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Tunisie : Les avocats défient le silence du ministère de la Justice

L’Ordre national des avocats de Tunisie a annoncé une série de grèves régionales dans les tribunaux du pays, avant une grève générale nationale prévue le 18 juin 2026. Derrière ce mouvement, un grief central : le silence persistant du ministère de la Justice face aux revendications d’une profession qui dit avoir épuisé les voies du dialogue.

Réuni mercredi 13 mai, le Conseil de l’Ordre affirme avoir décidé ces actions après examen de la situation de la profession et du climat général dans lequel évolue le secteur judiciaire. Il salue la mobilisation observée lors de l’assemblée générale exceptionnelle du 1er mai, au cours de laquelle les avocats ont réaffirmé leur attachement à l’indépendance de la justice et au droit à un procès équitable.

Le ministère dans le viseur

Les revendications portent sur la réforme du service public de la justice, l’amélioration des conditions de travail dans les tribunaux, ainsi que les dysfonctionnements liés aux mécanismes de désignation, de mutation et de promotion au sein du corps judiciaire.

Des problèmes qui, selon le communiqué du Conseil de l’Ordre, se répercutent directement sur les justiciables.

Un recours qui tend le climat

La mobilisation intervient dans un contexte déjà chargé. Selon une source judiciaire citée par la TAP, le procureur général près la Cour d’appel de Tunis a engagé un recours contre les modalités de tenue de l’assemblée générale du 1er mai.

L’affaire doit être examinée le 10 juin, soit huit jours avant la grève nationale annoncée par l’Ordre. Ce recours risque d’alimenter davantage la crispation au sein du barreau, déjà mobilisé autour de ses revendications professionnelles et institutionnelles.

Un calendrier en cinq étapes

Les grèves régionales débuteront le lundi 19 mai dans les tribunaux du Grand Tunis, de Nabeul et de Zaghouan, avec un rassemblement devant le tribunal de première instance de Tunis.

Le 21 mai, le mouvement s’étendra aux tribunaux de Bizerte, Béja, Jendouba, Le Kef et Siliana, avec un rassemblement devant le TPI de Bizerte.

Le 25 mai, ce sera au tour de Sfax, Gafsa, Tozeur et Sidi Bouzid, avec un sit-in devant le TPI de Sfax 1.

Le 1er juin, les avocats de Médenine, Gabès, Kébili et Tataouine rejoindront la mobilisation devant le TPI de Médenine.

Enfin, le 8 juin, Sousse, Monastir, Mahdia, Kairouan et Kasserine fermeront ce cycle régional, avec un rassemblement devant le TPI de Sousse 1.

À partir du 18 mai, les avocats sont appelés à porter le brassard rouge dans les prétoires en signe de protestation.

Le 18 juin, tous au Palais de justice

Le point d’orgue de ce mouvement est fixé au jeudi 18 juin : grève générale nationale dans tous les tribunaux de la République et rassemblement au Palais de justice de Tunis.

Une conférence de presse doit également être organisée pour exposer à l’opinion publique les revendications du barreau.

Au-delà du calendrier revendicatif, cette séquence révèle une fracture croissante entre le barreau et les institutions judiciaires : celle d’un corps professionnel qui entend défendre son autonomie face à un appareil institutionnel dont il juge le silence incompatible avec les exigences de la défense et du bon fonctionnement de la justice.

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CPG : La prime de l’Aïd paralyse la production à Métlaoui et Mdhilla

Un nouveau mouvement social perturbe l’activité de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG). Depuis mardi soir, des agents et ouvriers des sites de Métlaoui et Mdhilla observent une grève ouverte, provoquant l’arrêt de la production dans plusieurs carrières et unités de lavage. À l’origine de cette mobilisation : la contestation autour de la prime de l’Aïd al-Adha versée par la direction de l’entreprise.

Selon des sources syndicales locales, les protestataires dénoncent surtout l’absence de concertation avec le partenaire social. La syndicaliste Rim Hilal a affirmé que, les années précédentes, la direction de la CPG coordonnait avec les représentants des travailleurs concernant les primes de l’Aïd, les avances sur salaires et diverses allocations sociales. Cette année, la décision aurait été prise de manière unilatérale, alimentant un climat de tension déjà latent, rapporte Express FM.

Plusieurs revendications sociales restent sans réponse

Les grévistes estiment également que plusieurs revendications sociales restent sans réponse, notamment en matière de dialogue interne et d’application des accords conclus auparavant. Le mouvement a entraîné un arrêt du travail dans des installations stratégiques du bassin minier, un secteur clé pour les exportations tunisiennes.

Cette nouvelle crise sociale intervient alors que la CPG traverse une période particulièrement sensible. Depuis plusieurs mois, la compagnie est confrontée à des mouvements de protestation récurrents liés aux primes, aux crédits sociaux et aux conditions de travail. En février dernier déjà, des grèves avaient touché plusieurs unités de production à Redeyef, Métlaoui, Mdhilla et Oum Larayes pour réclamer le versement de primes et d’avantages sociaux en retard.

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Ces perturbations interviennent surtout au moment où l’État tente de relancer un secteur considéré historiquement comme l’un des piliers de l’économie tunisienne. Avant 2011, la Tunisie produisait près de 8 millions de tonnes de phosphate par an et le secteur représentait environ 10 % des exportations nationales ainsi que 4 % du PIB. La Compagnie des phosphates de Gafsa figurait alors parmi les cinq plus grands producteurs mondiaux.

Sit-in et problèmes logistiques

Depuis la révolution, la production a fortement chuté sous l’effet des grèves, des sit-in, des problèmes logistiques et du vieillissement des équipements. En 2024, la production tunisienne de phosphate brut s’est limitée à environ 3,28 millions de tonnes, contre plus de 7,4 millions de tonnes en 2010.

La CPG affirme néanmoins vouloir accélérer la relance. Pour 2025, l’entreprise ambitionne d’atteindre entre 5 et 5,3 millions de tonnes de phosphate commercial grâce à la modernisation des équipements et à l’amélioration des capacités de lavage et de transport. Au premier trimestre 2025, la production aurait déjà progressé de 18 % par rapport à la même période de l’année précédente, atteignant environ 825 mille tonnes.

Les autorités tunisiennes misent fortement sur cette reprise pour améliorer les recettes en devises. Selon des données relayées par l’INS, les exportations de phosphates et dérivés ont rebondi de 15 % en 2025 après une forte contraction en 2024. Le gouvernement considère désormais ce secteur comme un levier stratégique pour réduire le déficit commercial et compenser la baisse attendue d’autres ressources d’exportation, notamment l’huile d’olive.

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Mais sur le terrain, les tensions sociales continuent de freiner les ambitions de redressement. Des experts rappellent qu’un seul jour d’arrêt dans les unités minières nécessite souvent plusieurs jours pour rétablir le rythme normal de production, notamment à cause des contraintes techniques et logistiques liées au transport du minerai.

Les prix mondiaux du phosphate restent élevés

La situation est d’autant plus sensible que les prix mondiaux du phosphate restent élevés. Selon plusieurs analyses économiques publiées récemment, la Tunisie pourrait générer plusieurs milliards de dollars supplémentaires si elle retrouvait ses niveaux historiques de production. Certains spécialistes estiment même que le pays pourrait dépasser les 10 millions de tonnes par an à moyen terme si les blocages sociaux et logistiques étaient résolus.

Pour l’heure, aucune annonce officielle n’a été faite concernant l’ouverture de nouvelles négociations entre la direction de la CPG et les représentants syndicaux afin de mettre fin à la grève.

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Transport : La grève des taxis suspendue après des engagements du gouvernement

La grève prévue ce lundi 27 avril dans le secteur du transport public non régulier de personnes a été suspendue en Tunisie. L’annonce a été faite tard dimanche soir par Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat. Cette décision intervient après une série de concertations avec les représentants du secteur et des engagements officiels pour résoudre les points de blocage d’ici fin août 2026.

Suspension actée après des négociations de dernière minute

Selon le communiqué, cette suspension fait suite à l’intervention conjointe de la direction de l’organisation patronale et de la Fédération nationale du transport, en coordination avec les structures syndicales affiliées. Les discussions ont permis d’arracher des engagements portant sur l’examen des dossiers en suspens, avec un délai maximal fixé au 31 août 2026 pour leur mise en œuvre.

Parmi les points sensibles figurent plusieurs revendications professionnelles restées sans réponse, ce qui avait initialement conduit à l’appel à la grève dans ce secteur clé du transport de personnes.

Hausse tarifaire attendue et réformes réglementaires

Le communiqué souligne également qu’un accord a été trouvé pour traiter la question de l’augmentation des tarifs au cours du mois de juin 2026, en concertation avec les professionnels. Cette hausse avait déjà été promise pour fin mars, sans être appliquée.

Parallèlement, les négociations se poursuivent avec le ministère des Transports afin de trancher plusieurs dossiers réglementaires. Il s’agit notamment de fixer une échéance pour la publication de la version définitive de la loi n°33 de 2024, après consultation des représentants du secteur.

Calendrier de réformes et textes en attente

Les engagements incluent aussi l’élaboration d’un calendrier pour amender et finaliser le décret n°581 du 7 septembre 2023, ainsi que la mise au point d’un règlement encadrant l’activité des transporteurs dans les stations, avec l’implication directe des professionnels.

Enfin, le dossier prévoit également la révision de l’arrêté du ministre du Transport datant du 22 janvier 2010, dans un délai qui reste à préciser.

Cette suspension intervient dans un climat de tensions récurrentes entre les professionnels du transport non régulier et les autorités, sur fond de revendications liées aux conditions d’exercice, à la tarification et à la mise à jour du cadre juridique régissant le secteur.

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Tunisie : Appel à la grève des enseignants du secondaire

La tension sociale pourrait de nouveau s’inviter dans les établissements scolaires. Des enseignants du secondaire ont annoncé un mouvement de grève nationale prévu le 7 avril 2026, sur fond de désaccord persistant avec le gouvernement autour de l’application d’un accord signé en 2023.

L’annonce a été faite mardi 10 mars par Montassar Ben Romdhane, membre de la structure représentant les enseignants du secondaire au sein de l’Union générale tunisienne du travail. Intervenant dans une émission radiophonique, il a indiqué que cette décision fait suite à la réunion de la commission administrative sectorielle tenue le 7 mars, au cours de laquelle la situation du secteur a été évaluée, notamment à la lumière des grèves régionales organisées les 15, 16 et 17 février derniers.

Octroi d’augmentations salariales

Au cœur du différend figure un accord conclu en mai 2023 entre le gouvernement et la partie syndicale. Celui-ci prévoit l’octroi d’augmentations salariales échelonnées sur trois ans au profit des enseignants du secondaire : 100 dinars pour chacune des deux premières années, puis 60 dinars la troisième année.

Selon Montassar Ben Romdhane, la principale revendication du syndicat porte sur l’activation effective de cet accord. Il affirme que les demandes des enseignants ne sont pas nouvelles et qu’elles se limitent essentiellement au respect des engagements pris par les autorités.

Le responsable syndical a également indiqué que le ministère de l’Éducation refuse, depuis janvier 2025, de rouvrir les négociations avec la partie syndicale. Une situation qui, selon lui, alimente un climat de tension dans les établissements scolaires et contribue à perturber la gestion du secteur.

Outre la grève nationale annoncée pour avril, la structure syndicale prévoit d’autres formes de mobilisation. Le programme d’action inclut notamment des sit-in régionaux devant les commissariats régionaux de l’éducation, avant une mobilisation nationale prévue devant le siège du ministère de l’Éducation.

Application d’un accord déjà signé

Tout en défendant la légitimité des revendications, Montassar Ben Romdhane a affirmé que le syndicat ne cherche pas l’escalade, mais réclame l’application d’un accord déjà signé.

Il a enfin assuré que les enseignants restent attachés à la stabilité de l’année scolaire et à l’intérêt des élèves, tout en soulignant leur détermination à défendre leurs droits professionnels et sociaux, appelant le ministère à reprendre le dialogue afin de trouver une issue à la crise.

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