nationales. Pour Kaïs Saïed, la réussite sportive constitue aussi le reflet d’un état d’esprit collectif fondé sur la détermination et le refus de l’échec comme fatalité.

«La culture de la défaite est plus grave que la défaite elle-même»
Parmi les passages les plus marquants de son allocution figure l’affirmation selon laquelle «la culture de la défaite est plus grave que la défaite elle-même».
À travers cette phrase, le Président de la République a voulu souligner que le principal danger ne réside pas dans un revers sportif ponctuel, inhérent à toute compétition, mais dans l’installation d’un état d’esprit marqué par le doute et la résignation.
Le Chef de l’État a ainsi exhorté chaque membre de la délégation tunisienne à accomplir sa mission avec une détermination sans faille, un esprit conquérant et une foi inébranlable dans les capacités tunisiennes. Selon lui, la confiance en soi demeure une condition essentielle de la réussite, aussi bien dans le domaine sportif que dans les autres secteurs de la vie nationale. Cette idée revient régulièrement dans les discours présidentiels, où Kaïs Saïed insiste souvent sur la nécessité de restaurer la confiance collective et de valoriser les compétences tunisiennes.

Le sport comme miroir de la nation
Au-delà du football, cette rencontre au palais de Carthage a également permis au Président de la République d’évoquer la portée symbolique du sport dans la construction de l’identité nationale.
Kaïs Saïed est revenu sur plusieurs étapes marquantes de l’histoire des participations tunisiennes dans les compétitions internationales, aussi bien dans les disciplines collectives qu’individuelles. Il a rappelé que de nombreux sportifs tunisiens ont réussi, au fil des décennies, à impressionner le monde par leurs performances et leur capacité à se dépasser malgré des moyens parfois limités.
Ces réussites, a-t-il souligné, demeurent profondément ancrées dans la mémoire populaire et constituent des sources de fierté pour les Tunisiens.
Le Président de la République a notamment insisté sur le fait que les grandes victoires sportives dépassent souvent leur dimension compétitive pour devenir des moments d’unité nationale, capables de rassembler les citoyens autour d’un même sentiment d’appartenance et d’espoir.
Dans un contexte économique et social difficile, les performances de l’équipe nationale représentent ainsi, pour de nombreux Tunisiens, un motif de fierté collective et une occasion de faire rayonner l’image du pays à l’étranger.

«La Tunisie est capable d’émerveiller le monde»
Poursuivant son intervention, Kaïs Saïed a affirmé que la Tunisie demeure capable de surprendre et d’impressionner la scène internationale à condition de conserver la confiance en ses potentialités.
«La Tunisie est encore capable d’émerveiller le monde tant qu’elle conserve une foi profonde et inébranlable en sa capacité à relever les différents défis», a-t-il déclaré devant les joueurs et les membres du staff technique.
À travers cette affirmation, le Chef de l’État a cherché à insuffler un sentiment de confiance et de responsabilité aux joueurs appelés à représenter le pays lors de cette compétition mondiale.
Pour lui, la réussite ne dépend pas uniquement des moyens matériels ou des circonstances extérieures, mais également de la force morale, de la volonté et de la capacité à croire en ses propres compétences.
Ce discours s’inscrit dans une logique où le sport devient également un vecteur de mobilisation nationale et un symbole de la capacité du pays à surmonter les difficultés.

«Écrire l’histoire»
Concluant son allocution, Kaïs Saïed a tenu à rappeler que les grandes compétitions sportives ne se résument pas uniquement aux chiffres ou aux résultats inscrits sur un tableau d’affichage.
«Le tableau d’affichage peut certes briller par un résultat, mais l’essentiel demeure ce qui sera inscrit en lettres d’or sur le tableau de l’Histoire», a affirmé le Président de la République.
À travers cette formule, le Chef de l’État a voulu souligner que certaines participations restent gravées dans la mémoire collective non seulement par les victoires obtenues, mais également par le courage, l’engagement et l’esprit de dépassement dont font preuve les équipes nationales.
Il a ainsi appelé les «Aigles de Carthage» à tout donner sur le terrain afin d’inscrire leur parcours parmi les grandes pages du sport tunisien et d’offrir au peuple tunisien des moments de joie et de fierté.

De fortes attentes populaires
Cette réception au palais de Carthage intervient alors que l’enthousiasme commence à gagner les supporters tunisiens avant le début de la compétition mondiale.
Dans les rues, les cafés et les espaces publics, les discussions autour de la sélection nationale, des choix tactiques et des chances de qualification occupent déjà une place importante dans le quotidien des Tunisiens.
Le football demeure en effet le sport le plus populaire du pays et les performances de l’équipe nationale constituent souvent un facteur de rassemblement dépassant les clivages politiques, sociaux ou régionaux.
Les supporters espèrent voir les «Aigles de Carthage» réaliser un parcours honorable et démontrer que la Tunisie demeure capable de rivaliser avec les grandes nations du football mondial.

Une mission qui dépasse le sport
À travers cette rencontre avec l’équipe nationale, Kaïs Saïed a cherché à donner à cette participation mondiale une dimension qui dépasse le simple cadre sportif.
Le Président de la République a placé cette aventure sous le signe du patriotisme, de la responsabilité et de la volonté de réussir. Son message aux joueurs était clair : défendre les couleurs tunisiennes avec honneur, discipline et détermination afin de faire rayonner le pays sur la scène internationale.
Alors que les «Aigles de Carthage» s’apprêtent à quitter Tunis pour rejoindre la compétition mondiale, tous les regards se tournent désormais vers cette équipe appelée à porter les espoirs d’un peuple entier.
Car au-delà des résultats sportifs, la Coupe du monde représente aussi, pour les Tunisiens, une occasion de rappeler que leur pays demeure capable de relever les défis, d’écrire son histoire et de faire entendre sa voix parmi les nations.

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