Lese-Ansicht

Entre Alger et Rabat, la bataille se joue aussi dans les profondeurs marines

Dans le contexte d’une rivalité stratégique entre les deux géants du Maghreb que sont l’Algérie et le Maroc, la marine marocaine préparerait l’achat de ses premiers sous-marins conventionnels afin de combler son retard face à son voisin algérien.

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 40 milliards d’euros de dépenses militaires pour l’Algérie, contre près de 20 milliards pour le Maroc. En 2026, les deux poids lourds du Maghreb affichent les budgets de défense les plus élevés du continent africain et dominent également largement le marché des importations d’armement.

Rivalités stratégiques

Ainsi, dans un rapport publié en avril 2025, l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri) révèle qu’Alger et Rabat auront concentré à eux seuls 87 % des achats d’armes réalisés en Afrique du Nord entre 2020 et 2024. Une illustration frappante de la course aux armements que se livrent les deux voisins, liés par l’histoire mais opposés par de profondes rivalités stratégiques dans le contexte d’un environnement sécuritaire complexe marqué par les tensions régionales, les défis sahéliens et les mutations des alliances internationales.

Mais au-delà de leur antagonisme, Alger comme Rabat justifient toutefois ces investissements par la nécessité de moderniser leurs forces armées et de renforcer leur souveraineté stratégique.

Guerre sous-marine

C’est dans ce contexte que plusieurs médias spécialisés dans les questions de défense affirment que le Maroc étudie la possibilité d’acquérir ses premiers sous-marins militaires d’ici 2027. Le projet, qui n’a fait l’objet d’aucune annonce officielle de la part des autorités marocaines, viserait à renforcer les capacités de la Marine royale dans des espaces maritimes stratégiques reliant l’Atlantique à la Méditerranée.

A cet égard, notons que le Maroc poursuit depuis plusieurs années un programme de modernisation de ses forces navales. Le royaume a donc renforcé sa flotte de surface avec de nouvelles frégates et développé ses moyens de surveillance maritime afin d’améliorer le contrôle de ses espaces maritimes. Et ce, d’autant plus que le détroit de Gibraltar, situé entre les côtes marocaines et espagnoles, constitue l’un des principaux points de passage maritimes au monde entre l’océan Atlantique et la mer Méditerranée.

Ainsi, et même si les réflexions seraient encore à un stade préliminaire et qu’aucun contrat n’aurait été signé à ce jour, Rabat examinerait différentes offres internationales pour l’acquisition de trois sous-marins conventionnels et de deux patrouilleurs maritimes

Pour l’heure, le choix se porterait d’un côté sur le coréen KSS-III, porté par Hanwha Ocean, mis en avant pour ses délais de production plus rapides et ses coûts plus compétitifs face aux offres européennes. De plus, ce bâtiment est présenté comme l’un des modèles conventionnels les plus avancés actuellement disponibles, avec des capacités destinées aux missions de surveillance maritime, de renseignement et de dissuasion.

Selon les éléments relayés par la presse spécialisée, les discussions avec la Corée auraient pris de l’ampleur après une visite ministérielle marocaine à Séoul au printemps 2025. Les échanges ne porteraient plus uniquement sur les volets terrestres et de défense aérienne, notamment autour du char K2 Black Panther et du système Cheongung II, mais s’étendraient désormais au secteur naval.

De l’autre côté, le Scorpène du constructeur français Naval Group, déjà  en service dans plusieurs marines étrangères et qui est notamment utilisé pour des opérations de patrouille, de protection des espaces maritimes et de collecte de renseignements. Ce sous-marin conventionnel est réputé pour sa furtivité et sa polyvalence (lutte antisurface et anti-sous-marine, appui au renseignement).

Outre les modèles sud-coréen et français, le sous-marin russe Amour 1650 figure parmi les solutions mentionnées dans certaines publications spécialisées. Des analystes estiment toutefois que Rabat pourrait privilégier des partenariats avec des industriels européens ou asiatiques, notamment pour les questions de maintenance, de formation des équipages et de coopération technologique.

Avantage à l’Algérie

Rappelons à ce propos que l’éventuelle acquisition de sous-marins constituerait une évolution majeure pour les forces navales marocaines. Le royaume chérifien ne dispose actuellement d’aucun sous-marin opérationnel, contrairement à l’Algérie voisine.

Pour sa part, la flotte sous-marine algérienne se compose de six sous-marins d’attaque conventionnels à propulsion diesel-électrique de classe Kilo construits par les chantiers navals russes. Ces bâtiments sont reconnus pour leur redoutable discrétion acoustique, ce qui leur vaut le surnom de « trous noirs » par l’OTAN et sont équipés pour mener des missions de lutte anti-surface et anti-sous-marine. Cette capacité lui confère depuis plusieurs années une avance notable dans le domaine de la guerre sous-marine en Afrique du Nord et en Méditerranée occidentale.

Affaire à suivre…

L’article Entre Alger et Rabat, la bataille se joue aussi dans les profondeurs marines est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Siciliens, Italiens, Tunisiens : Le grand-père de Rosette Gabriele

L’aventure tunisienne de la famille de Rosette Gabriele a commencé en 1920, lorsque quittant Pantelleria, son grand-père a acheté un vaste terrain à Mornag.

Tout était à faire : d’abord défricher, pour ensuite labourer et enfin semer. Pour cela, il fera venir ses enfants de Sicile, enverra ses trois filles à l’école mais pas ses quatre garçons.

Ouvriers de leur propre père

Costauds et rompus au travail de la terre, Salvatore, Fortunato, Giuseppe et Giovanni voyaient leur destin tracé un peu malgré eux. Ils seront des garçons de ferme, ouvriers de leur propre père.

Les quatre garçons grandiront entourés de métayers tunisiens, apprendront à la perfection la langue du pays et seront de parfaits modèles d’intégration. Nostalgiques des écoles dont ils ne fréquenteront pas les classes, ils apprendront à lire et écrire seuls, avec les manuels et les cahiers de leurs sœurs Maria, Anita et Adèle.

De Pantelleria à Mornag

Giovanni, le père de Rosette, est né à Pantelleria et n’arrivera en Tunisie qu’à l’âge de neuf ans. Depuis, il a toujours vécu et travaillé à la ferme. Née à Palerme, son épouse Vittoria Cusimano a quant à elle rejoint la Tunisie à l’âge de 5 ans. Tous deux, après leur mariage, se sont consacrés à leurs trois enfants dont Rosette est la cadette.

En un jour fatal, la famille Gabriele allait tout perdre. Le labeur d’un demi-siècle s’évanouira après le décret de nationalisation des terres agricoles appartenant à des étrangers. De manière indiscriminée, ce décret dépouillait aussi bien les riches colons que les agriculteurs qui possédaient des parcelles qu’ils travaillaient eux-mêmes.

Une place au soleil en Italie ?

Les Gabriele quitteront la Tunisie en 1965 pour chercher une place au soleil en Italie. Les filles devront travailler pour assurer la subsistance de la famille alors que Giovanni ne trouvera pas d’emploi. Après ces années difficiles, la sœur et le frère de Rosette iront en Sardaigne. Pour elle, le chemin de vie sera différent puisque le pays natal l’ayant aimanté, elle reviendra en Tunisie en 1998.

Née à Ben Arous, Rosette a fréquenté l’école primaire de la rue Sidi Sabeur et le lycée de la rue de Russie. Ni elle ni sa sœur n’iront au bout de leurs études à cause de la perte des terres familiales et l’exil en Italie.

Yosra et Rosette

Plus tard, celle que ses amis tunisiens ont prénommé Yosra, en éloge à sa droiture et à son maniement parfait de la langue arabe, travaillera dans une entreprise locale, assurant les tâches du secrétariat et de la traduction.

Fidèle à son pays natal, Rosette a décidé d’y vivre et a même demandé la nationalité tunisienne. Retraitée, elle maintient vive, la présence des Gabriele, pense souvent à ses parents dont les surnoms de Juanino et Fitouria lui reviennent toujours à l’esprit.

Des racines plurielles

Très bien intégrée, vivant simplement, Rosette n’oublie pas pour autant ses racines siciliennes et les membres de sa famille qui vivent en Italie. Mais pour elle, c’est le quartier tunisois de la Petite Sicile qui demeure son socle et son horizon quotidien.

Ses nombreux amis lui rendent bien sa fidélité inébranlable et attendent le jour où elle recevra sa nationalité. Alors, enfin, Rosette Gabriele sera une Tunisienne d’origine sicilienne en même temps qu’elle est une Italienne dont le cœur bat à l’unisson de son pays natal.

Lire aussi :

L’article Siciliens, Italiens, Tunisiens : Le grand-père de Rosette Gabriele est apparu en premier sur webdo.

  •  
❌