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Tunisie : Le vieillissement de la population s’accélère

La Tunisie entre progressivement dans une nouvelle phase démographique marquée par un ralentissement inédit de la croissance de sa population et un vieillissement accéléré de la société. C’est ce que révèle un document prospectif publié par Institut national de la statistique sur les projections démographiques à l’horizon 2054.

Intitulée « Projections de la population 2024-2054 », cette étude, élaborée en mai 2026 à partir des résultats du recensement général de la population et de l’habitat de 2024 ainsi que des données de l’état civil, montre que la transition démographique tunisienne a été « plus rapide et plus profonde » qu’attendu.

Selon l’INS, la population tunisienne s’élevait à 11,97 millions d’habitants en 2024, un chiffre inférieur aux précédentes estimations. Cette évolution s’explique notamment par la forte baisse du taux de fécondité, passé de plus de trois enfants par femme en 1994 à seulement 1,54 enfant en 2024, soit un niveau inférieur au seuil de renouvellement des générations.

Une légère hausse du nombre d’habitants

L’institut prévoit toutefois une légère hausse du nombre d’habitants dans les prochaines décennies. La population tunisienne devrait atteindre 12,16 millions d’habitants en 2030 puis environ 13,3 millions en 2054. Mais derrière cette progression apparente se cache un net ralentissement du rythme de croissance démographique, qui tomberait à seulement 0,03% à la fin de la période étudiée, rapprochant le pays d’une situation de quasi-stabilité démographique.

L’étude met également en garde contre une transformation profonde de la pyramide des âges. Les catégories jeunes devraient continuer à diminuer alors que la part des personnes âgées de 60 ans et plus augmentera de manière continue au cours des prochaines décennies.

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Cette évolution devrait accentuer les besoins en matière de santé, de prise en charge de la dépendance et de protection sociale, tout en exerçant une pression croissante sur les systèmes de retraite et les politiques publiques liées au vieillissement.

Une « fenêtre démographique » entre 2030 et 2045

Le document souligne néanmoins l’existence d’une « fenêtre démographique » entre 2030 et 2045. Cette période correspondra à l’entrée en âge de procréer des générations nées entre 2000 et 2014, une phase durant laquelle la Tunisie avait enregistré un nombre relativement plus élevé de naissances.

Selon l’INS, cette dynamique pourrait entraîner une reprise limitée des naissances après plusieurs années de recul, à condition que les jeunes disposent de conditions économiques et sociales favorables leur permettant de concrétiser leurs projets familiaux.

Les projections démographiques montrent aussi une féminisation progressive de la population tunisienne. La part des femmes devrait passer de 50,7% de la population en 2025 à 52,2% en 2054. Cette évolution est attribuée à l’espérance de vie plus élevée des femmes ainsi qu’à la poursuite d’une émigration majoritairement masculine.

À travers ces projections, l’INS estime que la Tunisie devra adapter ses politiques publiques aux mutations démographiques à venir, notamment dans les domaines de l’emploi, de la santé, de la famille et de la protection sociale, afin de faire face aux défis liés au vieillissement de la population et au ralentissement durable de la croissance démographique.

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Tunisie : 127 stations d’épuration, 152 plages nettoyées

À l’occasion de la Journée nationale et internationale de l’environnement, célébrée ce vendredi 5 juin 2026 par le ministère de l’Environnement sous le thème « Green Waves : Small Actions, Big Impacts », le ministre Habib Abid a mis en avant les principales réalisations et ambitions de la Tunisie en matière d’assainissement, de protection du littoral, de gestion des déchets et de préservation de la biodiversité. L’occasion de dresser un état des lieux marqué par des chiffres significatifs et des objectifs ambitieux à l’horizon 2030.

La Tunisie accélère ses efforts en matière de protection de l’environnement, de gestion des ressources en eau et de préservation de la biodiversité. C’est ce qu’a affirmé le ministre de l’Environnement, Habib Abid, en dressant un état des lieux des principaux chantiers engagés à l’échelle nationale.

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Sur le volet de l’assainissement, le ministre a indiqué que le pays dispose aujourd’hui de 127 stations d’épuration, capables de traiter près d’un million de mètres cubes d’eaux usées par jour. Ce dispositif s’appuie sur un réseau de plus de 18.500 kilomètres de conduites et permet de couvrir environ 70 % de la demande nationale en matière d’assainissement.

Selon Habib Abid, le Plan 2026-2030 devrait permettre de porter ce taux à près de 80 %, grâce à de nouveaux investissements destinés à renforcer les infrastructures existantes et à étendre les services aux zones encore non couvertes.

Le ministre a également souligné l’importance de la valorisation des eaux traitées. Bien que leur qualité reste perfectible, elles représentent, selon lui, une ressource stratégique pour l’agriculture et un levier important pour la protection de l’environnement marin.

Concernant la propreté des plages, les efforts ont été renforcés cette année. Après un programme ayant concerné 133 plages en 2025, le ministère est passé à 152 plages en 2026. La campagne de nettoyage a été lancée dès le 1er juin afin de préparer la saison estivale et d’améliorer la qualité du littoral tunisien.

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Parallèlement, plusieurs grands projets d’aménagement et de protection du littoral sont en cours. Le ministère mène notamment des interventions destinées à lutter contre l’érosion côtière et à préserver les écosystèmes marins les plus vulnérables.

La gestion des déchets constitue également un axe majeur de la stratégie environnementale. Habib Abid a révélé que près de 37 000 tonnes de déchets ont été collectées dans le cadre des opérations menées récemment, soit une hausse de 30 % par rapport aux volumes habituellement enregistrés. Face à cette progression, le ministère entend désormais accentuer les efforts de valorisation et de recyclage afin de transformer ces déchets en ressources économiques.

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Projets publics : Les grands chantiers au cœur d’un rappel à l’ordre gouvernemental

Face à la lenteur persistante de nombreux chantiers publics, la cheffe du gouvernement Sarra Zaâfrani Zenzri a choisi le ton de la fermeté. Lors d’un Conseil des ministres restreint consacré au suivi des projets de développement, elle a placé la responsabilité des gestionnaires publics au cœur de l’action gouvernementale, tout en dressant la liste des grands projets stratégiques que l’exécutif entend accélérer dans les différentes régions du pays.

La réunion tenue jeudi au Palais du gouvernement de la Kasbah marque une nouvelle étape dans la volonté affichée de l’exécutif d’accélérer la réalisation des projets publics. Plus qu’un simple exercice de suivi administratif, le Conseil des ministres restreint a été l’occasion pour la cheffe du gouvernement de rappeler que les retards et les blocages ne seront plus considérés comme de simples dysfonctionnements bureaucratiques.

Une réponse à des blocages récurrents

En évoquant explicitement la reddition des comptes et l’engagement de la responsabilité des auteurs de manquements professionnels, Sarra Zaâfrani Zenzri adresse un message clair à l’ensemble de l’administration : l’avancement des projets devient désormais un indicateur majeur de performance publique.

Le discours gouvernemental s’articule autour d’un constat implicite : de nombreux projets structurants continuent de souffrir d’obstacles administratifs, fonciers, techniques ou procéduraux qui ralentissent leur concrétisation.

Pour y remédier, la cheffe du gouvernement a insisté sur plusieurs leviers. Elle a notamment appelé à la simplification des procédures administratives, à la réduction des délais de passation des marchés publics et à la suppression de certaines autorisations jugées contraignantes.

L’accent mis sur les études préalables – techniques, foncières et environnementales – traduit également la volonté d’éviter les interruptions de chantier qui ont longtemps affecté plusieurs projets d’infrastructure et d’équipement public.

Cette approche s’accompagne d’un renforcement du suivi de terrain. Les responsables centraux, régionaux et locaux sont désormais appelés à assurer un contrôle quotidien de l’état d’avancement des réalisations, tandis qu’une plateforme numérique nationale doit permettre un suivi en temps réel des projets.

Santé, transport, énergie : les grands chantiers sous surveillance

La présentation effectuée par le ministre de l’Économie et de la Planification a mis en lumière une série de projets considérés comme prioritaires par l’État.

Dans le secteur de la santé, plusieurs infrastructures majeures figurent parmi les dossiers suivis de près, notamment l’hôpital universitaire Roi Salmane à Kairouan ainsi que les hôpitaux multidisciplinaires de Sidi Bouzid et de Gafsa. À cela s’ajoutent plusieurs établissements régionaux destinés à renforcer l’offre sanitaire dans les zones de l’intérieur.

Les infrastructures de transport occupent également une place centrale. Le pont de Bizerte, l’autoroute Tunis-Jelma, la première tranche du Réseau ferroviaire rapide et la modernisation des lignes ferroviaires constituent autant de projets dont l’achèvement est présenté comme un levier de développement économique et d’intégration territoriale.

Le Conseil a également examiné l’avancement de projets énergétiques stratégiques, à commencer par l’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie à travers le projet ELMED. L’extension des réseaux de gaz et d’électricité ainsi que l’usine de triple superphosphate de Mdhilla figurent également parmi les dossiers suivis par l’exécutif.

Des projets répartis sur l’ensemble du territoire

L’une des caractéristiques de la liste présentée lors du Conseil réside dans sa dimension territoriale. Les projets évoqués concernent aussi bien les régions côtières que les gouvernorats de l’intérieur.

Les nouveaux barrages prévus à Saïda, Kalâa Kebira, Mellègue supérieur, Tessa et Khalled illustrent la priorité accordée aux ressources hydriques et à la sécurité de l’approvisionnement en eau. Les programmes de protection du littoral et de modernisation des stations d’épuration témoignent quant à eux d’une attention particulière aux enjeux environnementaux.

La transformation numérique à travers le programme GovTech, les projets liés à l’éducation et à la formation professionnelle ainsi que la restauration de monuments emblématiques du patrimoine national, dont les mosquées Zitouna et Okba Ibn Nafaâ, complètent un portefeuille de projets particulièrement diversifié.

Au-delà de l’énumération des chantiers en cours, la réunion de la Kasbah met en évidence une orientation politique plus large : faire de l’exécution des projets publics un critère central d’évaluation de l’administration.

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Le tabac cause 13 000 morts par an en Tunisie

Le tabagisme est responsable de plus de 13 200 décès par an en Tunisie, soit près d’un décès sur cinq au niveau national. Environ la moitié des décès liés au tabac surviennent chez les moins de 70 ans.

Ce constat alarmant a été dressé à Tunis par des médecins et des experts tunisiens, algériens et libyens, réunis pour la première édition du forum «Tabagisme au Maghreb : débats sur un défi commun», organisé par la plateforme tunisienne Med.tn. Au cœur des discussions : la nécessité d’élaborer une réponse régionale à cette addiction qui, selon les spécialistes, reste très répandue dans les pays du Maghreb, touchant particulièrement la population masculine et de plus en plus les adolescents et les jeunes adultes dès leur plus jeune âge.

En Tunisie, le cardiologue Dhaker Lahidheb a souligné, dans une déclaration à Diwan FM, que près d’un homme adulte sur deux fume, soulignant que plus de la moitié des patients souffrant d’infarctus aigus dans le pays sont des fumeurs, insistant sur l’impact du tabac sur les maladies cardiovasculaires et la nécessité d’élargir l’accès aux programmes de sevrage tabagique, notamment aux substituts nicotiniques tels que les patchs et les gommes à mâcher.

Les données présentées lors du forum sont conformes au modèle d’investissement pour la lutte antitabac élaboré par le ministère tunisien de la Santé en collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) et le Secrétariat de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac.

Selon une étude publiée en 2021 à partir des données disponibles, le tabac est responsable de plus de 13 200 décès par an en Tunisie, dont 49 % surviennent avant l’âge de 70 ans, tandis que 18 % des décès sont liés au tabagisme passif.

Un coût économique important

Le coût économique estimé pour la seule année 2019 s’élevait à environ deux milliards de dinars tunisiens (600 millions d’euros), soit 1,8 % du produit intérieur brut : 146 millions de dinars pour les dépenses de santé et environ 1,9 milliard de dinars pour les pertes de productivité dues aux décès prématurés, aux maladies et aux arrêts de travail.

Au cours du forum, l’épidémiologiste algérienne Souad Bouaoud a insisté sur la prévention, soulignant la priorité d’empêcher les mineurs de fumer leur première cigarette. Parmi les outils suggérés figuraient un renforcement de l’application des réglementations existantes, une taxation plus dissuasive et des contrôles plus efficaces sur la vente de produits contenant de la nicotine aux jeunes.

Le pneumologue libyen Hachem Belkhir a proposé la création d’une association maghrébine spécialisée dans la lutte contre le tabagisme, chargée d’élaborer des stratégies communes entre les pays de la région et de promouvoir la coordination en matière de collecte de données, de prévention et de recherche.

Selon Diwan FM, M. Belkhir a également évoqué la possibilité d’utiliser des outils d’analyse avancés, notamment l’intelligence artificielle, pour élaborer des politiques plus ciblées.

La discussion a également abordé la question des produits alternatifs aux cigarettes traditionnelles, notamment les cigarettes électroniques. Certains intervenants ont préconisé d’explorer des approches de réduction des risques pour les fumeurs adultes incapables d’arrêter de fumer. D’autres ont appelé à la prudence, soulignant que les données sur les effets à long terme des nouveaux produits restent incomplètes. L’OMS considère les cigarettes électroniques et les dispositifs à base de nicotine comme nocifs pour la santé et non sans risques, notamment pour les adolescents et les jeunes adultes.

Les experts ont enfin mis en avant la coopération entre la Tunisie, l’Algérie et la Libye comme un outil indispensable pour lutter contre ce phénomène qui dépasse les frontières nationales : campagnes coordonnées, échange de données sanitaires, renforcement du soutien aux services d’aide à l’arrêt du tabac et politiques fiscales permettant de limiter le recours aux circuits parallèles et à la contrefaçon.

Selon le modèle OMS-Pnud, une mise en œuvre renforcée des mesures prévues par la Convention-cadre pour la lutte antitabac pourrait prévenir plus de 55 500 décès en Tunisie au cours des quinze prochaines années et générer des bénéfices économiques estimés à 5,7 milliards de dinars (1,7 million d’euros).

I. B.

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