A quelques jours de son entrée en lice en Coupe du monde, la sélection tunisienne enregistre une progression au classement FIFA. Les Aigles de Carthage gagnent trois places et occupent désormais le 44e rang mondial, tout en conservant leur position parmi les principales nations du football africain.
Cette évolution intervient dans un contexte particulier pour la sélection nationale, engagée dans les derniers réglages avant la Coupe du monde.
Une progression malgré une préparation contrastée
Cette remontée au classement intervient quelques jours après la défaite concédée face à l’Autriche (0-1) lors d’un match amical de préparation. Malgré ce revers, la Tunisie a réussi à gagner des positions dans la hiérarchie mondiale, preuve que les résultats enregistrés au cours des derniers mois continuent de produire leurs effets.
A l’échelle continentale, les hommes de Sabri Lamouchi occupent la septième place africaine. Ils restent derrière le Maroc, le Sénégal, le Nigeria, l’Algérie, l’Égypte et la Côte d’Ivoire, mais devancent des sélections de référence comme le Cameroun, la République démocratique du Congo et le Mali.
Des adversaires mieux classés dans le groupe F
Le nouveau classement met également en lumière l’ampleur du défi qui attend les Tunisiens lors du Mondial.
Dans le groupe F, la sélection nationale devra affronter plusieurs équipes mieux classées sur la scène internationale. Les Pays-Bas figurent dans le Top 10 mondial avec une septième place, tandis que le Japon et la Suède restent des adversaires reconnus pour leur régularité au plus haut niveau.
Le Maroc confirme son statut de référence africaine
Au sommet du football mondial, l’Argentine retrouve la première place devant l’Espagne, tandis que la France recule au troisième rang. L’Angleterre, le Portugal, le Brésil et les Pays-Bas complètent le haut du classement.
Sur le continent africain, le Maroc poursuit sa remarquable progression et demeure la sélection la mieux classée d’Afrique. Les Lions de l’Atlas occupent désormais la huitième place mondiale, devant plusieurs grandes nations européennes et sud-américaines.
La Belgique, prochain adversaire de la Tunisie en match amical, figure également parmi les dix meilleures sélections de la planète avec une neuvième place mondiale.
Deme Group, géant belge du dragage maritime, a annoncé, dans un communiqué de presse publié le 3 juin 2026, la signature d’un contrat d’un montant de 50 millions d’euros avec l’Office de la marine marchande et des ports (OMMP), l’autorité publique tunisienne qui gère les infrastructures portuaires nationales, pour effectuer les travaux de dragage des ports tunisiens.
Selon E4T, le projet couvre trois sites stratégiques : Sousse, Menzel-Bourguiba/Bizerte, et Radès/La Goulette. Et les travaux se dérouleront en deux phases. D’abord, la construction de digues de confinement dans les ports de Menzel-Bourguiba et Sousse — deux ports séparés de plus de 200 kilomètres, ce qui exige, selon Deme, «une planification minutieuse et une logistique optimisée». Ensuite, le dragage extensif dans les trois zones, à l’aide d’un engin spécialisé, le trailing suction hopper dredger (TSHD), une drague aspiratrice traînante qui nettoie les fonds marins.
La gestion des matériaux dragués sera différenciée selon les sites : à Sousse et Menzel-Bourguiba, les sédiments seront réutilisés pour de la remblayage terrestre ; à Bizerte, approche hybride entre remblayage et immersion offshore ; à Radès et La Goulette, tout sera pompé à terre vers une zone désignée. Zéro gaspillage affiché, efficacité maximale revendiquée.
Deme Group, coté à Euronext Bruxelles, a 150 ans d’expérience et a réalisé un chiffre d’affaires de 4,2 milliards d’euros en 2025.
Une distinction qui vient consacrer l’excellence du centre et renforcer son positionnement parmi les acteurs majeurs du wellness en Méditerranée.
L’Athénée Thalasso & Spa Djerba vient d’obtenir le prestigieux Label Spa-A, décerné par l’Association Française des Spas, à l’issue de sa participation à la 18ᵉ édition du Forum HOTEL&SPA, rendez-vous international de référence dédié aux professionnels du spa, du bien-être et de l’hôtellerie de luxe, qui s’est tenu récemment à Paris.
Cette distinction constitue une certification de référence dans l’univers du spa et du bien-être haut de gamme. Elle est attribuée aux établissements répondant à des standards particulièrement exigeants et repose sur une évaluation approfondie portant notamment sur la qualité des protocoles de soins et des prestations, le niveau d’hygiène, de sécurité et de conformité, l’expertise, la formation et le professionnalisme des équipes, la qualité de l’accueil et de l’expérience client, ainsi que l’organisation globale et le management des espaces de bien-être.
Au-delà d’une reconnaissance symbolique, le Label Spa-A représente un véritable gage de qualité et de confiance pour une clientèle internationale exigeante et constitue un repère de performance pour les acteurs du secteur. Cette reconnaissance vient confirmer le niveau d’excellence de l’établissement et consolider sa crédibilité sur la scène internationale du wellness et de l’hôtellerie de luxe.
Une présence remarquée au Forum HOTEL&SPA 2026
Cette distinction intervient dans le cadre de la participation de l’Athénée Thalasso & Spa Djerba à la 18ᵉ édition du Forum HOTEL&SPA, organisée cette année sous le thème de la longévité et de l’hospitalité. L’événement a réuni des experts internationaux issus des principaux marchés anglophones et francophones du spa, du wellness et de l’hospitalité.
Dans ce contexte, l’Athénée Thalasso & Spa Djerba a été convié à prendre part à cette rencontre internationale à travers une invitation d’exception réservée à des établissements de référence du secteur du luxe et du bien-être. L’établissement y était représenté par son Directeur, Kaïs Nabli.
Cette participation confirme le positionnement de l’Athénée Thalasso & Spa Djerba comme un acteur engagé dans l’évolution du spa de destination et de la thalassothérapie haut de gamme en Méditerranée.
La longévité au cœur des nouvelles tendances du bien-être
Tout au long de cette 18ᵉ édition, les échanges ont mis en lumière une transformation profonde de l’industrie du bien-être, où la notion de longévité devient un pilier central de l’hospitalité contemporaine. Les intervenants ont souligné que les établissements de luxe évoluent désormais vers des expériences globales intégrant prévention, équilibre de vie et personnalisation des soins.
Dans cette dynamique, le spa ne se limite plus à une offre de relaxation, mais s’impose comme un levier stratégique de l’hospitalité moderne et durable.
Une référence méditerranéenne du spa et de la thalassothérapie
Situé à Djerba au sein de l’hôtel Radisson Blu Palace Resort & Thalasso Djerba, l’Athénée Thalasso & Spa s’inscrit pleinement dans cette évolution en développant une approche globale du bien-être fondée sur la qualité des protocoles de soins, l’expertise des équipes et une attention constante portée à l’expérience client.
L’établissement se positionne aujourd’hui comme une référence du spa et de la thalassothérapie en Méditerranée, reconnu pour son exigence opérationnelle et sa capacité à intégrer les standards internationaux du secteur.
Une reconnaissance qui conforte les ambitions de l’établissement
Cette double actualité – obtention du Label Spa-A et participation au Forum HOTEL&SPA 2026 – marque une étape importante dans le développement de l’Athénée Thalasso & Spa Djerba. Elle confirme le standing de l’établissement comme marque experte du bien-être et du spa de destination, engagée dans une dynamique d’innovation, de qualité et de rayonnement international.
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«Quelle est, pour toi, la femme idéale ?» Mon patient esquissa un sourire narquois au coin de sa bouche avant de répondre : «Je la veux Rabaa El Adawia le jour et Cicciolina la nuit. Je la veux aussi dévouée qu’une mystique soufie et aussi libre qu’une héroïne pornographique». Il la veut, somme toute, une femme capable de réunir deux mondes que tout oppose : la pureté sacrée et la jouissance profane. La sexualité du Tunisien a-t-elle pour socle la dualité sacré/profane ?
Adnene Khaldi *
Tout semble confirmer cette hypothèse : à commencer par l’histoire de Sidi Omar El Fayeche dans les années 1970 qui illustrait bien la dualité du sacré/profane. C’était un homme psychotique qui déambulait nu dans les ruelles de Tunis, refusant tout vêtement et balbutiant des mots incompréhensibles qui confirmaient bien la dissociation de sa pensée.
Plutôt que de voir dans sa nudité une indécence et dans son délire une folie, les femmes de la ville préféraient percevoir une sainteté : elles le visitaient pour avoir sa baraka et pour écouter ses prophéties. Le sacré devenait alors le voile qui recouvrait sa nudité, rendant supportable la vue de son sexe offert et exhibé (d’ailleurs Fayeche en arabe veut dire celui qui exhibe).
Le basculement du profane au sacré est fulgurant puisque, traditionnellement, la mixité entre hommes et femmes est encadrée par des normes vestimentaires strictes et par une forte régulation du rapport au corps. Pourtant, dans cet espace particulier, des femmes pour lesquelles la nudité est habituellement proscrite semblent suspendre, momentanément, cet interdit. Comme si ce lieu devenait un espace d’exutoire symbolique où ce qui est défendu dans l’ordre social pouvait être réinvesti sous une forme licite, voire sacralisée. On pourrait y voir une forme de retournement du sens de l’interdit : «Vous nous interdisez l’accès au corps masculin au nom du sacré ; nous allons alors utiliser précisément ce registre du sacré pour contourner cette interdiction et lui donner une autre signification».
Retournement du sens de l’interdit
Ce qui était condamné devient ainsi le support même d’une libération psychique et corporelle. Ce détour permettait alors de desserrer, au moins provisoirement, le poids d’une sexualité vécue comme interdite ou culpabilisante.
Le phénomène Sidi Omar El Fayeche montre bien que ces structures sont loin d’être hermétiques et statiques, le sacré et le profane se traversent l’un l’autre, ce qui souligne la porosité de leurs frontières.
60 ans plus tard, cette structure psychosexuelle n’a pas disparu, elle est bien là dans toute sa splendeur : le phénomène Belgacem le guérisseur en est la parfaite illustration. Il s’agit d’un escroc qui se fait passer pour un guérisseur spirituel. Il aurait attiré plus de 900 femmes en leur faisant croire qu’il était capable de les débarrasser du «djinn amoureux» qui les habitaient ainsi que d’autres maladies incurables ou encore des problèmes de retard de grossesse, au moyen de ce qu’il appelait le «sperme pur».
Le faux guérisseur convainquait ses victimes qu’un «djinn amoureux» habitait leur corps et qu’il pouvait l’en expulser en recourant à des pratiques occultes consistant en des séances de rapports sexuels avec elles. Son génie criminel lui a insufflé d’utiliser intuitivement l’arme imparable du sacré/profane : il forgea alors l’expression «sperme pur». Condensant en elle-même la dialectique du sacré et du profane, elle fonctionne comme un oxymore où se nouent le religieux et l’obscène, le pur et l’impur, le sacré et le charnel.
La pénétration transgressive devient tout à coup bénie et sacrée. Belgacem sait que ça fonctionne, il n’a pas l’ombre d’un doute sinon il ne se mettrait pas en danger de se faire démasquer. Il semble persuadé de l’efficacité de son dispositif symbolique sinon comment comprendre que même des femmes instruites et universitaires aient pu être prises dans cette logique d’emprise.
Si ce mécanisme opère avec une telle efficacité, c’est parce qu’il vient activer une structure psychosexuelle déjà présente dans l’imaginaire collectif, latente mais disponible, qu’il suffit d’effleurer pour la voir émerger. L’articulation entre sacré et profane semble ainsi constituer l’un des soubassements symboliques majeurs de la sexualité en Tunisie.
La circoncision et le tasfih comme lieux du sacré/profane
La circoncision est l’opération inaugurale qui inscrit ontologiquement et scelle à jamais le Tunisien (et le musulman en général) dans la dialectique du sacré/profane. Cette opération symbolique s’appelle la tahara autrement dit la purification sacré d’un organe potentiellement profanateur, tels que la luxure, la fornication, le péché, la turpitude, la souillure, le désir et le désir interdit, la non-maîtrise pulsionnelle, les figures du satyre et de l’hubris.
La tahara inscrit dans la chair une marque indélébile qui structure en profondeur l’univers psychique du Tunisien. Elle opère un clivage symbolique fondamental de l’être entre le sacré et le profane, un clivage qui structure également sa manière de percevoir le monde extérieur.
Il devient alors légitime de se demander dans quelle mesure cette incorporation clivante de l’être entre sacré et profane joue un rôle dans le mindset des extrémistes islamistes violents ? Veulent-ils à tout prix chasser du plus profond de leur être le profane et installer autour d’eux et en eux un monde intégralement sacré et épuré ?
Dans un autre registre, on peut interroger la manière dont la dichotomie sacré/profane structure la dynamique du désir chez l’homme tunisien.
En clinique, j’ai reçu de nombreux patients dont la dysfonction érectile provenait d’une incapacité à érotiser la future épouse, devenue trop sacrée. Leur parcours sexuel, marqué par le recours aux prostituées – figures du profane –, avait verrouillé un clivage : d’un côté, la femme respectable, objet de vénération mais désinvestie du désir ; de l’autre, la femme interchangeable, seule habilitée à recevoir la charge érotique. C’est le mécanisme même de la dissociation érotique.
En miroir de la circoncision se déploie l’exigence de virginité, comme son corollaire culturel et symbolique. L’hymen n’est pas que membrane anatomique mais une preuve morale. Sa présence est lue comme signe de pureté ; sa rupture comme indice de profanation, elle assure le passage du pur au profane.
Une autre pratique qui corrobore le sacré/profane est le rituel du tasfih, c’est cette pratique magique et donc profane au service de la virginité sacrée. Ici, c’est un «double loop» : le profane qui permet le sacré mais par la même il va permettre une autorisation implicite à des «jeux sexuels sans pénétration», ou même à des rapports, car la fille reste symboliquement vierge. Sa vertu est «protégée» par la magie, quoi qu’il arrive.
La littérature comme support du sacré/profane
Le sacré/profane traverse la littérature aussi, le roman de Faouzia Zouari, ‘‘Le corps de ma mère’’ est particulièrement édifiant à ce sujet. Il s’agit d’un récit autobiographique et familial centré sur la figure de la mère qui est une femme bédouine à la personnalité à la fois autoritaire, secrète et tragique. Elle incarne l’ordre moral : la pudeur, le silence, l’honneur, le contrôle du corps féminin et l’interdit autour du sexe. Elle est la gardienne du sacré familial. Son autorité impose une frontière stricte entre pur et impur, haram et halal. Tout commence quand la mère plonge dans le coma, autrement dit, elle se rapproche symboliquement du sacré et c’est à ce moment précis que le profane resurgit : les secrets sexuels, les turpitudes du corps, les frustrations, les désirs enfouis et surtout la féminité longtemps occultée derrière le rôle maternel sacralisé. Encore une fois, ici, le coma ou plutôt le sacré dévoile ce qu’il est censé taire.
Autrement dit, plus la mère se rapproche symboliquement du sacré et de l’au-delà, plus son humanité profane devient racontable. Il y a là un oxymore central du livre : le sacré ne protège le secret qu’en préparant son dévoilement.
Un champ de négociation entre honte et désir
La sexualité tunisienne n’oppose pas simplement le sacré au profane, elle les noue ensemble. Le désir n’y est pas hors du religieux ; il le traverse, le conteste, l’absorbe, parfois même le mime. Et la société, loin de se libérer de cette tension, semble continuer à l’habiter comme une évidence culturelle. Au fond, rien n’a vraiment disparu depuis les années 1970. Les noms changent, les pratiques se déplacent, les discours se modernisent, mais la structure demeure. Le sacré continue d’avoir besoin du profane pour se définir ; le profane continue d’emprunter au sacré sa puissance de légitimation. Et dans cette zone grise, la sexualité du Tunisien reste moins un espace de liberté qu’un champ de négociation entre honte, pouvoir, pureté et désir
L’autrice, dessinatrice et réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi est décédée ce jeudi 4 juin à Paris à l’âge de 56 ans. Figure incontournable de la bande dessinée contemporaine et intellectuelle engagée, elle laisse derrière elle une œuvre qui a profondément marqué le regard porté sur l’Iran dans le monde.
Révélée au début des années 2000 par ‘‘Persepolis’’, récit autobiographique consacré à son enfance durant la révolution iranienne et à son parcours d’exil, Marjane Satrapi avait su transformer une histoire personnelle en un témoignage universel sur la liberté, l’identité et la condition humaine. Traduit dans des dizaines de langues, l’ouvrage est devenu un classique international avant d’être adapté au cinéma dans un film d’animation récompensé au Festival de Cannes.
Née en 1969 à Rasht, en Iran, Satrapi avait quitté son pays à l’adolescence avant de s’installer durablement en France. Son œuvre, à la croisée de l’intime et du politique, n’a jamais cessé d’interroger les conséquences des révolutions, de l’exil et des systèmes autoritaires sur les individus.
Au-delà de son activité artistique, elle s’était imposée comme l’une des voix les plus écoutées de la diaspora iranienne. Ces dernières années, elle avait notamment pris position en faveur du mouvement «Femme, Vie, Liberté», né après la mort de Mahsa Amini, devenant une porte-parole influente des aspirations démocratiques d’une partie de la société iranienne.
Son indépendance d’esprit s’était encore illustrée en 2025 lorsqu’elle avait refusé la Légion d’honneur française, dénonçant ce qu’elle considérait comme les contradictions de la politique menée par Paris à l’égard de Téhéran. Un geste qui avait suscité un large débat dans les milieux intellectuels et politiques.
La disparition de Marjane Satrapi intervient moins d’un an après celle de son époux, le producteur et scénariste suédois Mattias Ripa. Dans les nombreux hommages publiés depuis l’annonce de son décès, artistes, écrivains et responsables politiques saluent une femme qui aura consacré son œuvre et sa parole à la défense des libertés individuelles.
Avec Marjane Satrapi disparaît une artiste dont les créations ont permis à des millions de lecteurs de découvrir une autre réalité de l’Iran, loin des clichés et des simplifications. Son héritage demeure celui d’une femme qui a fait du dessin, de l’écriture et du cinéma des instruments de dialogue entre les cultures et de résistance face aux oppressions.