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Portrait. Sara Ouhaddou entre art et artisanat

Artiste franco-marocaine reconnue sur la scène internationale, Sara Ouhaddou développe une œuvre singulière nourrie par les savoir-faire artisanaux du Maroc et les questions d’identité. À travers un alphabet qu’elle a inventé et un travail étroit avec des artisans, elle réinterprète…

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GHF à Gaza : les conséquences durables d’un simulacre humanitaire

La Fondation humanitaire pour Gaza (GHF) a distribué de l’aide humanitaire pendant six mois en 2025. Les conditions de distribution extrêmes ont laissé des traces dans les esprits palestiniens.   Mouvements de foule mortels, groupes mitraillés indistinctement, enfants blessés par…

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Bac 2026 : IA, kits, brouillages… La Tunisie face à la triche de masse

À peine lancée, la session principale du baccalauréat 2026 en Tunisie se retrouve déjà éclaboussée par une série d’affaires de fraude qui alimentent l’inquiétude des parents, des enseignants et des autorités. « C’est l’examen de tous les records… de la…

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Béja : la saison de la moisson démarre dans six délégations du gouvernorat

Le coup d’envoi de la saison de la moisson des céréales a été donné, dimanche, dans 6 délégations du sud du gouvernorat de Béja à savoir : Goubellat, Medjez el-Bab, Testour,le sud de Téboursouk, Béja sud et des localités de Thibar.
La saison de la moisson débutera le 13 juin courant dans les localités restantes, à savoir Béja nord, Amdoun, Nefza et quelques zones de Téboursouk, Béja sud et Thibar.
Selon les autorités régionales agricoles,les superficies céréalières totales sont estimées à 155 000 hectares pour la saison actuelle.
A noter que la campagne de récolte de l’orge et du triticale a débuté mercredi 3 juin dans toutes les délégations du gouvernorat de Béja.
Dans une déclaration à l’agence TAP, le chef du département de la production végétale au Commissariat Régional au Développement Agricole (CRDA) de Béja, Abdelmajid Ouled Sghir, a jugé la récolte cette saison « très bonne », avec un rendement estimé à plus de 3 millions de quintaux.
Il a précisé que le gouvernorat de Béja compte 47 centres de collecte, dont la plupart sont agréés, ajoutant que de nombreux préparatifs ont été menés à différents niveaux pour garantir le succès de la campagne.
Parmi ces préparatifs figurent des campagnes intensives de réglage et d’entretien du matériel de récolte et de sensibilisation à la prévention des incendies.

(D’après TAP)

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Korba, laboratoire vivant du théâtre : quand le 4éme art sort de la scène et envahit les lieux de vie

Depuis cinq ans, le Festival  du théâtre laboratoire  s’affirme comme un rendez-vous incontournable où la ville de Korba  célèbre la vitalité de la création estudiantine. La 5ème édition se tiendra du 16 au 20 juin  2026, transformant la ville en un laboratoire artistique et intellectuel.

Intitulée « Théâtre dans des espaces alternatifs », cette édition ne se limite pas à un simple déplacement géographique des salles de spectacle vers des places et des sites publics ; elle représente un changement de perspective fondamental. Ainsi cette cinquième édition du Festival de théâtre Laboratoire vise à libérer les acteurs des contraintes de la scène traditionnelle, les incitant à explorer leurs corps, leurs voix et leur énergie psychologique dans des espaces non conçus initialement pour la représentation théâtrale. Ici, l’espace devient partie intégrante de la performance, se détachant de tout arrière-plan.

Murs, places, sites archéologiques et espaces ouverts se transforment en éléments scénographiques vivants, obligeant acteurs et metteurs en scène à repenser leurs outils artistiques. Cette édition soulève une question fondamentale concernant la capacité de la scène parallèle à libérer l’énergie de l’acteur et à transformer la conscience du public en dehors des cadres classiques. De cette question découlent des recherches plus approfondies sur la relation entre le corps et l’espace, les frontières entre spontanéité et organisation, et la possibilité de faire passer le public de spectateurs passifs à participants actifs du processus créatif.

Ici, l’art n’est pas un simple spectacle, mais un moyen de redécouvrir le lieu, d’éclairer sa mémoire et de lui conférer une nouvelle valeur culturelle et touristique. C’est dans ce cadre que plusieurs institutions culturelles et théâtrales participent à cette édition, notamment les Centres des arts dramatiques et du spectacle de Nabeul, Zaghouan et Sfax, ainsi que le Laboratoire de théâtre du Centre culturel de Korba, l’espace culturel privé « Petit Théâtre » à Médenine et l’espace culturel « Arto », également à Medenine. Cette participation diversifiée témoigne d’une volonté manifeste de tisser des liens entre les régions, de favoriser les échanges d’expériences et de créer un réseau théâtral capable de soutenir et de développer les jeunes talents.

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Kaouther Ben Hania primée au Festival de Khouribga  

‘‘La Voix de Hind Rajab’’, film de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, a remporté le Grand Prix «Ousmane Sembene» lors de la clôture de la 26e édition du Festival international du cinéma africain de Khouribga, organisée du 30 mai au 6 juin au Maroc.

Seul film tunisien en compétition dans la catégorie des longs métrages de fiction, le long métrage s’est distingué parmi 14 productions africaines venues notamment du Maroc, d’Égypte, du Sénégal, du Cameroun et du Kenya.

Produit en 2025, le film s’inspire de l’histoire de la petite Palestinienne Hind Rajab et met en lumière le combat d’équipes du Croissant-Rouge tentant de lui porter secours alors qu’elle se retrouve piégée sous les bombardements à Gaza.

À mi-chemin entre documentaire et fiction, ‘‘La Voix de Hind Rajab’’ a déjà remporté plusieurs distinctions internationales, dont le Lion d’argent à la Mostra de Venise. Il a également reçu le prix du «Film le plus précieux» lors du gala Cinema for Peace à Berlin et a été présélectionné aux Oscars américains.

L.B.

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    Khouribga consacre « La Voix de Hind Rajab » : un nouveau Grand Prix pour le cinéma tunisien

    Le film « La Voix de Hind Rajab » de Kaouther Ben Hania a remporté le Grand Prix Ousmane Sembène lors de la 26e édition du Festival international du cinéma africain de Khouribga (FICAK), clôturée le 6 juin 2026 au Maroc. Une nouvelle distinction africaine pour une œuvre qui poursuit une trajectoire internationale remarquée depuis sa première mondiale à Venise.

    Un palmarès africain pour un film déjà mondial

    Seul représentant tunisien dans la compétition officielle des longs métrages, « La Voix de Hind Rajab » revient sur l’histoire de la petite Palestinienne Hind Rajab, piégée dans une voiture sous les bombardements à Gaza après avoir perdu plusieurs membres de sa famille, et qui parvient à contacter les secours du Croissant-Rouge palestinien.

    Lire aussi: CIFF 2025 – Clôture du festival avec « La voix de Hind Rajab » de Kaouther Ben Hania

    Le jury du FICAK a attribué au film le Grand Prix Ousmane Sembène, principale distinction du festival. Le Prix du Jury Noureddine Saïl est revenu à l’Égyptien Mohamad Rashad pour « The Settlement », tandis que le Prix de la réalisation Idrissa Ouédraogo a distingué le Marocain Ali Benjelloun pour « Goundafad ».

    De Venise à Khouribga, une trajectoire exceptionnelle

    Depuis sa présentation à Venise, « La Voix de Hind Rajab » s’est imposé comme l’un des films tunisiens les plus commentés de ces dernières années. L’œuvre a notamment été distinguée par le Lion d’argent, avant de représenter officiellement la Tunisie dans la course aux Oscars.

    Lire aussi: Golden Globes 2026 – « La Voix de Hind Rajab » nommé pour le Prix du Meilleur film en langue étrangère

    Le film bénéficie également d’un soutien international notable, avec la participation de figures hollywoodiennes telles que Brad Pitt, Joaquin Phoenix et Rooney Mara en tant que producteurs exécutifs.

    Lire aussi: « La Voix de Hind Rajab » poursuit son triomphe international

    Le Grand Prix de Khouribga confirme ainsi que le film de Kaouther Ben Hania ne résonne pas seulement dans les grands festivals occidentaux : il s’inscrit désormais aussi dans la reconnaissance du cinéma africain.

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    ‘‘Défis et remords’’ de Mohamed Louati ou les blessures de l’histoire

    Dans ‘‘Défis et remords’’ (publié à compte d’auteur, Tunis, 2025, 296 pages), le deuxième roman de l’écrivain Mohamed Louati, après ‘‘Les bonbons à la menthe. L’histoire de Zbagliato’’ (éditions Zeyneb, 2024), se croisent amour interdit, poids des traditions, exil volontaire, secrets de famille et choix douloureux, à travers le parcours cahoteux d’un couple tuniso-français uni par l’amour mais ballotté par le destin.

    Lotfi Sahli

    L’action de ce roman très documenté se déroule au cours de la première moitié du 20e siècle et met en scène les communautés arabes, françaises et italiennes dans une ville de Bizerte, à la fois arabe, méditerranéenne et cosmopolite, en pleine transformation sociale et urbaine.  

    Le roman et son auteur ont été au centre d’une rencontre, samedi 6 juin 2026, à la médiathèque de l’Alliance Française de Bizerte, dirigée par Hajer Sfaxi. Présentée par Fathi Belkahia, président de l’alliance Française à Bizerte et modérée par Samy Antar, professeur d’histoire et de géographie, cette rencontre a permis au public de découvrir les multiples facettes d’un écrivain et d’une œuvre romanesque ancrée dans l’histoire de la ville de Bizerte, à la frontière du réel et de l’imaginaire, où le récit est riche en rebondissements et en émotions, et les motivations complexes des personnages donnent toute leur force aux thèmes abordés.

    Abbes Mohsen, ancien maire de Tunis et ancien ambassadeur de Tunisie à La Haye, également camarade de classe de l’auteur, est venu de Tunis pour prendre part à la rencontre.

    De Marseille à Bizerte

    L’histoire de ‘‘Défis et remords’’ prend racine en 1909, au temps où la France, puissance «protectrice», renforçait son contrôle sur la Tunisie.

    Rose était une fille de la terre, née au cœur secret de la campagne normande. Sa vie tenait dans un périmètre étroit, une ligne droite tracée entre la maison familiale et la forêt où son père brûlait le bois. Elle ne franchissait les frontières du village que pour lui porter ses provisions, marchant dans l’odeur de la suie et de la mousse humide. Une existence simple, austère, réglée par le pas des saisons. Puis, il y eut le grand départ.

    Quittant son nid natal, elle monta dans un train pour Marseille. Collée à la lucarne du wagon, Rose vit le monde s’élargir pour la première fois, regardant défiler les paysages de France comme un rêve éveillé. C’était le prélude au grand saut : à Marseille, la terre s’arrêta. Elle embarqua sur un navire, direction Bizerte, abandonnant la fraîcheur de son bocage pour l’inconnu de la mer et la promesse d’une autre rive.

    Au terme du voyage, Bizerte devint sa terre d’ancrage. Rose fut placée au service d’un officier français. Sa tâche dépassait celle d’une simple servante : elle devint gouvernante, une femme de ménage au rang rehaussé par la confiance qu’on lui portait. Sur ses jeunes épaules reposaient désormais l’entretien de la demeure et le soin de trois enfants, insufflant un peu de sa rigueur normande dans ce nouveau foyer colonial.

    D’une rive l’autre

    Sur cette autre rive, si loin des brumes de la Normandie, vivait Habib.

    C’était un jeune Tunisien au sang vif, charmeur et ouvert sur le monde, un bon vivant qui ne boudait pas les plaisirs de l’existence, s’autorisant ici et là le goût défendu de quelques breuvages et apéritifs. Il maîtrisait l’italien et le français, et vivait dans le vieux quartier arabe, un enchevêtrement de ruelles qui venait se heurter à la ville européenne, cette cité moderne que les colons français étaient alors en train de faire émerger.

    Alors, le destin noua ses fils. Par un simple hasard, leurs regards se croisèrent. Ce fut un coup de foudre, une étincelle brute qui alluma instantanément le désir dans le cœur de l’un et de l’autre.

    De ce feu naquit un amour interdit. Autour d’eux, les deux familles restèrent perplexes, puis abasourdies face à cette union inattendue que tout condamnait. Le couperet tomba, net et cruel : le reniement. Pour des raisons de sang, de religion et de rang social, chacun fut banni par les siens, laissant les deux amants seuls face au monde, riches de leur seul amour.

    Ils forcèrent le destin et se marièrent en 1913, s’inventant un premier nid dans l’exiguïté d’un petit studio.

    Puis, le miracle de l’apaisement eut lieu. La mère d’Habib, Douja, sut trouver la force du pardon. Elle ouvrit grand les portes de la maison familiale, bénit l’union et adopta sa bru, Rose la Normande, comme sa propre fille. Durant dix mois, le jeune couple vécut ainsi sous ce toit bienveillant, réconcilié avec une partie de ses racines.

    Mais le sursis fut de courte durée. Juste avant que le monde ne sombre dans le chaos de la Première Guerre mondiale, ils plièrent bagage et s’envolèrent vers la France, poussés à nouveau vers l’inconnu, où les attendaient d’autres déboires.

    Ces quelques lignes laissent deviner une fresque humaine d’une immense richesse, où l’amour et le courage s’entrechoquent avec le tumulte de l’Histoire et le choc des cultures. Le destin de Rose et Habib, suspendu aux portes de cette Grande Guerre, donne effectivement le frisson et l’envie de tourner les pages de cette histoire inspirée de faits réels.

    Entre blessures et ambitions

    Lors du débat, Mohamed Louati a souligné le travail de recherche qui a précédé l’écriture de son roman. En s’appuyant sur des archives et des témoignages de l’époque, il a cherché à mettre en lumière certaines réalités historiques dont il a nourri cette fiction profondément émouvante. L’auteur a notamment évoqué des thématiques universelles du racisme et des préjugés entre communautés, des tensions sociales entre Tunisiens eux-mêmes, du fossé séparant les familles aisées des plus modestes, mais aussi des valeurs humaines intemporelles comme la générosité, la modestie et la solidarité.

    À travers son récit, il invite ainsi le lecteur à une réflexion sur l’humaine condition, entre blessures héritées du passé et aspirations à une société plus juste et plus fraternelle.

    Ce qu’on retient surtout de cette rencontre littéraire, c’est la découverte d’un grand serviteur de l’État dont le parcours force l’admiration. Ancien maire de Bizerte, gouverneur, président-directeur général d’une entreprise publique, vice-président de la Jeune chambre Internationale et haut administrateur aux Nations unies, Mohamed Louati s’est distingué tout au long de sa carrière par son sérieux, sa rigueur et son esprit cartésien, comme l’a d’ailleurs souligné l’un des intervenants.

    Rien ne laissait pourtant présager que derrière cet homme de devoir et d’action se cachait un romancier aussi sensible. À travers son œuvre, il révèle une remarquable finesse d’observation, une profonde sensibilité humaine et un réel talent d’écriture. Sa plume élégante et maîtrisée donne vie à des personnages attachants et à des récits pleins d’émotion. Cette rencontre nous a permis de découvrir une autre facette de sa personnalité, celle d’un conteur habile qui sait captiver son lecteur et le tenir en haleine. Au terme de cet échange, on est restés sur notre faim, dans l’attente impatiente du troisième volet de cette saga prometteuse.

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