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L’Afrique industrielle redessine sa carte économique: le Maroc en tête, de nouveaux acteurs émergent

Le paysage industriel africain connaît un tournant majeur. Selon l’édition 2025 de l’Indice de l’industrialisation en Afrique (IIA), le continent entre dans une nouvelle phase de transformation économique. Un nouveau leader s’impose, tandis que plusieurs pays longtemps considérés comme en retrait affichent désormais des avancées rapides.

Derrière cette évolution, une même ambition se dessine: réduire la dépendance aux matières premières et renforcer la transformation locale.

Le Maroc prend la première place

C’est le principal enseignement du rapport! Pour la première fois, le Maroc devient la première puissance industrielle africaine, devant l’Afrique du Sud.

Le royaume s’appuie sur une stratégie construite depuis plusieurs années autour de la modernisation des infrastructures, du développement industriel et de la diversification des exportations. Automobile, aéronautique, textile ou énergies renouvelables: plusieurs secteurs ont contribué à renforcer son positionnement sur le continent. L’Afrique du Sud conserve toutefois un poids économique important, malgré un ralentissement lié à des difficultés structurelles qui pèsent sur sa compétitivité. Le rapport met également en évidence une évolution plus large. Entre 2010 et 2024, 41 pays africains sur 54 ont amélioré leur niveau d’industrialisation. Les progressions les plus rapides concernent surtout les économies historiquement moins industrialisées. Ce mouvement traduit un début de rattrapage entre les pays les plus avancés et ceux longtemps restés à l’écart des grandes dynamiques industrielles.

RDC, Djibouti, Gabon: les progressions les plus marquées

Certains pays se distinguent particulièrement par leur évolution. La République démocratique du Congo affiche la plus forte progression du continent avec un gain de 16 places en quinze ans, porté notamment par une hausse significative de la valeur ajoutée manufacturière par habitant. Djibouti et le Gabon enregistrent eux aussi des avancées importantes, avec respectivement 13 et 11 places gagnées dans le classement. Le Bénin, la Mauritanie, le Sénégal et la Somalie figurent également parmi les pays ayant accéléré leur développement industriel ces dernières années. Sur le plan régional, l’Afrique du Nord conserve sa position de région la plus industrialisée, suivie par l’Afrique australe. Mais en matière de croissance, les tendances évoluent. L’Afrique de l’Est et l’Afrique de l’Ouest affichent aujourd’hui les rythmes de progression les plus soutenus. À l’inverse, l’Afrique australe marque le pas, notamment sous l’effet du ralentissement sud-africain.

Des défis…

Malgré ces avancées, plusieurs fragilités persistent. Le rapport souligne notamment la faiblesse des capacités de production dans certains pays. Si les infrastructures progressent, de nombreuses industries peinent encore à produire des biens compétitifs à forte valeur ajoutée. L’environnement politique et sécuritaire reste également un facteur de risque. L’instabilité macroéconomique continue de freiner les investissements et limite la visibilité des acteurs industriels.

La ZLECAf comme levier stratégique

Pour les auteurs du rapport, la prochaine étape passera par une intégration économique plus poussée. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est perçue comme un outil capable de renforcer les chaînes de valeur régionales et de créer de véritables corridors industriels entre pays voisins. L’objectif est de construire un marché africain plus intégré, capable de soutenir une industrialisation durable et de mieux positionner le continent dans les échanges mondiaux. Reste désormais à convertir cette dynamique en croissance durable, capable de créer davantage d’emplois, d’investissements et de valeur ajoutée sur le continent.

Rappelons que le rapport est le fruit des efforts de la Banque africaine de développement (BAD) en collaboration avec l’Union africaine et l’Onudi.

 

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L’huile d’olive tunisienne peut-elle saisir une opportunité au Sénégal?

Du 8 au 10 juillet 2026, la Tunisie organisera une mission de promotion de son huile d’olive au Sénégal. Les entreprises tunisiennes du secteur sont appelées à s’y inscrire avant le 8 juin, selon le Centre de promotion des exportations (Cepex)

L’opération réunira des exportateurs tunisiens et des importateurs et distributeurs sénégalais à travers des rencontres professionnelles B2B. Elle vise à faciliter les échanges commerciaux et à créer des partenariats durables sur le marché ouest-africain.

Au-delà du volet économique, cette mission cherche aussi à renforcer la notoriété de l’huile d’olive tunisienne et à mettre en avant son authenticité auprès des consommateurs sénégalais, notamment les segments à fort pouvoir d’achat.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet “Appui à la ZLECAf”, soutenu par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et mis en œuvre par la GIZ, en partenariat avec le ministère tunisien du Commerce et du Développement des exportations et le Cepex.

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Quelles banques et personnalités ont dominé les African Banker Awards 2026?

Les African Banker Awards 2026 ont récompensé les principales institutions financières du continent lors d’une cérémonie organisée à Brazzaville, en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD).

Le prix de meilleure banque d’Afrique du Nord a été attribué à la Bank of Africa (BOA), confirmant sa position parmi les acteurs bancaires majeurs de la région.

À l’échelle du continent, le titre de banque africaine de l’année est revenu au groupe panafricain Ecobank. Le groupe bancaire togolais est présent dans plus de 30 pays en Afrique.

Les distinctions régionales ont également mis en avant d’autres établissements. En Afrique de l’Ouest, la GCB Bank du Ghana a été primée. La CRDB Bank a été récompensée en Afrique de l’Est, tandis que Trust Merchant Bank a été distinguée en Afrique centrale. La Zanaco Bank a, de son côté, été honorée en Afrique australe.

Plusieurs prix sectoriels ont complété le palmarès. Afreximbank a été nommée institution de financement du développement de l’année. La Bank of Industry du Nigeria a remporté le prix de la banque durable, et la Co-operative Bank of Kenya a été distinguée pour son soutien aux petites et moyennes entreprises.

La cérémonie a également mis en lumière des personnalités du secteur financier africain. Le prix de banquier de l’année a été décerné à Serge Ekué, président de la Banque ouest-africaine de développement. Le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, a été désigné gouverneur de banque centrale de l’année. Le ministre zambien des Finances, Situmbeko Musokotwane, a également été honoré.

Au-delà des récompenses, l’événement a souligné le rôle croissant des banques africaines dans le financement du développement et l’inclusion financière sur le continent.

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Mahdi Ouni nommé à la tête de l’Office de la topographie et du cadastre

Par un décret publié au Journal officiel de la République tunisienne (Jort) en date du 26 mai 2026, Mahdi Ouni a été nommé président-directeur général de l’Office de la topographie et du cadastre.

Cet établissement public est placé sous la tutelle du ministère de l’Équipement et de l’Habitat. Il est chargé notamment des missions liées à la cartographie du territoire, au cadastre et à la production de données topographiques.

La prise de fonction de Mahdi Ouni est fixée au 1er juin 2026.

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BCT: plus de 2,4 milliards de dinars de recettes touristiques

Le tourisme et les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger continuent d’apporter un souffle positif à l’économie tunisienne. D’après les derniers chiffres publiés par la Banque Centrale de Tunisie (BCT), les recettes touristiques et les revenus du travail ont atteint ensemble 5,8 milliards de dinars au 20 mai 2026.

Le secteur touristique poursuit sa progression. Depuis le début de l’année, les recettes du tourisme ont dépassé 2,4 milliards de dinars, en hausse de 4 % par rapport à la même période de 2025. Une évolution qui confirme le retour progressif de la dynamique touristique, à quelques semaines du lancement de la saison estivale.

De leur côté, les transferts des Tunisiens vivant à l’étranger restent un soutien important pour l’économie nationale. Les revenus du travail ont atteint 3,4 milliards de dinars, contre 3,2 milliards de dinars un an auparavant, soit une hausse de près de 5 %.

Cette amélioration des entrées en devises a permis de renforcer les réserves du pays. Les avoirs nets en devises sont passés à 25,4 milliards de dinars, représentant 105 jours d’importation, contre 98 jours à la même période de l’année dernière.

Autre indicateur en hausse : les billets et monnaies en circulation. Leur volume a dépassé 29,4 milliards de dinars à la date du 25 mai 2026, contre 23,8 milliards un an plus tôt, soit une augmentation de 23,3 %. Un chiffre qui montre que l’usage du cash reste encore très présent dans les habitudes des Tunisiens.

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Le monde avance, nos règles doivent suivre

1967: la date paraît lointaine. Elle l’est. C’est l’année d’un monde sans plateformes de paiement instantané, sans actifs numériques, sans freelances connectés à des clients sur trois continents, sans startups SaaS qui paient leurs serveurs en devises et vendent leurs services à l’étranger. Et pourtant, pendant trop longtemps, c’est encore avec cette horloge-là que la Tunisie a demandé à ses entrepreneurs de concourir dans l’économie mondiale.

Le paradoxe est cruel. Nous voulons des startups exportatrices, des PME internationales, de jeunes talents capables de vendre au monde, des fintechs innovantes, des services digitaux compétitifs. Mais nous leur imposons souvent des règles conçues pour une époque où la finance circulait lentement, où les frontières économiques étaient plus épaisses, où le numérique n’avait pas encore bouleversé notre manière de payer, d’épargner, d’emprunter, d’investir et de commercer. La fintech, justement, est venue fissurer cette ancienne architecture. Elle n’est plus une curiosité technologique, c’est un paiement mobile qui remplace une file d’attente, une plateforme qui permet à un commerçant, un artisan, un freelance ou une startup d’entrer dans la circulation réelle de l’économie mondiale. C’est là que se trouve son importance. La fintech ne modernise pas seulement les services financiers. Elle élargit leur périmètre. Elle donne de la profondeur aux marchés. Elle rend les flux plus lisibles, plus rapides, parfois plus transparents. Les travaux du FMI le rappellent: les fintechs peuvent contribuer à atténuer certains risques financiers en renforçant la décentralisation, la diversification, l’efficience et la transparence dans la prestation de services. Mais il faut éviter l’enthousiasme facile. Toutes les fintechs ne se valent pas du point de vue de l’inclusion. Certaines fluidifient les paiements. D’autres améliorent l’épargne. D’autres encore facilitent le crédit. Les plus inclusives restent souvent les plus simples en apparence: le paiement numérique et l’épargne digitale. Ce sont elles qui ouvrent la première porte, celle qui permet d’exister financièrement. En Afrique subsaharienne, le signal est puissant. Le lending fintech destiné aux micro et petites entreprises est passé de 13 à 88% du financement fintech total entre 2020 et 2023. Mais une fintech ne pousse pas dans le sable. Elle a besoin de fondations solides, de cadre institutionnel, de profondeur financière et d’infrastructure numérique, d’accès mobile fiable, d’identité digitale, d’interopérabilité des paiements et de protection réelle du consommateur. C’est ici que commence la vraie difficulté. La régulation. Trop peu de règles, et l’innovation devient une zone grise. Le risque cyber peut se propager. Le système peut absorber des fragilités qu’il ne voit pas venir. Trop de règles, et l’innovation meurt avant d’avoir atteint son marché. Les entrepreneurs contournent. Les talents partent. Les investisseurs hésitent. Les solutions utiles restent au stade de promesse. La régulation devient alors moins un garde-fou qu’un plafond. Tout se joue donc à l’échelle du curseur. Ce point d’équilibre fragile entre protection et ouverture. Une bonne régulation doit permettre d’avancer sans tomber. Car la matière première de la fintech, au fond, n’est pas la technologie, c’est la confiance. Sans confiance, pas d’usage. Et sans usage, pas d’inclusion. Pour la Tunisie, cette question n’est plus théorique, elle est existentielle. Notre pays dispose de talents, d’ingénieurs, de développeurs, de fondateurs. Mais trop souvent, ces talents avancent dans une économie numérique lestés de chaînes administratives aux chevilles. Ils ne demandent pas un privilège. Ils demandent simplement les outils normaux de la compétition mondiale. Or, pendant qu’ils attendent, le monde avance. C’est pourquoi le nouveau code des changes, aujourd’hui en examen à la commission des finances de l’ARP, est probablement l’un des textes les plus structurants pour les fintechs et, au-delà, pour l’ensemble de l’économie tunisienne. Ce texte peut changer le quotidien de milliers d’acteurs économiques: startups, PME exportatrices, freelances, investisseurs. Le nouveau texte, attendu, ouvre des perspectives décisives: encadrer juridiquement les plateformes de paiement internationales comme PayPal ou Stripe, permettre sous conditions la déclaration et la détention d’actifs numériques, faciliter le rapatriement des bénéfices et des revenus de cession, faire évoluer l’accès aux comptes en devises pour les résidents exerçant une activité économique. Ces avancées envoient un signal, celui d’un pays qui dit enfin à ses entrepreneurs: nous allons adapter nos règles à cette réalité. Au fond, la question est simple: voulons-nous que nos entrepreneurs créent ici, grandissent ici, exportent d’ici? Ou acceptons-nous qu’ils imaginent en Tunisie mais structurent ailleurs parce que le cadre local ne suit pas la vitesse de leur ambition? 

Bonne lecture!

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