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Tunisie : les transporteurs de carburants en grève les 23, 24 et 25 novembre

 

Les entreprises de transport de carburants pourraient être paralysées pendant trois jours en novembre. Le département du secteur privé de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a annoncé, ce lundi 2 novembre, le dépôt d’un préavis de grève sectorielle pour les 23, 24 et 25 du mois courant. Le mouvement concernera l’ensemble des établissements du secteur sur tout le territoire national.

À l’origine de cette mobilisation, le syndicat dénonce le non-respect de l’accord conclu le 2 mai 2019, dont il réclame l’application intégrale. Selon la centrale syndicale, le non-respect de ses dispositions a porté atteinte aux droits professionnels et sociaux des salariés. Elle exige ainsi la mise en œuvre immédiate de l’ensemble des engagements prévus par cet accord.

Par ailleurs, dans son télégramme, l’UGTT se fonde sur les articles 376 bis et 376 ter du Code du travail pour appeler les autorités compétentes à intervenir dans les meilleurs délais afin de trouver une issue au différend. Elle invoque également l’article 377 et les dispositions qui suivent, dans le but de favoriser un règlement du conflit avant la date prévue pour la grève.

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Énergie: l’Afrique lance sa propre banque dotée de 5 milliards de dollars

L’Afrique se dote d’un nouvel instrument de financement de son secteur énergétique. Portée conjointement par Afreximbank et l’Organisation des producteurs africains de pétrole (APPO), la Banque africaine de l’énergie (AEB) a été officiellement lancée à Abuja, le 31 octobre.

L’enjeu est de taille: contribuer à résorber un déficit d’investissement estimé à 200 milliards de dollars, en diversifiant les sources de financement et en mobilisant les ressources nécessaires pour prendre progressivement le relais des partenaires financiers traditionnels.

Au-delà de sa création institutionnelle, l’AEB traduit une volonté plus profonde des gouvernements africains: reprendre la maîtrise de leur avenir énergétique. Leur constat est sans équivoque: l’industrialisation du continent passe nécessairement par des investissements massifs dans les capacités de production et les infrastructures de transport de l’énergie. Il en va également de la capacité de l’Afrique à ne pas manquer le tournant des nouvelles technologies, en particulier celui de l’intelligence artificielle, dont le développement repose sur des besoins considérables en électricité.

La mise en place de cette nouvelle institution intervient dans un contexte où les enjeux du financement énergétique prennent une dimension particulière. Le continent a besoin d’environ 200 milliards de dollars d’investissements pour développer son secteur, alors même que les bailleurs de fonds traditionnels réduisent progressivement leur exposition aux énergies fossiles, tant dans leurs financements à court terme que dans leurs engagements à long terme. Une évolution qui contraste avec les réalités énergétiques africaines, où le pétrole et le gaz demeurent des composantes essentielles de l’approvisionnement et du développement économique.

C’est précisément à ce décalage entre les besoins du continent et l’évolution des sources de financement disponibles que l’AEB entend apporter une réponse. Elle se fixe ainsi un double objectif: contribuer à combler le déficit d’investissement énergétique tout en accompagnant une transition juste, adaptée aux réalités économiques, énergétiques et sociales des pays africains.

Pour concrétiser cette ambition, la Banque dispose d’un capital autorisé de 5 milliards de dollars. Son champ d’intervention couvrira l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique, de l’exploration et de la production au transport, à la transformation, au raffinage et à la distribution.

À travers ses interventions, l’AEB poursuit une triple ambition: renforcer les capacités de production énergétique de l’Afrique, réduire sa dépendance aux produits pétroliers importés et favoriser les échanges de biens énergétiques entre les pays du continent. À ces priorités s’ajoute la volonté de consolider la participation africaine dans le secteur, afin de permettre aux acteurs du continent de prendre pleinement part aux décisions qui engagent leur avenir énergétique.

L’institution se veut ainsi une banque panafricaine, indépendante et supranationale, appelée à fédérer les acteurs publics et privés autour des grands enjeux énergétiques du continent. Elle entend associer les gouvernements, les compagnies pétrolières nationales, les institutions financières et les investisseurs privés à une dynamique commune de développement et de transformation du secteur.

Sur le plan institutionnel, l’assemblée générale inaugurale a également permis de franchir une première étape dans la mise en place de la gouvernance de la Banque. Helmy Ghazi a été désigné comme son premier président, tandis qu’un premier conseil d’administration a été constitué. Celui-ci réunit des représentants des secteurs public et privé, ainsi que des personnalités issues d’institutions politiques majeures de différents pays africains.

Avec un capital autorisé de 5 milliards de dollars et un mandat couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique, de l’exploration à la distribution, l’AEB entend donc s’imposer comme un nouvel acteur du financement du secteur en Afrique. Au-delà de sa dimension financière, sa création porte une ambition stratégique: renforcer les capacités énergétiques du continent, accompagner une transition adaptée à ses réalités et donner aux acteurs africains une place plus importante dans la construction de leur propre avenir énergétique.

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Tunisie: Le TMM campe sur ses 7 %

 

Le Taux moyen du marché monétaire (TMM) a conservé sa stabilité à 7 % en octobre 2026, un niveau identique à celui du taux directeur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), et ce pour le troisième mois consécutif.

Le TMM a ainsi connu deux phases distinctes en 2026: une première période de stabilité à 6,99 % entre février et juillet, suivie d’un passage à 7 % en août. Depuis, il n’a plus varié, se maintenant à ce niveau en septembre et en octobre.

Cette évolution s’inscrit dans le prolongement de l’assouplissement de la politique monétaire engagé par la BCT fin décembre 2025. Le 30 décembre, l’institution avait décidé de réduire son taux directeur de 50 points de base, le ramenant à 7 % à compter du 7 janvier 2026. La baisse a été rapidement et intégralement répercutée sur le marché monétaire.

Sur le plan de son évolution, le TMM s’est établi à 7,08 % au début de l’année 2026, avant de revenir à 6,99 % en février. Il a ensuite conservé ce niveau durant six mois consécutifs, jusqu’en juillet.

Il convient de rappeler que le TMM avait atteint un pic de 8,05 % en mars 2023, au terme d’une phase de resserrement monétaire menée par la Banque centrale pour juguler  les tensions inflationnistes. Depuis, l’indicateur n’a cessé d’évoluer à la baisse.

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Première mondiale: Abou Dhabi scelle un partenariat entre ADNOC et OpenAI dans l’IA

 

Les Émirats arabes unis renforcent leur coopération avec les grands acteurs internationaux de l’intelligence artificielle. La compagnie pétrolière publique ADNOC et le groupe technologique G42 ont conclu lundi un accord avec OpenAI visant à intégrer des capacités avancées d’IA dans les différentes activités de l’énergéticien.

L’accord a été scellé en marge du Salon et Congrès international du pétrole d’Abou Dhabi (ADIPEC), en présence de Sam Altman, patron d’OpenAI, et du prince héritier d’Abou Dhabi, cheikh Khaled bin Mohamed bin Zayed Al Nahyan.

Selon Sultan Al Jaber, directeur général d’ADNOC et ministre émirati de l’Industrie, ce partenariat fera de son groupe le premier acteur mondial du secteur énergétique à adopter OpenAI Frontier, la plateforme d’intelligence artificielle avancée de l’entreprise américaine. Concrètement, ADNOC prévoit d’intégrer des agents intelligents et des modèles GPT à ses activités afin de mieux connecter et optimiser ses processus décisionnels, qu’ils soient opérationnels, commerciaux ou liés aux investissements. Le groupe entend également s’appuyer sur l’initiative Daybreak Blue d’OpenAI pour renforcer la protection de ses infrastructures stratégiques.

Pour Sam Altman, ce rapprochement constitue une occasion de mobiliser l’intelligence artificielle face aux défis les plus complexes d’ADNOC. Le patron d’OpenAI a également souligné une dimension essentielle de cette coopération: l’énergie pourrait devenir le principal enjeu économique du développement de l’IA. À mesure que le coût des modèles diminue, l’accès à une électricité abondante et abordable s’impose en effet comme une condition déterminante de leur déploiement à grande échelle.

Au-delà de ses applications industrielles, ce partenariat soulève également un enjeu de souveraineté numérique. G42 y occupe une place centrale grâce à son infrastructure d’IA souveraine et aux capacités de calcul et d’inférence hébergées aux Émirats. Pour ADNOC, dont les activités reposent sur des données industrielles sensibles, notamment celles relatives à ses réservoirs, la maîtrise de leur hébergement et de leur traitement constitue un impératif stratégique.

Cette stratégie s’inscrit dans une ambition plus large: développer des infrastructures capables de soutenir l’essor de l’IA. C’est notamment l’objectif de Stargate UAE, projet auquel participent G42, OpenAI, Oracle, Nvidia, Cisco et SoftBank. Le campus américano-émirati dédié à l’intelligence artificielle vise une capacité globale annoncée de 5 gigawatts, tandis que le cluster Stargate UAE doit atteindre à terme 1 gigawatt, avec une première tranche prévue de 200 mégawatts.

Le déploiement de telles infrastructures suppose toutefois des ressources énergétiques considérables. Pour répondre à ces besoins, les Émirats s’appuient sur un mix combinant gaz, nucléaire et solaire. ADNOC se retrouve ainsi au croisement de deux dynamiques: le groupe est appelé à tirer parti des gains de productivité permis par l’IA, mais appartient également à l’écosystème énergétique indispensable à son développement.

Enfin, le rapprochement entre OpenAI et Abou Dhabi s’étend au terrain financier. MGX, le fonds émirati spécialisé dans l’IA et déjà présent au capital d’OpenAI, figure parmi les investisseurs susceptibles de participer à ses nouvelles opérations de financement. Parallèlement, des accords avec Mubadala et Inception42 doivent permettre d’utiliser l’intelligence artificielle pour analyser les investissements, identifier des opportunités et mieux évaluer les risques.

À travers cette coopération, Abou Dhabi cherche ainsi à articuler technologies, infrastructures, énergie et capitaux pour faire de l’intelligence artificielle un nouveau moteur de croissance et renforcer sa place dans cette industrie en pleine expansion.

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Euronext: le franco-tunisien Stéphane Boujnah sur le départ, David Knibbe pressenti pour lui succéder

Après plus de onze ans à la tête d’Euronext, le franco-tunisien Stéphane Boujnah quittera ses fonctions en mai 2027. Le groupe a fait cette annonce lundi, en précisant qu’il envisage de confier sa succession à David Knibbe, actuel patron de l’assureur néerlandais NN Group.

Sur recommandation de son comité de nomination, Euronext proposera la candidature de David Knibbe aux fonctions de directeur général et de président du directoire lors de l’assemblée générale des actionnaires, fixée au 20 mai 2027. Cette nomination devra toutefois recevoir, au préalable, l’aval des autorités nationales compétentes ainsi que celui du ministre néerlandais des Finances.

Ce départ marque la fin d’un cycle stratégique pour le groupe. Depuis son arrivée en novembre 2015, Stéphane Boujnah a fait des acquisitions le levier central de la transformation et de la croissance d’Euronext. Cette politique d’expansion a permis d’intégrer plusieurs grandes places financières européennes, parmi lesquelles l’Irish Stock Exchange, Oslo Børs, Borsa Italiana et, plus récemment, l’ATHEX Stock Exchange. Ces rapprochements successifs ont considérablement renforcé la présence du groupe en Europe et contribué à concrétiser son ambition de bâtir une infrastructure boursière paneuropéenne.

Pour lui succéder, le comité de nomination a fait le choix d’un dirigeant aguerri à la gestion des grands groupes cotés. À la tête de NN Group, David Knibbe a piloté une transformation que l’entreprise qualifie de réussie, tout en préservant de solides performances commerciales et financières. Son parcours dans l’assurance le distingue de celui de Stéphane Boujnah, davantage tourné vers les marchés financiers, mais son expérience à la tête d’un grand groupe financier constitue un atout pour prendre les commandes d’Euronext.

Le calendrier laisse d’ailleurs plusieurs mois au groupe pour préparer cette succession. Cette période doit permettre de sécuriser la transition sur le plan organisationnel et réglementaire, tout en laissant à Stéphane Boujnah la possibilité de poursuivre les chantiers stratégiques engagés jusqu’à la passation effective des responsabilités.

Au-delà de cette transition, c’est surtout la future feuille de route du groupe qui suscite l’intérêt. David Knibbe prolongera-t-il la stratégie de croissance externe ou privilégiera-t-il l’intégration et la consolidation des entités déjà acquises ? Ses choix devraient commencer à se préciser après l’assemblée générale du 20 mai 2027, sous réserve des approbations réglementaires et actionnariales.

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Liste grise du GAFI: la Côte d’Ivoire et la RDC signent leur sortie

C’est une double victoire pour l’Afrique. À l’issue de sa plénière, le GAFI a retiré Monaco, la Bulgarie, la RDC et la Côte d’Ivoire de sa «liste grise», ces pays ayant achevé leurs plans d’action contre le blanchiment d’argent.

Pour Abidjan, c’est l’aboutissement de deux ans d’efforts. La Côte d’Ivoire s’était engagée en octobre 2024, avec le GIABA, à corriger ses défaillances. Elle a ensuite satisfait aux exigences de son plan d’action grâce à des réformes institutionnelles, législatives, réglementaires et opérationnelles. En juin dernier, le GAFI avait déjà jugé le plan «pour l’essentiel achevé» et approuvé l’envoi d’une mission sur place.

Kinshasa, elle, sort d’une longue épreuve. Placée sous surveillance renforcée en octobre 2022, la RDC est retirée de la liste après quatre ans. Son ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, salue une «avancée historique». Il en attend notamment de meilleures relations avec les banques correspondantes et des transactions internationales plus fluides.

Au-delà de ces deux cas, le bilan de la plénière est favorable: aucun pays n’entre sur la liste, qui passe de 22 à 18 juridictions. La liste noire reste inchangée, avec l’Iran et la Corée du Nord.

Reste à ne pas relâcher l’effort. Le retrait ne signifie pas la fin des efforts engagés, et il ne fait pas disparaître les risques liés à la criminalité financière. Pour les deux pays, l’enjeu est désormais de transformer ce succès en confiance durable auprès des banques et des investisseurs.

 

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Tourisme tunisien: les atouts sont là, les connexions peinent à suivre

La Tunisie ne manque ni de patrimoine, ni de richesses naturelles, ni d’infrastructures touristiques. C’est ce qui ressort du Travel & Tourism Development Index (TTDI) 2026 du Forum économique mondial (WEF),  analysé par l’IACE, qui place cette destination au-dessus des moyennes nord-africaine et MENA pour ses ressources culturelles (3,4), naturelles (3,1) et ses services et infrastructures touristiques (3,3).

Elle fait également mieux que la moyenne mondiale pour ses ressources culturelles et naturelles, dont les scores s’établissent respectivement à 2,5 et 3. Quant à la compétitivité-prix, elle constitue son principal point fort, avec un score de 5,2, supérieur à la moyenne MENA (4,81), mais inférieur à celle de l’Afrique du Nord (5,60).

Derrière ces indicateurs, il y a donc davantage qu’un état des lieux des ressources: leur capacité à devenir de véritables leviers pour le tourisme entre aussi en ligne de compte.

C’est plus nuancé dans les moyens de faciliter l’accès à la destination et de mieux exploiter son potentiel touristique. Le transport aérien ne récolte que 2,2 points, contre 3,83 en Afrique du Nord et 4,62 dans la région MENA. Les infrastructures terrestres et portuaires affichent 2,5, là encore en dessous des moyennes régionales (3,13 et 3,77). Le numérique n’est pas mieux loti: avec 3,8 pour la préparation aux TIC, la Tunisie reste sous les moyennes nord-africaine (4,47), MENA (5,33) et mondiale (5,2). La priorisation du tourisme reste également en retrait. Cet indicateur, qui couvre notamment les dépenses publiques, la qualité des données et la stratégie de marque, s’établit à 3,4, contre 4,82 et 4,47 dans les deux régions, et 4,5 à l’échelle mondiale. Même la sécurité, qui constitue pourtant un point d’appui, ne dépasse pas 4,8, contre 5,87 en Afrique du Nord, 6,09 dans la région MENA et 5,7 dans le monde.

La diversification de l’attractivité constitue enfin un autre levier. Les ressources associées aux déplacements non liés aux loisirs: rayonnement des villes, grandes entreprises et établissements d’enseignement supérieur, affichent un score de 2,5, proche des moyennes régionales, mais inférieur à la moyenne mondiale (2,7). Si ces facteurs ne dépendent pas uniquement de la politique touristique, ils peuvent néanmoins contribuer à attirer d’autres profils de visiteurs et à élargir les motifs de déplacement vers la Tunisie.

Le véritable enjeu ne réside donc pas tant dans le volume des actifs disponibles que dans leur capacité à générer de la valeur économique. Dans cette perspective, l’IACE préconise une diversification de l’offre selon les segments et les territoires, afin d’accroître les dépenses touristiques, de prolonger les séjours et d’atténuer les effets de la saisonnalité. Il propose également une démarche concertée, associant collectivités, entreprises et investisseurs, pour faire émerger des produits commercialisables à partir de ressources encore insuffisamment exploitées.

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La connectivité aérienne en Tunisie creuse l’écart avec la région en matière de tourisme

 

Chaque année, le Forum économique mondial (WEF) évalue, à travers l’indice de développement du voyage et du tourisme (TTDI), les conditions de développement du tourisme dans 110 économies. Sécurité, coût de la vie, infrastructures, connectivité numérique, patrimoine naturel et culturel: autant de critères pris en compte dans cet indice. Celui-ci ne mesure pas les performances touristiques en termes d’arrivées ou de recettes, mais apprécie la qualité de l’environnement propice au développement durable du secteur et à sa résilience face aux crises. La notation est établie sur une échelle de 1 à 7.

L’édition 2026 met en évidence d’importants déséquilibres entre les différents piliers évalués en Tunisie. Si la compétitivité-prix affiche un score de 5,2, les infrastructures de transport aérien ne dépassent pas 2,2, soit le résultat le plus faible parmi les piliers examinés.

Au-delà de ce faible niveau, c’est surtout la stagnation du score tunisien qui interpelle: après 2,2 en 2019, puis 2,3 en 2024, il revient à 2,2 en 2026. Dans le même temps, la moyenne mondiale du pilier a progressé de 7,2% entre 2024 et 2026, tandis que 92% des économies évaluées ont amélioré leurs résultats. La Tunisie ne régresse donc pas nécessairement en valeur absolue, mais décroche relativement à des pays qui accélèrent leurs efforts.

Ce décrochage est particulièrement visible à l’échelle régionale. Le score moyen atteint 3,83 en Afrique du Nord et 4,62 dans l’ensemble MENA, soit des écarts respectifs de 1,6 et 2,4 points avec la Tunisie. Il s’agit du différentiel régional le plus important parmi les piliers étudiés. À l’échelle mondiale, les Émirats arabes unis occupent la première place sur cette dimension.

Les infrastructures terrestres et portuaires constituent un autre point de fragilité, avec un score de 2,5, contre 3,13 en Afrique du Nord et 3,77 dans la région MENA. La moyenne mondiale étant restée stable, ce décalage traduit surtout un déficit structurel de performance.

Ces résultats ne suffisent toutefois pas à établir un lien de causalité direct entre infrastructures et performances touristiques. Ils révèlent plutôt des insuffisances persistantes en matière d’accessibilité. Celle-ci dépend également, comme le souligne le WEF, des politiques de visas et de l’efficacité de la gestion des frontières.

Dans ce contexte, l’IACE recommande de cartographier précisément les déficits de connectivité par marché émetteur et par territoire, et de conditionner les incitations au développement de la desserte aérienne à des résultats concrets et mesurables.

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Tourisme: la Tunisie maintient son score, mais perd du terrain face à ses concurrents

La Tunisie recule dans le classement 2026 du Travel & Tourism Development Index (TTDI) du Forum économique mondial. Elle se positionne désormais au 82e rang sur 110 économies, avec un score de 3,62 sur 7, contre la 78e place en 2024 et la 77e en 2019. Cette baisse doit toutefois être nuancée, car les chiffres montrent une réalité plus complexe.

En réalité, le score de la Tunisie est resté quasiment stable : 3,58 en 2019, contre 3,62 en 2024 et en 2026. Les données recalculées selon la méthodologie 2026 du WEF (Forum économique mondial) montrent ainsi que le pays n’a pas perdu de terrain en valeur absolue. C’est surtout la progression des autres pays qui explique son recul relatif.

Ce recul s’explique notamment par la dynamique mondiale. Entre 2024 et 2026, 101 économies sur 110 (92 %) ont amélioré leur score, faisant progresser la moyenne d’environ 2,1 %, soit sa plus forte hausse depuis 2019. Restée au même niveau, la Tunisie figure parmi les neuf économies sans progression. Son recul au classement traduit donc avant tout un décalage avec le rythme de progression observé ailleurs.

Il faut toutefois bien comprendre ce que mesure cet indice. Le TTDI ne renseigne ni sur le volume des arrivées, ni sur les dépenses des touristes, ni sur les recettes touristiques. Il évalue plutôt les conditions dans lesquelles le secteur évolue et les politiques mises en œuvre pour en assurer un développement durable et résilient. Cette évaluation s’appuie sur 17 piliers et 102 indicateurs. Le 82e rang ne correspond donc pas à un classement des destinations selon leur fréquentation touristique.

La comparaison avec les autres économies de la région confirme la stabilité du classement tunisien. La Tunisie reste 10e sur 12 pays de la zone MENA, à 0,36 point de la moyenne régionale (3,98), comme en 2024. Pourtant, la moyenne de la région a progressé de 2,5 %. Le Maroc se distingue par une hausse de 5,5 % et un gain de sept places, tandis que l’Algérie progresse de 3,6 % et gagne quatre rangs.

La lecture du classement appelle néanmoins une précaution. Les scores sont très resserrés : 0,45 point seulement sépare le 63e rang (3,97) du 89e (3,52). De faibles variations peuvent donc modifier sensiblement le classement. Sur le fond, la tendance reste néanmoins claire : entre 2019 et 2026, la Tunisie progresse de 1,1 %, contre au moins 3,4 % pour chacune des sept économies de comparaison retenues par l’IACE.

L’attention doit donc moins porter sur le rang obtenu que sur les conditions nécessaires aux progrès du secteur.

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ESG-Mena: des entreprises qui s’activent loin des projecteurs

Les entreprises de la région Mena réalisent en moyenne neuf bilans ESG par an, témoignant d’une activité soutenue. Mais si leurs efforts sont bien réels, ils restent peu visibles à l’extérieur, les résultats étant rarement partagés avec le grand public. Comment expliquer ce décalage entre l’ampleur des actions menées et leur faible visibilité?

Dans la région Mena, l’ESG s’impose désormais comme un enjeu prioritaire pour les entreprises. C’est ce qui ressort du Mena ESG Report 2025 de Cicero & Bernay, réalisé sur la base d’une enquête auprès de 361 dirigeants issus de plus de 20 secteurs. Ainsi, 99% d’entre elles priorisent au moins deux des trois piliers (environnemental, social, gouvernance), et 52% les traitent au même niveau. Leur engagement remonte à huit ans en moyenne, même si une entreprise sur cinq s’est lancée il y a moins de deux ans.

Les motivations diffèrent d’un pays à l’autre: la réglementation constitue le principal facteur en Arabie saoudite et en Égypte (36% dans les deux cas), tandis que la rentabilité à long terme prédomine au Koweït (41%) et à Oman (35%). Au Liban, c’est davantage la dimension éthique qui motive les répondants (36%).

Reste toutefois à déterminer la mesure dans laquelle ces efforts sont véritablement reconnus et valorisés. En effet, 99% des entreprises affirment mesurer leur impact, mais les méthodes diffèrent. Les notations et indices ESG sont cités par 45% d’entre elles, les retours qualitatifs des parties prenantes par 42% et les indicateurs internes par 37%. Seules 31% s’appuient sur des référentiels comme GRI (Global Reporting Initiative), SASB (Sustainability Accounting Standards Board) ou TCFD (Task Force on Climate-related Financial Disclosures). On observe également des différences selon les secteurs: la finance et l’IT privilégient les chiffres, tandis que la construction et l’ingénierie accordent plus d’importance aux retours qualitatifs.

Les entreprises assurent un suivi assez fréquent de cette mesure, avec une moyenne de 8,7 communications par an. Environ deux tiers d’entre elles publient au moins chaque trimestre, tandis que 45% communiquent tous les mois. Néanmoins, ces communications restent principalement destinées à des acteurs internes, tandis que les publications externes sont encore peu fréquentes et souvent irrégulières. À noter que le dialogue avec les parties prenantes reste également limité: seules 38% des entreprises organisent des échanges réguliers pour recueillir leurs avis et ajuster leur démarche.

Selon le rapport Mena ESG Report 2025, la mesure de l’impact ESG dans la région se heurte à plusieurs difficultés, sans qu’aucune ne se démarque véritablement des autres. Les obstacles les plus fréquemment cités sont le manque d’organisations tierces pour accompagner les entreprises (36%), l’insuffisance des moyens de mesure (34%), le manque de clarté dans la répartition des responsabilités liées aux projets (30%) et l’absence d’indicateurs standardisés (29%). La situation est particulièrement marquée en Jordanie, où 68% des entreprises pointent un manque de ressources et 64% un accompagnement extérieur insuffisant. Un constat plus encourageant ressort toutefois de l’étude: les entreprises qui font appel à des prestataires externes rencontrent nettement moins de difficultés, ce qui souligne l’apport de l’expertise extérieure dans la mise en œuvre de leur démarche de durabilité.

À l’horizon des douze prochains mois, 47% des répondants envisagent de préserver un équilibre entre les trois piliers, tandis que la priorité accordée à l’environnement recule de 8%. La mesure de l’impact reste le défi majeur en Jordanie (44%), aux Émirats arabes unis (44%) et à Oman (42%).

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