Tribune. Ne jamais se croire vaincus quand l’espoir reprend voix !
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© Mosaique FM
Le programme de l’aviation civile devrait mobiliser environ 17,170 millions de dinars en 2027, contre 14,236 millions en 2026, a annoncé le ministre du Transport, Rachid Amri, devant le Parlement.
Il s’exprimait lors d’une séance conjointe de la commission de la planification, du développement durable, des transports, de l’infrastructure et de l’aménagement du territoire de l’ARP et de la commission des plans de développement et des grands projets du CNRD, consacrée à l’examen du projet de budget de la mission transport pour 2027.
Selon le ministre, cette enveloppe comprend 3,557 millions de dinars de dépenses de rémunération et 13,613 millions de dinars de dépenses d’intervention. Ces dernières incluent notamment une subvention de 13 millions de dinars en faveur de Tunisair Express au titre du soutien au transport public, contre 11 millions en 2026.
Pour l’année à venir, le programme s’articule autour de plusieurs axes : la réorganisation des services du secteur, le développement du transport aérien intérieur et international, le renforcement de la sécurité et de la sûreté, ainsi que l’amélioration de la qualité des services. Il prévoit également l’aménagement et la modernisation de l’infrastructure aéroportuaire conformément aux normes internationales.
Ces orientations visent à améliorer le rendement du système de l’aviation civile et à le rendre plus apte à répondre aux exigences du transport aérien, tout en confortant le rôle des aéroports intérieurs dans la dynamisation du trafic à l’échelle nationale.
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Intervenant, lors d’une séance commune entre la commission de la planification, du développement durable, du transport, de l’infrastructure et de l’aménagement du territoire à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), et la commission des plans de développement et des grands projets au Conseil national des régions et des districts (CNRD), consacrée à l’examen du projet de budget de la mission transport pour l’année 2027, le ministre a expliqué que cette évolution du parc concerne l’ensemble des entreprises publiques actives dans le secteur du transport terrestre. Pour les sociétés régionales de transport, M. Amri a précisé que le parc opérationnel s’élèvera à 2618 bus, contre 1896 bus en 2025.
Concernant la Société des transports de Tunis (TRANSTU), la flotte prête à l’exploitation devrait passer à 851 bus, contre 520 l’année dernière.
S’agissant de la Société nationale de transport interurbain (SNTRI), le ministre a indiqué que son parc atteindra 165 bus, contre 111 bus au cours de l’année précédente.
Ces chiffres montrent clairement une progression attendue du volume de la flotte opérationnelle des diverses structures de transport terrestre public d’ici décembre 2026, dans le cadre des données relatives au projet de budget du ministère des Transports pour l’exercice 2027.
Ces indicateurs s’inscrivent dans le cadre du suivi de la situation du parc de transport public et de l’amélioration de la disponibilité, visant à renforcer la capacité des sociétés de transport à assurer les services de transport collectif et à répondre aux besoins de mobilité dans les différentes régions du pays.
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À Zurich, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dans le quartier de Langstrasse avant que des groupes de manifestants ne dressent et incendient des barricades, endommagent des commerces et un véhicule. La police a utilisé des canons à eau, des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser les participants. À Bâle, environ 150 personnes ont défilé dans le centre-ville. Des barricades ont été également incendiées et les transports publics momentanément perturbés.
Ces incidents s’inscrivent dans un mouvement de mobilisation qui fait écho aux protestations observées en France, en Allemagne, en Italie et dans d’autres pays européens. Des appels diffusés sur les réseaux sociaux ont repris des slogans invitant à faire déferler en Suisse l’esprit de révolte qui traverse le continent.
Sur le plan statistique, la situation suisse reste différente de celle de plusieurs économies européennes. Les données de l’Office fédéral de la statistique publiées mardi 3 novembre révèlent que l’inflation annuelle a atteint 1,5 % en octobre 2026, contre 1 % en septembre. L’indice des prix à la consommation a progressé de 0,2 % sur un mois.
Cette hausse intervient dans un contexte de renchérissement de l’énergie et des carburants. Les prix de l’énergie et des combustibles ont augmenté de 16 % sur un an, selon les données publiées sur l’évolution des prix en octobre. La progression des prix importés contribue également à cette accélération.
Mais le mécontentement ne se limite pas à l’inflation mesurée par l’indice général. Les dépenses de logement et les primes obligatoires d’assurance-maladie pèsent durablement sur les budgets des ménages. Pour les jeunes, l’accès au logement, la précarité de certaines situations professionnelles et les restrictions budgétaires dans les services publics constituent également des sources de frustration.
Le paradoxe suisse réside ainsi dans le décalage entre une inflation relativement contenue à l’échelle européenne et le poids élevé de certaines dépenses incontournables dans le budget des ménages.
Les observateurs suisses ne s’accordent pas sur l’interprétation des événements. Des responsables politiques et des représentants de mouvements de jeunesse établissent un lien entre les tensions sociales, les mesures d’austérité, les difficultés d’accès au logement et l’augmentation des coûts de santé.
D’autres analystes estiment que les violences ne traduisent pas nécessairement une mobilisation populaire structurée autour de revendications économiques. Ils soulignent le rôle de groupes militants radicaux, de participants attirés par les affrontements et de mobilisations organisées sur les réseaux sociaux.
La portée de ces événements dépasse les seuls incidents de Zurich et de Bâle. Ils montrent que la prospérité économique ne protège pas nécessairement contre les tensions liées au logement, aux dépenses de santé, aux inégalités ressenties et à la perception d’un recul des services publics.
La Suisse conserve des mécanismes institutionnels de participation directe, notamment les initiatives populaires et les référendums, qui distinguent son système politique de celui de nombreux pays voisins. Mais ces instruments ne suffisent pas à neutraliser toutes les frustrations sociales, particulièrement lorsqu’elles concernent les jeunes générations.
L’enjeu pour les autorités sera donc de ne pas réduire ces événements à une simple question de maintien de l’ordre; sans pour autant assimiler les actes de vandalisme à l’expression de l’ensemble du mécontentement social.
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La Société régionale de transport du gouvernorat de Nabeul (SRTGN) a publié ses états financiers relatifs à l’exercice 2025.
Au terme de l’année, les revenus totaux se sont établis à 71,124 MDT, en légère hausse de 1,2% en glissement annuel. Les revenus provenant du transport des voyageurs ont poursuivi leur érosion pour s’établir à 29,720 MDT (contre 30,605 MDT en 2024), impactés par l’usure du parc de bus et les difficultés d’exploitation. Les ventes de billets (17,713 MDT) et d’abonnements (3,956 MDT) ont reculé. Le modèle économique reste dépendant de la compensation publique. La subvention d’exploitation versée par l’État a atteint 40,021 MDT, représentant à elle seule 56,3% des revenus de la société.
Les charges d’exploitation ont été ramenées à 64,145 MDT, traduisant des efforts d’optimisation. Les achats consommés ont baissé de 3,4%, à 15,986 MTD, le poste des carburants s’élevant à 9,340 MDT. Les frais du personnel ont légèrement fléchi à 40,121 MDT. Les dotations aux amortissements et provisions ont été réduites à 4,475 MDT. Le résultat d’exploitation s’est nettement amélioré, passant de 4,290 MDT en 2024 à 6,979 MDT en 2025.
Malgré la performance opérationnelle, la structure financière de la SRTGN continue de peser lourdement sur ses comptes. Les charges financières nettes se sont élevées à 10,581 MDT, absorbant à elles seules la totalité du bénéfice d’exploitation. L’exercice 2025 est bouclé sur une perte nette de 3,561 MDT. Le cumul des pertes reportées, de -121,894 MDT, a poussé le total des fonds propres à -110,480 MDT.
La SRTGN fait face de plein fouet aux dispositions de l’article 388 du Code des sociétés commerciales. Elle poursuit son activité mais elle est dans l’obligation de mettre en place et d’exécuter un plan de restructuration et de recapitalisation. En 2026, elle a réceptionné 27 nouveaux bus, dont 8 destinés au gouvernorat de Zaghouan et 19 au gouvernorat de Nabeul. Cela devrait renforcer sa flotte et améliorer ses revenus, mais l’injection d’argent frais demeure une obligation.
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La Tunisie dispose d’un réseau de centres techniques sectoriels qui constitue un véritable capital national de compétences. Laboratoires, essais, assistance technique, formation, qualité, innovation et expertise ont permis d’accompagner plusieurs générations d’entreprises. Dans le même temps, les économies africaines recherchent des compétences dans ces mêmes domaines. L’enjeu est donc désormais de mieux organiser l’ouverture internationale de cette expertise, sans fragiliser les missions nationales des centres ni les parcours de leurs experts. Il s’agit, surtout, de transformer un capital de compétences en levier de coopération, d’innovation et de rayonnement économique.
Ing. Taoufik Halila & Ing. Mohamed Férid Herelli *

La création d’une plateforme commune, proposée ici à titre de réflexion sous le nom de Tunisia Industrial Expertise (TIE), permettrait de mutualiser la prospection, le montage des offres, la contractualisation et la mobilisation des experts. Cette démarche pourrait être élargie à d’autres structures tunisiennes disposant de compétences complémentaires, notamment dans les télécommunications et le numérique.
La Tunisie dispose de huit centres techniques industriels sectoriels :
Cetiba : Centre technique de l’industrie du bois et de l’ameublement ;
Cetime : Centre technique des industries mécaniques et électriques ;
CTC : Centre technique de la chimie ;
Cettex : Centre technique du textile ;
CNCC : Centre national du cuir et de la chaussure ;
CTAA : Centre technique de l’agroalimentaire ;
CTMCCV : Centre technique des matériaux de construction, de la céramique et du verre ;
Packtec : Centre technique de l’emballage et du conditionnement.
Leur valeur ne réside pas seulement dans les équipements et les laboratoires. Elle tient surtout aux compétences accumulées par leurs ingénieurs, techniciens et experts au contact direct des entreprises.
Diagnostics industriels, essais et analyses, qualité, certification, formation, assistance technique, innovation, recherche-développement et veille technologique constituent un ensemble d’expériences directement mobilisables dans des projets industriels.
Le développement industriel africain nécessite des investissements, mais aussi des compétences techniques et des infrastructures de qualité. Les besoins concernent notamment les laboratoires, les systèmes qualité, la normalisation, la formation continue, l’accompagnement des PME, les diagnostics industriels, le transfert technologique, la maintenance et l’ingénierie.
Une partie importante de ces besoins correspond précisément aux compétences développées en Tunisie. La conférence Financing Investment and Trade in Africa (Fita) organisée par le Tunisia Africa Business Council (TABC), ainsi que le partenariat TABC–Cetime conclu en janvier 2026, illustrent cette convergence entre les besoins africains et l’expertise tunisienne.
L’ouverture sur les marchés africains doit ainsi être considérée non comme une activité périphérique, mais comme une possibilité de valorisation internationale d’un savoir-faire déjà constitué. Elle peut également servir de porte d’entrée à d’autres entreprises tunisiennes : sociétés d’ingénierie, bureaux d’études, fabricants d’équipements, entreprises de maintenance, organismes de formation et fournisseurs de technologies.
Le potentiel existe, mais l’exportation de l’expertise reste plus complexe que l’exportation d’un produit. Un centre sollicité pour une mission internationale doit pouvoir répondre à plusieurs questions : qui porte le contrat ? qui facture ? comment mobiliser l’expert ? comment préserver son statut, ses droits sociaux et son parcours professionnel ? comment assurer son retour et reconnaître la mission ?
Ces contraintes peuvent limiter les initiatives internationales. Il serait donc utile de disposer d’un mécanisme léger permettant de séparer clairement l’activité internationale de la gestion courante des centres, tout en maintenant le lien avec ceux-ci.
À titre de proposition, une plateforme commune et légère pourrait être développée sous l’appellation Tunisia Industrial Expertise (TIE). Elle ne remplacerait pas les centres techniques et ne concurrencerait pas leurs missions nationales. Elle aurait pour fonction de transformer leurs compétences en offres internationales structurées.
Ses fonctions pourraient être limitées à quelques missions essentielles :
– identifier les besoins et les projets sur les marchés africains ;
– présenter l’offre tunisienne et assurer la prospection ;
– monter les propositions techniques et financières ;
– porter les contrats internationaux et assurer leur suivi ;
– organiser la mobilisation et le détachement des experts ;
– coordonner les aspects administratifs, financiers et juridiques ;
– capitaliser les références et constituer progressivement un portefeuille international.
L’expérience de Steg International Services montre qu’une structure dédiée peut transformer des compétences accumulées par une institution publique en prestations internationales. Il ne s’agit pas de reproduire ce modèle à l’identique, mais d’en retenir le principe : disposer d’un véhicule adapté à la prospection, à la contractualisation et à la réalisation de missions à l’étranger.
L’objectif ne serait pas de vendre uniquement des journées d’experts, mais de proposer des solutions complètes. Plusieurs centres pourraient ainsi réunir leurs compétences autour d’un même projet : diagnostic, conception, essais, équipements, procédures, formation, accompagnement et certification.
Dans une filière agroalimentaire, par exemple, le CTAA, Packtec, Cetime et d’autres compétences sectorielles pourraient être mobilisés selon les besoins. Cette logique de consortium permettrait de proposer aux partenaires africains une équipe pluridisciplinaire plutôt qu’une succession d’interventions isolées.
L’expertise pourrait alors devenir une véritable porte d’entrée commerciale : expertise → confiance → partenariat → projet → investissement → exportation.
L’ouverture internationale ne devrait pas se limiter aux huit centres techniques ; elle devrait également s’étendre au secteur du numérique et aux technologies de l’information et de la communication (TIC). À cet égard, le Centre d’études et de recherche des télécommunications (Cert) pourrait jouer un rôle d’intermédiaire entre les compétences tunisiennes dans le domaine du numérique et les besoins des pays africains dans ce secteur.
Ce rôle consisterait, d’une part, à faciliter les déplacements et les missions de nos ingénieurs à l’étranger et, d’autre part, à instaurer une coopération africaine productive dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), dont les avancées s’accélèrent à pas de géant. L’enjeu est stratégique : il consiste à préserver la souveraineté numérique de nos pays et de garantir la maîtrise de leurs données, face à la domination croissante des grandes puissances mondiales dans ce domaine.
La démarche pourrait donc évoluer vers un véritable réseau national d’expertise, réunissant les centres techniques et, lorsque cela deviendra pertinent, des centres de recherche ou organismes spécialisés. L’objectif ne serait pas de créer de nouvelles structures pour chaque compétence, mais de mieux coordonner et rationaliser la coopération et la complémentarité entre celles qui existent déjà.
Cette logique d’ouverture pourrait progressivement intégrer d’autres partenaires disposant de savoir-faire spécifiques, en fonction des besoins des marchés ciblés.
L’expert constitue le principal actif de cette démarche. Il ne devrait pas avoir à choisir entre son parcours national et une expérience internationale. Un dispositif de mobilité devrait préserver son lien avec son centre, son ancienneté, ses droits sociaux et sa possibilité de réintégration, tout en prévoyant une rémunération et une prise en charge adaptées aux missions extérieures.
Une plateforme nationale des experts, recensant les domaines de compétence, l’expérience, les références, les langues et les disponibilités, constituerait un outil simple pour identifier rapidement les profils nécessaires aux projets.
La réussite de cette démarche suppose une coordination avec les acteurs déjà engagés dans l’ouverture africaine et l’exportation. Le TABC peut contribuer à l’accès aux marchés et à la prospection ; les centres apportent l’expertise ; une structure telle que TIE assurerait la mise en marché et la contractualisation ; l’ATCT pourrait être mobilisée pour la coopération technique et le Cepex pour l’appui à l’export.
Cette complémentarité permettrait d’éviter la multiplication des structures et de concentrer les efforts sur la réalisation de projets concrets.
Après plusieurs décennies d’accompagnement de l’industrie tunisienne, les centres techniques peuvent conserver pleinement leur mission nationale tout en développant une dimension internationale. Ils pourraient ainsi être simultanément des centres d’expertise, des plateformes de transfert technologique, des organismes de formation et des ambassadeurs du savoir-faire tunisien.
Cette évolution contribuerait à mieux valoriser les investissements déjà réalisés dans les laboratoires, les équipements et surtout dans le capital humain. Elle offrirait également aux experts de nouvelles perspectives professionnelles et aux entreprises tunisiennes de nouvelles possibilités de partenariat.
La Tunisie dispose d’un capital de compétences industrielles important. Les huit centres techniques en constituent l’une des expressions les plus concrètes. Dans le même temps, les marchés africains offrent des possibilités croissantes de coopération dans les domaines de la qualité, des laboratoires, de la formation, de l’ingénierie, du transfert technologique, de la digitalisation et du développement industriel.
L’enjeu est désormais de passer d’une logique d’accueil et d’accompagnement à une logique d’ouverture organisée sur ces marchés. Il ne s’agit plus seulement de recevoir des partenaires africains pour leur présenter l’expérience tunisienne, mais de pouvoir aller vers eux avec des offres structurées, des équipes pluridisciplinaires et un cadre contractuel adapté.
Une plateforme numérique commune pourrait constituer l’un des instruments de cette évolution. Elle pourrait également fonctionner comme une porte ouverte à d’autres compétences nationales, notamment celles du Cert dans les télécommunications et les technologies numériques, ainsi qu’à d’autres centres ou organismes spécialisés selon les projets.
L’ambition serait ainsi de construire progressivement une offre tunisienne intégrée de services, d’expertise, de formation, d’essais, de certification et d’innovation. Cette offre pourrait accompagner les partenaires africains tout en ouvrant de nouveaux marchés aux entreprises tunisiennes.
À terme, l’expertise industrielle et technologique pourrait devenir une véritable filière d’exportation de services à forte valeur ajoutée, fondée sur trois atouts : les compétences tunisiennes, les institutions existantes et la proximité économique avec l’Afrique.
L’objectif peut se résumer simplement : faire des centres techniques non seulement des instruments d’appui à l’industrie tunisienne, mais aussi des vecteurs de coopération et des ambassadeurs du savoir-faire tunisien sur les marchés africains.
* Conseillers du doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens.
Références principales
– République Tunisienne, Loi n°94-123 du 28 novembre 1994 relative aux centres techniques dans les secteurs industriels.
– APII, présentation des centres techniques et de leurs missions.
– Steg, informations institutionnelles relatives à Steg International Services.
– TABC–Cetime, convention de partenariat du 29 janvier 2026.
– Banque mondiale, République Tunisienne – Actualisation de l’évaluation du secteur privé, Volume III – Annexes.
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Le nombre d’interventions du contrôle fiscal ayant abouti à une régularisation à l’amiable est estimé à 113 884, contre 110 679 au cours de la même période de l’année précédente, soit une hausse de 2,9 %, a indiqué la ministre lors d’une réunion conjointe des commissions des finances de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et du Conseil national des régions et des districts.
Cette évolution s’explique par l’intensification des opérations de vérification fiscale et des interventions des équipes d’enquête et de lutte contre l’évasion fiscale. Elle est aussi imputée à la poursuite des opérations de recensement sur le terrain visant à élargir l’assiette des contribuables et à actualiser les données relatives à leurs activités, a-t-elle précisé, lors de cette rencontre consacrée à l’examen du projet de budget de la mission des Finances pour 2027, relève la TAP.
A travers ces opérations de recensement menées jusqu’à fin septembre 2026, 1 101 contribuables non-inscrits au système fiscal ont été identifiés, dans le cadre des efforts visant à intégrer les activités non déclarées dans le secteur organisé, a ajouté la ministre.
La ministre des Finances a plaidé, à cette occasion, en faveur du développement de mécanismes de contrôle fiscal et de l’amélioration de leur efficacité. Tout en soulignant la nécessité de renforcer la lutte contre l’évasion fiscale afin d’élargir l’assiette des contribuables et améliorer le recouvrement des ressources propres de l’État.
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0,9 dinar au démarrage du compteur, 1,7 dinar réclamé par les chauffeurs de taxis individuels. Soit une augmentation de 88,89% du montant initial affiché au compteur qui, si elle était accordée, serait directement ressentie par les usagers. Et ce n’est qu’une partie de la révision souhaitée : les professionnels demandent également de revoir la tarification...
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L’entraineur portugais de l’Olympique lyonnais (OL), Paulo Fonseca, a annoncé lundi soir son intention de quitter son poste pour rejoindre le Sporting Portugal, rapportent les médias français.
L’intérim sera assuré par son compatriote Jorge Maciel pour les deux prochains matches du club rhodanien, en Ligue Europa contre la Real Sociedad jeudi, puis à Brest dimanche en Ligue 1, précise-t-on de même source.
Ancien entraîneur notamment du FC Porto, de Paços Ferreira, de Braga, de Lille et de l’AC Milan, Fonseca était arrivé sur le banc de l’OL fin janvier 2025 pour succéder à Pierre Sage, démis alors de ses fonctions.
Un accord devrait être trouvé avec la direction du club lyonnais pour ouvrir la voie dans les prochains jours au départ du technicien portugais, sous contrat jusqu’en juin 2027 avec l’OL.
Si rien n’a encore été officialisé par les deux clubs, le Sporting Portugal vient d’annoncer dimanche être en discussions avec son entraîneur actuel Rui Manuel Gomes Borges en vue d’une rupture de contrat.
Sous les commandes de Paulo Fonseca, les Lyonnais se sont qualifiés à deux reprises pour la Ligue Europa, mais ont échoué à s’assurer une place en Ligue des champions dans un contexte économique contraignant.
Le gendarme financier du football français avait même prononcé la rétrogradation du club en Ligue 2 fin juin 2025, avant que celui-ci ne soit repêché en appel sous réserve de mettre en œuvre un plan drastique d’économies et de ventes de ses meilleurs joueurs.
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Les livraisons issues d’Arctic LNG 2 ont représenté environ 4 millions de tonnes entre janvier et octobre. En octobre, les exportations russes de GNL ont atteint 3,44 millions de tonnes, en hausse de 11,7 % sur un an et de près de 14,7 % par rapport au mois de septembre. Ces exportations ont également progressé de 6,3 % sur un an, pour atteindre 11,8 millions de tonnes au cours des dix premiers mois de 2026.
Cette évolution intervient alors que l’Union européenne a approuvé en janvier l’interdiction des importations de gaz russe à l’horizon de la fin de 2027. Bruxelles entend ainsi réduire davantage la dépendance énergétique du bloc à l’égard de Moscou.
Les exportations de Yamal LNG, exploité par le groupe russe Novatek, ont atteint 15,4 millions de tonnes entre janvier et octobre, contre 15,2 millions de tonnes sur la même période de 2025.
Celles du projet Sakhalin-2, contrôlé par Gazprom, sont restées stables à 8,2 millions de tonnes. La progression globale des exportations russes repose donc largement sur la contribution supplémentaire d’Arctic LNG 2, dont les livraisons ont renforcé les volumes disponibles malgré les restrictions occidentales.
Les chiffres soulignent la capacité de la Russie à accroître ses exportations de GNL et à maintenir une présence significative sur le marché européen avant l’entrée en vigueur des nouvelles restrictions. L’évolution des flux dans les prochains mois dépendra notamment de la montée en puissance des installations russes, des sanctions et de la capacité des acheteurs à diversifier leurs approvisionnements.
L’article Forte progression des exportations du gaz russe vers l’Europe est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
La démocratie ne consiste pas seulement à voter tous les cinq ans. Elle suppose que le peuple demeure un acteur de la vie publique entre deux élections. Une démocratie véritable ne se mesure pas uniquement à la liberté de choisir le président de la République, mais aussi à la possibilité, pour chaque citoyen, d’influencer les décisions qui affectent sa vie quotidienne. Dans cet article, l’auteur propose de s’inspirer du système de gouvernement suisse, afin d’assurer un développement économique et social pour toute la population et toutes les régions, un pouvoir judiciaire indépendant, des organes de contrôle efficaces, une administration performante, une presse libre et la lutte contre la corruption par l’instauration de procédures transparentes pour l’attribution des marchés publics. Mais plus important que tout, la leçon ultime à apprendre du modèle démocratique suisse est l’élimination de tout risque de retour d’un nouveau président à vie, quelles que soient son intégrité et son efficacité supposées.
Sadok Zerelli *
Je dois souligner en introduction à cet article et pour lever toute ambiguïté à ce sujet, que je n’ai rien contre Kais Saïed l’homme, que je considère avant tout comme un collègue (j’étais moi-même enseignant universitaire) et dont l’intégrité, le dévouement et l’amour de la patrie ne font aucun doute à mes yeux. Mais en politique, on ne juge pas les politiciens sur la base de leurs intentions, discours et promesses, mais sur la base de leurs bilans. Or, voilà un président qui gouverne sans partage notre pays depuis sept ans, et dont le bilan socioéconomique en termes de maîtrise du chômage, de l’inflation, de la dette publique, sans parler de la chute du pouvoir d’achat et du niveau de vie de la population, parle de lui-même. Et encore, je ne parle pas de l’isolement diplomatique, des restrictions de l’espace des libertés, de la pénurie de certains produits de base (alimentation et médicaments) et de son échec dans la lutte contre la corruption, son slogan qui était derrière son élection en 2019 et sa réélection en 2024
Et pourtant, selon les analyses politiques indépendantes de trois modèles IA parmi les plus performants dans le monde (Gemini, Meta.ai et ChatGPT), il est pratiquement assuré de remporter les élections présidentielles de 2029 (avec des probabilités comprises entre 65% et 85%, selon le modèle IA), s’il décide de se représenter ou son entourage le pousse à le faire (Les chances de Kaïs Saïed de gagner les présidentielles de 2029, selon trois IA) .
Les explications de ce «paradoxe tunisien» avancées par les trois modèles sont convergentes et se résument à trois :
Force est de reconnaitre que les analyses et raisons avancées par les outils d’IA, sont objectives, réalistes et logiques. Elles sont d’autant plus inquiétantes que, comme je l’ai expliqué dans mon dernier article, ces IA sont véritablement «intelligentes» et possèdent au moins trois des quatre attributs ou capacités de l’intelligence humaine, telle que définie par le dictionnaire Larousse (L’Intelligence artificielle est-elle intelligente).
J’avoue qu’en tant que démocrate et partisan de l’alternance du pouvoir au sommet de l’Etat, ces prédictions convergentes des trois outils d’IA ont constitué une mauvaise surprise pour moi et provoqué une profonde inquiétude pour l’avenir politique de notre pays. Mes inquiétudes vont au-delà l’aggravation, certaine à mon avis d’économiste, de la crise économique, sociale et politique que le pays traverse si Kais Saïed est réélu en 2029 pour un troisième mandat.
Le risque et le danger même pour la démocratie dans notre pays est que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, il le sera aussi et pour les mêmes raisons en 2034, 2039, etc., nous ramenant ainsi à l’ère des «présidents à vie» que nous croyons révolue, à moins d’une surprise divine.
Cette éventualité, qui est à mon avis du domaine du possible, me fait poser la question politique et sociologique suivante : la Tunisie souffre-t-elle du «syndrome de la présidence à vie» et sommes-nous condamnés, nous autres Tunisiens, à vivre toute notre vie sous la botte d’un hyper-président qui, dès qu’il prend le pouvoir, restreint les libertés, bâillonne la presse et envoie la majorité de ses opposants en prison où les contraint à l’exil, qu’il soit un dictateur «éclairé» comme le fût Bourguiba qui a su au moins gagner les batailles de la généralisation de l’enseignement et celle de l’émancipation des femmes, ou un dictateur «efficace» comme le fût Ben Ali qui a su gagner au moins les batailles de la croissance économique et de la compétitivité internationale, ou un président «propre» comme est supposé être Kais Saïed qui, depuis sept ans qu’il est au pouvoir, n’a gagné jusqu’à maintenant aucune bataille, ni économique , ni sociale, ni diplomatique ni même celle de la lutte contre la corruption dont il a pourtant fait son cheval de bataille ?
Derrière cette question se profile une autre plus psychologique : Pourquoi nos présidents ne veulent-ils plus quitter le Palais de Carthage une fois qu’ils y ont mis les pieds et goûté aux honneurs et privilèges du pouvoir, à moins d’en être chassés par un coup d’État comme le fût Bourguiba ou par une révolte populaire comme le fût Ben Ali ? (à la notable exception près de Moncef Marzouki à qu’il faut rendre hommage pour au moins ne pas avoir cherché à s’accrocher au pouvoir).
Mais la question la plus importante et la plus dérangeante est à mon avis la suivante : pourquoi nous autres, Tunisiens, acceptons-nous cela et nous nous laissons faire ?
Je pourrais comprendre cela si on était un peuple d’ignorants, d’analphabètes et d’incultes qui suivent leur berger comme des moutons. Mais là ce n’est point le cas puisque l’écrasante majorité d’entre nous sont éduqués, voire même diplômés de l’enseignement supérieur, cultivés et ouverts sur le monde !
François Mitterrand (à moins que ce soit Jacques Chirac, je ne me rappelle plus) a dit un jour que «chaque peuple a le président qu’il mérite».
A force de réfléchir à cette question, je crois avoir identifié trois explications possibles des dictatures que nous avons subies durant notre histoire récente, qu’un bon nombre de lecteurs et lectrices ne partageront probablement pas avec moi, mais que je vais indiquer quand même quitte à me faire «massacrer» dans leurs commentaires :
a) de tout temps, la Tunisie a été envahie et conquise par plusieurs envahisseurs : des Romains qui ont détruit Carthage, aux Arabes qui ont islamisé le pays, aux Beni Hilal qui ont saccagé tout le pays, aux Turcs qui en ont fait une province de Constantinople, aux Français qui en ont fait un protectorat, etc. Cette histoire a créé chez nous un esprit de soumission et d’obéissance au sultan, au bey au Résident général et, plus tard, au président de la république, quel qu’il soit ;
b) les Tunisiens, dans leur majorité, sont individualistes pour ne pas dire «khobzistes» dans le sens où ils pensent d’abord à leurs conditions de vie et leur confort individuel et s’intéressent peu à la vie collective. Pour la majorité d’entre eux, le pain est plus important que la démocratie, la liberté d’opinion ou la justice sociale, des concepts qui proviennent de la culture et de la civilisation occidentales, différentes des nôtres ;
c) notre religion musulmane nous enseigne d’accepter tout ce qui nous arrive et à considérer que c’est notre «destin» auquel il ne servirait à rien de vouloir résister. Ne dit-on pas «Allah Ghaleb» ou «Dieu est le plus fort» pour tous les malheurs qui nous arrivent dans la vie ?
Ces trois facteurs qui expliquent notre esprit de résignation et de soumission aux présidents à vie quels qu’ils soient, m’amènent à penser que, même dans l’hypothèse théorique et fort peu probable que les prisonniers politiques seront libérés avant les élections de 2029, que des hommes politiques d’une grande stature, tels que Ahmed Nejib Chabbi, ou Avachi Hammami ou Lotfi M’Raihi (pour qui j’ai beaucoup de respect car c’est l’un des rares politiciens qui comprend vraiment l’économie alors qu’il est de formation médicale,), dont le passé militant et les années de prison endurées sous différents régimes constitue la meilleure preuve de leur patriotisme, seront autorisés d’y participer et que l’un d’eux remportera par miracle les présidentielles de 2029, cela ne nous garantira pas qu’il ne voudrait plus quitter le Palais de Carthage comme ses prédécesseurs et ne nous immunisera pas contre le «syndrome de la présidence à vie», propre aux pays arabo-musulmans (À titre d’exemple, même le vieux Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, continue à 90 ans à s’accrocher au peu de pouvoir qu’Israël a bien voulu lui laisser et ne cesse de reporter d’une année à l’autre les élections dans les territoires qu’il dirige ! C’est pour tout dire.)
L’ensemble de ces réflexions et pensées m’ont amené à chercher dans d’autres directions une solution pour proposer un véritable système démocratique dans notre pays et le prémunir une fois pour toute contre les risques d’une nouvelle présidence à vie.
C’est comme cela que j’ai atterri en… Suisse !
Voilà un petit pays de la taille de la Tunisie (9 millions d’habitants) qui n’a aucune ressource naturelle (nous, on a au moins un peu de phosphate, de pétrole et de belles plages à exploiter pour le tourisme) et qui jouit d’une stabilité politique à envier et qui arrive à assurer à sa population l’un des niveaux de vie les plus élevés dans le monde, avec une monnaie forte, un taux de chômage qui ne dépasse pas 3%…
En cherchant le secret de cette stabilité politique et réussite économique et sociale, je suis arrivé à la conclusion qu’il réside dans le fait que la Suisse n’est gouvernée par… personne !
En effet, qui de nous connait le président actuel de la Suisse ? Très peu, pour la bonne et simple raison qu’il change chaque année et que chacun des sept membres du Conseil Fédéral assume à tour de rôle les fonctions, purement protocolaires d’ailleurs, de président, que celui-ci ne se déplace pas dans un cortège de 20 ou 30 voitures de sécurité et entouré par une armée de gardes du corps, mais dans une voiture banale et s’arrête aux feux rouges comme monsieur tout le monde…
Il ne s’agirait pas de transformer les Tunisiens en Suisses, ni de copier mécaniquement des institutions conçues dans un contexte historique différent. Il s’agirait plutôt de nous demander ce que nous pourrions accomplir si nous faisions davantage confiance à nos citoyens et moins à la concentration du pouvoir entre les mains d’un seul homme, qu’il s’agisse de Kais Saïed ou de n’importe quel autre.
Cela implique plusieurs changements dans notre mentalité, notre système politique et notre constitution
Premier changement, en finir avec l’homme providentiel : depuis l’indépendance de notre pays, la vie politique en Tunisie s’est organisée autour d’un personnage politique central duquel on attend qu’il guide le pays sur la voie du progrès, de la justice sociale et du développement économique : Bourguiba, Ben Ali et maintenant Kais Saïed.À chaque crise, une partie de la population recherche un homme fort, supposé incarner la volonté populaire et capable de remettre de l’ordre dans le pays. Lorsque les résultats ne répondent pas aux attentes, la déception succède à l’espoir, sans que le système politique et les mécanismes fondamentaux du pouvoir soient nécessairement remis en question.
Le modèle suisse propose une autre philosophie de l’exercice de la démocratie. Le pouvoir exécutif fédéral y est confié à un Conseil fédéral composé de sept membres. Les décisions sont prises collectivement, et la présidence de la Confédération change chaque année entre ses membres. Le président n’est donc pas un chef d’État tout-puissant disposant de l’ensemble du pouvoir exécutif.
Imaginons qu’en Tunisie, les principales responsabilités exécutives soient davantage partagées entre plusieurs responsables et régions, soumis à des règles de contrôle claires et tenus de rendre compte de leurs décisions.
Le pays ne dépendrait plus autant de la personnalité, des convictions ou des erreurs d’un seul dirigeant. Les décisions majeures feraient l’objet de délibérations collectives (voire des referendums dont il suffit en Suisse de 100 000 signatures pour obliger le gouvernement à en organiser un), et les désaccords au sommet de l’État pourraient être arbitrés par des procédures institutionnelles plutôt que par des rapports de force personnels.
Deuxième changement, rendre la parole aux citoyens : la démocratie ne consiste pas seulement à voter tous les cinq ans. Elle suppose que le peuple demeure un acteur de la vie publique entre deux élections. L’une des particularités les plus connues de la démocratie suisse est le recours aux référendums et aux initiatives populaires. Les citoyens peuvent être appelés à se prononcer directement sur des décisions politiques, économiques et sociologiques importantes. Dans certaines conditions, ils peuvent également proposer des modifications constitutionnelles.
Ce système ne signifie pas que chaque citoyen décide quotidiennement de toutes les affaires publiques. Il signifie que les représentants élus ne disposent pas toujours du dernier mot sur les questions soumises aux mécanismes de démocratie directe.
Une telle possibilité pourrait concerner en Tunisie la réforme des retraites, la gestion des ressources naturelles, les grandes orientations éducatives ou les choix nationaux en matière d’environnement.
Troisième changement, la décentralisation pour rapprocher le pouvoir du citoyen : la Suisse est un État fédéral composé de 26 cantons, qui disposent de compétences importantes, ainsi que de communes bénéficiant d’une autonomie variable selon les cantons. Cette organisation permet d’adapter une partie des politiques publiques aux réalités locales.
Imaginons que les collectivités publiques tunisiennes disposent de compétences clairement définies en matière d’aménagement, de transport local, de développement économique, de services publics et de protection de l’environnement. Elles devraient disposer également de ressources financières prévisibles, de personnels qualifiés et d’une véritable responsabilité devant leurs habitants.
Il ne suffirait pas de transférer des obligations aux municipalités sans leur donner les moyens de les assumer. Il faudrait aussi instaurer un mécanisme national de solidarité financière, afin que les régions les plus pauvres puissent offrir des services publics de qualité comparables à ceux des régions plus favorisées.
La décentralisation pourrait également rendre la corruption plus difficile à dissimuler, à condition que les décisions locales soient transparentes, que les marchés publics soient contrôlés et que les citoyens puissent demander des comptes à leurs élus.
Quatrième changement, faire du compromis une force, et non une faiblesse : la politique tunisienne a souvent été marquée par des oppositions frontales entre des partis politiques, entre les visions de la société, entre les institutions et, parfois, entre les citoyens eux-mêmes.
Les divergences sont normales dans une démocratie. Ce qui devient dangereux, c’est lorsque chaque désaccord est interprété comme une trahison, lorsque chaque adversaire est considéré comme un «ennemi du peuple», et chaque opposant est présenté comme un «traitre» ou un «vendu à l’étranger», expressions qu’on entend malheureusement trop souvent dans nos débats politiques.
Cinquième changement : instaurer une véritable culture de la responsabilité : l’une des attentes les plus fortes des citoyens tunisiens concerne la lutte contre la corruption, le gaspillage des ressources publiques et l’impunité.
Trop souvent, la confiance dans les institutions se dégrade lorsque les citoyens ont le sentiment que les règles ne s’appliquent pas de la même manière à tous.
Un système inspiré du système démocratique suisse devrait reposer sur plusieurs garanties : un pouvoir judiciaire indépendant, des organes de contrôle efficaces, une administration professionnelle, une presse libre et des procédures transparentes pour l’attribution des marchés publics.
Les déclarations de patrimoine des responsables concernés, la publication des dépenses publiques, l’accès aux documents administratifs et la protection des lanceurs d’alerte pourraient renforcer cette exigence de transparence.
La Tunisie gagnerait à développer une culture dans laquelle la compétence, l’intégrité et les résultats comptent davantage que la fidélité personnelle à un dirigeant.
Les fonctionnaires ne devraient pas craindre de perdre leur poste parce qu’ils ont exprimé un avis professionnel différent. Les magistrats ne devraient pas craindre les pressions politiques. Les journalistes ne devraient pas redouter des représailles pour avoir enquêté sur une affaire d’intérêt public.
L’État doit être assez solide pour supporter la critique et assez humble pour en tirer des enseignements.
Sixième changement, investir dans le citoyen plutôt que dans les apparences : la première priorité devrait être l’éducation. Une école qui apprend aux enfants à réfléchir, à argumenter, à vérifier les informations et à respecter les opinions différentes prépare les citoyens d’une démocratie. Une école qui se limite à la mémorisation et à la reproduction des discours existants risque, au contraire, de décourager l’esprit critique.
La deuxième priorité devrait être la formation professionnelle et l’emploi des jeunes. Un diplômé qui ne trouve aucune perspective dans son pays finit par considérer l’émigration comme sa seule issue raisonnable.
La troisième priorité devrait être la santé publique, les transports, l’eau potable, l’assainissement et la qualité des services administratifs.
Ces questions paraissent moins spectaculaires que les grands discours politiques. Elles déterminent pourtant la confiance quotidienne des citoyens dans leur État.
Enfin, il faudrait reconnaître que le développement ne se mesure pas uniquement à la croissance du produit intérieur brut.
Un pays peut enregistrer des progrès économiques tout en laissant une partie de sa population dans la précarité, en dégradant son environnement ou en privant ses jeunes d’espoir.
La véritable réussite d’une nation se mesure aussi à la qualité de vie de ses habitants, à la possibilité de vivre dignement de son travail et à la confiance qu’ils peuvent placer dans l’avenir.
Septième changement, protéger les libertés et accepter la pluralité : la Suisse est un pays multilingue (on y parle quatre langues), composé de régions aux traditions différentes. Son organisation institutionnelle cherche à concilier l’unité nationale en respectant la diversité culturelle et politique.
La Tunisie possède elle aussi une histoire, des sensibilités et des aspirations diverses. Son unité ne devrait pas exiger l’uniformité des opinions.
Dans une démocratie inspirée des principes suisses, chacun devrait pouvoir exprimer ses convictions, défendre ses idées et critiquer les gouvernants sans être automatiquement soupçonné d’hostilité ou de «traîtrise» envers la nation.
Les médias devraient pouvoir enquêter librement. Les associations devraient pouvoir agir sans pressions injustifiées. Les partis devraient pouvoir présenter leurs programmes et concourir aux élections dans des conditions équitables.
La liberté d’expression ne signifie pas que toutes les paroles sont exactes ou raisonnables. Elle signifie que les désaccords doivent pouvoir être débattus sans que le pouvoir politique décide arbitrairement quelles opinions ont le droit d’exister.
Cette exigence est particulièrement importante dans la société tunisienne où les débats touchent à la place des femmes, aux traditions, aux libertés individuelles et à l’évolution des modes de vie.
La démocratie ne demande pas aux citoyens de penser de la même manière. Elle leur demande de reconnaître mutuellement leur droit à la différence, dans le respect des droits fondamentaux.
Huitième changement, faire de l’environnement un bien commun : la Suisse est confrontée, elle aussi, à des défis environnementaux. Mais son expérience rappelle qu’un territoire doit accorder une place importante à la protection de ses paysages, de ses ressources en eau et de son cadre de vie.
La Tunisie ne peut plus considérer l’environnement comme une préoccupation secondaire, réservée aux périodes de prospérité.
Le stress hydrique, la pollution, l’érosion des sols, la dégradation du littoral et la mauvaise gestion de certains déchets menacent directement la santé des populations et les possibilités de développement des générations futures.
La gestion de l’eau, une question vitale pour notre pays, exige des décisions courageuses, une planification à long terme et une coordination entre l’État, les collectivités, les agriculteurs, les entreprises et les citoyens.
Dans une Tunisie davantage décentralisée, les collectivités locales pourraient participer plus activement à la protection des ressources naturelles, à l’aménagement des espaces urbains et à la surveillance des pollutions.
Mais cette autonomie devrait s’accompagner de normes nationales exigeantes et de mécanismes de contrôle indépendants. Une région ne devrait pas pouvoir sacrifier la santé de ses habitants ou ses ressources naturelles au nom d’un intérêt économique national.
C’est ici que ma réflexion doit quitter le terrain du rêve pour celui de la réalité.
La Suisse et la Tunisie n’ont ni la même histoire institutionnelle, ni les mêmes ressources, ni la même culture, ni la même mentalité. La Suisse bénéficie en outre d’une économie à forte valeur ajoutée, d’institutions consolidées depuis longtemps et d’une longue expérience du fédéralisme et de la démocratie directe.
La Tunisie doit, pour sa part, affronter des contraintes budgétaires, le chômage, les inégalités régionales, la pression sur les ressources naturelles et une confiance fragilisée dans les institutions.
Il serait donc dangereux de prétendre qu’il suffirait de copier la Constitution suisse pour résoudre nos difficultés.
La démocratie directe elle-même comporte des risques : une campagne mal informée peut favoriser les émotions au détriment de l’analyse, et les groupes disposant de davantage de moyens peuvent peser de manière disproportionnée sur l’opinion.
La décentralisation peut également créer de nouveaux foyers de corruption si les contrôles sont insuffisants. La recherche du compromis peut devenir une source de lenteur lorsque les institutions ne savent plus décider.
Il ne faut donc pas importer un modèle dans son intégralité, mais identifier les principes susceptibles d’être adaptés à notre réalité.
A mon sens, la Tunisie pourrait commencer par quelques réformes concrètes :
– renforcer l’indépendance de la justice et les mécanismes de contrôle du pouvoir exécutif ;
– garantir une séparation effective des pouvoirs et un Parlement capable de contrôler le gouvernement ;
– développer progressivement les consultations et les référendums, avec des garanties constitutionnelles solides ;
– donner aux collectivités locales davantage de compétences et de ressources, tout en assurant la solidarité entre les régions ;
– institutionnaliser la concertation avec la société civile et les partenaires sociaux ;
– protéger la liberté de la presse et l’accès à l’information ;
– évaluer régulièrement les politiques publiques et publier leurs résultats.
Ces réformes ne produiraient pas des miracles immédiats. Elles pourraient néanmoins contribuer à transformer progressivement la relation entre l’État et les citoyens.
Car les institutions ne vivent pas uniquement par des textes et décrets présidentiels, publiés dans le JORT Elles vivent dans les habitudes, les comportements et les valeurs que la société accepte de défendre.
* Economiste universitaire et consultant international.
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Dans le cadre de la traditionnelle Settimana della lingua italiana nel mondo, l’Ambassade de Suisse a soutenu la visite de travail en Tunisie
de la céramiste suisse Tessa Donati (Momento Ceramics).
Cette visite s’inscrit également dans la valorisation du 70e anniversaire des relations bilatérales entre la Tunisie et la Suisse, célébré cette année.
Autour de trois œuvres en plâtre créées par l’artiste suisse Alberto #Giacometti pour la Tunisie, Tessa a animé trois ateliers à El Houch Concept Store (Djerba) et au Cnca Sidi Kacem Jélizi (Tunis).
La Tessinoise a également donné deux conférences à l’ISBAS Higher Institute of Fine Arts of Sousse (ISBAS) et à l’Institut Supérieur des Beaux-Arts Nabeul (ISBAN).
Ces rencontres ont été l’occasion d’un riche partage de savoir-faire et d’échanges avec les étudiants et les participants. Un dialogue fait de gestes, de techniques et de regards croisés, où chacun transmet et apprend à son tour : c’est tout le sens de cette coopération culturelle entre nos deux pays.
Ambassade de Suisse
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Advent a annoncé lundi 2 novembre 2026 la signature d’un accord pour acquérir Vermeg, groupe de logiciels financiers fondé en Tunisie par Badreddine Ouali. C’est l’une des plus grosses opérations de l’année pour la tech d’origine tunisienne.
A noter que le vendeur est le fonds britannique Charterhouse Capital Partners, avec le fondateur du groupe. L’acquisition se fait auprès de Charterhouse et de Badreddine Ouali. Advent n’avance pas seul : une filiale du fonds souverain d’Abou Dhabi (ADIA) co-investit en minoritaire. Le prix n’est pas public. Ni le prix d’acquisition ni la valorisation n’ont été communiqués, rapportent plusieurs médias.
Ce que Vermeg apporte
Vermeg équipe les acteurs de la finance et de l’assurance. Ses technologies couvrent la gestion des garanties (collateral management), les opérations post-marché, l’asset servicing et l’administration des contrats d’assurance-vie. Ce sont des métiers que les banques et assureurs ne peuvent pas se permettre de rater.
De son côté, Advent a de l’argent à déployer. Le fonds vient de lever 30 milliards de dollars pour ses fonds mondiaux, et il a ouvert un bureau à Abou Dhabi le 21 octobre. Il gère plus de 109 milliards de dollars d’actifs et affiche une stratégie claire : investir davantage dans les produits de Vermeg, ses capacités en intelligence artificielle et son développement commercial international. Advent ne vient pas seulement acheter un actif. Il vient financer une accélération, avec l’IA comme levier.
Six ans de transformation
Charterhouse est entré au capital en 2020 et a accompagné l’expansion internationale du groupe, ainsi que la cession de sa division de technologie réglementaire Agile à Regnology, annoncée en novembre 2024. Le groupe s’est recentré sur ses deux métiers de fond, les marchés de capitaux et l’assurance-vie.
En somme, il s’agit d’un fonds international de premier plan, adossé à un fonds souverain du Golfe, parie sur un éditeur né en Tunisie. Reste une inconnue : le montant. Tant qu’il n’est pas connu, impossible de mesurer ce que vaut vraiment le champion tuniso-britannique.
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La semaine a été marquée par la crise des caisses sociales : l’ancien PDG de la CNSS, Hafedh Lamouri, juge que l’intégration de l’économie informelle n’équilibrera pas les comptes et plaide pour une réforme sur 30 ans (fusion des caisses de pensions, financement diversifié). Tandis que la Tunisie, où les 60 ans et plus pèsent désormais 16,9 % de la population, voit le ratio cotisants/retraités s’effondrer.
Sur le front de la santé, les pharmaciens privés ont suspendu le tiers payant pour les assurés de la CNAM dès le 1er novembre, invoquant des manquements contractuels.
Côté économie, le contrat de reconstruction du Stade d’El Menzah a été signé avec un groupement de deux entreprises chinoises. L’IACE a classé la Tunisie 82e sur 110 au Travel & Tourism Development Index (transport aérien à 2,2/7). Et le calendrier fiscal de novembre a été fixé (16, 20 et 30 novembre selon les profils).
Nizar Chaddad, après 27 ans à la BCT, prend la tête de la Société Monétique Tunisie pour accélérer la sortie du tout-cash. Le numérique est resté au cœur des débats : une tribune appelle à évaluer les investissements technologiques à l’aune de la valeur ajoutée nationale à l’épreuve du PLF 2027 et du sommet Russie-Afrique. Lotfi Gabsi rappelle les défis énergétiques, hydriques et cyber des data centers. Et le directeur du RNE, Adel Chouari, vise le « zéro copie conforme » dans les administrations d’ici 2027.
À l’international, Apple a alerté sur une faille (CVE-2026-86950) exploitée contre des iPhone ciblés. Enfin, le veto russe au projet américain a bloqué le renouvellement de la MINURSO, rouvrant le dossier du Sahara occidental.
Bonne lecture.
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L’Hôpital universitaire Sahloul de Sousse vient de prendre livraison d’un premier lot de 200 nouveaux lits médicalisés sur un total de 313 programmés dans le cadre d’un programme visant à améliorer les conditions d’hospitalisation et la qualité des prestations.
La priorité a été accordée à l’unité d’hémodialyse dont les lits (20) ont été entièrement renouvelés, a indiqué la direction de l’hôpital dimanche. Le déploiement des nouveaux lits se poursuivra dans les différents services et unités hospitalières, conformément à un programme établi à cet effet.
Ce programme s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du plan stratégique du projet d’établissement. Il porte sur l’amélioration des conditions d’hospitalisation, la consolidation du confort et de la sécurité des patients, le développement de la qualité des prestations et la modernisation des infrastructures et des équipements de l’hôpital.
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