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Jeu en ligne | Un secteur économique en pleine régulation

Alors qu’il a été pendant longtemps considéré comme une activité destinée à un certain public, le jeu en ligne s’est démocratisé au fil du temps jusqu’à devenir de nos jours un secteur économique qui vaut son pesant d’or.

Des millions d’utilisateurs de par le monde ont accès à des casinos virtuels, des sites paris sportifs, de poker en ligne et de loteries numériques.

L’émergence des paiements électroniques, l’usage massif du smartphone et la professionnalisation des opérateurs sont les facteurs clés qui ont contribué au développement économique de l’industrie du jeu de hasard.

Les Etats sont désormais confrontés à un dilemme : comment ne pas restreindre le développement économique tout en protégeant la population des risques d’addiction liés aux jeux d’argent.

Pour les gouvernements, il ne s’agit plus d’interdire formellement les plateformes de jeu, mais plutôt d’établir des règles afin de protéger les joueurs, notamment les plus jeunes, tout en laissant le secteur se développer. 

Le modèle nord-américain et l’exemple canadien

Parmi les régions où cette recherche d’équilibre est particulièrement visible, l’Amérique du Nord occupe une place importante. Le marché y est dynamique, mais son encadrement est marqué par une forte diversité juridique. Aux États-Unis, chaque État fixe ses propres règles, ce qui crée un paysage complexe pour les opérateurs comme pour les joueurs. Le Canada illustre une autre tendance : celle d’un encadrement provincial, notamment en Ontario, où les autorités ont cherché à canaliser l’offre privée dans un cadre officiel.

Dans cet environnement, les outils d’information jouent aussi un rôle pour les consommateurs. Le site casino.org, qui classe les casinos en ligne, s’inscrit par exemple dans cette logique d’évaluation des opérateurs, en lien avec les critères de fiabilité, de licence et de protection des joueurs.

L’Europe, une régulation fondée sur les licences nationales

En Europe, plusieurs États ont opté pour des licences nationales strictes. Les opérateurs doivent y respecter des obligations de transparence, de lutte contre le blanchiment d’argent, de vérification de l’âge et de prévention contre l’addiction.

La France, le Royaume-Uni, l’Espagne ou encore l’Italie ont développé des autorités spécialisées chargées de surveiller le marché, de sanctionner les abus et de limiter la publicité jugée excessive. Cette logique vise à faire sortir les joueurs des plateformes illégales tout en imposant un cadre clair aux entreprises autorisées.

Entre interdiction, tolérance et encadrement

Dans d’autres régions, notamment en Afrique et au Moyen-Orient, la situation reste plus hétérogène. Certains pays interdisent formellement les jeux d’argent en ligne, tandis que d’autres tolèrent ou réglementent progressivement les paris sportifs numériques, souvent très populaires auprès des jeunes adultes.

La Tunisie illustre cette zone d’équilibre difficile. Le pays dispose d’un cadre public autour de certaines formes de paris, notamment à travers Promosport, mais les casinos en ligne et les plateformes étrangères ne bénéficient pas d’un encadrement comparable à celui observé dans les marchés européens les plus structurés. Cette situation alimente une zone grise, entre pratiques numériques mondialisées, contrôle limité des opérateurs étrangers et préoccupations liées à la protection des joueurs.

Cette diversité montre que la régulation du jeu en ligne dépend autant des traditions juridiques que des priorités fiscales, sociales et culturelles de chaque État. Une interdiction totale peut pousser les joueurs vers des sites non contrôlés, parfois installés à l’étranger. À l’inverse, une libéralisation mal encadrée peut favoriser le surendettement, l’addiction et l’exposition des mineurs à des contenus sensibles.

Un équilibre à construire

Le principal défi des prochaines années sera de trouver un équilibre durable entre développement économique, fiscalité, protection des consommateurs et responsabilité des opérateurs. La régulation devient ainsi un instrument économique, mais aussi un outil de santé publique.

Le jeu en ligne n’est plus un simple divertissement numérique. Il est désormais un secteur globalisé, technologique et fiscalement stratégique. Son avenir dépendra moins de sa capacité à attirer de nouveaux joueurs que de sa faculté à inspirer confiance dans un cadre légal clair, transparent et responsable.

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Tunisie | Appel à la reprise des négociations sociales dans le secteur financier

Le secrétaire général de la Fédération générale des banques, des institutions financières et des compagnies d’assurance (affiliée à l’UGTT), Sami Salhi, a déclaré hier soir, lundi 8 juin 2026, lors de son passage dans l’émission «60 minutes» sur Diwan FM, que les employés du secteur avaient entamé leurs premières actions de protestation, consistant à porter des brassards rouges.

Ce mouvement fait suite à l’échec des négociations sociales et au refus des entreprises concernées de répondre aux demandes d’augmentation salariale pour 2025.

M. Salhi a indiqué que ces actions, qui ont débuté lundi, visent à défendre la dignité et les droits financiers des employés des secteurs bancaire et des assurances, indiqué que ces derniers observeront également une grève générale les 23, 24 et 25 juin, tout en appelant le Conseil bancaire et financier (CBF) et la Fédération tunisienne des compagnies d’assurance (Ftusa) à reprendre les négociations afin d’améliorer le climat social au sein des institutions financières.

M. Salhi a confirmé que la dernière réunion entre les partenaires sociaux et la direction, représentée par le CBF, s’est tenue en 2022 et que des accords avaient alors été conclus concernant les augmentations de salaire pour les années 2022, 2023 et 2024.

I. B.

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La Poste Tunisienne lance une alerte au piratage 

La Poste Tunisienne rappelle à ses clients détenteurs de cartes de paiement électroniques et du portefeuille numérique «e-Dinar» qu’elle n’a aucun lien avec certains sites web qui usurpent son identité et prétendent être partenaires afin d’obtenir leurs données personnelles à des fins d’hameçonnage et de piratage.

La Poste tunisienne réaffirme également qu’elle ne demande jamais les mots de passe ni les codes PIN de ses clients et confirme qu’elle engagera les poursuites judiciaires nécessaires contre toute personne usurpant son identité ou celle de ses produits.

I. B.

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La SNCFT avertit sur des réparations dans des passages à niveau

La Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) a publié, ce mardi 9 juin 2026, un communiqué à l’intention des usagers de la route, les invitant à la prudence et à la vigilance aux passages à niveau jusqu’à la fin des réparations des équipements endommagés par des vols répétés.

La société a cité trois passages à niveau : au carrefour près de la mosquée Al-Chifa à Ben Arous, au carrefour près de la mairie de Bir El Kassaa et au carrefour du marché de gros à Bir El Kassaa.

L’entreprise a exhorté tous les usagers de la route à respecter la signalisation et le code de la route, et à s’assurer que la voie ferrée est libre de tout trafic ferroviaire avant de traverser les passages à niveau.

La SNCFT a indiqué que ses équipes techniques poursuivent les travaux d’entretien et de réparation afin de remettre les barrières en état de fonctionnement normal dans les meilleurs délais.

I. B.

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Italie | Arrestation de 10 Tunisiens suspectés de trafic d’êtres humains

Hier, lundi 8 juin 2026, la police italienne a procédé à dix arrestations de ressortissants tunisiens dans le cadre d’une enquête menée par la Direction anti-mafia et antiterroriste du district de Gênes. Il s’agirait d’un réseau criminel qui aurait organisé et mené le transfert illégal de migrants de Tunisie vers l’île de Pantelleria, l’un des principaux points d’arrivée en Italie.

Six personnes ont été placées en détention provisoire et quatre assignées à résidence pour la nuit.

Les suspects sont tenus responsables, à des degrés divers, de complot criminel transnational visant à faciliter l’immigration clandestine.

L’organisation aurait opéré de manière structurée et coordonnée, garantissant la traversée de la mer en échange d’importantes sommes d’argent.

L’un des suspects est également accusé d’avoir collecté, échangé et transféré illégalement des devises en Italie et à l’étranger via le système informel dit Hawala, un réseau informel de transfert d’argent permettant des transactions intraçables dans les circuits bancaires traditionnels.

«Cette opération constitue une avancée majeure dans la lutte contre les réseaux criminels exploitant les flux migratoires et confirme l’engagement des autorités italiennes dans la lutte contre les organisations transnationales impliquées dans le trafic d’êtres humains et les systèmes financiers clandestins qui y sont liés», indique Agenzia Nova, qui a rapporté l’information, en ajoutant que «l’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuelles autres personnes impliquées et des liens possibles avec d’autres réseaux opérant en Méditerranée.»

I. B.

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Tourisme | Valorisation du patrimoine urbain en Tunisie

Une délégation internationale est en visite en Tunisie depuis hier, lundi 8 juin 2026, dans le cadre du projet In-Situ, une initiative de coopération transfrontalière entre l’Italie et la Tunisie visant à valoriser le patrimoine urbain et périurbain à des fins touristiques par le biais de l’art, de la participation citoyenne et du développement local.

Ce projet, dont l’acronyme signifie «Innovation sociale inclusive pour le tourisme du patrimoine urbain et périurbain», s’inscrit dans le cadre du programme Interreg Next Italie-Tunisie 2021-2027 et est cofinancé par l’Union européenne (UE).

L’objectif est de transformer les zones urbaines et périphériques moins intégrées aux circuits touristiques traditionnels en de nouveaux pôles de tourisme créatif, culturel et expérientiel, en impliquant les communautés locales, les jeunes, les femmes et les groupes à risque d’exclusion.

Médina de Tunis et Zaghouan

Cette mission en Tunisie constitue une nouvelle étape opérationnelle du programme, faisant suite à une phase déjà en cours en Sicile, à Agrigente, dans les quartiers de Montaperto et de Villaseta.

La partie tunisienne du projet se concentrera sur le quartier du Subur dans la médina de Tunis et la ville historique de Zaghouan, deux zones reconnues pour leur fort potentiel culturel et touristique.

In-Situ est piloté par l’Université de Palerme, via le campus universitaire d’Agrigente, en collaboration avec des partenaires italiens et tunisiens, dont la Fondation MeNO, Essence of Sicily, Animed, le ministère tunisien du Tourisme et l’Université de Manouba.

Le budget total du projet dépasse 1,08 million d’euros, dont environ 979 000 euros de contribution européenne.

La visite de la délégation comprend des inspections de sites, des rencontres avec les acteurs locaux et des échanges multidisciplinaires réunissant architectes, sociologues, artistes, designers, opérateurs touristiques et représentants d’institutions. L’objectif principal est de créer de nouvelles voies culturelles et créatives, en s’appuyant sur l’identité des lieux et l’implication directe des habitants.

Diversifier l’offre touristique

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à diversifier l’offre touristique tunisienne, qui s’est jusqu’à présent fortement concentrée sur le tourisme balnéaire, mais qui s’oriente de plus en plus vers le tourisme durable, le patrimoine matériel et immatériel, l’artisanat, la mémoire urbaine et les itinéraires culturels méditerranéens.

Pour la Tunisie, ce projet représente également une opportunité de coopération avec la Sicile sur un terrain commun : la valorisation de sites patrimoniaux souvent périphériques aux grands flux, mais centraux dans l’histoire sociale et culturelle des deux rives de la Méditerranée.

L’ambassadeur de l’UE en Tunisie, Giuseppe Perrone, a salué l’approche participative du projet In-Situ en ces termes : «Citoyens, artisans, jeunes et femmes conçoivent ensemble des programmes de tourisme créatif, des ateliers et des formations pour valoriser des zones périphériques souvent négligées». Et le diplomate italien d’ajouter : «Nous réunissons institutions, particuliers et société civile pour garantir une véritable inclusion, des jeunes sans emploi ni formation aux travailleurs culturels ; chacun a la possibilité de s’exprimer», précisant que ce projet s’inscrit dans le cadre de «20 ans de collaboration transfrontalière, avec un investissement de 300 millions d’euros de l’UE pour une Méditerranée plus verte, plus innovante et plus solidaire».

I. B.

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ViaTunisia renforce la connectivité numérique euro-africaine

La nouvelle liaison sous-marine par câble de fibre optique ViaTunisia, reliant directement Marseille (sud de la France) à Bizerte (nord de la Tunisie), est officiellement entrée en service après avoir obtenu le statut technique «prêt à l’emploi» (RFS).

Les opérateurs impliqués dans le projet ont annoncé cette mise en service, précisant que ce nouveau segment marque la transition de la phase d’installation et de tests à la pleine disponibilité opérationnelle pour le trafic de données entre les deux rives de la Méditerranée.

ViaTunisia est l’un des éléments clés du système Medusa, une infrastructure de fibre optique sous-marine conçue pour renforcer les connexions numériques entre l’Europe du Sud, l’Afrique du Nord et, à terme, d’autres régions de la Méditerranée.

Un hub d’interconnexion intercontinentale

Le segment Marseille-Bizerte, d’une longueur d’environ 1 050 kilomètres, relie directement la Tunisie à la France, l’un des principaux hubs d’interconnexion de données en Europe et désormais un point stratégique pour les flux numériques entre l’Europe, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie.

Selon Orange, partenaire industriel du projet, le nouveau tronçon est prêt à acheminer le trafic de données commerciales et institutionnelles via une liaison directe et résiliente entre l’Europe du Sud et l’Afrique du Nord. Cette infrastructure a été cofinancée par l’Union européenne (UE) dans le cadre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE), avec pour objectif de soutenir la croissance du trafic numérique, d’améliorer la redondance du réseau et de favoriser le développement de nouveaux services cloud, l’intelligence artificielle, la recherche et l’innovation.

Le système Medusa, promu par AFR-IX Telecom et soutenu par l’UE et la Banque européenne d’investissement (BEI), est désigné comme l’une des infrastructures numériques clés du plan Global Gateway en Méditerranée.

Au total, le réseau comprend plus de 8 700 kilomètres de câbles sous-marins et des interconnexions entre des pays de l’UE, dont la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et Chypre, et des pays du voisinage méridional, dont la Tunisie, l’Algérie, le Maroc et l’Égypte.

Une avancée technologique majeure

Pour la Tunisie, la mise en service de ViaTunisia représente une avancée technologique et stratégique majeure. Le point d’atterrissage de Bizerte renforce la position du pays en tant que plaque tournante du transit et de l’interconnexion en Méditerranée centrale, à un moment où la demande de capacité internationale croît sous l’effet de la numérisation des services, de l’économie des données et du besoin de connexions plus sûres et diversifiées.

Ce projet s’inscrit également dans un contexte de concurrence accrue entre les infrastructures en Méditerranée, où câbles sous-marins, réseaux énergétiques, centres de données et corridors logistiques convergent de plus en plus le long de routes communes.

Dans ce cadre, la Tunisie entend tirer parti de sa position géographique entre l’Europe et l’Afrique, même si l’impact économique global de l’infrastructure dépendra de sa capacité à développer des services numériques, des centres de données, une expertise technique et un cadre réglementaire attractif pour les investisseurs.

Les opérations de ViaTunisia concernent donc non seulement le secteur des télécommunications, mais se situent également au carrefour de la souveraineté numérique, de la coopération euro-méditerranéenne et de la sécurité des réseaux.

Pour Bruxelles, Medusa s’inscrit dans une stratégie de consolidation des connexions à haut débit avec son voisinage méridional.

Pour Tunis, ce nouveau câble offre l’opportunité de renforcer son intégration numérique avec l’Europe et de devenir une plaque tournante régionale pour le trafic de données entre les deux rives de la Méditerranée.

I. B. (avec Ansa).

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Donald Trump enrage contre le Sultanat d’Oman !

Il y a deux ans, la Trump Organization, le conglomérat de la famille Trump, annonçait qu’un complexe hôtelier et golfique de luxe de 500 millions de dollars lancé au Sultanat d’Oman allait rehausser le statut du sultanat en tant que «destination mondiale de premier plan». Les fils de Trump, Donald Jr et Eric, se sont rendus à Oman quand la maquette du projet a été dévoilée. Depuis, l’humeur du président américain a changé et il est allé jusqu’à menacer de bombarder le pays. Quand un forcené dirige la première puissance mondiale (pour combien de temps encore ?), on doit s’attendre à tout, et surtout au pire (Photo : Trump ne cesse d’humilier ses supposés alliés du Golfe).

Imed Bahri

Dans un premier temps, certains à Mascate ont cru que Trump s’était trompé et visait l’Iran par ses propos avant que le département d’État américain ne publie une vidéo où il avertissait Oman que le pays devait «agir comme tout le monde, sinon nous serons obligés de le faire sauter», rapporte le Financial Times.

Cette sortie sans précédent contre un allié de longue date des États-Unis, qui joue depuis des années un rôle de médiateur régional, découle des soupçons de Trump selon lesquels le sultanat soutiendrait les efforts de l’Iran pour imposer des droits de passage aux navires traversant le détroit d’Ormuz.

De plus, les États-Unis ont également de plus en plus de mal à supporter la neutralité et le refus de la politique des Axes qui sont la marque de fabrique de la diplomatie omanaise. Washington fait pression pour que Mascate rompe ses relations diplomatiques avec Téhéran. 

Selon les analystes, cette menace reflète également la frustration de Trump face à l’incapacité de son administration à contraindre l’Iran à rouvrir cette voie maritime vitale et à atténuer la crise énergétique mondiale engendrée par sa fermeture, ce qui le pousse à diriger sa colère vers ses alliés régionaux.

Les Arabes sommés de normaliser avec Israël

Emile Hokayem, expert à l’International Institute for Strategic Studies (IISS) à Londres, a déclaré : «Dans sa quête d’un quelconque avantage stratégique à tirer d’une guerre contre l’Iran, Trump fait pression sur des pays qu’il estime redevables envers lui comme l’Arabie saoudite, ou qui compliquent ses efforts comme Oman».

Hokayem a décrit l’approche de Trump en ces termes : «Si l’Iran ne peut lui apporter la victoire alors les États du Golfe le doivent. Cela témoigne de sa frustration face à la situation et démontre son indifférence aux intérêts de ces pays»

Trump a également déclaré qu’il devrait être «obligatoire» pour les pays arabes et musulmans, notamment l’Arabie saoudite, le Pakistan et le Qatar, de normaliser leurs relations avec Israël dans le cadre de tout accord américain avec l’Iran.

Cela survient malgré le fait que nombre de ces pays tiennent Israël pour responsable de la guerre, le perçoivent comme une puissance de plus en plus agressive déstabilisant la région et conditionnent la normalisation des relations à la création d’un État palestinien.

Un responsable arabe a déclaré : «Il tente d’apaiser le lobby pro-israélien aux États-Unis et de rejeter la faute sur les États du Golfe». Il a toutefois ajouté qu’Oman aurait pu mieux gérer ses relations avec Trump.

La neutralité de Mascate dérange  

Oman s’était forgé une réputation de partenaire fiable vers lequel Washington se tournait pour une médiation avec l’Iran, rôle qu’il jouait encore la veille du déclenchement de la guerre aux côtés des États-Unis et d’Israël.

Bien que Mascate ait cherché à maintenir sa neutralité depuis le début du conflit, le 28 février, ses critiques publiques à l’égard de celui-ci ont irrité les États-Unis.

Oman était manifestement frustré par l’abandon de la voie diplomatique par Trump car le pays croyait un accord imminent et accusait les États-Unis et Israël de mener une guerre illégale.

Après les représailles iraniennes, qui ont consisté en des attaques contre les alliés des États-Unis dans la région, Oman était l’État arabe le plus enclin à la désescalade, contrairement à ses voisins, choqués par la riposte agressive de l’Iran.

Ceci reflète la volonté de Mascate de projeter une image de neutralité dans une région instable et sa conscience de sa vulnérabilité face à des voisins plus puissants mais cela a également permis à Oman de subir beaucoup moins d’attaques que les autres États du Golfe.

Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Boussaidi, déclarait sur la plateforme X au début du conflit : «Notre neutralité est un engagement pour la paix, pierre angulaire de notre sécurité nationale et don unique d’Oman au monde»

Al-Boussaidi, qui avait mené la médiation américano-iranienne avant la guerre, écrivit plus tard qu’Oman collaborait avec la République islamique pour garantir la sécurité du passage dans le détroit, tandis que Téhéran insistait sur sa volonté de conserver le contrôle de cette voie maritime par laquelle transite habituellement environ un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux.

Al-Boussaidi a également plaidé pour des solutions «pragmatiques» afin de garantir une «liberté de navigation permanente»

Cependant, une source proche des négociations a indiqué que Mascate «n’a jamais envisagé l’idée d’imposer des droits de passage et que son attachement au droit international et à la liberté de navigation est ferme et inébranlable».

Cette même source a ajouté : «Nous étudions la possibilité d’imposer des redevances légales pour les services rendus à l’avenir afin de financer les mesures d’atténuation des impacts environnementaux sur la voie navigable et d’améliorer la gestion de la navigation».

La position plus conciliante d’Oman à l’égard de l’Iran a mis le sultanat en porte-à-faux non seulement avec les États-Unis mais aussi avec ses voisins du Golfe qui s’opposent fermement à tout système de péage dans le détroit d’Ormuz.

Oman résiste aux pressions américaines

Le secrétaire au Trésor américain Scott Bisnett a fait suite à l’avertissement de Trump en menaçant de sanctions «Oman ou toute entité qui facilite, directement ou indirectement, la perception de péages dans le détroit».

Il a déclaré par la suite que l’ambassadeur d’Oman aux États-Unis l’avait assuré que Mascate n’avait aucunement l’intention de soutenir l’instauration de péages.

Oman a également résisté aux pressions américaines visant à l’inciter à rejoindre les accords d’Abraham, négociés par Trump, qui ont conduit à la normalisation des relations entre les Émirats arabes unis et trois autres États arabes et Israël il y a cinq ans.

C’est le seul État du Golfe à ne pas avoir rejoint ce que Trump appelle le «Conseil de paix» pour la reconstruction de Gaza.

Jon B. Alterman, expert au Center for Strategic and International Studies à Washington, a déclaré que les administrations américaines successives avaient apprécié le rôle d’Oman et compris sa position, compte tenu de sa proximité avec l’Iran.

Cependant, les déclarations intempestives de Trump risquent d’alimenter une méfiance plus générale des pays du Golfe face à l’instabilité de la politique américaine, une préoccupation de longue date qui s’est intensifiée durant le second mandat du président et qui devrait inciter certains pays à réduire leur dépendance à l’égard de Washington en approfondissant d’autres relations.

«Cela renforce leurs inquiétudes concernant Trump. D’un côté, on peut le convaincre mais cela ne signifie pas qu’il restera un professionnel intraitable. Le président perçoit une certaine imprévisibilité comme un atout, mais à long terme, cela pousse les pays à diversifier et à limiter leurs relations», a déclaré Alterman. 

Kristin Smith Diwan, de l’Arab Gulf States Institute à Washington, a déclaré que «même si la position d’Oman suscite certaines inquiétudes, aucun des États du Golfe ne souhaite voir l’un de ses partenaires menacé de bombardements». Elle a ajouté : «Ils savent qu’ils ont besoin des États-Unis pour leur sécurité mais ils savent aussi qu’ils ne peuvent plus compter sur eux».

Le style déplorable de Trump

Bader Al-Saif, universitaire koweïtien, a souligné qu’Oman n’est pas le premier État du Golfe à subir le style diplomatique abrasif de Trump.

Trump a notamment pris à partie le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors d’une remarque particulièrement cinglante prononcée à Miami en mars, à l’occasion d’une conférence sur l’investissement organisée par l’Arabie saoudite. Après avoir initialement fait l’éloge du prince héritier, Trump a déclaré : «Il ne pensait pas qu’il allait me lécher les bottes». Il s’est également moqué plus tard du Koweït pour avoir abattu par erreur trois drones américains en mars. Cependant, les États du Golfe, dont Oman, ont réagi à ces déclarations par un silence diplomatique.

«C’est son style déplorable. Nous ne pouvons pas le laisser nous entraîner à son niveau. Ce n’est pas ainsi que nous réagissons. Nous ne sommes pas sur un ring de boxe», a déclaré Al-Saif à propos de Trump.

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Hommage des Journées Théâtrales 77 à trois critiques de théâtre

Les 12e édition des Journées Théâtrales 77 qui se tiennent du 10 au 20 juin 2026 sous le slogan «La scène appartient à ceux qui osent» rendent hommage à trois critiques de théâtre ayant accompagné et marqué de leur empreinte l’évolution du théâtre tunisien au cours des quarante dernières années.  

Parce que le théâtre ne se construit pas uniquement sur scène, mais aussi dans le regard éclairé de celles et ceux qui l’analysent, l’interrogent et en révèlent les enjeux, le festival rend hommage cette année à trois éminents critiques de théâtre en Tunisie : Mohamed Moumen, Faouzia Mezzi et Lotfi Larbi Snoussi.

Ces critiques ont accompagné, par leurs travaux, leurs recherches et leurs écrits, le parcours du théâtre tunisien, et ont enrichi la réflexion autour de ses pratiques et contribué à la constitution d’une mémoire critique essentielle.

À travers leurs analyses et leurs prises de position, ils ont fait de la critique un acte culturel à part entière, indissociable de l’acte créatif un partenaire indispensable de la création, un espace de dialogue, de questionnement et de transmission, participant pleinement à la vitalité et au rayonnement de l’art théâtral.

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‘‘Les Remparts interdits’’ de Kamel Essoussi | Si Sousse m’était conté

Le premier roman de Kamel Essoussi, ‘‘Les Remparts interdits’’ vient d’être publié aux éditions Sikelli, à Tunis. Ce récit fluide, réaliste et profondément touchant sur la complexité des liens familiaux et conjugaux, est disponible dans toutes les bonnes librairies en Tunisie.

Mohamed Sadok Lejri

L’auteur nous plonge dès les premières pages dans l’atmosphère envoûtante de la médina de Sousse et de la capitale des années 1970 et 1980, sur fond de soubresauts politiques — de la tragédie du «jeudi noir» de janvier 1978 jusqu’à nos jours.

Au-delà du simple récit intime, ce roman peint une fresque amoureuse et familiale aux allures d’épopée. Plus qu’un drame familial ou une simple idylle, cette liaison, traversée par les souffles de l’interdit, est portée par deux amants confrontés au regard de la société et emportés par le destin.

Au cœur du récit se trouve le couple formé par Selima et Ameur. À priori, tout les oppose : elle est issue d’un bourg pauvre du Nord-Ouest de la Tunisie, tandis qu’il appartient à la bourgeoisie traditionnelle de Sousse, avec tout ce que cela implique de codes, de préjugés, de malentendus, de frontières tacites… et de remparts interdits.

Kamel Essoussi traite avec une grande subtilité la réticence de la famille d’Ameur à l’égard de Selima. Ce dernier, médecin très apprécié, est la fierté de sa famille et suscite l’admiration de toute la ville. C’est précisément cette retenue dans le traitement d’un sujet aussi sensible, alliée à l’excellente description des différentes phases de la vie du couple, qui fait la force de l’œuvre.

À travers l’évolution de leur relation et toute une galerie de personnages secondaires d’une justesse et d’une authenticité remarquables, Kamel Essoussi tisse un récit fluide, réaliste et profondément touchant sur la complexité des liens familiaux et conjugaux. Il livre ainsi une œuvre puissante, portée par une plume élégante qui élude tout sentimentalisme pour mieux marquer les cœurs et les esprits.

Pour un premier roman, le résultat est indéniable. Captivant et d’une grande richesse, ‘‘Les Remparts interdits’’ se lit d’un trait et consacre Kamel Essoussi comme un auteur au style affirmé et au sens de la narration aiguisé.

Mention spéciale pour la superbe photo de couverture qui annonce d’emblée la couleur : on reconnaît au premier coup d’œil les remparts majestueux de la médina de Sousse, un clin d’œil vibrant à l’enfance et aux racines de l’écrivain. À la fois emblématique et intime, cette image illustre à la perfection le titre et l’âme du livre.

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